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 Kenneth White

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tom léo
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Lun 30 Sep 2013 - 7:26

Salut,

comme tu étudies ces questions plus à fond (j'ai vu que tu lis actuellement Bouvier), j'ose te proposer la découverte de Mariusz Wilk. Lui, surtout dans des mots très clair dans son dernier livre "Dans le sillage des oies sauvages" se met en rapport étroit avec Kenneth White, parle de leur rencontres, le voyage de celui-ci au Labrador. Wilk lui-même se met dans cette tradition, quelques fois un peu "grandiloquemment", mais cela reste intéressant. Un melange entre des approches divers: descriptions de nature, aspects sociologiques, traditions orales, réligieuses, mystiques, le chemin et le déplacement proche au "vagabondage"...
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Lun 30 Sep 2013 - 7:42

Merci beaucoup pour cette référence, tom léo. D'ailleurs, comme cette référence est encore récente, mon professeur ne l'a pas inclus dans la bibliographie du plan de cours. Je ne manquerai pas à faire un tour sur le fil de Mariusz Wilk. Je note la référence Dans le sillage des oies sauvages directement sur le plan de cours.

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Portulano
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MessageSujet: L'Archipel géopoétique   Mar 1 Oct 2013 - 18:50

Bonjour à tous, je viens de découvrir votre discussion sur Kenneth White et sur son oeuvre. Je suis un de ses amis et je connais bien son oeuvre. Je peux donc répondre à pas mal de vos questions si vous le souhaitez. En premier lieu, j'ai lu plusieurs fois le mot "géopoésie". Ce terme n'est pas employé par les géopoéticiens que nous sommes (quelques centaines dans le monde). Kenneth White parle de géopoétique, d'une poétique du monde portant une dynamique fondamentale de la pensée. Il souhaite depuis la création de l'Institut International de Géopoétique en 1989, véhiculer dans sa réflexion "énormément de matière, de matière terrestre, avec un sens élargi des choses et de l’être". La géopoétique tente d'ouvrir "un espace de culture, de pensée, de vie. En un mot, un monde".
Pour confirmer ce qui a été dit sur la langue employée par Kenneth, je dirais qu'il écrit tous ses essais en français (prose-books) et ses récits (qu'il appelle des way-books) et ses poésies (poem-books) en anglais, généralement traduits par son épouse Marie-Claude White.
Il aime unir ces trois genres littéraires dans l'image d'une flèche dont les essais seraient les pennes, les récits la tige et les poèmes la pointe.
Pour votre information sachez qu'il a souhaité créer des centres (ou ateliers) géopoétiques dans diverses parties du monde et notamment en France car il considère que l'esprit français est plus à même de comprendre et de développer son concept.
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Marie
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Mer 2 Oct 2013 - 5:14

Bonjour!
En 2007, il écrivait:

Citation :
M.D. : En 1978 vous écriviez dans Dérives (p. 91) : « A voyager ainsi, où est-ce que je vais ? Nulle part. Je traverse bien des lieux de l’esprit, péniblement quelquefois, pour n’aller nulle part. Nulle part, c’est difficile, mais j’y arriverai un jour. Nulle part, c’est partout, c’est par moi ».
Avez-vous le sentiment d’y être arrivé ?
K. W. : Oui. À peu près. Je rôde aux confins. Mais ce mouvement dans les confins peut s’affiner. C’est le thème de mes travaux en cours.
Vous dites:

Citation :
La géopoétique tente d'ouvrir "un espace de culture, de pensée, de vie. En un mot, un monde".
Où se situe actuellement votre monde? Toujours dans les confins de " nulle part"?

Citation :
À travers les siècles et les millénaires, la culture (ce qui permet d’augmenter sa vie et d’affiner son esprit – rien à voir avec le bavardage de salon) a été fondée sur le mythe, la religion, la métaphysique. Aujourd’hui, elle n’est plus fondée sur rien. Elle prolifère, c’est tout, la seule loi étant celle du marché. Tout le monde, enfin, un nombre croissant d’individus, sent qu’il manque une base. Tout retour aux anciens fondements étant naïf, partiel et caricatural, c’est une nouvelle base qu’il nous faut. C’est cette nouvelle base que propose la géopoétique.
le lien ici

Pourriez- vous développer un peu plus cette nouvelle "base"?

