Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
AccueilRechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 Ferenc Karinthy [Hongrie]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Arabella
Sphinge incisive
avatar

Messages : 19320
Inscription le : 02/12/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Ven 7 Sep 2012 - 14:27

Ferenc Karinthy (1921-1992)






Présentation tirée du site Littérature Hongroise.

Journaliste, romancier et auteur dramatique. Il est le fils de l’écrivain Frigyes Karinthy, dont le souvenir habite ses premiers écrits, à la fin des années 1940. Il trouve le ton léger mais âpre qui le caractérise avec ses romans Epepe (1970), contre-utopie linguistique d’inspiration kafkaïenne, ou Automne à Budapest (1982), récit iconoclaste de la révolution de 1956.




Automne à Budapest


Le livre se passe en 1956, pendant les fameux évènements. Le personnage principal, Gyula, fait parti du parti communiste, un peu par opportunité, un peu à cause de convictions d'avant et de pendant la guerre. Il travaille dans un centre culturel. Et il assiste, et participe un peu, à ce qui se passe dans sa ville. L'insurrection, les cahots politiques annoncés à la radio, les réactions à l'étranger. Tout en étant partagé entre sa femme, Kati, qui est médecin, et une jeune actrice avec qui il a plus ou moins une liaison.

Les évènements historiques sont vus de loin, pas vraiment exposés. En partie à cause de la date de l'écriture et de l'édition de l'ouvrage. Mais sans doute aussi par choix. Gyula est ballotté, il est plus spectateur qu'acteur, et là souvent un peu par hasard. Ce n'est pas pour autant qu'il est indifférent, mais les choses sont complexes, et il est difficile de savoir ce qui est juste de faire. C'est très précis sur les détails, tout en étant impressionniste.

Cela permet de bien s'identifier à ce personnage ordinaire, entre ses soucis de famille, ses convictions, ses désenchantements. Et la complexité d'une situation que personne ne maîtrise vraiment. Une façon sensible de participer à un moment historique, différente de celle de livres d'histoire, beaucoup plus proche de celle de n'importe qui se serait trouvé là à ce moment.

C'est une lecture prenante, pour mieux en profiter, il vaut quand même mieux connaître un peu le contexte historique décrit.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
eXPie
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 15620
Inscription le : 22/11/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 5 Oct 2014 - 20:27


L'Age d'or (Aranyido, 1972). Roman traduit du hongrois par Judith et Pierre Karinthy. Denoël et d'ailleurs. 104 pages.
"Déserteur pendant la guerre, Karinthy a connu en 1944 cette atmosphère des abris à laquelle il donne, dans la longue nouvelle [...] une tournure étrangement fictive. S'il est toujours un observateur distant, cynique, ironique, plaisantin et mordant, il s'amuse ici d'une situation irréaliste : la vie de Joseph Beregi, jeune Juif hongrois, à Budapest, au mois de décembre 1944. C'est Noël, la Hongrie est occupée par les Allemands depuis le mois de mars, le mouvement fasciste des croix-fléchées vient d'être porté au pouvoir par un coup d'Etat, les Juifs sont envoyés vers les camps d'extermination. Parce qu'il est à la fois jeune, hongrois et juif, Joseph Beregi ne se trouve là que par un miracle dont Karinthy ne donne pas la clé. À l'époque où L'Âge d'or se déroule, les jeunes Hongrois ont été envoyés sur le front pour se battre contre les Soviétiques, en guerre avec la Hongrie depuis juin 1941 ; les jeunes Juifs, eux, jugés indésirables dans l'armée depuis les lois raciales de 1940, ont été astreins au STO en Ukraine, déportés dans les usines allemandes ou à Auschwitz." (postface de Marion van Renterghem, page 103).

