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 Béatrix Beck [Suisse]

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 30 Nov 2008 - 15:24

Après visite du fil...
Le nom des personnages me dit bien quelque chose (Barny en particulier), mais je ne me rappelle vraiment plus des détails de l'histoire. J'ai du le lire quand j'étais ado, j'aimais pas mal ce type de roman à l'époque.
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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 30 Nov 2008 - 20:10

pas compliqué si tu veux le relire Wink

j'aimerai tellement pouvoir en lire un autre jour...

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 30 Nov 2008 - 20:42

Un de ces jours volontiers!

Mais là, comme le dit Coline sur un autre fil, "il y a embouteillage dans ma PAL" . Wink
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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeVen 10 Juil 2009 - 22:20

Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 97822410
La Décharge

quatrième de couverture a écrit:
Les Duchemin s'entassent dans une misérable baraque située entre le cimetière d'un village et la décharge publique, un amoncellement d'ordures en perpétuelle combustion que le père a mission de surveiller. Noémie Duchemin rédige ses souvenirs à la demande de son institutrice. C'est une adolescente sensible et surdouée qui use d'un style neuf et savoureux, capable de transformer en féérie une réalité sordide. Rien de plus difficile que de faire parler l'enfance et la misère. Béatrix Beck gagne ce double pari. Elle a l'espièglerie ravageuse de Queneau. C'est Zazie zonarde.

C'est un roman de cahiers et de lettres, la plus grande partie est de cette Noémie mais pas tout. Et ça vient plus tard. Dès le début on est un peu surpris, autant qu'on est emmené par une écriture très libre, inventive et presque frénétique... Il y a de la joie, de la chaleur et beaucoup d'esprit dans l'univers plutôt particulier de Noémie... une presque erreur cette Noémie. Mélange de récit culturel et social, de témoignage sur une France de l'après guerre aussi... les couches sont multiples se dévoilent et se recoupent, s'imbriquent dans un témoignage de vie. C'est non seulement très beau mais c'est en plus très spirituel, c'est bien un des rares livres à m'avoir arraché spontanément un rire.

Le super moment de lecture avec écriture différente et vive c'est déjà très bien mais ça ne s'arrête pas là. On sent, on devine, on esquisse un envers du décor et envisage ce qu'on lit comme un positionnement, une résistance ou une vie, pas différente ou en opposition mais bel et bien mêlé... et autant on flotte à la surface du texte avec ravissement autant le fond est dense et complet. C'est ce qui se confirme dans l'agencement du roman et l'apparition des autres voix qui apportent des surprises et des confirmations.

Passée la surprise de la découverte de "l'enfant" Noémie et de sa famille, de son monde pas loin d'être hostile (à l'exception de son institutrice Mlle Minnier) il y a l'arrivée de changements et les autres voix, on est confrontés à des ruptures, des trahisons et à un naturel mélange de rejets et de nuances, de continuité, d'affirmations... et la mosaïque du passé familial se complète, c'est plus sombre... on lit et on réfléchit différemment. Mais l'esprit reste avec sa vivacité, sa conviction, son acharnement à être libre...

Pas facile dans le moule des apparences et des contraintes... des arrangements se font, se supposent, se dévoilent... et l'horizon s'élargit avec le temps qui passe... le happy end restera improbable et le souvenir de lecture plus que durable.

A travers les réactions des personnages à leur existence il y a une foule de choses qui se bousculent, des peines, des blessures, de la méchanceté comme de la bonté, tout est mélangé soumis à réécriture et interprétation... et comme Léon Morin c'est une évidence de regard sur une condition féminine dans son époque (une condition unique à travers plusieurs voix ?).

On peut ajouter que ça va assez loin (c'est parfois très troublant/déstabilisant). Qu'il y a pas mal d'humour et de réflexion autour de la religion...

Ce livre est fascinant et remarquable, une somme libérée et maîtrisée d'une montagne de choses de vies, d'observation fine... et avec quel esprit. Je regrette une semaine de lecture pas idéale pour savourer autant que possible et assimiler au maximum... m'enfin c'est incroyable, proche de la révélation. Je ne risque toujours pas de pondre un top 10 mais ce bouquin (et l'auteur quelque part) je le range dans le souvenir particulier pour les impressions et les réflexions multiples et essentielles qu'il laisse (autour de la réécriture, des arrangements et d'une forme de pression/condition)... pour cette quasi-sorcellerie de l'écriture libre mais aussi changeante, la somme affranchie que ça peut représenter.

