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 Roland Topor

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colimasson
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MessageSujet: Re: Roland Topor   Sam 29 Déc 2012 - 22:37

D'accord, je te crois !

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colimasson
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MessageSujet: Re: Roland Topor   Mar 16 Juil 2013 - 13:35

Une image glanée au hasard...


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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Roland Topor   Jeu 1 Aoû 2013 - 10:07

Je me rappelle d'avoir lu de Topor Cuisine Cannibale.

Amusant lors de sa lecture mais il ne m'en reste pas grand chose maintenant.
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colimasson
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MessageSujet: Re: Roland Topor   Sam 3 Aoû 2013 - 12:35

L'occasion de se rafraîchir la mémoire avec sa nomination pour le mois ? dentsblanches

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MessageSujet: Re: Roland Topor   Mar 17 Sep 2013 - 12:31

Mémoires d'un vieux con (1975)




Le vieux con serait donc Roland Topor ? Ah, ah ! vous y avez cru, pas vrai ? Quand même…


Les mémoires d’un vieux con sont des mémoires FICTIVES, c’est-à-dire que Roland Topor ne se sent absolument pas concerné en tant que protagoniste –seulement en tant que parodieur ricanant. Les victimes de son ironie sont les artistes avant-gardistes de la première moitié du 20e siècle. S’inscrivant de leur plein gré dans le domaine de l’art comme s’il s’agissait d’une secte moderne, profitant à l’occasion de quelques menus privilèges mondains et financiers, on comprend que ces artistes « avant-gardistes » aient pu s’attirer le mépris d’un Roland Topor au regard critique, surtout lorsque leur seul mérite est celui de savoir « graver des Klee dans la purée à la fourchette ».


Roland Topor se glisse donc dans la peau d’un ancien jeune con devenu vieux con (on ne se refait pas) et qui, n’ayant plus d’idée pour renouveler l’art, décide de consacrer les dernières années de sa vie à se lancer des fleurs, reconstituant ainsi son aura de gloire par un enjolivement biographique. Nous n’avons pas le temps de tourner autour du pot, ni de jouer au plus subtil. Roland Topor dégaine et envoie attaque après attaque, pulvérisant son vieux con sous des clichés faciles qui font sourire mais qui finissent par ensommeiller à force de consensualisme. Critique de la bourgeoisie, assimilation de l’art moderne à la défécation, arrivisme des artistes et des collectionneurs, branlette intellectuelle… qui sait si cette déflagration n’était pas effectivement hallucinante au moment de la publication du livre en 1975 ? En tout cas, son propos n’a plus rien de surprenant aujourd’hui.






Roland Topor se laisse d’ailleurs prendre au piège de sa propre critique : si son vieux con est un mégalomane prétentieux qui étale les noms de ses relations (Picasso, Chagall, Matisse, André Breton, Méliès, Proust, Einstein…) et de ses contributions majeures dans les domaines de la peinture, de la littérature et même de la science, se prétendant de tous courants et de toutes découvertes majeures du siècle précédent, Roland Topor ne fait pas mieux et nous dégoûte si bien de toute cette mondanité qu’on aimerait parfois le laisser seul face aux héros qu’il dégomme.


« Le cartooniste, Steinlen, ému par mon aventure, accepta de payer à ma place. Par Steinlen, je fus présenté à France qui m’employa comme pègre pendant deux mois. Le temps d’écrire L’île aux pingouins. Mais Anatole payait mal. Je fis un peu de journalisme avec Albert Londres, sans vraiment me passionner pour ce métier ingrat. »


Toutes ces mémoires sont écrites à la manière de ce listage laborieux et la blague devient bientôt trop répétitive pour convaincre. Roland Topor permet à son amertume ironique de se déverser en ces termes : « L’art est jouissance comme le bonheur. Il est immoral comme lui. Vive l’argent ! Vive l’Avant-garde ! Vive le communisme ! » et, encore une fois, le voilà pris à son propre piège. D’autres après lui (et en même temps que lui) avaient déjà fait leur cette antienne sur le mode de la sincérité sans vergogne. Presque quarante ans après la publication de ce livre, tous les esprits l’ont enregistrée. L’art, c’est immoral. L’art, c’est monnayable. Le vieux con avait raison ! Et il a vieilli à toute allure, parce que Roland Topor n’a pas su être assez méchant pour surpasser la vénalité d’une certaine mondanité artistique.