Voici notre héros, Joseph, qui arrive. Il achète le journal au coin de la rue, lit en diagonal les nouvelles de guerre et tourne les pages jusqu'à la rubrique sportive, qui semble beaucoup plus l'intéresser.
Puis, il entre dans un immeuble.
Citation :
"Il ne rencontra personne dans la cage d'escalier, pourtant Nelly devait l'attendre derrière la porte de l'appartement, car au coup de sonnette elle ouvrit immédiatement.
« Mon grand chou ! » Elle le tira jusqu'à l'antichambre. « Quand je pense ! Te voilà enfin ! J'ai tant tremblé pour toi. Montre-toi un peu !... Tu as maigri, tu sais ! C'est comme ça que cette ordure de Caroline s'est occupée de toi ? [...]
Moi, je vais te cacher, mon petit coeur, le bon Dieu lui-même ne te retrouvera pas ; fallait vraiment qu'il te crée dans cette confession maudite... [...] Avant tout, tu te fais pousser des moustaches, de longues moustaches qui pendouillent. Personnellement, je déteste ça, mais ta physionomie sera complètement transformée, tu auras l'air d'un bouseux. Nous n'aurons qu'à dire que tu es un réfugié de Transylvanie, un régisseur ou un instituteur ou un boucher ou quelque chose comme ça... " (page 8 ).
Joseph est un bourreau des coeurs. Toutes les femmes semblent l'aimer, et cela est encore plus vrai dans la situation présente, où les hommes se font rares... Au beau discours de Nelly, il ne répond pas grand-chose ; toutefois, il pose une question :
Citation :
"- Qu'est-ce qu'il y a pour dîner ?" (page 9).
Plus que tout, il est insouciant, "miraculé et jouisseur" (Marion van Renterghem, préface, page 104). Il ne laisse pas échapper une occasion de manger, boire, fume et puis coucher (pour le plaisir ou pour obtenir de quoi manger, boire et fumer).

Budapest est assiégé par les Soviétiques. Ils vont commencer à bombarder, il faudra alors se réfugier dans les abris.
La famine va menacer, sans compter les milices des croix-fléchées...

Le décalage entre le comportement d'apparence très cool de Joseph et les événements dramatiques qu'il vit font de ce texte quelque chose d'assez étonnant (bien sûr, on peut se dire que la mort pouvant survenir à n'importe quel moment, point n'est besoin de trop penser à l'avenir, et qu'il vaut mieux saisir toute bonne chose à portée de main : jouissons de la vie tant qu'il en est temps...), qui devient quasiment surréaliste, à la limite de l'absurde.
Un très bon texte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.plathey.net
Arabella
Sphinge incisive
avatar

Messages : 19320
Inscription le : 02/12/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 5 Oct 2014 - 21:59

On retrouve ce côté absurde, cette ironie dans Automne à Budapest. Ce côté décalé est d'ailleurs souvent présent chez les auteurs hongrois, une sorte d'échappatoire au désespoir peut être. Je note celui-ci en tous les cas.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
eXPie
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 15620
Inscription le : 22/11/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 5 Oct 2014 - 22:11

Normalement, c'est Epépé qui est son meilleur livre. Mais comme il n'y a que trois livres de lui traduits en français, on fait vite le tour de ce qui est disponible...

Oui, dans le cas présent du moins, c'est nettement une échappatoire. Il faut dire, les nazis d'un côté, les soviétiques de l'autre... Dur...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.plathey.net
Arabella
Sphinge incisive
avatar

Messages : 19320
Inscription le : 02/12/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 15 Fév 2015 - 18:03

Epépé

Un linguiste émérite, maîtrisant une quinzaine de langue, se rend à un congrès à Helsinki. Or il arrive à un autre endroit, un endroit indéfini, qu’il n’arrive pas à identifier, malgré toute son habileté à manier et identifier les langues. Personne ne semble connaître un autre idiome que l’étrange parlé local, dont la prononciation laisse notre spécialiste complètement désarmé, malgré ses tentatives d’essayer d’acquérir des rudiments de langue pour essayer de rentrer chez lui. La vie n’est guerre souriante dans ce nouvel endroit, une foule compacte rend la moindre démarche comme rendre ou récupérer sa clé à l’hôtel longue et pénible. La ville dans laquelle Budaï est arrivé semble immense, impossible à cerner et quitter. Tout demande un grand effort. Notre héros s’obstine, il lui faut rentrer chez lui. Mais toutes ses tentatives semblent vouées à l’échec. Il assiste, de plus en plus impuissant aux choses qui se déroulent, avec de moins en moins de prise sur elles….