Le bouquin est de 1979.

extrait repris du fil de nos lectures, mais je reviendrai tellement je suis subjugué et charmé :

Citation :
Nous avions même une citrouille mahousse, vous écrivez des mots dessus, ils grandissent. Robert écrivit Cloporte et Margouille pour Clotilde et Marguerite, j'écrivis Rodomont pour Robert, Clotilde dessina un coeur percé d'une flèche, dedans Papa Maman. Guitou ne voulait rien écrire, elle est très cachotière, on l'a forcée, alors elle a marqué Demain, c'est le commencement d'une récitation que leur apprenait Mlle Mininer.
Le conseil municipal a refusé à Papa de cultiver le cime, pourtant désaffecté. Fleurs oui, légumes non. Pour être convenable il faut que ce soit inutile. Ce n'est pas la question beauté, les légumes sont aussi beaux que les fleurs. Une laitue est une rose verte et il faut être tordu pour avoir moins de plaisir à regarder un chou violet ou une tomate qu'un dahlia ou un lys rouge.
Dans notre chez nous on était bien, ça faisait caisse géante à nos mesures. Les gens disaient qu'on vivait comme des bêtes. Je trouve qu'on avait pas tort, j'aime les bêtes. Ils disaient aussi qu'on était des bohémiens. Ce n'est pas vrai. A cause des yeux noirs de Maman et Clotilde mais ça ne prouve rien. Est-ce qu'on leur a volé seulement un sou, une pomme ? On a bien trop peur des gendarmes. Maman n'était pas du village, elle venait de l'autre côté de la forêt, ici on aime pas les étrangers mais tant qu'on habitait Grande-Rue et que Papa avait ses deux bras, ils nous acceptaient.

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeSam 11 Juil 2009 - 22:13

Citation :
- Justement il faut éviter de se perdre. Tu as l'air d'en dire trop peu parce que tu en dis trop. Par exemple, on se demande pourquoi l'assistante sociale vous avait envoé les gendarmes.
- A moins d'être demeuré, on comprend bien que c'est Pa...
- Tais-toi, Noémie.
Je veux bien, mais pourquoi est-ce qu'il ne faut pas parler de ça dans un cahier de brouillons que je brûlerai quand j'aurai tout mis au propre ? Le mal est dans l'oeil de celui qui le voit.
Elle revient à la charge pour que je décrive la forêt, mais ça ferait deux forêts, une de trop. Il ne faut pas parler pour ne rien dire. La Décharge c'est différent, puisqu'elle n'existe plus, c'est un souvenir.

Citation :
Je fais un geste évasif. J'ai de nouveau rêvé de M. Son épitaphe c'était Tarte en bois et miséréré. Ca lui va comme des guêtres à un lapin, à moins de chanter miséréré sur ses amours avortées et de s'apercevoiir que sa farine n'était que de la sciure.
Une envie de bonheur qui ressemble déjà à un commencement de bonheur commence à me pousser. Je me suis cueilli un bouquet en champs, coquelicots, bleuets, campanules, gueules-de-loup nain, pas pour nihil, bien sûr. Je l'ai mis dans ma chambre, dans un joli pot de grès à anchois. C'est la première fois que je cueille des fleurs pour moi, je le mérite bien, je suis digne d'être aimée et je m'aime dur comme fer. A tel point que je partirai. Un jeudi matin je prendrai le car pour la ville à 7 heures 25 devant l'épicerie, avec tous mes vêtements bien empaquetés dans un grand carton, je viderai celui où Mme Moutte tient les affaires à son mari. J'expédierai par le camion au grossiste le petit Chose, le grand Meaulnes, la cousine Bette, le cousin Pons, les deux Nigauds, l'Adolphe, ke Michel Strogoff, la Clara d'Ellébeuse, la Marie-Claire, toute ma troupe en caisses clouées, six planches comme la Minnier, mais ...
et oui, ne faut pas trop en dire... bien que ce soit un peu dommage ?

une bonne nouvelle aussi, apparemment à vue de libraire ça va être possible d'en lire d'autres sans trop trop galérer Cool

j'aurai bien trouvé un morceau qui évoque la guerre aussi, peut être plus tard...

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 12 Juil 2009 - 10:27

Je me souviens avoir lu ce roman il y a une vingtaine d'années maintenant, et j'en garde un très bon souvenir, tu me donnes envie de le relire.
Quand à Léon Morin Prêtre, je l'avais vu il y a longtemps déjà, désormais, j'aimerais bien le lire, je note donc.

