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 One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]

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bix229
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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Mar 30 Oct 2012 - 22:48

Marco, avant tout autre chose, il serait bon que tu précises le cadre dans lequel tu exerces ta profession. Comme je le disais plus haut, la situation d' un psychiatre peut etre trés différente selon qu' il exerce, surtout en cabinet ou surtout dans un milieu collectif, tels que l' hopital ou une clinique. Le travail et l' approche sont différents, voire très différents.

La question de doctrine n' est pas purement formelle. Les psychiatres ont eu des enseignants, des formations, des stages, des réunions plus ou moins informelles mais qui les influencent sur le plan théorique et pratique. J' aimerais en savoir un peu plus là dessus et aussi sur l' action et l' influence des laboratoires qui, eux, sont tout, sauf neutres. Et puis les revues. Sur le plan de l' information médicale, je n' en connais qu' une seule qui soit vraiment indépendante et encore je n' ai pas le titre en tete (j' ai des trous de mémoire). Bon, la revue, c' est Prescrire, sur un plan général. Qu' en est-il des revues concernant la psychiatrie ou la neurobiologie ?

Ces questions et bien d' autres, sont primaires sans doute, mais elles sont l' expression de mon ignorance en la matière.
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coline
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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Mar 30 Oct 2012 - 22:58

Très intéressant votre débat...
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Marko
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MessageSujet: message   Mar 30 Oct 2012 - 23:12

bix229 a écrit:
Marco, avant tout autre chose, il serait bon que tu précises le cadre dans lequel tu exerces ta profession. Comme je le disais plus haut, la situation d' un psychiatre peut etre trés différente selon qu' il exerce, surtout en cabinet ou surtout dans un milieu collectif, tels que l' hopital ou une clinique. Le travail et l' approche sont différents, voire très différents.
Et bien un peu des 3 en fait. Cabinet, clinique et hôpital... Je m'en suis expliqué sur le fil des nos métiers respectifs. J'ai surtout connu beaucoup d'établissements variés et parfois très périphériques autant que citadins. L'intérêt de l'internat étant de se familiariser avec toutes les approches et orientations différentes (addictologie, pédopsychiatrie, prison, hôpitaux de jour, CMP, psychiatrie générale, centres du sommeil, unités pour patients anorexiques...).

Pour l'information et la formation: nous avons une obligation légitime de formation continue. Cela signifie qu'il faut assister et participer (pointer même) à des congrès avec des professeurs reconnus. On y apprend toutes les découvertes les plus récentes en matière de recherche. On échange nos pratiques entre collègues aussi. Je lis des publications fiables scientifiquement (il y en a plusieurs), des livres de spécialistes dans les principaux domaines. J'ai aussi participé à des séminaires et des goupes de formation en thérapie familiale et systémique, en psychanalyse, des modules de thérapies brèves et comportementales... Et je me passionne beaucoup pour la neurobiologie. Et puis forcément on a des domaines de prédilection où on se sur-spécialise. Le mien étant surtout le repérage précoce des principaux troubles psychotiques et thymiques.

Les labos? J'ai déjà dit ailleurs que nous en avons besoin pour financer des recherches, organiser les congrès, transmettre l'information. Je ne me suis jamais senti manipulé, influencé et encore moins acheté par les labos (ils n'ont d'ailleurs plus le droit de faire de "cadeaux" quels qu'ils soient). Certains commerciaux sont très incisifs mais on les repère vite. Ce qui compte c'est l'expérience personnelle et celle des collègues. Participant à des protocoles à différentes phases de mise en circulation de certains médicaments je n'ai jamais senti de pression des labos. On évalue si ça aide ou pas, si les effets secondaires sont les plus faibles possibles ou pas. La seule chose qui compte c'est le meilleur rapport bénéfice/risque possible. Mais c'est un débat que nous avons déjà eu sourire

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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colimasson
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MessageSujet: One-shot Essais/Documents   Mer 2 Jan 2013 - 19:35

Œdipe et neurones – Psychanalyse et neurosciences : un duel ? (1990) dirigé par Béatrice Boffety




