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 François Garde

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monilet
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MessageSujet: Re: François Garde   Mar 18 Sep 2012 - 16:51

C'est cela : un bel intérêt, Harelde.
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Harelde
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MessageSujet: Re: François Garde   Ven 21 Sep 2012 - 10:04

Ce qu’il advint du sauvage blanc

Narcisse Pelletier a 18 ans. Il est vendéen et matelot sur la goélette Saint-Paul. Nous sommes en novembre 1843 et dans l’Océan Indien. A bord, de nombreux hommes sont très malades et l’eau douce manque. Le capitaine choisit de contourner l’Australie pour y chercher une aiguade. Après avoir trouvé un ancrage, quelques hommes descendent à terre. La zone est aride, la végétation sèche, le sol poussiéreux. Mais d’eau : point ! Narcisse, après de vaines recherches, retourne sur la plage pour rejoindre la chaloupe. Il découvre que celle-ci n’est plus là. La goélette non plus. Il a été abandonné à terre. Colère, rage, questions, incompréhension, désespoir. Puis patience, résignation : il est certain qu’il ne s’agit que d’un contretemps et que le bateau va revenir. Il est bien près de mourir de soif et de faim quand une vieille aborigène sortie de nulle-part lui porte secours.
C’est très inquiet qu’il finit par la suivre, rejoignant la tribu et l’intérieur des terres : s’éloigner du littoral, c’est risquer de manquer les secours qui ne peuvent venir que de la mer. Mais a-t-il réellement le choix ? Rester, c’est périr à très brève échéance si aucun bateau n’apparaît. Narcisse découvre alors un monde inconnu et se trouve au milieu de sauvages nus et au langage incompréhensible.
A chacun de ces chapitres narratifs et écrits à la troisième personne décrivant les affres dans lesquelles se débat Narcisse, suit la correspondance du vicomte Octave de Vallombrun, voyageur fortuné. Cet homme est membre de la Société de Géographie de Paris et rêve de la reconnaissance de ses pairs. Par hasard et sans que celui-ci ait le moins du monde œuvré dans ce sens, il se retrouve responsable du retour à la civilisation d’un sauvage blanc découvert sur une plage australienne et allant nu au milieu d’une tribu autochtone. Ainsi a refait surface Narcisse Pelletier dix-huit ans plus tard. Cette seconde partie du livre est épistolaire. Le Vicomte rend compte au président de la Société de Géographie des progrès du jeune homme qu’il a pris sous son aile – par bonté d’âme, même s’il s’en défend ; et pour la science. Car François Garde retrace parfaitement cette époque où des hommes aisés parcourent le monde afin de le décortiquer, de le décrire et de le comprendre. Les hommes, membres de sociétés diverses menaient des expériences de tout ordre. L’acclimatation d’espèces exotiques a mobilisé beaucoup d’énergie au cours de la seconde moitié du 19e siècle (c’est dans cette optique qu’un jardin d’acclimatation a été inauguré à Paris en 1860 par l’empereur). A cette époque aussi que naissent nombre de grandes théories, dont celle de Darwin, publiée en 1859 dans son livre « De l'origine des espèces ». Cette influence des sociétés géographiques (Londres et Paris en tête) est parfaitement retranscrite par l’auteur, ainsi que l’engouement du public pour les découvertes du moment : la foule campe au pied de l’hôtel du « sauvage blanc », en Angleterre comme en France ; le scientifique est son protégé sont reçus par l’impératrice Eugénie, preuve de l’aura dont ceux-ci étaient alors auréolés.
Les travaux d’Octave de Vallombrun sur la « renaissance » de Narcisse ont donc de quoi passionner. Mais le lecteur s’aperçoit rapidement que le vicomte ne se contente pas de décrire platement ce choc culturel. François Garde ne se contente pas, en effet, d’un récit à la Jules Verne ou à la Daniel Defoe. Par le truchement de son gentilhomme, il s’interroge sur la soit disant supériorité blanche. Il commence par reconnaître un savoir ancestral aux aborigènes : malgré sa répugnance, Narcisse fait le choix de suivre ceux-ci, car sans eux, il ne pourrait survivre. Eux seuls connaissent la région, comment trouver de l’eau et de la nourriture, se protéger du soleil, éviter les embûches, les dangers. Et que signifie l’adjectif « civilisé » ? Lors des échanges entre Narcisse et Octave, qui apprend de l’autre ?
Par ses deux récits menés en parallèle, l’auteur dépasse de beaucoup la simple évocation d’un autre Robinson. Il pose de nombreuses questions relatives au langage, au mode de vie, à la culture, à l’identité : qui est « l’autre » ? Un livre superbement écrit, au ton souvent ironique qui m’a accaparé et vivement intéressé.