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Mer 2 Oct 2013 - 8:44

J'ai pris la liberté de citer un extrait cité dans le Power Point de mon deuxième cours :

Citation :
« Automne 1979. Je voyage à travers les Laurentides, le long de la côte Nord du Saint-Laurent, en route pour le grand espace blanc du Labrador. Une nouvelle notion en tête : celle de géopoétique. L’idée qu’il faut sortir du texte historique et littéraire pour retrouver une poésie de plein vent où l’intelligence (intelligence incarnée) coule comme une rivière. Qui vive? Oui, c’est la question. Ou peut-être est-ce plutôt un appel. Un appel qui vous attire au-dehors. Toujours plus loin, au-dehors. Jusqu’à n’être plus cette personne trop connue, mais une voix, une grande voix anonyme venant du large, disant les dix mille choses d’un monde nouveau. Il faut bien que cela commence quelque part. Peut-être ici, et maintenant. »

Texte paru dans la collection Qui vive en 1979; repris dans l’éditorial du no1 des Cahiers de géopoétique, automne 1990, p. 5.
Puisque nous évoquons la Laurasie, nous lisons ce qui précède (avant même l'extrait cité plus haut) :

Rachel Bouvet, André Carpentier et Daniel Chartier [dir.], Nomades, voyageurs, explorateurs, déambulateurs. Les modalités du parcours dans la littérature, 2006, Paris : L'Harmattan, p. 16. a écrit:
J'en arrive à mon titre : «Pérégrinations en Laurasie».

Le terme de Laurasie est, bien entendu, vous l'avez reconnu, une référence à la théorie d'Alfred Wegener concernant la dérive des continents («le rêve d'un grand poète», disait, moitié avec admiration, moitié avec scepticisme, le géologue français Pierre Termier), théorie présentée dans son livre en 1915, Die Entstehung der Kontinente und Ozeane (L'Origine des continents et des océans), et qui a été développée par la suite pour donner lieu à la tectonique des plaques. Selon cette théorie, je le dis pour mémoire, à partir d'un énorme continent primitif, la Pangée (j'aime revenir de temps en temps à l'indifférencié total), les continents ont commencé à se séparer pour former (à la fin du Trias, il y a environ 190 millions d'années) deux grandes masses : au sud, le Gondwana (Afrique, Inde, Australie, Amérique du Sud); au nord, la Laurasie (Amérique du Nord, Asie, Europe).

Je vais donc me situer aujourd'hui, géopoétiquement, dans un grand espace euramérasiatique. Et je vais essayer, par une méthode que l'on pourrait appeler «tectonique des plaques poético-intellectuelles» de provoquer une dérive des consciences.

Si telle est la tendance générale de ma conférence, le thème de Laurasie a aussi, dans mon esprit, un sens plus particulier.
Je vais laisser portulano et toutes les autres personnes un peu plus familières de cette approche s'approprier du thème.

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Portulano
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Mer 2 Oct 2013 - 15:51

