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 Jacques Chessex [Suisse]

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Alfred Teckel
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeSam 29 Déc 2007 - 17:08

sentinelle a écrit:
Ah ben tu vois, en cherchant bien, tu as trouvé enthousiaste
Jamais entendu parlé de ce livre jypeurien
Kenavo, je compte sur toi pour nous en faire un compte-rendu digne de ce nom Cool

En fait j'ai consulté la liste des livres de ma bibliothèque sourire
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeSam 29 Déc 2007 - 17:08

Alfred Teckel a écrit:
Après recherches, le titre du machin est "l'ardent royaume".
Merci cher voisin bonjour
sentinelle a écrit:

Kenavo, je compte sur toi pour nous en faire un compte-rendu digne de ce nom Cool
Tu peux compter sur moi Very Happy

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Sénèque
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeMar 22 Jan 2008 - 12:01

sentinelle a écrit:
Kenavo, je compte sur toi pour nous en faire un compte-rendu digne de ce nom Cool
Je ne sais pas si mon compte-rendu est digne de ce nom.. mais je vais essayer Very Happy

Citation :
Présentation de l’éditeur
Voici le roman peut-être le plus beau et le plus révélateur des hantises profondes de Jacques Chessex : l’amour mais aussi la chute, la passion mais aussi le désespoir, la beauté mais aussi le rictus, effrayant de la mort guettante…. « L’ardent Royaume », c’est l’histoire d’une rencontre tellement exceptionnelle qu’elle sublime tout autour d’elle. L’histoire d’un homme, familier avec les séductions du pouvoir, qui s’obstine dans une étrange quête, celle d’un solitaire comblé pour qui l’obsession suprême, magnifiante, c’est d’abord, essentiellement le corps offert, le regard posé sur l’autre, la joie merveilleusement, lucidement absurde d’être deux ensemble dans ce instant privilégié qui semble se prolonger jusqu’à l’éternité. C’est aussi le drame d’un individu qui croit, parce qu’il aime totalement, irrémédiablement, qu’il peut braver la société, risquer sa réussite professionnelle et qui se brûle à toutes les flammes du conformisme. Me Mange et son amie Monna ne peuvent pas gagner ce jeu.
Tout d’abord je voulais relativiser les mots d’Alfred Teckel qu’il s’agissait dans ce roman d’une histoire de ‘Lolita’ – la jeune femme ici à 23 ans – pour moi décidément elle est hors catégorie pour les ‘Lolita’ Very Happy
Moi je pensai plutôt au Professeur Unrat et sa Rosa Fröhlich du roman de Heinrich Mann.

A part ce petit détail je dois dire que les mots de Jacques Chessex ne m’ont pas atteint. C’était agréable à lire, la chute de son protagoniste est bien montrée, il développe ses personnages, l’histoire – même le tourbillon – de son héro.. mais il n’arrive pas à me prendre par mes sentiments – je reste en dehors, je regarde les personnes agir sans que cela me donne – positive ou négative - un sentiment quelconque. Je ne sais pas si c’est toujours cela à quoi un écrivain devrait arriver – à me donner des sentiments à moi Wink mais en tout cas je peux seulement en dire que la lecture était agréable et concernant le style j’aimais bien – mais je ne saurais pas dire si je tenterais encore un autre essaye avec cet auteur ?? (surtout que moi je n’aime pas trop les ogres, comme sentinelle Very Happy )

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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeJeu 24 Jan 2008 - 22:46

Merci Kenavo pour ce compte-rendu.
Nous sommes loin d'une histoire de Lolita, effectivement Laughing

Je dois bien t'avouer que le résumé de L’ardent Royaume ne me tente pas du tout Rolling Eyes
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Alfred Teckel
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeDim 27 Jan 2008 - 1:31

kenavo a écrit:


Tout d’abord je voulais relativiser les mots d’Alfred Teckel qu’il s’agissait dans ce roman d’une histoire de ‘Lolita’ – la jeune femme ici à 23 ans – pour moi décidément elle est hors catégorie pour les ‘Lolita’ Very Happy
)

Au temps pour moi, je l'ai lu il y a vraiment longtemps, et j'avais gardé le souvenir d'une lolita, pas d'une fille de mon âge ou à peu près.
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeMar 26 Fév 2008 - 22:03

Le vampire de Ropraz

Beaucoup de choses ont été déjà écrites sur ce livre, je ne vais donc pas rappeler ce qu'il raconte mais juste mettre quelques impressions de lecture.

