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 Shishi Bunroku

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MessageSujet: Shishi Bunroku   Mar 28 Aoû 2012 - 23:34

SHISHI Bunroku
(Yokohama, 01/07/1893 - 13/12/1969)



De son vrai nom Owata Toyō, Shishi Bunroku séjourne à Paris de 1922 à 1925, où il étudie le théâtre moderne avec les Pitoëff et dans l'atelier de Jacques Copeau. Il se marie avec une Française, avec qui il repart au Japon.
Il a une petite fille. Mais sa femme, malade, rentre en France où elle décède en 1933.

Citation :
"Iwata Toyō, qui gagne sa vie comme metteur en scène et traducteur de théâtre français contemporain (Knock de Jules Romains), se retrouve donc veuf avec une petite fille d'une dizaine d'années, et pas très riche."
(Jean-Christian Bouvier, Un Papa poète, page 357)
Il devient l'auteur de romans à succès.
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MessageSujet: Re: Shishi Bunroku   Mar 28 Aoû 2012 - 23:38


En couverture : « La mort et la jeune fille», tableau de Dorothea Tanning, 1953. (c) Spadem, Paris, 1991.

Un Papa poète (Etchan, 1936) roman traduit en 1991 par Jean-Christian Bouvier. Medium Poche (L'Ecole des Loisirs). 357 pages.

L'histoire se déroule en 1936, l'année de sa rédaction.

Roku, le "papa poète" est veuf. Il a une fille de dix-douze ans. Il gagne à peine sa vie en écrivant des paroles pour des chansons à la mode. Nonchalant, il se laisse porter par la vie. Il aurait tendance à vivre de l'air du temps, mais avec une fille très vive ("un peu Zazie" comme l'écrit le traducteur), ça n'est pas toujours possible.

Roku a une soeur qui est mariée avec un type riche.
Citation :
"Depuis longtemps déjà, elle le poussait à se remarier. Elle s'était opposée à son mariage avec Akiko parce que celle-ci n'était qu'infirmière. Ce beau métier qui exige tant de dévouement ne trouvait pas grâce à ses yeux d'épouse d'administrateur général. En tout cas, depuis la disparition de sa belle-soeur, elle était décidée à lui trouver elle-même « une jeune fille dont la famille n'aurait pas à rougir ».
« Cela ne fait même pas encore deux ans de veuvage », avait jusqu'ici répondu Roku pour gagner du temps face aux sollicitations de sa soeur." (page 18).
Finalement, il donne son accord.

Sa soeur lui montre alors plusieurs photos de candidates pré-sélectionnées, comme cela se faisait à l'époque (avant l'invention de Meetic, donc).
Au début, c'est bof :
Citation :
"La photo lui rappelait le jour où on lui avait servi une bière tiède alors qu'il avait très soif." (page 20).
Heureusement, une photo le branche bien.
Citation :
"- Schön ! approuva-t-il en utilisant le mot allemand à la mode. Mais... elle porte des lunettes ?...
- Précisément, c'est parce qu'elle a poussé très loin des études, jusqu'à l'université d'où elle est sortie avec une licence de littérature anglaise." (page 22).

Quelques pages plus loin, la papa fait des courses avec sa fille, Etchan (le titre original nippon). Comme ils vont passer quelques jours dans la résidence secondaire de la soeur, il faut acheter un maillot de bain à la petite.
Citation :
"Où veux-tu aller, Etchan ?
- Aux « Grandes Galeries », bien sûr.
- Pas question. Nous allons au marché couvert.
- Tu ne sais donc pas qu'au marché ils ne présentent pratiquement que les invendus de l'année dernière ?
Si, il le savait, et c'était justement en pensant à son portefeuille qu'il avait décidé de se rabattre sur les soldes. Malheureusement, Etchan était une vraie gamine de Tokyo, et on ne la dupait pas si facilement..." (page 27).
Ils achètent le maillot de bain et, ce faisant, font la connaissance d'une jolie et bien gentille vendeuse. La petite Etchan se dit qu'elle pourrait faire une chouette maman de remplacement.

Page 30, surprise : le maillot de bain est livré à domicile !


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MessageSujet: Re: Shishi Bunroku   Mar 28 Aoû 2012 - 23:38

C'est un des nombreux intérêts de ce livre que de montrer l'organisation des grands magasins, la discipline attendue des vendeuses, la livraison à domicile d'un maillot de bain... Et on est bien dans la description d'un phénomène contemporain :
Citation :
" - ... Fixe ! crie une voix mâle et imposante.
Au signal, tout le monde s'incline poliment dans une brève prière collective à l'intention des dieux du commerce." (page 84).