bonjour Marie, les réponses suivantes n'engagent que moi car j'interprète la pensée de Kenneth White et ses réponses seraient certainement un peu différente.
Citation:
La géopoétique tente d'ouvrir "un espace de culture, de pensée, de vie. En un mot, un monde".
Vous dites :
Où se situe actuellement votre monde? Toujours dans les confins de " nulle part"?
Ma réponse :
Je comprends que celle allusion de Ken à un "nulle part" vous intrigue. Pour moi, il veut dire que tous les lieux de pérégrinations, de "nomadisme intellectuel" sont possibles. Il s'agit de faire des voyages, à la fois physiques et mentaux, d'écrire par rapport à un lieu, quel qu'il soit, ici ou ailleurs, nulle part et partout. Quand il remonte le Labrador (The blue road), il sait bien sûr qu'il va aller jusqu'à la baie d'Ungava qui signifie en esquimau «le lieu le plus lointain». Mais "Peut-être l'idée est-elle d'aller aussi loin que possible - jusqu'au bout de soi-même - jusqu'à un territoire où le temps se convertit en espace, où les choses apparaissent dans toute leur nudité et où le vent souffle, anonyme.
Peut-être." Je pense que ce "jusqu'au bout de soi-même" peut correspondre à ce "nulle part" qui est aussi un « partout ». Le philosophe-voyageur nous convie à fréquenter les confins du monde, un lieu où l'homme est vraiment en prise avec la nature et pour lui, le plus souvent, il s'agit d'une côte, d'une terre qui finit pour s'ouvrir sur un océan, espace infini et porteur de nouveaux voyages, de nouvelles réflexions. Cette rencontre entre culture, nature et conscience d'un monde, se passe dans un « nulle part », un lieu multiple, océanique le plus souvent pour lui, mais qui peut aussi se placer au sommet d'une montagne ou encore à la source d'un fleuve, à l'orée d'un bois. White définit notre monde géopoétique ainsi : « Un monde, c’est ce qui émerge du rapport entre l’homme et la terre. Quand ce rapport est sensible, intelligent, complexe, le monde est monde au sens profond du mot : un bel espace où vivre pleinement. » Pour la plupart des géopoéticiens, en plus de l'aspect littéraire cher au fondateur, la géopoétique est précisément ce rapport sensible entre l'homme et la terre, ce rapport que l'on nomme poétique. Kenneth White nous encourage d'ailleurs à développer tous les aspects poétiques du monde, de la politique à la littérature en passant par l'architecture ou l'écologie.
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Mer 2 Oct 2013 - 18:20

Réponse au thème de jack-hubert bukowski :

Kenneth White, dans sa conférence à l'université du Québec à Montréal, développe ce qu'il entend par Laurasie. Son discours bondit de lieu en lieu, de continent en continent  pour aborder ce qu'il appelle « le nomadisme intellectuel » dans divers pays, pour divers peuples et pour certains penseurs. Il y développe aussi sa définition du waybook.
« … il serait intéressant de pratiquer un peu de nomadisme intellectuel, en faisant la généalogie du waybook car il a des équivalents dans d'autres cultures – et j'y ai beaucoup appris. »
Après ce tour d'horizon, il aborde ses « propres tentatives » et ce qui est intéressant par rapport à notre échange supra sur le « nulle part », il cite le livre de Heidegger qui l'aurait fortement inspiré : "Chemins qui mènent nulle part" tiré de la conférence du philosophe en 1936 qui fit sensation en raison de « la conceptualité inouïe et surprenante qui osait s'élever autour de ce thème », où il était question de « Monde », mais aussi en contrepoint de « Terre », mots qui résonnaient d'une tonalité mythique et gnostique, du ciel et de la terre et aussi, du combat entre les deux.
Enfin, sa présentation de deux de ses livres est intéressante pour comprendre son cheminement (La route bleue et Les cygnes sauvages). La pensée de Kenneth White est parfois difficile à appréhender dans ses livres mais la lecture de ses conférences et de ses entretiens en éclairent la portée.
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Mer 2 Oct 2013 - 19:27

Merci pour votre réponse, Portulano!

Citation :
Je comprends que celle allusion de Ken à un "nulle part" vous intrigue
Non, j'avais trouvé simplement cette réponse à la question assez belle. Et évidente..
Ce sont plutôt les confins qui m'intriguaient. Les confins, c'est vaste comme notion..

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MessageSujet: Re: Kenneth White   Jeu 3 Oct 2013 - 9:02

Portulano, merci d'insister sur la référence heideggerienne. J'ai d'ailleurs débuté un cours le concernant sans l'avoir achevé alors que nous vivions une grève étudiante de longue haleine au printemps 2012. Je vais sûrement aborder Chemins qui mènent nulle part. Ce devrait être plus commode qu'Être et temps et le concept de «dasein». Pour rester dans le thème de Kenneth White, Le plateau de l'albatros peut se révéler instructif sur le plan de sa démarche.