Un livre prenant, d’une lecture facile et fluide, bien le contenu soit assez terrifiant. Une ville labyrinthe et prison, quasiment aucune possibilité d’établir un contact, pas d’échappatoire en vue…Alors que tout semble familier, l’hôtel, les magasins, restaurants, taxis, métro….rien ne semble pouvoir être vraiment maîtrisé, asservit la foule et notre personnage. Dès qu’il semble saisir un fil, celui se délite.

Un livre qui peut prendre diverses significations, mais qui donne une image très peu engageante du monde contemporain, dans lequel l’homme semble une marionnette, sans aucune façon de maîtriser quoi que ce soit, et dans lequel le sens des choses est des plus incompréhensible. De même le livre pointe les limites de toute communication, tout le monde interprète tout en fonction de ses propres repères, sans aucune certitude de comprendre l’autre.

L’auteur réussit même le tour de force de donner une fin à tout cela, sans fermer les issus, mais sans happy end. Impressionnant, même si j’ai trouvé par moments la lecture vraiment flippante.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
silou
Agilité postale
avatar

Messages : 601
Inscription le : 24/05/2012
Localisation : centre

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 15 Fév 2015 - 18:35

Merci pour ton commentaire Arabella, je retrouve bien ce que j'avais ressenti  à la lecture d'Epépé. Je me demandais vraiment en lisant le livre quelle issue Karinthy allait trouver, cela semblait impossible.
Impressionnant oui vraiment, même si j'ai parfois trouvé quelques chapitres un peu longs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arabella
Sphinge incisive
avatar

Messages : 19320
Inscription le : 02/12/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 15 Fév 2015 - 19:05

Le héros tournant en rond, on peut parfois l'impression de faire de même. Mais je trouve que l'auteur a su diversifier les incidents et que la description de la ville est fascinante et d'une grande richesse.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
colimasson
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 16258
Inscription le : 28/06/2010
Age : 26
Localisation : Thonon

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 15 Fév 2015 - 20:04

J'avais entendu parler de ce livre et j'avais noté le titre dans un coin. Merci de me le rappeler. Je vais peut-être essayer... un jour.

_________________

J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://colimasson.over-blog.com/#
eXPie
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 15620
Inscription le : 22/11/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 15 Fév 2015 - 21:35

colimasson a écrit:
Je vais peut-être essayer... un jour.
Pour moi, ce sera un jour assez proche !
Merci pour ton commentaire, Arabella, ça me tente bien !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.plathey.net
Arabella
Sphinge incisive
avatar

Messages : 19320
Inscription le : 02/12/2007
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Dim 15 Fév 2015 - 22:37

J'espère qu'il va te plaire.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Avadoro
Zen littéraire
avatar

Messages : 3501
Inscription le : 03/01/2011
Age : 32
Localisation : Cergy

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Lun 13 Avr 2015 - 22:04

Epépé

J'ai aussi trouvé le roman très angoissant, tant la perte de contrôle de l'individu face à l'environnement social extérieur est progressive jusqu'à l'impasse et la désillusion. Davantage que l'incompréhension des mots, qui bouleverse forcément le linguiste dans ses compétences et sa perception du monde, Ferenc Karinthy souligne la violence de l'indifférence d'une foule. L'individu ne semble plus pouvoir exister, s'affirmer dans cette ville et l'oppression silencieuse du quotidien devient le symbole d'une hostilité agressive.