J'ai énormement aimé l'écriture de Jacques Chessex, précise, comme au scalpel, mais en même temps mystérieuse et pleine de clairs-obscurs. L'histoire est très forte et percutante, terrible dans les descriptions des exactions du "vampires" et encore plus dans la description des réactions des "honnêtes gens", de leur violence et intolérance, ainsi que de la violence d'une société qui brise des individus sans aucun doute ni scrupule.

Mais j'ai en même temps éprouvé une frustration, j'ai trouvé le livre trop court, il m'a semblé que tous les thèmes abordés ne l'ont pas été suffisament en profondeur, suffisament developpés, j'ai eu la sensation que cela aurait pu être plus fort encore. Mais c'est peut être juste que je n'aime pas les textes si courts, qui me laissent toujours sur ma faim, surtout lorsqu'ils sont beaux.

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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeLun 10 Mar 2008 - 21:42

Idem. Très belle écriture, cependant toute la fin ( et particulièrement la dernière page) fait plaqué. On dirait que l'auteur voulait finir alors qu'on attendrait un rebondissement donnant lieu à développement.
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeJeu 11 Déc 2008 - 17:15

Le vampire de Ropraz :

« Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, 1903. C'est un pays de loups et d'abandon au début du vingtième siècle, mal desservi par les transports publics à deux heures de Lausanne, perché sur une haute côte au dessus de la route de Berne bordée d'opaques forêts de sapins. Habitations souvent disséminées dans des déserts cernés d'arbres sombres, villages étroits aux maisons basses. Les idées ne circulent pas, la tradition pèse, l'hygiène moderne est inconnue. Avarice, cruauté, superstition, on n'est pas loin de la frontière de Fribourg où foisonne la sorcellerie. On se pend beaucoup, dans les fermes du Haut-Jorat. À la grange. Aux poutres faîtières. On garde une arme chargée à l'écurie ou à la cave. Sous prétexte de chasse ou de braconne on choie poudre, chevrotine, gros pièges à dents de fer, lames affûtées à la meule à faux. La peur qui rôde. À la nuit on dit les prières de conjuration ou d'exorcisme. On est durement protestants mais on se signe à l'apparition des monstres que dessine le brouillard. Avec la neige, le loup revient. Il n'y a pas si longtemps qu'on a tué le dernier, en 1881, sa dépouille empaillée s'empoussière à douze kilomètres dans une vitrine du musée du Vieux-Moudon.
Et l'horrible ours venu du Jura. Il a éventré des génisses il n'y a pas quarante ans dans les gorges de la Mérine. Les vieux s'en souviennent, ils ne rient pas à Ropraz ni à Ussières. Au temps de Voltaire, qui a habité le château d'en-bas, au hameau d'Ussières, les brigands attendaient sur la route principale, celle de Berne, des Allemagnes, plus tard les soldats revenus des guerres de la Grande armée rançonnaient les honnêtes gens. On fait très attention quand on engage un trimardeur pour la moisson ou la pomme de terre. C'est l'étranger, le fouineur, le voleur. Anneau à l'oreille, sournois, le laguiole glissé dans la botte.
Ici on n'a pas de grands commerces, d'usines, de manufactures, on n'a que ce qu'on gagne de la terre, autant dire rien. Ce n'est pas une vie. On est même si pauvres qu'on vend nos vaches pour la viande aux bouchers des grandes villes, on se contente du cochon et on en mange tellement sous toutes ses formes, fumé, écouenné, haché, salé, qu'on finit par lui ressembler, figure rose, hure rougie, loin du monde, par combes noires et forêts.
Dans ces campagnes perdues une jeune fille est une étoile qui aimante les folies. Inceste et rumination, dans l'ombre célibataire, de la part charnelle à jamais convoitée et interdite. »


Le décor est planté : une région reculée, hors du temps, aux paysages inquiétants de montagnes et de sombres forêts de sapins. Reste maintenant à découvrir les acteurs du drame qui va se jouer ici, un fait-divers oublié ayant réellement eu lieu dans les premières années du XXe siècle et sur lequel Jacques Chessex revient dans cet ouvrage.