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MessageSujet: Re: François Garde   Ven 21 Sep 2012 - 12:08

Ravie qu'il t'ait plu à toi aussi, ce roman fait en effet réfléchir!
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MartineR
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MessageSujet: Re: François Garde   Dim 2 Déc 2012 - 11:10

Je l'ai pris presque par hasard à la BM; pas décue du tout

L'écriture est belle, l'alternace des deux protagonistes donne le ton de ce livre.

J'ai bien envie d'en savoir plus sur Narcisse Pelletier mais les originaux sont en anglais..

Un livre à faire découvrir pour un bon moment de lecture, sur l'adaptabilté de l'homme à des situations difficiles; mais aussi à la réintégration à la vie dite-civilisée: un bon exemple de l'Inné et de l'acquisproblématique
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MessageSujet: Re: François Garde   Dim 2 Déc 2012 - 11:27

MartineR a écrit:
un bon exemple de l'Inné et de l'acquis[/u]problématique

Tout à fait, c'est une réflexion de fond que ce roman aborde, mais sous une forme qui est tout sauf aride.

Si tu cherches des documents en français sur le véritable N.Pelletier voici un lien que j'ai donné un peu plus haut, très intéressant car c'est une reproduction d'un communiqué de la société d'anthropologie de Paris datant de l'époque:
Sur un Français nommé Narcisse Pelletier qui oublia sa langue chez les Australiens.
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MartineR
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MessageSujet: Re: François Garde   Dim 2 Déc 2012 - 17:03

nezumi a écrit:
MartineR a écrit:
un bon exemple de l'Inné et de l'acquis[/u]problématique

Tout à fait, c'est une réflexion de fond que ce roman aborde, mais sous une forme qui est tout sauf aride.

Si tu cherches des documents en français sur le véritable N.Pelletier voici un lien que j'ai donné un peu plus haut, très intéressant car c'est une reproduction d'un communiqué de la société d'anthropologie de Paris datant de l'époque:
Sur un Français nommé Narcisse Pelletier qui oublia sa langue chez les Australiens.

Merci pour ce lien Very Happy
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MessageSujet: Re: François Garde   Dim 2 Déc 2012 - 19:48

Je découvre ce fil ! Encore un. Je vais de ce pas le commander pour noël pour monsieur. Je suis sûre qu'il va aimer...en plus après je vais pouvoir le lire aussi !
Vos commentaires sont convaincants, ça va encore être une belle découverte je crois.

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MessageSujet: Re: François Garde   Dim 2 Déc 2012 - 21:57

Un roman qui m'a bien plu à moi aussi, même si j'avoue avoir préféré les passages français aux australiens qui manquaient un peu de consistance à mon goût.
Très intéressante plongée dans le monde scientifique de l'époque, et une description tout en finesse des rapports entre les deux hommes.
Il m'en reste l'ambivalence des sentiments éprouvés envers Octave de Vallombrun ; personnage ambigu dont j'ai admiré l'humanisme et la faculté de remise en question avant d'être glacée par ses préjugés et sa justification sans états d'âme des procédés les plus cruels "au nom de la science".
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Aaliz
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MessageSujet: Re: François Garde   Lun 11 Mar 2013 - 15:08