Madeleine de Proust a écrit:
« Quelle fraîcheur, ces madeleines ! dis-je, en les trempant dans mon chocolat. Ca me rappelle la Madeleine…
- Tiens, fit Proust. Et pourquoi donc ?
- Il y a, place de la Madeleine, une pâtisserie où les madeleines sont les meilleures de Paris. Mais celles-ci sont presque aussi bonnes.
- Oui, elles ne sont pas mauvaises, acquiesça Valery Larbaud, la bouche pleine.
- Je les mentionnerai dans le guide des pâtisseries que je prépare pour le Mercure », fit Proust.
Et il prit soigneusement l’adresse du magasin de la place de la Madeleine. Temps perdu, l’ouvrage ne fut jamais terminé. Proust trouva quand même moyen de m’adresser un discret clin d’œil en citant ma madeleine dans l’un de ses livres.



*peinture de George Grosz

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Heyoka
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MessageSujet: Re: Roland Topor   Mar 17 Sep 2013 - 22:02

colimasson a écrit:
Le vieux con avait raison ! Et il a vieilli à toute allure, parce que Roland Topor n’a pas su être assez méchant pour surpasser la vénalité d’une certaine mondanité artistique.
Et bam sur le coin du nez ! Very Happy 

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animal
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MessageSujet: Re: Roland Topor   Mar 17 Sep 2013 - 23:00

je le lirai si je le croise. bien aimé mes lectures de lui pour l'instant.

je profite de l'occasion pour partager cette interview : clic

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colimasson
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MessageSujet: Re: Roland Topor   Jeu 19 Sep 2013 - 12:41

Heyoka a écrit:
colimasson a écrit:
Le vieux con avait raison ! Et il a vieilli à toute allure, parce que Roland Topor n’a pas su être assez méchant pour surpasser la vénalité d’une certaine mondanité artistique.
Et bam sur le coin du nez ! Very Happy 
Un gentil bam quand même content 

animal a écrit:
je le lirai si je le croise. bien aimé mes lectures de lui pour l'instant.

je profite de l'occasion pour partager cette interview : clic
Merci.

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colimasson
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MessageSujet: Re: Roland Topor   Ven 8 Nov 2013 - 13:32

(presque) tout Topor (2005) de Laurent Gervereau






Topor aurait été content. Ce dictionnaire biographique n’est pas n’importe quelle tentative de vulgarisation à l’usage de l’indifférent car il est avant tout le résultat d’une vive amitié entre Roland Topor et Laurent Gervereau. Allant dans le sens d’une évolution que n’aurait pas renié l’artiste multiforme, ce modeste (presque) tout Topor avait d’abord porté le titre plus solennel de Dictionnaire Topor, conçu et revu sous son égide. Si les lecteurs italiens ont pu immédiatement profiter de cette première mouture, il aura fallu attendre la mort de Roland Topor pour que paraisse sa version française, très rapidement épuisée. A nouveau contenu, nouveau titre : aujourd’hui paraît la version revue et augmentée de ce premier Dictionnaire Topor. Pas de quoi faire remuer Roland dans sa tombe : les ajouts ciblent surtout la collaboration de l’ami Gervereau dans cette entreprise et quelques derniers dessins que notre plaisir ne rechigne pas. Pour le reste du contenu, les extraits de textes, les informations biographiques et les dessins sont toujours répertoriées sous la forme classique du dictionnaire.