Au départ, tout allait bien. La psychanalyse a fait son apparition sur le terrain encore relativement peu défriché de la maladie mentale –que l’on appelait encore « folie » pour ne pas se casser la tête et parce que la répertoriation de toutes les différentes modalités d’expression du « fou » n’avait pas encore été réalisée. Et puis, le 20e siècle s’est emballé avec son lot de découvertes. Pharmacologiques pour le domaine de la psychiatrie, biologiques pour le domaine des neurosciences –si l’on cherche à résumer. Mais réduire les trois disciplines à des domaines aussi fermés, n’est-ce pas simplifier à outrance leur domaine d’action, au risque de négliger leurs influences réciproques, et empêcher dès lors leur réunion dans l’obtention d’une synthèse réussie qui permettrait peut-être d’ouvrir à de nouveaux horizons les points de vue sur la maladie mentale ?
Le 20e siècle est vite passé, qui n’a pas vraiment permis de se laisser le temps de réfléchir à cette question. Et si le bilan est aussi mitigé, la faute est surtout celle des spécialistes : pris au piège du dogmatisme de leur profession, ne jurant que par écoles, courants et mouvements, définis ou non par des diplômes ou des affiliations, il leur est parfois difficile de prendre en considération des concepts, pensées ou opinions qui ne relèvent pas de leur domaine. La faute aux idéologies, mais aussi à la complexification croissante des disciplines qui ne permet pas de s’approprier toutes les connaissances les plus pointues de chacune d’entre elles. En sciences comme partout ailleurs, il faut faire des choix, c’est-à-dire se spécialiser, et accepter de n’avoir pas une maîtrise absolue de disciplines convergentes qui pourraient pourtant enrichir le point de vue.




Dans Œdipe et Neurones, ouvrage collectif supervisé par Béatrice Boffety, des intervenants des domaines susmentionnés sont invités à délivrer leurs points de vue. Leur sélection est très pertinente et les points de vue professionnels et passionnés de chacun permettent de découvrir des imbrications insoupçonnées et des pans de l’histoire des disciplines qui ne se seraient sans doute pas dévoilés avant longtemps sans la lecture de cet ouvrage. Œdipe et Neurones est un titre qui résume d’ailleurs très bien le travail de réflexion engagé à travers cette collaboration d’auteurs, et on découvre comment, les premiers, les mythes grecs ont su constituer un freudisme avant l’heure du fait de leur richesse symbolique. Grand bon dans le futur et apparition de la psychanalyse et de ses dérivés, puis découvertes pharmacologiques qui permettent de prendre en charge des patients en situation d’urgence, puis banalisation de ces mêmes psychotropes. N’oublions pas les découvertes neurobiologiques parallèles qui s’insinuent au cœur même du fonctionnement de l’individu, dans l’intimité de ses neurones. Mais n’allons pas trop vite, et ne sautons pas cette période obscure de la « folie » médiévale, parfois confondue avec son penchant, la « sorcellerie ». Nous apprendrons donc comment, peu à peu, la folie s’est dégagée de cette stigmatisation ésotérique et comment s’est affiné le regard que l’on porte sur elle. D’abord hystérie, mot fourre-tout parfait pour glisser en vrac n’importe quelle caractéristique qui fait glisser l’individu de la norme à l’anormal, on a ensuite séparé la névrose de la psychose –bien que l’on ne soit plus certain, aujourd’hui, de la pertinence de cette séparation- avant d’établir une nosologie pointue qui aboutira au manuel de référence du DSM.
Dans cette première partie, si préjugés il y avait encore, ils disparaîtront : où l’on apprendra que la définition de la folie répond également au théorème de la relativité et qu’elle est surtout une question de culture.



« Les choses ne sont pas si simples pour autant, car c’est l’extension de la notion du réel qui varie, selon les époques et les systèmes, alors que la notion de folie –comme inadéquation entre une conscience et le réel, semble, elle, rester fixe. In fine, il convient donc de s’interroger non pas tant sur la façon qu’a une société à un moment donné de se représenter la folie, mais sur les frontières qu’elle donne à la notion de réel. » (Béatrice Boffety)