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 12 Juil 2009 - 21:18

Tu me donnes envie de le découvrir Animal, je note ; ce n'est pas le type de lecture dont j'ai l'habitude mais ce style inventif me plaît bien a priori. ( hormis les négations oubliées ( "ici on aime pas" ) qui m'agacent toujours et on tendance à me gâcher un peu le plaisir de la lecture. )
Merci pour les extraits et pour ton commentaire.
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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 12 Juil 2009 - 21:27

les négations oubliées et quelques approximations langagières ou tournures sont un étrange mélange du personnage (de provenance moins que populaire en fin de compte) et d'effet du texte dans l'ensemble.

cerclage de bon coeur parce que ça mérite d'être partagé !

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 6 Sep 2009 - 19:08

L'épouvante l'émerveillement

Quatrième de couverture a écrit:
A quoi rêvent les petites filles ? De 2 mois à 13 ans, Paméla raconte à voix haute le monde merveilleux et terrible des enfants : la faim, l'amour, la séparation, l'apprentissage de la douleur et du plaisir. A ufil des mots qui blessent, des gestes qui réconcilient, se dessine une troublante histoire d'amour entre trois femmes : la grand-mère, la mère et la fille. Trois figures de la féminité, tour à tour maléfiques et rassurantes, qui sont peut-être les clés de l'univers mystérieux de Béatrix Beck

Des bribes en fait, des instants datés par l'âge de Paméla. Monologue des débuts puis dialogues (et lettres) avec la mère la grand-mère... et dautres !

J'ai retrouvé la liberté de langue de la Décharge, simplifications et raccourcis d'un langage enfantin mais aussi moyen d'approcher d'autres vérités ou autrement la vérité. Le ton est délié et agréable mais la tonalité n'est pas nunuche, à côté de l'ours, de l'éléphant et du singe il y a l'histoire aussi, qui se rappelle matériellement à l'enfance (attentat) et se poursuit à travers les enfants (les restes de l'histoire qui accompagnent la deuxième guerre mondiale... ).

De fragments en fragments ce sont des principes fondamentaux qui s'esquissent d'attachement, de perception, de croyances, une esquisse de quelque chose de très intérieur.

Et le bonheur à travers des phrases pas toujours réaliste annoncées avec aplomb, d'une finalité définitive à laquelle on serait prêt à croire sans se forcer, voir avec conviction.

Citation :
- Ecris à Palmyre de faire bien attention, en se promenant sur la montagne, de ne pas tomber à côté.
- Je le lui écrirai, mais elle ne risque rien. Sois tranquille.
- Mon ours Roland est malade.
- Ah oui ! Qu'est-ce qu'il a ?
- Il a une caverne. Je vais lui donner des médicaments. Mange mon ours, mange les bons médicaments pour plus perdre ton son. Une pastille pour Palmyre qui est dans la montagne, une pastille pour Paloma qui est dans la cuisine pour couper les cheveux descarottes, une pastille pour Pamela (je peux pas dire qui c'est, parce que c'est moi), une pastille pour le chat qui est à nous. Ca y est, il a pris tous ses médicaments, il est guéri. C'est plus la montagne, c'est ici. Je suis le docteur : ours Roland, vous avez plus de caverne de la montagne. Vous avez pas de tache, vous avez pas de trou. Voilà votre radio, ours Roland : c'est plus une caverne, c'est une jolie maison avec des cachettes.
rem : les histoires de montagne et de maladie ne sont pas gratuite, le sous-titre du bouquin est Roman, ça a un sens.

pas le livre que je conseillerai pour prendre contact avec l'auteur mais sinon je ne boude pas le plaisir de cette courte lecture qui n'est pas gratuite.

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeJeu 10 Sep 2009 - 23:09

il s'avère que l'impression est durable... et qu'il me semblait bien avoir oublié d'insisté sur le mélange du soi avec l'autre, pas gratuit dans le jeu du langage et n'excluant pas une sorte de retour de bâton. Un peu pareil dans la décharge.

re-extrait comme ça pour le plaisir :

Citation :
Ours Roland, éléphant Georges, singe Stéphane, vous êtes des clowns. Il faut pas avoir peur. Vous êtes des jolis clowns. Personne va vous faire de mal. Vous allez toujours rester avec maman clown. Moi, je suis le monsieur du cirque. On va nourrir les lions avec des biftecks sur des grands bâtons en fer. On va pas tomber. On dormira dans une joile roulotte automobile. Votre maman va vous raconter une histoire : le Petit-Poucet a tué toutes les filles de l'ogre, mais pas vraiment. Après, elles ont revi et elles se sont mariées avec le Petit-Poucet et ses frères. Et l'ogre, c'était pas un vrai ogre. Il mangeait pas les gens, il avait pas faim. Mon ours dort. Mon éléphant dort. Mon singe dort. Je me suis donné du mal pour les endormir. Maintenant je suis bien contente. Bien tranquille.