Le roman de François Garde se dit inspiré de l'histoire de Narcisse Pelletier et bien qu’il en conserve certains éléments, il en déforme beaucoup d’autres. Il faut donc avoir bien à l’esprit avant de le lire qu’il s’agit bien d’une fiction et non pas d’une biographie romancée comme l’on pourrait s’y attendre.
D’ailleurs, l’auteur ne prend même pas la peine de préciser ses intentions ni même de fournir quelques détails sur ses recherches et ses sources d’informations comme il est courant de le faire dans ces cas-là. D’autant plus qu’il existe une source de première importance, celle du témoignage de Narcisse lui-même rapporté par Constant Merland : Chez les Sauvages : dix-sept ans de la vie d'un mousse vendéen dans une tribu cannibale (1858-1875). Or l’auteur reconnaît ne même pas l’avoir consulté ! Ce qui, pour moi, était le minimum syndical !
J’aurais apprécié une mise en garde, un petit avertissement pour préciser ce fait car je me suis sentie un peu bernée pour le coup.
Certains prétexteront que le but de l’auteur était autre que celui de faire une biographie romancée. Je réponds alors : dans ce cas on le précise ! Le fait que l’auteur conserve des détails tels quels induit le lecteur en erreur et l’amène à prendre pour argent comptant tout ce que l’auteur écrit alors que tout est déformé.

Le roman est construit sur le mode des chapitres alternés entre d’une part le récit de la vie de Narcisse, son abandon, son intégration dans la tribu, et d’autre part le récit de son retour à la « vie normale » à travers les lettres de celui qui le prend sous son aile : Octave de Vallombrun ( personnage totalement fictif).

Il ne s’agit donc pas d’un nouveau Robinson Crusoé, François Garde s’intéresse surtout au côté psychologique de cette aventure. Le désarroi de Narcisse face à cette tribu aux mœurs qui lui sont étranges et incompréhensibles fait écho au désarroi d’Octave face à ce compatriote qui ne comprend plus les mœurs de son peuple d’origine.
Narcisse a complètement adopté le mode de vie, la langue, la mentalité de sa tribu d’adoption et semble en avoir oublié sa propre culture. Il se terre dans un mutisme qui déconcerte son protecteur, ce dernier, travaillant pour la Société de Géographie, espérait bien pouvoir tirer de ce cas incroyable de précieuses informations sur les us et coutumes du peuple indigène.
Ces informations, le lecteur les a à travers les chapitres consacrés à la vie de Narcisse après son abandon. Mais après quelques recherches, je me suis aperçue qu’elles étaient purement fictives elles aussi. Pour connaître les véritables conditions de la vie de Pelletier, il vaut mieux se référer à l’ouvrage de Constant Merland.

En dehors de ça, il s’agit quand même d’une lecture intéressante de par la réflexion qu’elle suscite concernant la différence et l’intégration. François Garde met en évidence le fait qu’on ne peut appréhender une autre culture sans tenir compte de la nôtre. On essaie désespérément de comprendre avec nos codes, nos principes à nous alors qu’ils ne sont plus applicables. Il souligne aussi de façon indirecte l’importance du milieu dans lequel on évolue sur l’élaboration de notre personnalité et l’importance de la langue pour communiquer et s’intégrer au sein d’un groupe social, la langue est d’ailleurs un véritable reflet de la culture de ce groupe.
Je me suis demandée tout au long de ma lecture comment on pouvait ainsi oublier 18 ans de sa vie. L’auteur apporte une réponse en fin d’ouvrage, réponse que je n’ai pas trouvée convaincante. ( cette « amnésie » est beaucoup plus compréhensible, à mon sens, dans le cas du véritable Narcisse Pelletier ).
François Garde évoque aussi la réception de cette aventure par la société de l’époque, curiosité malsaine, soupçons d’imposture … sans mettre de côté la possibilité que notre rescapé soit en fait devenu fou.

J’ai apprécié également le style, l’auteur marque bien la différence entre le récit de la vie de Narcisse et les lettres d’Octave où l’on remarque bien le changement de ton. L’emploi du procédé épistolaire permet au lecteur de se mettre à la place d’Octave et de se questionner en même temps que lui. On se prend au jeu mais on ressent également toute la frustration d’Octave face au mutisme de son protégé. Et pourtant, on est censé en savoir plus que lui mais ce sont principalement ses réactions, son comportement qui m’ont intriguée et déconcertée.
Le personnage d’Octave est donc très touchant par son combat pour faire reconnaître l’importance d’étudier le cas de Narcisse et par son souci de le protéger et ce malgré l’incompréhension de son entourage familial et professionnel.