La deuxième partie de l’ouvrage présente les différentes disciplines que sont la psychanalyse, la psychiatrie et les neurosciences. Des spécialistes s’expriment et donnent leurs points de vue sur leur discipline, les raisons qui les encouragent à croire en la pertinence de leurs recherches et les intérêts qu’ils y décèlent pour la prise en charge et le traitement des personnes en souffrance psychologique. Ces apports ne sont pas des charges à visée de prosélytisme. Les auteurs n’hésitent pas à exprimer leurs doutes ou à reconnaître des influences extérieures qui ont su enrichir les recherches de leurs domaines. Surtout, les points de vue sont originaux : en citant des exemples qui semblent parfois à mille lieux de la maladie mentale, ils permettent de comprendre la complexité de l’être humain et, allant, la difficulté que revêt la possibilité d’agir ou non sur son comportement. On découvrira par exemple quels sont les processus impliqués dans la régulation de la faim (Jacques Le Magnen), comment peut naître une pensée à partir d’une mécanique neuronale (Stanislas Dehaene), quels sont les paradoxes de la mort cellulaire (François Gros) ou encore ce qui définit la pulsion, de la biologie à l’économie (Alain Gibéault).


En troisième partie, le corpus se scinde en plusieurs discours : l’un concerne la névrose et cherche à comprendre son degré de déterminisme, sa prise en charge et la thérapie psychanalytique ; le deuxième concerne la psychose maniaco-dépressive et la schizophrénie ; le troisième s’attarde davantage sur la psychosomatique à travers les exemples de la maladie de Crohn, de la fibromyalgie, de l’épilepsie et des cancers ; le quatrième, enfin, s’attarde sur le cas particulier des maladies mentales infantiles avec une focalisation particulière sur le cas de l’autisme.





La dernière partie d’Œdipe et Neurones constitue une ouverture à la réflexion amorcée au cours de la lecture. Après s’être tourné sur le passé et avoir cherché à comprendre comment s’est menée la lente constitution du paysage de la maladie mentale aujourd’hui, les auteurs se tournent vers l’avenir et essaient de deviner ce que sera la prise en charge des troubles psychiques à l’avenir. Va-t-on vers un tout-biologique plus prégnant, avec le développement des neurosciences ? Consommera-t-on tous, de manière généralisée, davantage de psychotropes ? Ou disparaîtront-ils au contraire, au profit d’une meilleure connaissance de l’être humain –connaissance qui passe justement par une meilleure compréhension de ses mécanismes cérébraux, entre autres. Faut-il réformer la formation des psychanalystes ? Modifier la prise en charge des patients ? De quelle manière l’argent intervient-il dans les rapports entre patient et analyste ? Sur des questions d’apparence anodine, les auteurs nous montrent, encore une fois, qu’aucun changement n’est anodin et détermine une certaine manière de considérer le traitement thérapeutique.


Œdipe et Neurones est un ouvrage passionnant et foisonnant, qui s’adresse aussi bien à l’initié –qui trouvera sans doute son compte dans le lot des apports originaux et novateurs des auteurs- qu’à l’amateur –dont la clarté des auteurs mettra à sa portée des notions et des théories souvent inattendues. Psychanalyse, psychiatrie et neurosciences se recoupent et apparaissent finalement beaucoup plus liées qu’il n’y paraît. Oui, mais c’est aussi et surtout l’être humain qui est pris au piège au centre de ces disciplines, et s’intéresser à leur évolution conjointe, c’est finalement et surtout se préoccuper de l’évolution de la place donnée à l’homme dans un monde où l’on exige de lui toujours plus de performance et d’excellence –parfois et trop souvent au-delà de ses limites naturelles.






Ce livre m'aura entre autres donné envie de lire Henri Laborit et son Eloge de la fuite après lecture de son intervention dans l'ouvrage :

Citation :
« […] pour moi, toute la pathologie dépend de la façon dont on peut ou non contrôler son environnement par l’action.
J’avais trouvé, entre 1970 et 1974 […] que, lorsqu’il y a inhibition de l’action, il y avait augmentation de la cortisolémie. Tout le monde sait également que le cortisol détruit le système immunitaire. […] Le système vasculaire est rétréci, contient trop de liquides et toute une pathologie en dépend (hypertension, infarctus).
Maintenant, en ce qui concerne l’inhibition du système immunitaire, on appelle cela la « neuro-immunomodulations ». J’ai d’abord mis en évidence les aires cérébrales qui aboutissaient à ce que j’ai appelé l’ « attente en tension » du moment où l’on peut agir. Si ça ne dure pas longtemps, ça va ; et cela peut même parfois vous sauver la vie. Mais si par exemple vous êtes ouvrier chez Renault, que la tête du contremaître ne vous revient pas, vous ne pouvez pas lui casser la figure parce que l’on vous poursuivrait ; vous ne pouvez pas fuir parce que vous seriez au chômage ; vous ne pouvez pas lutter. Vous êtes en inhibition d’action. Vous libérez alors vos glucocorticoïdes et détruisez votre système immunitaire : les ennuis arrivent. »