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeSam 24 Oct 2009 - 17:49

Des accommodements avec le ciel

quatrième de couverture a écrit:
Barny et sa fille France font un séjour en Belgique après la mort du mari de Barny, Chaïm Aronovitch. Le personnage qui, avec Barny, domine le récit, est sa tante Francine, vieille fille pétrie de préjugés ridicules, de vanité, d'hypocrisie, pieuse, mais " s'accommodant sans cesse avec le ciel " et se permettant mille irrégularités, grandes et petites, avec la meilleure conscience. Cette tante Francine constitue un étonnant portrait, une peinture à la fois sèche et éclatante, dans le goût de Hogarth et de Paul Cézanne.

Moui, mais un peu simpliste le quatrième de couverture. Sa fille France est au moins aussi importante, et on y parle aussi belge, et de Belgique, de famille et de religion et d'une sorte d'exercice de la vie quotidienne.

Des tas de choses cachées, mêlées derrière la petite musique déterminée de Béatrix Beck qu'on sent bien pas toujours aussi légère ou détournée qu'il n'y parait. A la fois très vive et accomodée Barny raconte, croit et tient à quelques petites choses. Drôle de lecture, pas seulement à cause des sourires provoquées mais parce qu'il est difficile de tout dicerner de bien savoir ce qui s'y dit... on s'interroge au fil de l'observation parfois révolté des accommodements de chacun avec sa morale et la morale en général, d'une capacité bien naturelle à casser du sucre sur celui qui à le dos tourné... mais baigné d'une certaine gentillesse un peu triste, d'une certaine tendresse... avec une Barny toujours obstinée malgré ses doutes et un quotidien pas simple aux lendemains de la guerre, partie élever sa fille en Belgique avec les diverses tantes d'une famille un peu compliquée, les aidant autant qu'elles sont aidées Et Barny est l'étrangère dans ce pays, attachée à certains principes comme au prénom de sa fille et à sa spiritualité franche.

Dans la peinture aussi, l'écriture de Barny double de l'auteur et à travers la famille, les familles en fait et les convenances (et leurs mensonges) la femme dans sa société et une certaine volonté d'affranchissement. A sa manière.

Avec certaines tournures, avec des expressions et la manière d'alterner dialogues et énumérations, il y a dans cette écriture pragmatique (sans oublier joyeuse et consciencieuse) un jeu évident et une sorte de réassemblage autour des mots et du texte en général. Pour donner une idée je glisserai à mi chemin entre l'impression qu'a pu me faire Dans ma maison sous terre de Chloé Delaume et une écriture classique (et assez jolie) musicale avec plein de passé simple et de passé composé. Moins développé que dans La Décharge c'est néanmoins dans cet entre deux qu'on s'émerveille et se laisse entrainer au cours de la lecture.

(ce que je veux dire c'est que dans ma lecture je trouve au moins autant de liberté chez Béatrix Beck que sur des déconstructions plus récentes avec quelque chose en plus dans l'ancrage dans la chose "livre", difficile à expliquer...)

Ayant eu un peu de mal à raccrocher tous les wagons, et avec une lecture à un rythme un peu cassé (à cause du travail), je n'en reste pas moins conquis encore une fois par Béatrix Beck, son propos et son écriture. Oui, j'adore. Et j'adore aussi la façon dont elle masque dans le pragmatisme et une fausse facilité des trucs durs et à peine croyables...


extrait plus tard sans doute !

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 25 Oct 2009 - 9:54

extrait :