Bref, tout ceci m’a donné une furieuse envie d’en savoir plus et de me procurer l’ouvrage de Constant Merland (mais évidemment il est indisponible partout …).

Ce qu’il advint du sauvage blanc est donc un roman très intéressant par toutes les questions qu’il soulève et agréable à lire mais je l’aurais d’autant mieux savourer, je pense, si j’avais su dès le départ qu’il s’agissait purement d’une fiction.

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MessageSujet: Re: François Garde   Lun 11 Mar 2013 - 17:29

Aaliz a écrit:
Le roman de François Garde se dit inspiré de l'histoire de Narcisse Pelletier et bien qu’il en conserve certains éléments, il en déforme beaucoup d’autres. Il faut donc avoir bien à l’esprit avant de le lire qu’il s’agit bien d’une fiction et non pas d’une biographie romancée comme l’on pourrait s’y attendre.


En ce qui me concerne, je ne me suis pas particulièrement attendue à une biographie romancée et n'ai donc pas été déçue par les écarts entre la réalité et l'oeuvre, puisque ce roman est présenté sans ambiguïté comme tel: regarde ce qui est marqué sur la couverture, juste sous le titre. sourire
Par ailleurs il comporte une large part de pure fiction, avec le personnage totalement inventé d'Octave de Vallombrun.
L'évocation d'un personnage réel n'est pas ici un but en soi (comme la biographie), mais intégrée à une histoire différente, et le prétexte à une réflexion sur divers sujets, mentionnés plus haut par les différents lecteurs.

Je crois que tu as lu Blonde de JCO, dont le titre est aussi accompagné de la mention "roman" . La situation est exactement la même. Si tentant que cela soit, à cause du talent de l'auteur, il ne faut pas croire que cette Blonde-là est Monroe, c'est juste l'interprétation fantasmée qu'en fait l'auteur.

A part ça contente que tu aies apprécié l'ouvrage. Very Happy

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MessageSujet: Re: François Garde   Lun 11 Mar 2013 - 17:52

Grande découverte pour moi , ce fil : je ne connais absolument pas cet auteur mais ayant vécu plus de cinq ans en contexte tribal sur une petite île faisant partie de l'archipel Calédonien , immergée dans la culture Canaque , je suis fortement sensibilisée par le sujet de ce roman et les réflexions sociologiques , ethnologiques (souvent douloureuses hélas ) que suscite celui-ci !!!! Merci encore Les parfumés !!!!!!!!! enthousiaste enthousiaste enthousiaste
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Aaliz
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MessageSujet: Re: François Garde   Lun 11 Mar 2013 - 18:00

Une biographie romancée est elle aussi annoncée comme étant un roman, cela n'empêche pas que les grandes lignes soient tout à fait exactes. Tout comme dans Blonde, JCO reprend les principaux faits de la vie de Marilyn avec exactitude et romance le reste, et au moins, elle, prévient le lecteur par un avertissement en début d'ouvrage. Ce qui n'est pas le cas ici puisque François Garde ne reprend même pas les faits dans les grandes lignes tels quels. Il n'y a que le nom et les lieux qui soient exacts. Pourquoi dans ce cas, ne pas avoir aussi inventé les noms ?
Du coup, il imagine complètement le comportement et de Narcisse, et des sauvages, et de ceux qui ont récupéré Narcisse alors qu'il existe un véritable témoignage. L'auteur invite à un questionnement, certes, mais à un questionnement basé sur des hypothèses de départ fausses. Alors oui, je reconnais que c'est intéressant mais j'aurais trouvé plus intéressant encore de connaître les véritables réflexions de Narcisse plutôt qu'avoir droit à une simple extrapolation.
J'ai l'impression d'avoir été menée en bateau, c'est tout.