Je suis de ceux qui pensent qu'un auteur ne peut pas nécessairement toujours tout dire dans ses livres. En conférence, justement, Kenneth White semble se renouveler constamment.

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Dernière édition par jack-hubert bukowski le Jeu 3 Oct 2013 - 9:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Jeu 3 Oct 2013 - 9:39

Bonjour Marie. Vous dites :
Citation :
Non, j'avais trouvé simplement cette réponse à la question assez belle. Et évidente..
Ce sont plutôt les confins qui m'intriguaient. Les confins, c'est vaste comme notion..
Son livre Le rôdeur des confins commence par ces mots :
Citation :
«Né aux confins de l’Europe, dans un fragment de la planète qui, dans le lointain passé géologique, avait plus à voir avec le Groenland et le Canada qu’avec sa voisine actuelle, l’Angleterre, j’ai longtemps vécu aussi dans ce qu’une carte des «Monts Pyrénées» du XVIIIe siècle appelle les «Confins de France», pratiquant, des années durant, maints passages entre le nord et le sud de la frontière.»
C'est une vaste notion comme vous le dites qui pour White représente une ouverture, un espace qui pousse à la réflexion, qui nous emmène aux confins de l’esprit que l’auteur affectionne.
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Jeu 3 Oct 2013 - 10:45

Marie, je reviens sur une de vos questions que je n'ai pas encore abordée.
Kenneth White a écrit:
À travers les siècles et les millénaires, la culture (ce qui permet d’augmenter sa vie et d’affiner son esprit – rien à voir avec le bavardage de salon) a été fondée sur le mythe, la religion, la métaphysique. Aujourd’hui, elle n’est plus fondée sur rien. Elle prolifère, c’est tout, la seule loi étant celle du marché. Tout le monde, enfin, un nombre croissant d’individus, sent qu’il manque une base. Tout retour aux anciens fondements étant naïf, partiel et caricatural, c’est une nouvelle base qu’il nous faut. C’est cette nouvelle base que propose la géopoétique.
Vous écrivez :
Pourriez- vous développer un peu plus cette nouvelle "base"?

Je reprends bien sûr la définition qu'en donne le penseur :
Citation :
Pour qu’il y ait culture au sens profond de ce mot, il faut qu’il y ait consensus dans le groupe social à propos de ce qui est considéré comme essentiel. Dans toute culture fondée et vivifiante, on trouve un foyer central. Tout le monde (à des niveaux de discours différents, certes) s’y réfère – le philosophe dans son cabinet d’étude, le paysan dans son champ. Au Moyen Âge chrétien, c’était la Vierge Marie et le Christ. À l’époque grecque classique, l’agora philosophique et politique. Dans une tribu paléolithique, le rapport à l’animal.
À un moment donné, après de longues années de recherches en histoire et en culture comparée, je me suis demandé s’il existait une chose sur laquelle, au-delà de toutes les différences d’ordre religieux, idéologique, moral et psychologique qui foisonnent et parfois sévissent aujourd’hui, on pouvait – au nord, au sud, à l’est et à l’ouest – être d’accord. J’en suis arrivé à l’idée que c’est la Terre même, cette planète étrange et belle, assez rare apparemment dans l’espace galactique, sur laquelle nous essayons tous, mal la plupart du temps, de vivre.
La réponse est donc "la Terre" qui est la base de son concept comme peut l'être pour d'autres "la religion" ou encore "le capitalisme" qui peut être considéré à mon sens comme le "monde" que l'on nous impose comme base actuelle !?
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Jeu 3 Oct 2013 - 19:44

Merci pour vos réponses, Portulano.
J'ai noté Le rôdeur des confins, c'est un très beau titre.
En fait, je n'ai lu que Dérives, et il y a bien longtemps. J'avais entendu parler Kenneth White, et il m'avait semblé.. lumineux.

La Terre.. retour à l'origine? La Genèse et le premier jour? On recommence à zéro? Quel travail..