Citation :
Depuis quelques secondes, se produisait un curieux phénomène : le cercueil coulait. Des ruisselets sombres s'échappaient par les jointures et se réunissaient en petites flaques. Le chauffeur, alerté par nos lamentationsétouffées, se retourna, regarda en faisant une grimace pour montrer qu'il prenait part à notreennui et dit :
- Bien sûr, il fait trop chaud. Il aurait fallu de la fraîcheur. Et puis il y a longtemps que le transport aurait dû être fait, qu'est-ce que vous voulez. On va se presser pour arriver avant que ça n'aille mal.
- Pauvre petit papa, dit Francine en regardant suinter le jus brunâtre.
Le fourgon fila à cent trente. On dut croire que nous participions à un rallye macabre. Grand-père, qui avait une prédilection pour les histoires de mauvais goût, aurait aimé celle de sa liquéfaction.
Le cimetière était percé d'avenues où nous commençâmes par nous perdre. Enfin, après plusieurs marches arrière, nous arrivâmes à notre caveau, cube cossu et gris encadré de quatre urnes semblables à celle que prépara lacigogne pour embarrasser le renard, et surmonté d'une colonnette astucieusement brisée. Sur la façade, des mouchetis en forme de poires figuraient des larmes. C'était un bien beau mausolée, où la croix brillait par son absence. Encordé et descendu non sans encombre par des ouvriers plein d'entrain, grand-père alla rejoindre ses deux épouses, Ginevra Santorini et Erna Battendorf, et son jeune fils Emile qui l'attendait depuis près d'un demi-siècle. Ce collégien avait resquillé des funérailles religieuses grâce au mensonge de son frère Gaétan : mon père avait juré au prêtre qu'Emile délirait quand il s'était fait sauté la cervelle.
- Il reste encore une place pour moi, dit Francine, mais je ne sais pas où on casera le pauvre Armand.
- Et Emma ?
- Emma ne s'occupe pas de ça, tu sais bien, c'est une cervelle d'oiseau.
A l'exemple du chauffeur, nous allâmes prendre un bock au Café du progrès et ce fut le retour, allégé mais non délivré de "ce quelque choses qui n'a plus de nom dans aucune langue". Quand nous passions devant un site particulièrement pittoresque, Francine me le désignait du menton, sans se départir de l'air profondément affecté qui s'imposait dans notre funèbre véhicule.
Emma avait préparé un minestrone pour nous ragaillardir.
Elle et le petit biquet était allés voir l'Alibi. Elles avaient beaucoup prié pour nous et le pauvre papichon.
- Un caveau, c'est une espèce de caverne ? demanda France ; et dans ses yeux passèrent les reflets d'Ali-Baba et des quarante voleurs.

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 25 Oct 2009 - 10:16

J'ai envie de découvrir Beck, quel livre me conseillez-vous pour commencer? Very Happy
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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 25 Oct 2009 - 10:20

Léon Morin ? après tout, le plus connu sans diminuer le bonheur des futures lectures... peut être la "série" avec Barny dans l'ordre mais ça doit être plus difficile de tout dénicher. La décharge est une merveille mais une évolution différente, je suis content de l'avoir lu après avoir fait connaissance avec l'auteur... faut voir, peut-être d'autres parfumés vont pouvoir répondre cat

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MessageSujet: Re: Béatrix Beck [Suisse]    Béatrix Beck [Suisse]  - Page 2 Icon_minitimeDim 13 Déc 2009 - 19:01

L'enfant chat

quatrième de couverture a écrit:
"La mère Herbe m'a apporté un chaton blotti dans son tablier, vrai patchwork qu'elle tenait relevé à deux mains. Elle a dit : " S'appelle Soizic " en clignant de son œil unique... j'ai protesté. N'ayant pas de souris, je ne veux pas de chat." Olga Bredaine, veuve et professeur à la retraite, ne restera pourtant pas insensible à cette boule de poils. Surtout lorsque cette dernière, un soir d'orage, vient se blottir contre elle et prononce son premier mot : " Peur. " Et ça ne sera pas le dernier... Qu'on ne s'y trompe pas : nulle mièvrerie dans ce livre mais une perception de la vie toute en cruauté, tendresse et humour.

(et une jolie présentation en forme de lettre à l'auteur... )

Un peu la même recette que l'épouvante l'émerveillement, un drôle de conte observateur, un peu sauvage et tout à fait libre. Les assemblages de l'auteur (sa manière de coller les mots et les idées) sont plus que jamais renforcés d'une démonstration de langue française. A se rendre compte que je ne la maîtrise que très mal. C'est d'une telle fluidité et d'une telle simplicité cette démonstration et sans verser dans le.... Erik Orsenna a l'air bien plat et mou en comparaison... et presque hors sujet !

Étrange, surprenant et attentif, on trouve des échos d'autres textes et une capacité à émouvoir véritablement au milieu du reste sans sentimentalisme exacerbé.

Un livre difficile à lire sans trouver ou retrouver le sourire, j'imagine mal qu'on puisse longtemps résister au sens de l'humour de Béatrix Beck. Les adeptes du tigre domestique y trouveront certainement encore un peu plus leur bonheur qui pourrait donc atteindre des sommets.

J'adore, sa langue, son articulation (plus qu'une simple musicalité) et ce qu'elle dit cat

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