En février de cette année 1903, Rosa, la fille d'un riche fermier de Ropraz, Émile Gilliéron, succombe d'une méningite foudroyante. C'est la consternation dans les environs. Qui aurait pu prévoir que cette jeune fille de vingt ans, l'une des plus belles du pays, puisse être subitement emportée dans la fleur de sa jeunesse ? On l'enterre le jeudi 19 février et, malgré la neige qui paralyse le pays, nombreux sont ceux qui sont venus rendre un dernier hommage à la jeune disparue.
Le surlendemain, un fermier des environs, venu couper du bois aux abords du cimetière, fait une macabre découverte : la tombe de Rosa a été profanée. On va chercher le fossoyeur puis à l'aide de l'unique téléphone du village on prévient les autorités : le médecin, le juge de paix, le juge d'instruction accompagné de deux agents de la Police cantonale de Sûreté.
C'est au moment où tous sont réunis pour procéder à l'exhumation du corps qu'ils découvrent dans toute son horreur ce qui s'est passé lors de la nuit précédente. Le cadavre de la jeune fille à été violé et mutilé : la main gauche a été coupée, la tête, quasi décapitée, a été enfoncée dans le tronc, le coeur a disparu, les seins et les parties intimes ont été mâchés puis recrachés.
Dès le surlendemain, l'affaire s'étale dans les journaux et se répand jusqu'aux Etats-Unis. Très vite, la presse va trouver un nom à l'auteur de cette abomination : « le vampire de Ropraz. »

Quant à l'enquête, elle piétine. On soupçonne à tort quelques personnages des environs, des marginaux, un valet de ferme, un boucher ambulant, un éducateur, un étudiant en médecine... Rien n'y fait et dans les villages la peur et la méfiance s'installent.

Au mois d'avril, le vampire frappe de nouveau et de la même manière à Carrouges, à huit kilomètres de Ropraz. Cette fois-ci, c'est le corps de Nadine Jordan, une jeune femme décédée d'une tuberculose osseuse, qui est retrouvé après avoir subi les mêmes abominables sévices post-mortem.
Puis c'est à Ferlens que le vampire frappe encore, sur le corps de Justine Beaupierre, morte de phtisie. Même procédure que pour les deux autre victimes : viol, mutilations, dévoration.

Après maints errements, les autorités mettent la main sur un suspect : Charles-Augustin Favez, un colosse, alcoolique, obsédé sexuel et sujet à des crises de violence spectaculaires, surpris en train de violer...une génisse !
L'homme est arrêté, emprisonné, interrogé, examiné par un psychiatre disciple de Charcot.

Favez est-il le vampire de Ropraz ? Tout le monde voudrait le croire malgré les doutes du psychiatre Albert Mahaim.
Favez va pourtant être libéré, suite au rapport d'expertise psychiatrique, décision qui provoquera l'indignation de la population. Mais il est de nouveau arrêté quelques jours plus tard, à Mézières, pour viol sur la personne d'une veuve.
Cette fois-ci, la justice prend l'affaire au sérieux et, après le procès, Favez est condamné à vingt ans de réclusion. Le Dr. Mahaim réussira à commuer cette peine en un enfermement à perpétuité dans l'établissement psychiatrique qu'il dirige, à Céry.

Favez y restera douze ans jusqu'à ce jour de février 1915 où il s'évadera , franchira la frontière et s'engagera dans la Légion Étrangère, sous les ordres du commandant Frédéric Sauser, plus connu sous le nom de Blaise Cendrars.
Ce qu'il adviendra ensuite de Charles- Augustin Favez, le vampire de Ropraz, je vous laisse le découvrir si vous n'avez pas encore tenu entre vos mains ce court roman de Jacques Chessex, récit d'un fait-divers terrifiant, baignant dans une atmosphère oppressante et dont la conclusion s'avèrera pour le moins inattendue.

Mais qu'on s'y méprenne pas, ce roman n'a rien à voir avec la vague romanesque mettant en scène des serial-killers, genre littéraire qui a fait la fortune et la renommée de nombreux auteurs d'outre-Atlantique. Charles-Augustin Favez n'est pas Hannibal Lecter. L'histoire ici relatée par Jacques Chessex est le fruit de nombreuses recherches, recherches mises en valeur par le talent de l'écrivain qui nous fait ressentir toute la pesanteur du climat de suspicion qui s'instaure dans cette région isolée suite à ces monstrueux évènements. Et qu'en est-il de cette mystérieuse dame en blanc qui vient visiter Favez dans sa cellule ? Personnage réel ou pure fiction ?