Des considérations sur le travail de mélancolie de Benno Rosenberg :

Citation :
« C’est une des découvertes importants de Freud que d’avoir compris que le mélancolique qui se mésestime, se dévalorise, se rabaisse soi-même, s’adresse en réalité à l’objet en utilisant le fait que l’objet est en lui-même puisqu’il l’a introjecté, puisqu’il s’est identifié à lui.
[…] Nous avons vu que le travail de mélancolie a pour but de liquider l’investissement narcissique de l’objet, de l’objet perdu. Or, l’investissement narcissique de l’objet est lié à l’idéalisation de l’objet, chez le mélancolique à coup sûr, et par conséquent attaquer l’idéalisation de l’objet, dévaloriser l’objet, c’est rendre impossible de continuer à l’investir narcissiquement. D’autre part, et en opposition parfaite avec le discours conscient du mélancolique, le sujet mélancolique finit par se reconnaître (inconsciemment bien entendu) comme supérieur à l’objet.
C’est par ce double mouvement –dans lequel l’objet dévalorisé est le sujet implicitement valorisé par rapport à l’objet –que se crée la distance entre les deux, laquelle rend impossible la continuation de l’investissement narcissique d’objet, qui les éloignerait l’un de l’autre.
Tout ceci, comme nous le savons, est lié à une souffrance inouïe pour le sujet mélancolique. Mais il faut dire que la souffrance ne consiste pas seulement dans le fait que le sujet mélancolique est obligé de s’attaquer soi-même pour attaquer l’objet (introjecté) : la souffrance consiste aussi, sinon surtout, dans la déchirure du lien étroit (narcissique dans le plein sens du mot) qui les reliait auparavant. C’est une véritable torture, comparable à une amputation, que le mélancolique s’inflige à lui-même, mais c’est aussi, et par là même, la rupture avec l’objet perdu, et donc la sortie de l’accès mélancolique. »


reste à savoir si la date de publication de l'ouvrage ne le rend pas trop obsolète aujourd'hui...


*images de Gaston Chaissac

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Sam 5 Jan 2013 - 19:06

Vivre autrement : écovillages, communautés et cohabitats (2006) de Diana Leafe Christian




Mal lire les quatrièmes de couvertures peut parfois entraîner des surprises. Avec un titre énumératif comme Ecovillages, communautés et cohabitats, je pensais découvrir une liste relativement complète (l’ouvrage fait presque cinq cents pages) des regroupements humains qui ont décidé de se fonder dans l’espoir de mener une vie partagée autour d’une entente commune. Et de foncer, tête baissée, à l’affût de noms, de lieux, de projets, de visions qui sauraient me faire rêver un peu avant de repartir de plus belle dans le quotidien de mon mode de vie supra-communautaire (après tout, c’est bien cela qu’est une nation).


Mais Diana Leafe Christian ne l’entend pas ainsi… Rôdée des communautés intentionnelles puisqu’elle est la rédactrice en chef du magazine « Communities » depuis 1993 et membre de l’écovillage Earthaven en Caroline du Nord, il semblerait plutôt qu’elle cherche, par le biais de cet ouvrage, à juguler une croissance de l’engouement de la population pour ce mode d’existence. Contre l’irréalisme qui sied habituellement à ce qui reste encore largement considéré comme une utopie, Diana Leafe Christian oppose son pragmatisme et son sens des réalités. Peut-être la domination de l’économique, du politique et de l’administratif sont les premières raisons qui peuvent pousser un individu à vouloir se retirer de la communauté non-intentionnelle d’un Etat, mais l’économique, le politique et l’administratif sont des pivots majeurs de l’élaboration d’une communauté intentionnelle :


« Un vieil adage indien affirme qu’ « il faut une épine pour ôter une épine ». Aujourd’hui, il faut un budget, un plan d’affaires et une compréhension rudimentaire de l’immobilier et du financement pour pouvoir créer des modes de vie alternatifs à l’intérieur d’une société où ces outils sont nécessaires. »


En de nombreux chapitres très détaillés, l’auteure livre son expérience en matière de choix immobiliers, abordant des points aussi cruciaux que la création d’une personne morale, le choix d’un avocat, le financement autogéré, les permis de construction ou les prêts financiers. Elle aborde la loi et l’économie en nous rappelant des notions fondamentales telles que le titre de propriété, la société à responsabilité limitée, l’association de propriétaires, l’association de condominiums, et les caractéristiques particulières d’une communauté constituée en association exonérée d’impôt.