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MessageSujet: Re: François Garde   Lun 11 Mar 2013 - 18:16

églantine a écrit:
Grande découverte pour moi , ce fil : je ne connais absolument pas cet auteur mais ayant vécu plus de cinq ans en contexte tribal sur une petite île faisant partie de l'archipel Calédonien , immergée dans la culture Canaque , je suis fortement sensibilisée par le sujet de ce roman et les réflexions sociologiques , ethnologiques (souvent douloureuses hélas ) que suscite celui-ci !!!! Merci encore Les parfumés !!!!!!!!! enthousiaste enthousiaste enthousiaste

Ca devrait te plaire! Very Happy

Aaliz a écrit:
Ce qui n'est pas le cas ici puisque François Garde ne reprend même pas les faits dans les grandes lignes tels quels. Il n'y a que le nom et les lieux qui soient exacts. Pourquoi dans ce cas, ne pas avoir aussi inventé les noms ?

Il n'a pas tant transformé que cela, tu as lu le lien que j'ai donné plus haut, la communication scientifique ? Le nom, les lieux sont similaires, mais également les circonstances de la découverte de Narcisse, son apparence physique, son rapatriement, le travail comme gardien de phare...Après, les réflexions de Narcisse, personne ne les connaît vraiment à part l'intéressé, même ceux qui les ont recueillies à l'époque (comment savoir si eux aussi n'ont pas apporté leur subjectivité dans leur récit ?), alors l'interprétation de F.Garde en vaut une autre...
C'est ton droit de te sentir flouée, mais pourtant on est prévenu dès le départ. jypeurien

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MessageSujet: Re: François Garde   Lun 11 Mar 2013 - 18:58

nezumi a écrit:

C'est ton droit de te sentir flouée, mais pourtant on est prévenu dès le départ. jypeurien


Bah non justement, on n'est pas prévenu dès le départ. Lorsqu'on prétend écrire un roman inspiré de faits réels, j'estime que c'est important de préciser jusqu'où on est allé dans l'inspiration.
Par exemple, je viens de commencer Le zéro et l'infini d'Arthur Koestler ( qui lui aussi est un roman ). En préambule, l'auteur écrit :

Citation :
Les personnages de ce livre sont imaginaires. Les circonstances historiques ayant déterminé leurs actes sont authentiques. La vie de N.-S. Roubachof est la synthèse des vies de plusieurs hommes qui furent les victimes des soi-disant procès de Moscou. Plusieurs d’entre eux étaient personnellement connus de l’auteur. Ce livre est dédié à leur mémoire.

Voilà, là je suis prévenue, ça ne prend que quelques lignes et je sais où je mets les pieds. Un peu de précision ne fait pas de mal.

Enfin bref ...

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MessageSujet: Re: François Garde   Lun 24 Juin 2013 - 19:50

Ce qu’il advint du sauvage blanc
François garde


Je ne résume pas une fois encore ce roman, je ne ferai pas plus que ce que vous avez déjà écrit.

Comme vous tous j’ai suivi les aventures de Narcisse avec intérêt et plaisir, d’autant plus que le roman reprenait le thème du ‘sauvage’ et aussi de l’appréhension que l’on peut avoir de l’autre sans être biaisé par sa propre culture. Le récit est bien mené avec l’alternance des deux points de vue, sans pour cela que le style assez fluide m’ai semblé extraordinaire. Par contre, comme vous j’ai été un peu frustrée par ce mousse peu loquace, mais cette phrase qu’il donne comme explication ‘parler c’est comme mourir’ est à la fois lumineuse et obscure. Parler serait redevenir un homme blanc et laisser mourir l’aborigène qu’il est devenu. Il avait déjà tué l’homme blanc en abandonnant sa langue et ses coutumes. Il ne faut pas oublier non plus qu’il a été ramené par la force et par la ruse parmi les européens et non à son initiative.

Il m’a aussi semblé que sa phrase énigmatique faisait écho à celle du Bartleby  de Melville ‘I’d rather not.’ qui coupe court à toute forme d’interrogation et qui est en soi la forme et la cause du refus.

Un bon ‘premier’ roman donc qui prolongeait de façon pertinente ma lecture précédente ‘The Timeless Land’ d’Eleanor Dark dans lequel on peut suivre l’aventure incroyable sur 4 ans de la toute première colonie australienne qui deviendra plus tard Sydney et pendant laquelle les colons n’ont cessé de s’appuyer sur les aborigènes pour survivre et s’installer. Un roman basé sur une documentation assez solide et les 'journaux de bord' de l'époque.

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