Parenthèse. Photo prise peu après l'ouverture d'un grand magasin à Kyoto, un dimanche, en 2008. Après l'hymne du magasin, les vendeuses saluaient les premiers clients.


Fin de la parenthèse, retour au livre.

Cela va même extrêmement loin :
Citation :
"[..] un article du règlement interne des « Grandes Galeries de Ginza » prescrivait aux employées de céder leur place dans le tramway aux passagers portant des sacs et des paquets aux couleurs du magasin. C'était pousser un peu loin le sens du devoir et du service après-vente !" (page 92).
Il y a même un "Carnet de correspondance familiale" (page 151) qui signale aux parents des employées (non mariées) leurs horaires, écarts de conduite, etc.

Mais revenons à notre sympathique petite famille sans mère, et surprenons Roku en train de faire les valises.
C'est du boulot !
Citation :
"Le livre d'arithmétique, de lecture, les cahiers, les crayons... ensuite les caramels, les chewing-gums, les ballons, les "grignotes de riz"... Ah ! J'allais oublier les médicaments pour le ventre ! Ouf, ça y est ! »
Il était en nage et épuisé.
C'était vraiment là le travail d'une maman japonaise et Roku aspirait à retrouver la vie normale du mâle japonais qui se contente de grommeler des ordres à son épouse. Il ne se sentait plus la patience d'attendre." (page 34).

On retrouve souvent cette notation distanciée et humoristique des moeurs japonaises, presque comme si l'auteur n'était pas lui-même Japonais. Le résultat de son séjour en France, ou bien la vision de sa femme.

Etchan va jouer avec ses cousins Kingo et Haruyo.
Citation :
"[...] dans la petite confiserie des tempéraments, si Etchan était un bonbon acidulé, Kingo était un caramel mou et Haruyo une guimauve." (pages 39-40).
C'est joliment écrit.
Bien sûr, le père va rencontrer sa promise, qui ne va pas être du goût de la petite Etchan, mais alors vraiment pas.

Etchan parviendra-t-elle à faire capoter ce mariage ? Pourra-t-elle se choisir sa maman à elle ?
Tadaaam !

Le livre, qui n'est pas autobiographique mais qui présente des similitudes avec la vie de l'auteur, a donc été publié dans un grand quotidien japonais en 1936. L'auteur "utilise toutes les ficelles et toutes les péripéties du roman-feuilleton" (page 357).


Un roman très bien mené, vraiment intéressant (ce n'est pas roman-feuilleton pour rien !), et en même temps instructif sur pas mal d'éléments de la vie de cette époque.
Pour tout dire, un bien chouette bouquin.

Il a été porté à l'écran dès l'année suivante (1937), par un certain Kurata Fumindo.


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MessageSujet: Re: Shishi Bunroku   Dim 15 Nov 2015 - 11:51

L'école de la liberté


Komako, une jeune femme qui subvient en grande partie aux frais du ménage dans le Japon d'après guerre, se met très en colère, quand Iosuke, son mari, un géant placide, lui annonce qu'il a démissionné de son emploi au journal par goût de la liberté. Dans un moment de colère, elle ordonne à son mari de disparaître, ce qu'il fait volontiers. Komako pense le revoir très vite, mais Iosuke ne revient pas.

Chacun des deux époux va suivre son chemin, et connaître cette fameuse liberté. Komako attire d'autres hommes, et envisage de refaire sa vie, sauf qu'aucun de ses prétendants ne s'avère plus satisfaisant que le mari disparu. Iosuke, d'abord se laissant aller à une vie de chiffonnier, qui convient à sa nature indolente, se risque ensuite à des expériences plus dangereuse et rémunératrices. Les dexu époux vont vite éprouver les limites de ces nouvelles situations.

Le livre est très amusant, et en même temps donne une image intéressante, et qu'on ne trouve pas forcément ailleurs de la société japonaise d'après guerre. Les changements qui interviennent dans les mentalités, les coupures entre générations, le quotidien.....

Une bonne lecture, même si ce n'est pas de la très grande littérature, le style est simple, ce qui convient au sujet.

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MessageSujet: Re: Shishi Bunroku   Dim 15 Nov 2015 - 17:56

Merci pour ton commentaire, Arabella !

J'ai vu qu'il est disponible en bibliothèque, je vais mettre la main dessus...
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MessageSujet: Re: Shishi Bunroku   Dim 15 Nov 2015 - 18:31

Il faut que je le rende alors. dentsblanches

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MessageSujet: Re: Shishi Bunroku   Dim 15 Nov 2015 - 19:07

Arabella a écrit:
Il faut que je le rende alors. dentsblanches
rire
Ça va, il est disponible à la réserve centrale...
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MessageSujet: Re: Shishi Bunroku   Dim 15 Nov 2015 - 19:58

:3

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