Voici pour le rébarbatif. Toutefois, ce qui constitue la motivation principale des individus désirant intégrer une communauté intentionnelle reste majoritairement la puissance de sa symbolique humaine. Autour de cette conception, les fantasmes sont souvent plus pérennes que la capacité effective des individus à vivre durablement et sereinement en communauté. Marre des hiérarchies et des systèmes de soumission/domination ? Qu’on n’aille pas s’imaginer que tout ceci disparaîtra miraculeusement une fois installé en communauté… Des figures de dirigeant émergeront d’elles-mêmes, si elles ne sont pas nécessitées par les contingences du milieu. Mais parce que cette hiérarchie s’établira dans un milieu composé d’un nombre d’individus réduit, il est possible de la rendre la plus légitime possible. Diana Leafe Christian recommande de passer par la rédaction de projets et de visions qui serviront de base stable à l’évolution des mentalités au sein de la communauté. Elle ne nie pas que les individus qui souhaitent intégrer une communauté intentionnelle ne possèdent pas des motivations et des dispositions psychologiques propres et, le reconnaissant, elle appelle à la vigilance, non pas pour stigmatiser mais pour qu’une fois les failles mises en avant, il soit plus facile pour chacun d’en éviter les pièges –car, elle le rappelle, près de 90% des communautés intentionnelles rompent avant d’avoir pris leur envol.



« Larry se souvient : « Tout à coup, nous étions 10, débordants d’enthousiasme, caressant de grands espoirs et idéaux, et traînant tous dans nos bagages nos blessures et nos carapaces. Aucun de nous n’était très outillé en termes d’expérience de vie collective. Délicatement tissée au fil des ans, la culture communautaire de Lost Valley n’a pu survivre à l’invasion. Nous avons rapidement sombré dans l’incompréhension, le ressentiment et les conflits. » »


Ne rêvons pas : les communautés intentionnelles ne sont ni plus ni moins différentes que les sociétés dans lesquelles nous avons pu vivre jusqu’à présent. Peut-être plus gérables, plus conviviales et parfois fondées sur des idéologies unificatrices, elles peuvent fournir un lieu de développement et d’épanouissement plus serein pour des individus brisés ou exténués par leur ancienne existence. Mais parce que ces communautés regroupent justement des êtres fragilisés et dégoûtés par une société qui, vaille que vaille, semble avoir fait ses preuves plus largement que 90% des communautés intentionnelles fondées à la va-vite, Diana Leafe Christian nous rappelle qu’il est important d’exercer son regard critique, même au moment crucial à partir duquel on ne souhaite plus qu’une chose : voir son fantasme d’une communauté unie se concrétiser.


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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Mer 9 Jan 2013 - 19:22

Les métamorphoses du gras – Histoire de l’obésité (2010) de Georges Vigarello




Parce que le gras semble doté d’une vie à part, qui lui permettrait de se mouvoir, de croître ou de dépérir au gré des apports lipidiques de chacun, cet essai de George Vigarello porte bien son titre. Les métamorphoses du gras, suivi de la mention presque anecdotique de ce qui constitue pourtant le sujet de recherche principal de l’auteur -Histoire de l’obésité-, s’inscrit dans un paradigme contemporain de dénonciation et de matraquage lipidique, en face desquels la maîtrise de son poids de forme apparaît au contraire comme une obole promise à tout bon élève.


En fait d’histoire, George Vigarello distingue six périodes qui se suivent de près au cours des derniers siècles écoulés. De plus, il faut peut-être le préciser, cette histoire ne concerne que notre bonne vieille Europe occidentale. Au-delà de ces frontières, l’étude de la thématique aurait peut-être nécessité une somme trop importante pour être finement analysée. Nous nous contenterons donc d’une vision du gras ciblée et précise –à l’ère de son observation minutieusement médicale, cela ne saurait plus surprendre.


Avant le Moyen Âge, le gros semble surtout briller par son absence. Pas qu’une gestion déficitaire des denrées alimentaires n’empêchât la population d’alors de s’empâter à loisir dans ses chaumières, mais parce que si la gloutonnerie ou le bon appétit existaient bien dans les textes, les vignettes et autres fresques de l’époque semblaient se refuser à exprimer les variations de silhouette.


« Le « gros » s’impose d’emblée dans l’intuition ancienne. Il impressionne. Il séduit. Il suggère aussi : incarnant l’abondance, désignant la richesse, symbolisant la santé. Signes décisifs dans un univers où règne la faim, sinon la précarité. »


Tous les personnages ont encore la même silhouette


Au Moyen Âge, commencent à se développer des associations encore relativement discrètes entre l’appétit et la corpulence. On retient en priorité l’image gargantuesque du bon vivant, telle que développée par Rabelais : bon mangeur et gai luron, sachant reconnaître dans la profusion des banquets et des ripailles une manne qu’il serait honteux de mépriser dans des temps où la disette pouvait menacer tout un chacun, c’est un personnage joyeux et sensuel –ce que l’Eglise ne tardera pas à condamner- à condition de ne pas dépasser les limites de la bienséance visuelle. Entre le « gros » et le « très gros » monstrueux et morbide, aucune échelle n’est encore établie. Dans le texte, on passe de l’un à l’autre comme de la joie à la frayeur. C’est qu’aucun moyen de mesure ou de détermination n’a encore été instauré pour jauger la corpulence.


Avec la Renaissance, les progrès des connaissances dans la médecine, la peinture et dans le développement de la vie intellectuelle en générale font émerger une image du gros plus singulière, que les nouveaux arts ne tarderont pas à étudier. La perspective en peinture fait naître un intérêt croissant pour la représentation des silhouettes. Si ce détail, jusqu’alors, avait pu être négligé, l’observation croissante, accrue, permet de découper plus finement la population en tranches de corpulences distinctes. La médecine tente d’expliquer ces variations par la théorie des humeurs –le gras est alors fluide qui se déplace dans les réseaux lymphatiques-, ou comment les théories médicales héritées de l’Antiquité se mêlent aux découvertes des premières dissections humaines. Surtout, dans cette période de grande stimulation intellectuelle et d’ouverture sur le monde, le gros représente le flegmatique repu –l’absence de curiosité-, la mollesse, l’indolence, tous caractères moraux qui s’opposent à la marche en avant de ce siècle.


« La graisse fabriquerait de l’impuissance. La carence du gros devient, avec la modernité, celle des dynamiques et des capacités. Elle avive aussi des dénonciations collectives, où l’embonpoint des nantis traduirait leur rapine autant que leur sourde inefficacité : nobles et abbés de la fin du XVIIIe siècle, aux ventres rebondis et aux corps affaissés, en sont l’exemple, « profiteurs » que les images révolutionnaires livrent au « pressoir réducteur » tout en dévoilant leur inutilité. »


De même avec le siècle des Lumières, le gros représente la réaction d’une époque en tant qu’il se retrouve en majorité chez les plus aisés de la société, en opposition à un monde rural moins favorisé –les germes d’une remise en question des castes apparaissent déjà. On retiendra surtout une métamorphose inédite dans le monde du gros avec l’apparition du mot « obésité » non plus pour désigner une corpulence mais pour définir une maladie –un ensemble de symptômes dont on essaie d’expliquer les causes, de mesurer les degrés, mais qu’on cherchera également à traiter. Du plus barbare au plus modéré, le traitement se diversifie : chocs électriques et corsets pour les plus douloureux, régimes préventifs ou curatifs pour les plus modérés –mais les connaissances nutritionnelles sont infondées et nous paraissent aujourd’hui aberrantes.


« Autre recours excitant, enfin, celui de l’électricité : le fluide et ses commotions, les chocs « expérimentés » au milieu du XVIIIe siècle par quelques amateurs et savants. Schwilgué propose un bain froid doté de courant électrique dont il attend resserrements et sécrétions. »


Les corsets, torture domestique...

