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 René Laporte

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kenavo
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MessageSujet: René Laporte   Mar 22 Mai 2012 - 10:24


Source : bnf

Avoir la tête ailleurs, condition, dit-on, de toute poésie, mais fatale, parfois, aux poètes. Dont acte avec le Toulousain René Laporte (1905-1954), fauché par une voiture en plein Paris et que le Dilettante arrache aujourd’hui au «charnier des recalés de l’histoire littéraire», rééditant avec une préface de François Ouellet son Hôtel de la solitude paru chez Julliard en 1944. D’origine bourgeoise, il entre vite en poésie, ouvrant ses Cahiers libres aux surréalistes dès 1924, courant dont l’influence marque ses premiers romans: Le Dîner chez Olga (1927), La Part du feu (1935). Haut fonctionnaire de l’information, Laporte, dans les années trente, révoque le pur jeu poétique pour politiser son œuvre littéraire, en faire un témoignage contre la crue montant des régimes totalitaires. En témoigne «La Journée du 8 mars», poème terrible sur la remilitarisation de la Rhénanie. Résistant actif (on lui a confié la surveillance de l’antenne pro-allemande de Radio Monte-Carlo), il fait de sa maison de la place du Barri, à Antibes, un pôle d’activités clandestines et de survie littéraire, y accueillant Breton, les Aragon, Ponge, Éluard, d’autres. «Il n’y a pas d’oubliettes/au château du roi René» écrira Jacques Prévert. C’est un écrivain en pleine phase de reconnaissance publique qui décède d’un traumatisme crânien le 1er mars 1954.
(source : éditeur)


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Sénèque
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kenavo
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MessageSujet: Re: René Laporte   Mar 22 Mai 2012 - 10:24


Hôtel de la solitude
Citation :
Présentation de l’éditeur
Écrit en 1942, Hôtel de la solitude nous entraîne dans le sillage de Jérôme Bourdaine, scintillant chevau-léger de l’après-guerre, qui élit comme ermitage pour sa rêverie un singulier hôtel de La Turbie, sur la Côte d’Azur. Monde sous cloche, asile hors du temps aux murs calligraphiés de versets coraniques, lieu mental gardé par un couple d’êtres bonasses et affairés, les Barca, heureux d’invoquer les ombres chamarrées, fantômes 1900 qui firent la gloire du lieu. Survient alors, au cœur de cet asile de jour pour cœur en vrille, une Nadja longue et fine répondant au nom de Mme Zoya Sernitch, belle flanquée d’un époux cocasse aux tressautements de souris chauve. Idylle alors de s’ébaucher entre Jérôme et Zoya et ce parmi les ruines antiques qui ornent le lieu. Un ballet d’ombres lasses et de cœurs fringants qui s’évanouira au matin, romance sans lendemain. Entre trouble modianesque et griserie à la Mandiargues, chambre vous est donc retenue à l’Hôtel de la solitude, calme assuré et vue sur les songes.

Intriguée par un commentaire dans Le Matricule des Anges, j’avais envie de découvrir.
Citation :
Laporte relate une étonnante passion, non parce qu’elle se base sur un scénario très original (une femme mariée convoitée par un coureur, Jérôme Bourdaine), mais par le cadre où elle se déroule, l’hôtel du titre. « Dès le premier soir, la porte poussée, il était devenu citoyen d’un nouveau monde. »
Première ligne et, tout de suite, s’ouvre une brèche dans le temps et dans l’espace, ou plutôt une parenthèse enchantée.
[…]
Lieu de dépaysement, l’hôtel, très vite, devient un « asile » pour cet homme volontairement sourd au fracas du monde, avant d’être le théâtre d’une idylle sans lendemain.
[…]
Cette poésie des lieux déchus, la valse lente des fantômes d’hier, un ton élégamment désillusionné font de ce texte un petit bijou de nostalgie. Un roman qui semble tout entier écrit sous le signe de la fuite
Antoine Dufraisse

Sensible pour cette nostalgie, j’ai bien aimé mon séjour dans cet hôtel.
Une très belle écriture pour peindre une image toute en finesse.
Belle découverte et félicitations aux éditions Le Dilettante pour cette réimpression. J’espère que le succès va leur donner raison et nous font découvrir d’autres livres de lui.

J’aurais choisi cette image en couverture

Jacques-Henri Lartigue, Bibi au nouveau restaurant Éden Roc à Cap d'Antibes, 1920, ici

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Sénèque
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