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MessageSujet: Re: Kenneth White   Jeu 3 Oct 2013 - 22:12

La Terre.. retour à l'origine? La Genèse et le premier jour? On recommence à zéro? Quel travail..

La Terre, retour vers la Terre, prise de conscience de sa beauté, de sa force, de notre besoin de nature sauvage. Nous souhaitons renforcer ce lien par trop distendu, un lien poétique, vivant, simple comme les caresses d'un torrent filant entre les rondeurs féminines des rochers. Ce lien n'a jamais cessé d'exister pour certains peuples aux pensées primitives. Apprenons de nouveau à vivre, à écrire, à marcher sur cette terre dont nous sommes les fruits. Nul travail, juste une pleine conscience du monde.
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MessageSujet: Re: Kenneth White   Ven 4 Oct 2013 - 2:57

Démarche qui me séduit, Portulano..Et je suivrai bien sûr vos développements sur le sujet avec le plus grand intérêt.
Citation :
Ce lien n'a jamais cessé d'exister pour certains peuples aux pensées primitives.
Je vis justement depuis de nombreuses années en contact étroit avec une telle population.. Très attachée à la terre . Sa terre.. Qui la détruit actuellement, ainsi que son environnement marin immédiat avec la plus grande facilité, et rapidement. Elle reste toutefois très attachée à sa valeur.. marchande. C'est pour cela que je pense quand même qu'il y a du travail..

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MessageSujet: Re: Kenneth White   Dim 13 Oct 2013 - 21:43



La route bleue

quatrième de couverture a écrit:
Il est des images et des rêves d’enfant qui nous imprègnent si bien qu’ils déterminent nos pas d’adulte. Enfant, l’auteur jouait à travers les landes écossaises et rêvait aux baleines, au grand Nord, aux grands espaces de l’Amérique. Des années plus tard, il part sur la route à la recherche du Labrador, territoire canadien fantasmé depuis longtemps. Voici le récit de cette aventure.
Nous le suivons dans son périple depuis Montréal. En chemin, il rencontre des Amérindiens, des mineurs, des chasseurs, des descendants d’Écossais, de jeunes Pocahontas, de vieux chamans. Il visite les mines et les réserves, écume les bars. Scrute les paysages et écoute le monde.
Plein d’humour et de poésie, ce récit de voyage est aussi un texte d’initiation. Le routard qui nous parle est un intellectuel nomade et inversement : aux petits tracas quotidiens du voyageur, aux dialogues truculents avec Eskimo Joe et autres personnages hauts en couleurs, alternent rêverie philosophique et références à une constellation d’écrivains et de penseurs libres, en première ligne desquels Henry David Thoreau.
site de l'éditeur : lemotetlereste.com

Un récit méditatif de voyage ? Beaucoup de références (Thoreau, Basho, ...), d'évocations, d'envolées poétiques. Et une déambulation orientée vers le Labrador, froid, vide, ponctuée de réserves ou de petites villes et d'exploitations industrielles. Ce retour voulu vers le sauvage, le vierge prend le temps de passer par la ville et de côtoyer les gens. Ce contact chaleureux est pourtant ténu, entre des trop civilisés ignares et des indiens rigolards, bourrés mais plus sages on hésite. Paradoxalement la nature en dehors des feuilles d'automne est relativement rare. On la découvre surtout à travers les indiens, les gens du coin, sédentarisés depuis assez longtemps et eux aussi déjà devenus étrangers à eux-mêmes en quelques générations.

Il y a un certain pittoresque recherché dans ces rencontres et pas mal de sympathie. Seulement le jeu des supériorités d'essence ou d'esprit qui se dessinent entre les gentils presque encore sauvages et les méchants civilisés est relativement bancal et l'errance poétique entre alcools et Pocahontas m'a tenu à bonne distance. J'en retiendrai donc avant tout l'élan, stimulant qui parcours ce court livre.

Au final je suis assez déçu, je reste sur ma faim et sceptique quant à la force du propos (un peu trop de "je" qui peut tenir le lecteur dans sa propre tanière ?).

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Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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