On baigne ici en plein mystère, dans une atmosphère sombre et terrifiante, entre fiction et réalité, sans plus savoir quelle est la part de la véracité historique et quelle est la part d'invention de l'auteur.
Mais l'important n'est pas là, l'important est de se laisser entraîner par le talent de conteur de Jacques Chessex et de suivre cette histoire comme on le ferait lors d'une de ces veillées dans le pays du Valais, quand le feu crépite dans la cheminée tandis que dehors règne la nuit, glacée, inquiétante, peuplée d'ombres furtives et menaçantes.
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeVen 12 Déc 2008 - 18:59

Bibiomane, je suis allée faire un tour sur ton blog, et je l'avais déjà noté, c'est effectivement alléchant, des faits terrifiants et mystérieux, tout ce qu'il me faut pour passer des vacances de noël au chaud, dans un fauteuil, à frissonner affraid

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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeJeu 8 Jan 2009 - 15:13

Chessex sort un nouveau livre adapté encore une fois d'un fait réel
je ne l'ai pas encore lu, je vous ferai pars de mon avis plus tard.

Un juif pour l’exemple" de Jacques Chessex aux éditions Grasset.

Jacques Chessex a écrit un roman sur l’affaire du crime antisémite de 1942. Il avait 8 ans, à Payerne, lorsque Arthur Bloch a été tué et dépecé.


Au matin du 16 avril 1942, à Payerne dans le Nord vaudois, un paysan de 19 ans, Robert Marmier, aborde Arthur Bloch, 60 ans, marchand de bétail, juif et bernois, sur la place de la Foire. Il lui propose une vache à vendre. Mais elle est quelques rues en contrebas, Rue-à-Thomas. Arthur Bloch a déjà acheté trois bœufs, mais il est curieux. Il suit Robert, à qui un apprenti garagiste, Georges Ballotte, ainsi qu’un valet de ferme, Fritz Joss, emboîtent le pas. Dans l’étable Rue-à-Thomas, il y a deux vaches. L’une plaît au marchand. Il commence à négocier, s’éloigne, revient. A son troisième retour dans l’étable, Fritz Joss soulève la barre de fer qu’il tient dans la main droite et assomme Arthur Bloch, qui s’écroule. Ballotte l’achève d’un coup de revolver dans le crâne. Fernand Ischi, garagiste à Payerne, les rejoint avec Max Marmier, frère de Robert. Ils se partagent l’argent trouvé sur le marchand, puis scient et découpent le cadavre. Ils entassent la tête, le tronc, les bras, jambes, mains et pieds dans des boilles. Les transportent vers le lac de Neuchâtel, au large de Chevroux. Brûlent les vêtements dans la forêt de Neyrvaux. Rentrent chez eux.

Prison à vie. Le 20 février 1943, Fernand Ischi, Robert Marmier et Fritz Joss sont condamnés à la prison à vie par le Tribunal de Payerne. Vingt ans pour Georges Ballotte, quinze pour Max Marmier. Le pasteur Lugrin sera arrêté en Allemagne en 1945, condamné à vingt ans à Bochuz. Avec le jeu des remises de peine, ils en purgeront à peine les deux tiers. En 1964, Chessex croise Lugrin à une table du Café du Vieux-Lausanne. Il s’assied en face de lui. «Je le referais!» lance Lugrin, rageur. Dans les années 70, Chessex croise Fernand Ischi, misérable pompiste à la station-service de son frère, place de l’Ours à Lausanne. Celui-ci le reconnaît, lui lance: «Il n’y a pas de benzine ici!»
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeSam 10 Jan 2009 - 10:30

voici un entretien ou Chessex explique son dernier ouvrage.
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&bcid=640607#bcid=640607;vid=10164795
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeSam 17 Jan 2009 - 11:15

Lu son livre. Un juif pour l'exemple

Le même style d'écriture que son précédent. Avec cette fois le nazisme
comme maladie dans la tête de quelques individus, qui, pour plaire à Adolphe
assassine un juif. Et d'autres si la police ne les avaient pas coincés.
Un roman terrible qui vaut bien des thèses historiques, qui a le goût du sang, de la veulerie, des effets de groupes musclés et hideux. Ou quand la fascination pour l’indicible débouche sur l’abjection et la dégradation morale.

Un peu court, 100 pages. J'aurai aimé 100 pages de plus, vu la faciliter qu'il a pour écrire.
Bien sans plus
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeSam 17 Jan 2009 - 11:25

Il me tarde de le lire, mais je vais attendre sa sortie en poche ou à la bibliothèque. Pas envie de débourser 12 € pour 100 pages.
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeSam 17 Jan 2009 - 11:58

après- coup, j'ai eu le même raisonnement que toi.
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitimeSam 17 Jan 2009 - 12:02

"Un juif pour l’exemple" me tente beaucoup, mais pour les mêmes raisons que vous, j'hésite un peu à l'acheter...
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MessageSujet: Re: Jacques Chessex [Suisse]   Jacques Chessex [Suisse] - Page 3 Icon_minitime

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