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 Caroline Lamarche [Belgique]

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MessageSujet: Caroline Lamarche [Belgique]   Sam 1 Sep 2012 - 18:50



Caroline Lamarche naît en 1955 à Liège. Ses ancêtres sont fabricants de fer et producteurs de tabac.
Petite enfance dans le nord de l’Espagne. La suite, jusqu’au bac, en région parisienne.
Vacances à Beaufays (région de Liège), dans un paysage que certains vouent avec acharnement à la disparition.
La Faculté de Philologie romane la voit passer comme un zombie studieux. Insomnies redoutables.
Refus d’écrire. Un journal de rêves, tenu secret.
Épouse un homme aventureux, qui l’emmène en Afrique.
Enseigne le français en anglais à des écoliers nigérians.
Retour en Belgique, travaille comme secrétaire bilingue (anglais, espagnol).
Naissance, en 81 et 83, de deux filles.
Se met à écrire au début des années 90. Fin des insomnies.
À partir de 1995, créations diverses : romans, nouvelles, poèmes, fictions radiophoniques.

Biographie trouvée sur le site web de l'auteure.
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MessageSujet: Re: Caroline Lamarche [Belgique]   Sam 1 Sep 2012 - 18:51

Carnets d'une soumise de province.

La quatrième de couverture dit : « le récit d'une emprise et de sa subversion ». Une appréciation bien réductrice, probablement étudiée pour provoquer l'achat du lecteur-voyeur. Car c'est loin de n'être que cela. L'emprise de qui ? La subversion de quoi ?

La Renarde, petite sœur de Léopold Sacher-Masoch, est loin d'être soumise au sens qu'a aujourd'hui ce mot. Ou en tout cas, si elle l'est, elle l'est bien moins à l'homme qu'à elle-même, comme la fin du livre l'illustre. En fait, elle sait plutôt très bien ce qu'elle veut et elle y va tout droit : la gueule du loup. Mais ce loup fait plus penser à celui du Petit chaperon rouge d'Angela Carter que du mangeur de petites filles de Perrault.

Citation :
« Elle prendra sa tête redoutable et la posera sur son giron et cueillera les poux dans son pelage et peut-être même les portera-t-elle à sa bouche pour les manger, comme il le lui enjoindra, comme elle l'eût fait en une sauvage cérémonie nuptiale. (…) Voyez ! Elle dort à poings fermés dans le lit de grand-mère, entre les pattes du tendre loup. » (Angela Carter, La compagnie des loups)
Les mots sont nets, précis, tendus, graves et légers tout à la fois. Ils distillent une réjouissante ironie aux côtés de mots tellement crus qu'ils en deviennent élégants, de cette élégance sans fard et sans apprêt. C'est que ces carnets sont le « résultat » exigé par le « Maître ». L'écriture prend alors une place majeure dans la relation, celle qui relie autant que celle qui relate. Contrairement à ce que l'on pourrait attendre, ce livre n'a rien d'érotique : la narration des situations vécues est suffisamment appliquée, quasi clinique, pour nous en tenir à distance et déplacer le centre d'inertie. Il s'agit d'autre chose, mais quoi ? Caroline Lamarche ne répond pas à cette question, se contentant d'esquisser diverses pistes, laissant le lecteur à ses incertitudes. Le masochisme de sa soumise a quelque chose de la démangeaison de Lorette Nobécourt : la vie prend parfois des chemins sinueux pour s'exprimer, s'épanouir, créer, et bien malin qui peut dire quels sont les « bons » ou les mauvais ». Un des chapitre des carnets s'intitule « La vie, ou le théâtre ?" La Renarde ne se pose pas la question, elle vit, comme elle peut, mais en tout cas avec une émouvante intensité.

« Toute soumise à un nom qui n'appartient qu'à son maître. Renarde, désormais, sera mon nom. Quant à vous, parce que je suis punie, je dois omettre votre prénom adoré et vous appeler Maître en public. Notre public est inexistant, bien que... »

« Je méprise les artifices décrits dans les livres vendus, dans les vitrines des magasins spécialisés, sur de jolis présentoirs où brillent le verre poli, le métal et le cuir. Je n'ose pas les morceaux de bois, les manches de couteau, tout ce qui blesse et mutile. Je suis une soumise de province taillant des carottes sur un coin de table, je travaille à réduire ma folie à des aménagements ridicules. L'humiliation que je recherche ne naîtra jamais devant vous qui m'aimez, elle ne me viendra pas du regard des voyeurs. L'humiliation, pour être pure, doit être solitaire. Car il faut bien que quelqu'un comprenne un jour ces hommes qui dorment sur les bancs du métro, enroulés autour d'une bouteille, seuls d'un malheur sans art, du vomi à leurs pieds, ou ces folles qui marmonnent dans la rue et n'arrêtent personne car elles ne s'adressent à personne. »
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