Le linguiste est alors confronté à l'échec de tous ses raisonnements pour reconstruire des certitudes, renouer un dialogue. Son obstination laisse la place à un épuisement en forme d'acceptation de sa situation, de son errance. En insistant sur une perte de repères inéluctable, malgré des tentatives désespérées pour sortir de cette prison symbolique, Karinthy esquisse une parabole extrêmement efficace et inquiétante. Le dispositif me semble tout de même plus laborieux dans la seconde partie de l'ouvrage (j'ai aussi observé quelques longueurs), même si une issue étrangement ouverte et crédible maintient une cohérence.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
colimasson
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 16258
Inscription le : 28/06/2010
Age : 26
Localisation : Thonon

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Mar 2 Juin 2015 - 21:52

Epépé (1970)




Budaï ne représente pas le personnage que l’on peut embobiner facilement. Dans la force de l’âge, rusé et cultivé, il a l’habitude de voyager et sa profession de linguiste l’a habitué à maîtriser plusieurs langues. Mais après s’être endormi dans l’avion qui devait le mener à Helsinki, il débarque dans une ville inconnue, dans un pays qu’il ne connaît pas et dont la population parle un dialecte qu’il n’arrive pas à identifier. L’incompréhension est réciproque et Budaï ne se fait comprendre de personne. Combien de temps peut-on vivre dans toute sa dignité d’être humain lorsque la communication est rendue strictement impossible ? Une société moderne est-elle suffisamment compatissante pour héberger en son sein un individu superflu ?


Cette très bonne situation n’est pas exploitée au mieux de ses potentialités par Ferenc Karinthy. La ville est passée au crible d’une description acérée qui devient rapidement monotone. La situation s'enlise et pour périlleuse qu’elle semble, Budaï et nous-mêmes finissons par nous y engluer dans une douce torpeur. Dans l’approche presque anthropologique de Budaï, les rituels de la population se révèlent saugrenus et rappelleront l’excellent film Steak de Quentin Dupieux lorsque George, après plusieurs années d’internement psychiatrique, doit s’accommoder aux nouvelles règles d’une société qui semble n’en avoir aucune. On peut évoquer notamment cette bête scène de sport où se manifeste là aussi la barbarie culturelle :


« Budaï […] ne comprend rien, il essaye vainement d’observer les mouvements sur le terrain pour en appréhender les règles, il ne peut même pas discerner combien il y a d’équipes. Le terrain carré est divisé en champs plus petits par des lignes blanches et rouges, il y a au moins huit ballons que les joueurs actionnent des pieds, des mains, des poings ou de la tête, ils les roulent par terre ou ils les tiennent tout simplement sous le bras, en palabrant entre eux. On ne voit ni buts ni filets, en revanche le terrain est entOuré d’un grillage, tantôt haut, de quatre ou cinq mètres, tantôt il atteint seulement les épaules, or c’est précisément à ces endroits que le jeu paraît le plus vif, les participants s’y agglutinent, formant comme un mur. »


Tout s’accélère dans la dernière partie du livre lorsque Ferenc Karinthy, peut-être pressé d’en finir et de donner une conclusion à cette histoire qui semble ne pouvoir en recevoir aucune, donne une orientation politique aux événements. La parabole est transparente et peu transgressive. Elle se résume aux plus plates interprétations politiques d’un Rhinocéros d’Eugène Ionesco. Dans le contexte et à l’époque de sa publication, cette parabole a sans doute eu plus d’impact qu’aujourd’hui. Les combats n’ont pas changé, mais Epépé apparaît étrangement trop simpliste et s’en tire assez lâchement avec une conclusion décevante.




La force aliénante de l'habitude...

Citation :
« Au self-service il va prendre un thé. Pendant qu'il ingurgite la boisson un peu trop sucrée,  il prend conscience avec frayeur qu'à l'instant,  en commandant son petit déjeuner  il s'est à peine aperçu qu'il devait faire la queue pour tout,  il en a pour ainsi dire pris l'habitude.
Pourtant c'est précisément l'aspect des choses  auquel il ne doit absolument pas s'habituer, il le ressent très fortement et très fermement,  il en a des palpitations.
L'enregistrer, ne serait-ce que machinalement, dans ses neurones, c'est déjà une façon de l'accepter, d'abandonner le combat, autrement dit de quitter son unique espérance : il est différent des gens de cet endroit, un étranger venu d'ailleurs ne faisant pas partie de ce monde, on ne pourra de toute évidence pas le retenir ici. »


... et une société à la froideur inhumaine. Un bon mélange pour dénoncer les systèmes où chacun devient l'adversaire de l'autre.