Le langage est quand même bien fait : le B de l’entrée « Biographie » arrive presque en tête du classement alphabétique, ce qui nous permettra de connaître le parcours de Roland Topor plus précisément avant de découvrir son œuvre multiforme. L’artiste, au nom relativement peu connu eut égard à la quantité de réalisations qui furent siennes, a travaillé à la fois en tant que dessinateur et écrivain, mais il a aussi collaboré pour la réalisation de films, d’affiches publicitaires, de collages, d’installations et de chansons. La légende suit implicitement leur présentation et il n’est besoin d’aucun commentaire pour comprendre que Roland Topor ne suivait aucune démarche préalablement réfléchie. La recherche d’une expression multiforme se conjugue à l’originalité d’un humour amer qui mêle allègrement érotique et morbide. Roland Topor ne semble toutefois pas avoir pour ambition de se constituer l’image d’un artiste rongé par des pathologies névrotiques. On parcourt son œuvre et on comprend que l’utilisation d’images fortes n’est pas une fin en soi mais correspond à la manière publicitaire de capter l’attention d’un spectateur pour lui véhiculer un message quasi-subliminal. Dans le cas de Topor, aucun message définitif ne nous est assené. On reste souvent désarçonné devant un texte ou une image qui nous trompe sur sa signification. Les réalisations de Topor deviennent bientôt des miroirs réfléchissants mais aussi déformants : un détail particulier devient saillant sous l’observation avisée du maître illusionniste.


(presque) tout Topor porte bien son nom. Ses pages contiennent un peu de l’artiste et un peu de l’homme, juste ce qu’il faut en connaître pour que la synergie des deux facettes nous ouvre sur la compréhension d’un univers qui suit son siècle. Le refus de la société de consommation se couple à l’intérêt accru pour une forme d’art qui n’avait jamais réussi à trouver ses spectateurs jusqu’alors. On pense à l’émergence de l’art naïf et primitif lorsque Roland Topor souligne l’intérêt des [/justify]dessins d’enfants, par exemple (« Pourtant beaucoup de ces dessins possèdent de grandes qualités sur le plan esthétique, émotionnel, symbolique… »). Le mélange d’un humour primesautier à des saillies verbales parfois violentes rappelle l’art d’un Boris Vian qui s’amusa lui aussi, en musique et en mots libérés de leurs anciens carcans. Si ce dernier souffrait de troubles cardiaques provoqués par une angine infectieuse, Roland Topor souffre d’un asthme métaphorique, se rapprochant par la même occasion d’un Emil Cioran dont il cite l’influence directe : « Cioran dit quelque part : « La réalité me donne de l’asthme ». Je souffre de la même maladie ». Plus loin, une explication des causes de cette maladie : « le sérieux n’est que la crasse accumulée dans les têtes vides ». Roland Topor nous donne la possibilité de rebooter nos cervelles encrassées. On se sent plus frais après avoir cheminé quelques pages en sa compagnie.


Les barges de Bar-Le-Duc (chanson) a écrit:
Elle me chie cette nana
Assise au bout du bar
Si elle s’approche de moi
Je lui colle un coquard
C’est vraiment la pétasse
Qui se case pour la nuit
Son parfum dégueulasse
Me détruit le whisky
Je ne suis pas misogyne
Mais il faut avouer
Qu’il y a des frangines
Qui vous rendraient pédé

La chanson du boucher a écrit:
En rognant mes côtelettes
Je construis je bâtis dans ma tête
Un monde différent
De c’qu’il est à présent
Un monde où les rognons
Les tendrons me cachent plus l’horizon
Un monde où les bouchers
Auraient l’droit d’s’exprimer


Bouquet d'ancêtres



Illustration pour les oeuvres complètes de Marcel Aymé



Le fils de Van Gogh



le gourmet



Tauromachie



Tu es vraiment crétin, Samuel



Uranus, 1980



Dessin paru dans la revue Opus International



Pour le Corriere della Sera



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MessageSujet: Re: Roland Topor   Lun 14 Sep 2015 - 0:27














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