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 Marcio Veloz Maggiolo [République Dominicaine]

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Cliniou
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MessageSujet: Marcio Veloz Maggiolo [République Dominicaine]   Lun 12 Mar 2012 - 12:10



Marcio Veloz MAGGIOLO :

Citation :
Essayiste, conteur, romancier, poète, dramaturge et journaliste, Mario Veloz Maggiolo, né en 1936, est reconnu comme le plus grand auteur dominicain contemporain. En 1996, il a reçu le Prix national de littérature pour l'ensemble de son oeuvre. En France, on le découvre avec 'L' homme à l'accordéon', en 2004, son premier roman traduit en français. C'est aussi un spécialiste en sciences-humaines. Après des études de lettres, de philosophie, d'histoire, d'anthropologie et d'archéologie, il devient professeur d'ethnologie, et d'anthropologie à l'université autonome de Saint-Domingue.

-Evene-

Je voudrais vous parler de « Vie et mort d’un apprenti sorcier ».
L’auteur de l’avant-propos, Antoinette Weil, commence à donner le ton :

« Cette œuvre riche et complexe, foisonnante et baroque, dont les événements sont un défi au réel et dont les personnages, immuables, traversent les âges, de la période précolombienne à l’assassinat de Trujillo en 1961, puise ses racines dans la réalité dominicaine, dans ses paysages, ses sierras, sa faune et sa flore, ses villages, sa population accablée de misère, dans l’histoire agitée de Saint-Domingue, dans ses rites, ses croyances, sa sorcellerie »

Tout est presque dit, reste à ajouter la grande émotion que l’on ressent à la lecture de ce texte.
Certes, certains détails nous échappent tels les transformations de certains esprits (que l’on pourrait confondre au début), certaines forces occultes du vaudou haïtien mais l’avant-propos se propose de rappeler quelques notions.
Même si au début, l’apprenti sorcier nous fait tourner la tête, très vite on ne quitte plus le roman.
Ce dernier, construit comme une œuvre musico-littéraire alterne les derniers instants d’Esculapio Ramirez (qui mourra le jour de l’assassinat de Trujillo, dictateur qu’il a toujours combattu) et les chapitres qui nous plongent en parallèle dans le monde des esprits et leurs rivalités ; le tout ponctué de passages dits « musique de fond ».

Le parallèle entre les deux mondes (le réel et celui des esprits) nous montrent qu’au final les convoitises sont toujours les mêmes, la rivalité bien /mal omniprésente, l’exploitation des faiblesses et des faibles stratège de pouvoir.
Les mots sont délectables et juteux comme une mangue mûre et suggèrent des images sans détour comme une femme nue.

Extrait :

Thème

Au premier instant des ses silences, il fusilla des lézards.
Il fonda son pays dans la sierra, loin de sa rumeur de la mer,
Et il fut, à lui seul, président, peuple, conseil municipal,
Maire, curé, enfant de chœur et sacristain.
Il gouverna, bleu de rhétorique, les papillons et le vent,
la lumière, le sourire amer des pins.
Il publia de tièdes décrets et déporta le sourire.
Il légiféra sur la lumière des étoiles et dans son désir de
donner le pouvoir au peuple il envisagea de se faire destituer.
Mais le peuple, c’était son désir de vivre et d’agir.
Il conspira contre sa bestialité personnelle et raffinée :
un jour, il s’envoya une lettre où il se disait qu’il n’aurait plus de paix…
tes mains de voyou tenteront d’extirper de toi le fumier.
Il reconnut – enfin – son écriture fatiguée et avec une
ardeur sauvage, il en appela au peuple – son ombre – et
ordonna qu’on le fusille.
Le vent vint à son enterrement, en uniforme de général.
Vinrent aussi les nuages, humides et municipaux.
Et vint le cancrelat, et le soleil violent et le cri strident des
grillons qui, solennellement, se mirent à faire des critiques…
Par la crête des monts,
par le vent qui tourne,
par les rêves envahissants,
par le temps et par la mer,
on entendit des voix que personne n’entendra jamais plus.
Et la rumeur resta seule, sans curé, sans général, sans
secrétaire d’Etat, sans harmonie municipale, sans trompettes,
sans médailles, sans ordres, sans tam-tam, sans succubes la
nuit, sans prières quotidiennes.
Les solitudes vinrent recouvrir la solitude.
L’automne et l’été vinrent, indifférents. Comme les paroles
endormies et comme la mort létale.
Il gouverna, bleu de rhétorique
tel l’ombre de son domaine.

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bix229
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MessageSujet: Re: Marcio Veloz Maggiolo [République Dominicaine]   Lun 12 Mar 2012 - 14:35

Ah, tiens, il m' avait échappé celui-là ! Je note, Cliniou...

Comment l' as-tu découvert ?
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Cliniou
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MessageSujet: Re: Marcio Veloz Maggiolo [République Dominicaine]   Lun 12 Mar 2012 - 15:33

Je suis allée l'an dernier en République dominicaine et, comme à mon habitude, je ne lis durant mes pérégrinations que des auteurs locaux.
Ça n'est pas toujours évident car pas toujours traduit en français. Il y avait certes d'autres auteurs dominicains traduits et sans doute plus jeunes, mais je cherchais un contact privilégié avec l'essence.
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MessageSujet: Re: Marcio Veloz Maggiolo [République Dominicaine]   

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