Citation :
« A proprement parler, n’importe quel habitant de la ville serait en mesure de lui enseigner sa langue, les mots, les règles au fur et à mesure, à condition de lui consacrer suffisamment de temps et de patience. Mais c’est précisément cela qui manque le plus chez les gens d’ici, un peu de courtoisie, de serviabilité, de disponibilité dans leur hâte immodérée et leur éternelle bousculade, quelqu’un qui l’écouterait demander ce dont il a besoin, qui une fois au moins daignerait témoigner de l’intérêt pour ses gesticulations de sourd-muet. Jamais personne n’a pris le temps pour cela depuis son arrivée, personne ne lui a permis de nouer une quelconque relation humaine. »


Mais si finalement le problème ne pouvait se résoudre qu'au coeur de l'individu ?

Citation :
« Tant qu’il n’arrivera pas à vaincre sa modestie pusillanime, sa crainte d’importuner, il n’arrivera jamais à partir d’ici, ni même à donner de ses nouvelles afin que quelqu’un puisse lui porter secours. Il doit livrer combat contre lui-même, il n’y a pas d’autre issue. »


*Peinture de Peter Birkhäuser

_________________

J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://colimasson.over-blog.com/#
Dreep
Sage de la littérature
avatar

Messages : 1435
Inscription le : 14/03/2014
Age : 25

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Mer 3 Juin 2015 - 0:00

Oui Colimasson, je partage ton analyse et ta déception. Le problème avec Epépé, c'est que la distance de mise ne sert pas vraiment le roman, et il est trop simplement construit pour marquer son empreinte. Je l'ai lu l'année dernière il me semble, j'en ai assez peu de souvenirs. L'idée est assez bonne, et le roman peut être une matière à établir des analogies dans la fiction ou dans la réalité, mais ça reste encore assez superficiel. Peut-être que Karinthy aura fait quelque chose de mieux avec un autre roman, voilà, la qualité de ce Epépé qui me semble ressortir est qu'il me donne de l'espoir (encore que curiosité serait un meilleur terme) pour de futures lectures.

_________________
"Un instant, Ulrich hésita. Il était sans aucun doute un homme croyant, mais qui ne croyait à rien ; sa dévotion la plus totale à la science n'était même pas parvenue à lui faire oublier que la beauté et bonté des hommes proviennent de ce qu'ils croient, et non point de ce qu'ils savent." L'homme sans qualités, Robert Musil

Un long week-end avec Marcel Proust (Ronald Frame)
Le roman d'un enfant - Prime jeunesse (Pierre Loti)
La Trêve (Primo Levi)
Les Brigands (Friedrich von Schiller)
Les Fleurs du Mal (Charles Baudelaire) (relecture)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
colimasson
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 16258
Inscription le : 28/06/2010
Age : 26
Localisation : Thonon

MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   Jeu 4 Juin 2015 - 21:34

Le thème était pourtant excitant ! pas envie de continuer avec ce auteur dans l'immédiat du coup. Si tu trouves l'envie... bon dévouement ! dentsblanches

_________________

J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://colimasson.over-blog.com/#
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ferenc Karinthy [Hongrie]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ferenc Karinthy [Hongrie]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Viktor Orban et la Hongrie
» Hongrie
» Hongrie, la catastrophe écologique menace la faune et la flore du Danube.
» Un cas sectoriel de fusion à suivre
» École Steiner

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Le cœur du forum : Commentons nos lectures en toute liberté… :: Littérature russe, d'Europe centrale et orientale (par auteur ou fils spécifiques)-
Sauter vers: