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 John Muir

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Harelde
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MessageSujet: John Muir   John Muir EmptyVen 23 Nov 2012 - 10:20

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Citation :
John Muir (21 avril 1838 - 24 décembre 1914), écrivain américain, né en Écosse, du XIXe siècle, il fut un des premiers naturalistes modernes. Ses lettres, essais, et livres racontent ses aventures dans la nature et la vie sauvage, notamment dans les montagnes de la Sierra Nevada en Californie, beaucoup lus à son époque, ils sont encore très populaires aujourd'hui. Son activisme a contribué à sauver la Vallée du Yosemite et d'autres espaces sauvages. Le Sierra Club, qu'il a fondé, est à ce jour une des plus importantes organisations de conservation des États-Unis. Ses écrits et sa philosophie ont fortement influencé la naissance du mouvement environnemental moderne.
source wikipedia


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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyVen 23 Nov 2012 - 10:20

Voyages en Alaska

Muir est un naturaliste érudit : botaniste, glaciologue, ornithologue, géologue…, il touche à tout, s’intéresse à tout. Dans ce récit, il décrit trois de ses voyages dans le sud-est de l’Alaska, en 1879, 1880 et 1890. Depuis l’île Wrangell dans l’archipel Alexandre, cet écossais, père des parcs nationaux américains, va sillonner le littoral en canoë à la découverte de cette région encore très largement inconnue. A une exception près, il ne s’enfoncera pas à l’intérieur des terres autrement qu’à l’occasion de l’exploration des fjords qui déchirent le trait de côte. Accompagné par des indiens qui lui servent de guides, d’interprètes, de porteurs, de rameurs… et du révérend Young, un missionnaire presbytérien, il a cœur d’observer tous les grands glaciers de cette partie de l’Alaska : ceux qui plongent dans la mer, ceux restant en altitude, ceux qui fournissent des icebergs au prix d’un bruit de tonnerre, les géants, les plus modestes. A mon grand étonnement, il précise que la plupart sont déjà en net recul. Croyant, il loue Dieu à plusieurs reprises pour ces paysages extraordinaires qui défilent sous ses yeux émerveillés.
Passionné, Muir arpente la montagne et les rivières de glace au mépris du danger, sans arme et sommairement équipé. A de nombreuses reprises, seule une chance inouïe le sauve de la mort. Même les indiens tremblent de le voir prendre tant de risques. Mais comme il l’affirme souvent lui-même, il est né sous une bonne étoile : à ses côtés, ses compagnons ne courent aucun risque. Rien n’a raison de son incroyable force, de son extraordinaire optimisme insouciant : ni le brouillard qui le surprend à plus de 25 kilomètres de son campement, ni les profondes crevasses qui s’ouvrent devant lui alors qu’il traverse un glacier, ni les icebergs qui s’entrechoquent autours de son frêle esquif et qui menacent de le broyer à tout instant, ni ces tempêtes glacées qui le trempent jusqu’aux os, ni cette neige qui tombe en plein mois d’août. Ni ces querelles fratricides qui opposent continuellement les différentes tribus indiennes : alors qu’il doit se rendre dans le principal village de l’ethnie Chilka, Muir doit renoncer au dernier moment car ses guides qui l’accompagnent depuis plusieurs semaines appartiennent à une tribu ennemie.
Young, à l’âme aventureuse, profite du périple de son ami pour prêcher la bonne nouvelle : le Christ s’est sacrifié pour nous sauver. Muir et Young ont été surpris (et le lecteur avec eux) du bon accueil de l’ensemble des indiens pour le prosélytisme occidental. Les « bostoniens », c'est-à-dire, les américains « civilisés », les anglais, les occidentaux (les Blancs) sont chaque fois perçus comme de grands savants. Ils possèdent des armes perfectionnées et sans rapports avec les leurs. Leurs bateaux sont en « fer » et propulsés par le feu (bateaux à valeur) alors que les leurs sont en peaux et à rames (ou à voiles). Si des hommes d’une telle supériorité matérielle croit en un Dieu qui n’est pas le leur, c’est qu’eux-mêmes se fourvoient depuis toujours. Ces Blancs vont enfin leur apporter la connaissance (par l’envoi d’instituteurs) et des réponses sur l’au-delà qui les tourmente tant. Aucun d’eux ne remet en question les affirmations du révérend dont la parole est d’or. Aucun d’eux ne doute de ses promesses. Et tous se désolent pour leurs ancêtres, morts à l’écart de la vraie religion et qui, certainement, errent quelque part en enfer.
Mais John Muir ne se montre jamais condescendant. Aucun sentiment de supériorité ne transparaît dans ses écrits. Pour lui, les autochtones sont merveilleusement adaptés à leur environnement (il décrit les enfants allant nus, les adultes à peine vêtus sous une froide pluie battante alors que lui, pourtant écossais, tremble de froid sous son épais manteau), leur savoir ancestral immense. Mais l’homme n’est pas ethnologue et il ne consacre que peu de pages à la culture indienne qu’il ne fait qu’écorner.
Ce récit, c’est trois cents pages d’exotisme, d’aventures et de dépaysement. Le lecteur est un mètre derrière l’explorateur et découvre avec lui cette nature grandiose qu’aucun Blanc n’avait jusque là contemplée. Ce pourrait être du Jules Verne dans le texte à la seule différence que Muir n’écrit pas une fiction. Tout a été vécu et le lecteur partage chaque fois les émotions (joie, peine, fatigue, frustration, fébrilité de la découverte, peur…) de l’explorateur qui est aussi un écrivain de talent.
Fabuleux !

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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyJeu 26 Juin 2014 - 14:49

Quinze cents kilomètres à pied à travers l'Amérique



Muir est botaniste. En 1866, âgé de 28 ans, il décide d’aller herboriser dans le sud des Etats-Unis et d’aller découvrir l’Amérique du Sud. Il rêve de découvrir la forêt tropicale et d’aller trainer ses guêtres sur les bords de l’Orénoque et de l’Amazone.

Aussi, un matin de septembre prend-t-il son sac, ses livres et sa presse pour recueillir des échantillons en chemin. Il quitte son Wisconsin pour se rendre à Indianapolis qui sera son réel point de départ. Il ne connait pas le sud. Né en Ecosse, il est arrivé aux USA à l’âge de dix ans. La seule balade qu’il ait réalisée, c’est une petite virée du côté des Grands Lacs (rives canadiennes) pour assouvir sa passion des plantes. Autant dire que le périple qu’il se propose de faire est ambitieux.

Muir est bon marcheur. Il s’enfonce dans ce sud dont il ignore tout, dix-huit mois à peine après la fin de la Guerre de Sécession. L’esclavage n’est pas aboli depuis un an qu’il aborde les premières plantations de coton et ses ouvriers noirs qui sont désormais payés (une misère). Dans la partie nord de son voyage en direction du Golfe du Mexique, l’accueil est toujours chaleureux. Dans le sud par contre, on se méfie davantage. Que fait un Yankee si au sud et si tôt après la fin des hostilités ? Muir est toujours suspect et soumis à de véritables interrogatoires avant d’être admis à partager la table d’un habitant chez qui il cherchait le gîte et le couvert pour la nuit.

A travers l’Indiana, le Kentucky, le Tennessee, la Caroline du Nord, la Géorgie et enfin la Floride, Muir observe la nature, les plantes qu’il découvre, décrit et collecte, certains animaux et oiseaux remarquables qu’il croise. Il conte également ses rapports avec les gens rencontrés, quelle que soit leur couleur de peau, ses réflexions philosophiques sur la violence, le narcissisme et l’égoïsme du genre humain qu’il ne porte pas dans son cœur. Et théologiques à propos d’une humanité convaincue d’être au sommet du monde et de pouvoir disposer à loisir d’une nature créer pour elle par Dieu.

Arrivé en Floride, Muir est terrassé par une crise de paludisme contractée durant son voyage. Il reste alité plusieurs mois. Ses forces l’ont abandonné. Il ne peut plus marcher, se lève à peine. Pourtant, il se rétablit et décide de poursuivre son projet. Il trouve un bateau et s’embarque pour Cuba. Arrivé à La Havane, il doit de rendre à l’évidence : son état de santé reste très précaire et il lui est impossible d’aller au bout de son idée. Il remonte alors à New York pour trouver un bateau qui l’emportera vers la Californie. Traversée en train de l’isthme de Panama (la canal ne sera mis en service qu’en 1914), arrivée à San Francisco, découverte de la Sierra Nevada et de la vallée de Yosemite qui va bouleverser le globe-trotteur (c’est John Muir qui est à l’origine de la création du Parc National de Yosemite).

Un livre très intéressant, moins toutefois que son récit sur son voyage en Alaska entrepris dix ans plus tard. Ce compte-rendu de sa traversée des USA est d’ailleurs l’œuvre de son éditeur qui a compilé carnets de terrain et correspondance tenu par l’aventurier. Le texte est passionnant, mais plus léger, moins approfondi que ne le sera sa chronique alaskienne.

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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyJeu 26 Juin 2014 - 16:31

Bonne initiative, Herelde !

Un homme, un voyageur, un naturaliste et aussi, un écolo avant l' heure...
J' ai lu son Voyage en Alaska, et je lirai un jour son autobiographie.

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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyMar 25 Nov 2014 - 17:06

Un été dans la Sierra



John Muir a 31 ans en 1869. Il se morfond en ville et cherche un moyen de retourner dans les montagnes qu’il a visitées l’année passée, revoir le Yosemite et ses environs, revoir la Sierra Nevada qui a laissé en lui une si forte impression. Mais John Muir est sans le sou.

Il réfléchissait lorsque la providence y pourvut : un propriétaire (de terres et de moutons) débarqua dans son home sweet home et lui tint à peu près ce langage : John, je n’ai pas une réelle confiance en le berger qui va mener mes bêtes sur les pâturages d’été. Par contre, j’ai grande confiance en vous. Montez avec lui, surveillez le, aidez le. Vous me rendrez ainsi un fier service (rémunéré) et aurez la possibilité d’étudier tout votre soûl ces montagnes qui vous sont si chères.

Bingo ! John ne se le fait pas dire deux fois. Il accompagne, grimpe, surveille, observe, collecte les plantes, observe les animaux, décrit la nature. Et remercie copieusement Dieu d’avoir créé tant de beauté, tant d’harmonie. Pour lui, une fleur est là pour éblouir ses yeux ébahis, un rocher apprécie les rayons du soleil que le Seigneur lui envoie, un animal aime à se promener au milieu de la création. Les travaux de Darwin (publiés en 1859) ne devaient pas encore être bien connus et bien assimilés.

Pendant que les moutons broutent, Muir n’a pas grand-chose à faire. Il se balade un peu et contemple le paysage. Il observe la course des nuages allongé dans l’herbe. Un récit extrêmement descriptif dans lequel il dresse l’inventaire de la faune et de la flore rencontrée. Un récit statique qui relève trop souvent du catalogue plus ou moins exhaustif. Les aspects aventure et découverte qui m’avaient tant séduit dans ses récits sur l’Alaska sont absents. Muir observe et le lecteur s’ennuie.

Malgré la belle écriture et la beauté du paysage, j’abandonne !

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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyMar 25 Nov 2014 - 21:18

Oh que c'est dommage, je comptais l'emprunter un de ces jours, parce que j'avais beaucoup aimé "le désert solitaire" d'Abbey et je pensais que c'était de la même veine, surtout qu'Abbey recommandait Muir.

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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyMer 26 Nov 2014 - 8:57

Bédoulène a écrit:
Oh que c'est dommage, je comptais l'emprunter un de ces jours, parce que j'avais beaucoup aimé "le désert solitaire" d'Abbey et je pensais que c'était de la même veine, surtout qu'Abbey recommandait Muir.

Tente ta chance : tu ne le vivras peut-être pas comme moi.

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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyMer 26 Nov 2014 - 9:19

Et bien on se dit qu'on pourrait plutôt commencer par Voyages en Alaska!
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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyMer 26 Nov 2014 - 15:19

topocl a écrit:
Et bien on se dit qu'on pourrait plutôt commencer par Voyages en Alaska!
Oui, je l' avais apprécié. Mais j' aimerais bien lire Souvenirs d' enfance et de jeunesse. - Corti.

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MessageSujet: Re: John Muir   John Muir EmptyVen 28 Nov 2014 - 10:49

topocl a écrit:
Et bien on se dit qu'on pourrait plutôt commencer par Voyages en Alaska!

Oui, celui-ci, je te le conseille vivement !

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