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 Expositions vues par les parfumés

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swallow
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MessageSujet: ARTEMISIA GENTILESCHI   Sam 26 Mai 2012 - 8:43

Citation :
Quand Artemisia disait qu'elle avait "l'âme de César dans un corps de femme",

TINA: si tu veux retrouver la phrase ( reprise aussi sur les murs du Maillol de Paris pour l´expo d´Artemisia " Pouvoir, gloire et passions d´une femme peintre" (jusqu´au 15 Juillet 2012), elle figure à l´avant-dernier chapitre du livre d´Alexandra Lapierre ( "Naples, 1434-1438"). Au cas où tu voudrais feuilleter le livre en librairie, et découvrir la phrase dans son contexte avant d´acheter le roman.
Chapitre 37: NAPLES, 1434-1438:
Ses contemporains et collègues italiens sont furieux, jaloux, car telle est la célébrité d´Artemisia Gentileschi dans ces années, que ses toiles montent au summum de leur cotisation ( elles valent 3 fois plus que celles des peintres contemporains). C´est la gloire, mais aussi la peur et la méfiance devant tant de jalousies masculines.
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silou
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MessageSujet: costumes de kabuki   Sam 26 Mai 2012 - 10:20

Une bien belle exposition de costumes de kabuki à la fondation Pierre Bergé jusqu'au 15 juillet,
ce n'est pas très grand, très bien présenté, il y a peu de monde, on ne peut que tomber sous le charme,
pour commencer à rêver, regardez la video proposée sur la page de présentation de l'expo (je mets le lien dès que j'ai l'autorisation).

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tina
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Sam 26 Mai 2012 - 11:30

swallow a écrit:
Au cas où tu voudrais feuilleter le livre en librairie, et découvrir la phrase dans son contexte avant d´acheter le roman.

As-tu lu ce livre ?
Je l'ai feuilleté à la sortie de l'expo, mais je n'ai pas trouvé vraiment de renseignements sur sa qualité. J'ai cherché sur le net hier soir. Mais peu de commentaires.
Si oui, AL écrit-elle bien ?
Je suis à 2 doigts de l'acheter mais j'aimerais ne pas me faire avoir.
Tout conseil est bienvenu.
Merci.
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eXPie
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Sam 26 Mai 2012 - 18:40

silou a écrit:
Une bien belle exposition de costumes de kabuki à la fondation Pierre Bergé jusqu'au 15 juillet,
ce n'est pas très grand, très bien présenté, il y a peu de monde, on ne peut que tomber sous le charme,
pour commencer à rêver, regardez la video proposée sur la page de présentation de l'expo (je mets le lien dès que j'ai l'autorisation).


La vidéo (très intéressante) dont parle Silou est à voir ici.
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Madame B.
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Dim 27 Mai 2012 - 11:59

Silou a écrit:

Citation :
Une bien belle exposition de costumes de kabuki à la fondation Pierre Bergé jusqu'au 15 juillet,
ce n'est pas très grand, très bien présenté, il y a peu de monde, on ne peut que tomber sous le charme,
pour commencer à rêver, regardez la video proposée sur la page de présentation de l'expo (je mets le lien dès que j'ai l'autorisation).

Moi aussi j'ai adoré cette expo (un peu petite, on a envie de continuer encore un peu à rêver). A voir vraiment.


http://labougeotte-impressionsdevoyages.blogspot.fr/2012/05/costumes-de-kabuki.html
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swallow
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Dim 27 Mai 2012 - 14:48


Peut-être l´avis euphorisant de Gérard Collard sur le livre d´Alexandra Lapierre vous en dira-t-il plus sur « ARTEMISIA » ?
Pour ma part, les mystères contenus dans la peinture d´Artemisia Gentileschi m´incitèrent à en savoir plus sur sa vie.
Le récit est romancé, certes, mais l´auteur publie à la fin de son roman 60 pages d´annexes, rendant compte chapitre par chapitre des documents originaux (« Actes » souvent en italien pour ne rien perdre de leur authenticité), lettres, correspondances, contrats de toute sorte, qu´elle a épluchés pour ses lecteurs, et sur lesquels repose son livre, ainsi que les multiples ouvrages et publications dont elle s´est inspirée pour le contexte, l´ambiance, l´histoire, la politique du XVIIe, et l´élaboration méticuleuse de la psychologie des personnages de son roman.
Bref, des livres trop rébarbatifs que nous n´aurions jamais eu la patience de consulter, tant ils sont compliqués et techniques
Alexandra Lapierre présente dans cette annexe de qui est sûr et exact (fournissant documents originaux à l´appui), ce qui est hypothétique et ce qu´elle a inventé (finalement très peu) pour le bien et la cohérence du récit, ainsi que les choix qu´elle dut faire quand persistaient plusieurs pistes possibles et qu´il n´était plus possible d´aller plus loin dans l´investigation.
Alexandra Lapierre est vraiment retournée au sources (elle s´installe durant 5 ans à Rome á l´angle des rues autrefois habitées par Artemisia et Orazio, apprend l´Italien pour pouvoir tout fouiller de fond en comble). Elle dépouille sur place un à un les éléments de cette riche mine d´informations de première main.
J´imagine que cette dernière partie concernant les ANNEXES figure aussi dans la nouvelle collection de poche ( la mienne étant celle de Robert Laffont de 1998) : elle est fondamentale.
Je ne suis pas lectrice habituelle de romans historiques, mais cette partie finale me semble indispensable à tout roman portant sur un personnage qui a existé, d´autant plus que nombreux des lecteurs de ce roman seront aussi ces amateurs d´art, qui aiment tant se prêter au jeu du faux et de l´authentique.
TINA: Je suis en train de lire un tout ouvrage sur ARTEMISIA, il s´agit de celui de Rauda Jamis ( de 1990).
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animal
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Dim 27 Mai 2012 - 18:13

Bertrand Lamarche au CCC.

Le lieu est toujours frais et reposant pour les yeux même dans les journées ensoleillées. En ce moment Bertrand Lamarche est présenté au CCC (quelques salles de béton pas très loin de la gare).

(les italiques sont des citations du papier explictatif/plan d'exposition).

Cette nouvelle installation est conçue comme une installation globale. Bertrand Lamarche y redistribue ces figures récurrentes dans un scénario qui déroule plan par plan le récit d'une rêverie nocturne. Le terrain ombélliférique constitue le fil conducteur de cette immersion dans un paysage fictionnel et atmosphérique.



MAP, 2011

Un dispositif délibérément apparemment permet la fabrication d'un phénomène météorologique à l'échelle de la maquette. La table noire matérialise la cartographie d'un territoire fictif qu'une masse brumeuse vient submerger en même temps qu'elle le crée et lui donne une forme sans cesse renouvelée. Le spectateur assiste en temps réel à l'apparition d'un phénomène évanescent qui interagit avec les flux de la salle d'exposition. Support récurrent dans le travail de Bertrand Lamarche, la maquette est ici présentée sous une forme originale, mêlant météorologie et modélisme.






C'est vrai qu'il est difficile de s'arrêter pour se laisser submerger par l'espace réflexif d'une imagerie qui en fin de compte à un côté pop et une allure dérisoire de grand bricolage. Une allure qui fait apparaitre la même question, celle qui revient, logique puisque c'est la même : pourquoi ça plutôt qu'autre chose ? surtout pourquoi ça plutôt que quelque chose qui ferait sentir une autre forme d'exertion ? l'improbable mystère de la création contemporaine ? innocent

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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Dim 27 Mai 2012 - 18:45

animal a écrit:
C'est vrai qu'il est difficile de s'arrêter pour se laisser submerger par l'espace réflexif d'une imagerie qui en fin de compte à un côté pop et une allure dérisoire de grand bricolage. Une allure qui fait apparaitre la même question, celle qui revient, logique puisque c'est la même : pourquoi ça plutôt qu'autre chose ? surtout pourquoi ça plutôt que quelque chose qui ferait sentir une autre forme d'exertion ? l'improbable mystère de la création contemporaine ? innocent
rire
La "nécessité" et l'art contemporain, pou moi ça fait deux, j'ai l'impression... Mais il paraît que ce qui est important, c'est le "questionnement", l"intention" de l'auteur (peut-être que si j'ai l'"intention" de faire un chef-d'oeuvre, ça suffit ?).
Enfin, ces installations ont l'air rigolotes (mais est-ce de l'art ?).

Ces derniers temps, j'ai eu l'impression que le monde entier était un Lamarche (et non pas un cactus) : plus d'eau que de soleil.

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tina
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Dim 27 Mai 2012 - 18:58

Il faut que je prenne l'édition Pocket alors (juin 2010).
C'est bien la première fois qu'au sortir d'une expo. j'éprouve le besoin de connaître la vie d'un peintre.
D'habitude, je me contente de son apport artistique et de sa technique.
Sauf qu'avec Artemisia, l'aspect privé est indissociable de la violence de l'oeuvre et de sa grande tristesse (voir l'étonnante Rénommée...).
Au fait, ce n'est pas la 1ère grande femme peintre de la Renaissance, comme le dit G. Collard. Pensons à Sofonisba Anguissola, bien talentueuse aussi.
Ces femmes là avaient une trempe !
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Mer 30 Mai 2012 - 13:43

Degas et le nu - Orsay
C'est la tête bien rêveuse que je suis sortie du musée d'Orsay hier.
Après avoir découvert un autre Degas et assisté à sa métamorphose : quand la belle chrysalide devient papillon et se libère de toute entrave !

La forme : on assiste aux débuts appliqués d'un élève surdoué avec des dessins d'une finesse...(des nus académiques, certes, mais sublimes d'exactitude linéale, sans oublier le modelé nuancé). Puis, l'élève s'élève, pourrait-on dire.

Il y a d'abord les influences de Puvis de Chavannes (et sa matité), puis d'Ingres (déjà plus audacieux), puis de Delacroix (carrément osé) et enfin de Goya : le flamboyant Goya qui manie un naturalisme hyper expressif.
Tout cela, Degas l'intègre, le digère et nous le transcende en donnant naissance à une facture personnelle, qui sait être monumentale dans les petis formats, suggestive et évanescente dans les grands. Un pinceau vagabond et libre.

Le fond : les femmes ! Et quelle évolution curieuse.
Au départ, au centre d'un tableau sur la guerre, elles sont victimes. On les voit nues, démunies et en souffrance. Puis, on les retrouve dans un rôle social plus ambigu : dans les maisons closes. Une magnifique série de monotypes représentant "des scènes de genre" dans ces lupanars luxueux mais terribles, en noir et blanc ou couleur. Elles sont seules, ou en groupes, languides, sensuelles ou saphiques. Une série que le peintre s'est bien gardé de montrer de son vivant. Quelle vie il leur insuffle ! Quelle lassitude aussi...

Puis avec le temps, Degas magnifie la femme, qui devient l'héroïne excentrée du tableau, adipeuse, en torsion et en mouvement car la mécanique des membres s'agitant, s'affairant éblouit ce chercheur de secrets.

Je ne peux pas citer les nombreux pastels de grand format et de qualité exceptionnelle (notamment ceux des femmes au bain, dans toutes les positions). La technique permet tous les dégradés et Degas se fait coloriste et architecte du corps et de l'espace.

On finit par son apport : Gauguin, Matisse et Picasso sont là. Eux qui ont vu le génie de l'artiste, l'innovation et la modernité.

Un émouvant moment : ils ont fait venir "Le viol" de Philadelphie. Nous étions nombreux debout et silencieux à scruter cette oeuvre sombre et douloureuse. Il y a d'ailleurs un mystère car à peu près personne ne sait exactement ce que Degas a voulu représenter.

On ressort songeur, émerveillé et avec la sensation d'avoir exploré l'inconnu...


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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Ven 8 Juin 2012 - 21:02

Je reviens de l'expo sur Leonard au Louvre.

En gros : il s'agit de la présentation de la restauration et de la genèse du tableau de Ste Anne, Marie et Jésus (du Louvre) .
La restauration, tant attaquée, révèle une luminosité et une clarté extraordinaires qui transforment vraiment l'oeuvre.

Mais pour la genèse, il y a peut-être une trentaine d'esquisses et de dessins de Leonard, qui a étudié les drapés, les mouvements des corps, les arbres et les minéraux. Son talent dépasse le commun des mortels. Mais cette collection me semble légère en quantité ! Ils auraient pu faire l'effort d'étoffer tout ça.

Pour "meubler", ils se sont contentés de présenter des tas d'oeuvres de suiveurs, copieurs, etc et bien sûr, à côté de l'artiste, ils font tous pâle figure.

Le thème trinitaire aura une grande postérité, certes, mais on reste sur sa faim car on veut voir le maître, et non ses épigones.

Il a une virtuosité de miniaturiste hors normes. J'ai d'ailleurs revu ses magnifiques vierges au chat. Le chat incarnant le péché originel.

C'est une immense expo par les qualités de dessinateur, concepteur et d'innovateur que possède LDV. Mais c'est une expo trop pauvre en "matériau".

Certains disent qu'on rentre dans le cerveau du génie, en voyant ses recherches, ses essais, ses questionnements. Je n'aurais pas cette prétention là, car on reste béat face à ces fragiles feuilles de papier, à ce clair obscur presque surnaturel, à ces expressions si douces, tellement d'ailleurs.

Il finira par me faire croire en Dieu, ce Leonard...
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Lun 11 Juin 2012 - 11:40

Les Belles Heures du duc de Berry - LOUVRE


Jean de Berry est le frère de Charles V et connu pour être un mécène et esthète hors du commun, ce qui est un peu de famille si on pense à Philippe le Hardi ou Louis d’Anjou, ses frères.

Tous ces seigneurs, proches du pouvoir monarchique et régents à une période (juste avant la majorité de Charles VI), ont entretenu de fastueuses cours et fait travailler les meilleurs artistes du moment.

Le Louvre a fait venir de New York 47 feuillets des Riches heures du duc de Berry (à ne pas confondre avec Les Très riches heures, plus connues sans doute) et nous pouvons les regarder un à un, dans une petite salle tranquille, peu fréquentée et propice au recueillement qu’imposent ces petits formats religieux, enrichis de phrases pieuses.

Il y a la vie du Christ, et également les vies de Sainte Catherine, Saint Antoine, Saint François d’Assise.

Le livre d’heures est un support de méditation, donc une oeuvre à caractère religieux, mais l’art qui rehausse tout ça lui donne des airs mondains, surtout quand on admire le style minutieux des frères Limbourg, traditionnellement nommé « gothique international ».

Un concept qui souligne le travail graphique serpentin (avec des drapés magnifiques de délicatesse), des couleurs chatoyantes, des fonds rehaussés de dorures, des mises en scène spatiales audacieuses puis une expressivité des visages détaillée. Tantôt douloureuse, rêveuse ou méditative. L’ensemble touche, émeut et un silence semble envelopper chaque miniature.

C’est un ensemble exceptionnel, qui est accompagné de quelques œuvres phares comme le Parement de Narbonne, œuvre monochrome de même facture.
Les frères Limbourg sont les neveux de Jean Malouel, peintre à la cour de Bourgogne (une grande pieta au Louvre lui est attribuée).
Un courant artistique à redécouvrir.


Du concret ici : http://blog.metmuseum.org/artofillumination/manuscript-pages/
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animal
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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Mar 12 Juin 2012 - 22:58


Cima da Conegliano Maître de la Renaissance vénitienne au musée du Luxembourg

Une belle expo pour un dimanche matin (et en bonne compagnie bonjour ), une petite expo avec pas trop de monde et pas mal arrangée. C'est la fin du XVème, le début du XVIème, à travers les échantillons d'une production à thèmes essentiellement religieux mais partagée entre le domaine privé et l'officiel on voit une évolution du peintre, une recherche.

Mais ce qui frappe tout de suite c'est la luminosité et la grâce. On serait tenté de parler d'exquis pour une présence fantastique qui réunit une forme antique à une ouverture sur le monde et la nature (inspirée du village natal disaient les plaquettes). Des structures très rigoureuses qui laissent la place à une respiration, une élévation vers des hauteurs plus libres.

Ce qui m'a beaucoup plus c'est que ce merveilleux de légèreté et de vie repose sur les représentations relativement figées, à l'ancienne (à la différence des débauches que nous avons pu voir à l'expo du Louvre dans notre visite grandement collective), c'est à dire qu'il faut reconnaitre qu'il joue pleinement de son talent mais sans basculer ouvertement dans une rupture d'avec le sujet. Il y a quelque chose de la précision des formes et des volumes dans les couleurs habituelles : vert, bleu, rouge, jaune. Si les détails abondent parfois (et avec une précision implacable) une des marques du maitre est d'épurer l'intérieur des formes pour associer entre elles des formes plus lisses (jusqu'à un Saint Sébastien piqué d'une unique flèche à la cuisse voire plus épuré encore). Ce qui apparait terriblement moderne, surprenant... et parfois l'appel est moins fort pour celui qui regarde, tout en gardant la surprise !


Une des grandes belles choses est de voir au fil des quelques vierges à l'enfant (qui ont été fort nombreuses on dirait !) les postures se libérer et rechercher des attitudes les plus naturelles possibles, toujours avec un souci parfait de délicatesse. En notant aussi que ce trait se limite à celles destinées au domaine privé.


Les représentations moyen-âgeuses se préoccupant peu des échelles (lapins gros comme des vaches et cigognes comme des souris) on arrive en monumental au gigantesque lion :


Ce qui pouvait a priori être trop 'moderne' pour m'appeler réellement m'a très agréablement surpris (il y a des œuvres absolument sublimes, le début de cette expo est incroyable !) par sa légèreté , son esprit, sa confiance même alors que l'évolution si la fascination joue moins défriche un pan de la représentation par un geste explicite (je ne parlerai pas volontiers d'innovation et j'en serai heureusement incapable). C'est la manière de l'image et la question de la façon de la regarder, pourquoi ça fonctionne encore simplifié ou la limite de la simplification, de cette question. A ne pas négliger non plus le rapport au fantastique (une puissance de l'esprit ou de l'imaginaire) qui ne m'a pas toujours marqué de cette façon devant ce type de représentations religieuses chrétiennes.

Cette exposition ne donne pas de vision uniforme et n'en est que plus utile et pas moins belle !

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MessageSujet: Re: Expositions vues par les parfumés   Mer 13 Juin 2012 - 9:02

Je voudrais juste insister sur la pertinence du choix des oeuvres, qui dans un espace restreint, nous propose des aspects diversifié, qui donne l'image d'un peintre multiple, entre les très grandes peintures destinées aux églises, les oeuvres plus petites destinés aux intérieurs, et même des décorations de coffres. Et aussi une diversité de thématiques. De même, toute la chronologie est représentée. C'est vraiment intelligent et permet de bien découvrir un artiste peu connu, alors que l'espace d'exposition est réduit.
Je l'ai déjà dit ailleurs, mais j'insiste encore sur le fait que les reproductions ne rendent vraiment pas justice à cet art. La luminosité dont parle Animal, et qui donne vraiment une tonalité, une présence, une grâce, est en partie perdue. De même que les détails, dans les très grands tableaux. Et la texture, c'est particulièrement frappant dans le tableau avec le lion de Venise. La texture de la mer est absolument extraordinaire, avec des reflets, des chatoyances, j'ai lu que Cima utilisait parfois jusqu'à douze couches de peintures superposées, et c'est impossible à faire passer en reproduction.

Alors si vous avez l'occasion de voir cette exposition, n'hésitez pas.

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MessageSujet: CIMA   Mer 13 Juin 2012 - 9:32

http://www.latribunedelart.com/cima-da-conegliano-maitre-de-la-renaissance-venitienne-article003678.html

Giorgione avait sùrement vu cette Vierge de Cima, avant de peindre "La tempête".


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