L’association du gros avec le repu bourgeois s’accentue encore au 19e siècle, occasion d’éprouver la force symbolique du gras et ses rapports avec la société. Surtout, ce sera le siècle des révolutions médicales. Industrialisation oblige, l’homme devient à son tour objet quantifiable et mesurable. Les statistiques font apparaître des moyennes, précurseurs des normes, et la chimie permet à certains scientifiques tels Lavoisier de mettre à jour un procédé de « combustion » qui rapproche l’homme de la machine dans son fonctionnement intrinsèque. Les apports et dépenses caloriques sont mesurés, des croyances s’effondrent : non, les biscuits et pâtisseries, dont le goût fin étaient supposés jusqu’alors gages de légèreté, ne doivent pas être consommés dans le cadre de régimes amincissants ; non, les obèses ne souffrent pas d’un défaut de la combustion


Le 20e siècle est celui de toutes les métamorphoses. La maîtrise du poids devient objet de volonté personnelle. L’impossibilité de changer traduit un échec qui stigmatise le gros en le figeant dans une image d’impuissance d’autant plus injustifiable que les progrès du commerce et de la société de service profitent du créneau pour multiplier leurs offres de produits amincissants, de cures thermales ou de livres de développement personnel. Le « martyre » du gros, déjà énoncé dans le livre éponyme de Henri Béraud, récompensé par le prix Goncourt en 1922, s’inscrit alors dans le paradoxe d’une société qui stigmatise d’autant plus qu’elle veut faire croire à chacun qu’il dispose des moyens de contrôler son existence et son apparence.



Publicité, années 1920-30

Cette Histoire de l’obésité est décrite dans toutes ses nuances. Evoluant en parallèle avec les croyances et valeurs de chaque époque, la signification du gras entre en répercussion avec une certaine conception de la vie culturelle, sociale, économique, politique et industrielle. Des rapports souvent inattendus apparaissent, des origines se dévoilent. On remonte par exemple aux sources de la dénonciation de la consommation d’aliments carnés, bien plus ancienne que l’apparition des mouvements écologistes :


« L’originalité […] tient à un débat nouveau au XVIIIe siècle : la présence de la viande dans le régime lui-même. […]
Le débat se double d’un enjeu culturel déjà cent fois étudié : la critique du luxe et de l’artifice, des modes urbaines et des excès de raffinement, l’ « amollissement » dont l’abondance de viandes serait une des causes. […] La menace de « dépérissement » collectif se dit ici bien autrement que se disaient les vieilles craintes de recul moral ou d’abandon religieux. L’inquiétude porte sur l’amoindrissement physique, l’atteinte organique, les conséquences présumées des techniques et des préciosités. Un mal censé inverser le progrès, convertir la modernité en faiblesse, altérer des santés collectives pour la première fois clairement désignées : voie déclinante où « les races périssent ou dégénèrent au bout de quelques générations ». L’humanisme des Lumières peut alors condamner les tueries animales, les « massacres », la « voracité » des peuples, l’installation de « vastes boucheries » couvrant l’univers. »


George Vigarello permet également de s’interroger sur l’origine de l’intérêt accru porté sur la silhouette, apparu avec la civilisation moderne. Des hypothèses sont proposées, qui continuent de renforcer le lien entretenu entre le corps et la civilisation :


« L’évaluation renouvelée de la silhouette au début du XIXe siècle ne vient pas seulement de la présence du chiffre. Elle vient aussi d’exigences sociales, du brouillage que la révolution est censée avoir introduit dans les codes de l’apparence physique. Voyageurs et observateurs des années 1820-1830 se disent brusquement confrontés à un monde plus confus. Les « castes » auraient disparu. Les vieilles frontières s’effaceraient. Les ressemblances se multiplieraient, une fois la société d’ordres abolie. »


La métamorphose du gras s’inscrit jusque dans le langage, qui bénéficie lui aussi d’une analyse pointue :


« […] les récits de la Renaissance inventent des termes : « rondelet » au milieu du XVIe siècle, pour désigner quelque rondeur toute « naturelle », celle « remplie de gentillesse », d’une jeune Baloise évoquée par Platter dans les années 1530, ou celle, plus sensuelle, de la « jeune pucelette » évoquée par Ronsard en 1584 ; « grasselet » et « grasset » surabondants dans les chansons d’amour du XVIe siècle, avec leur volonté « diminutive » ; « dodu » aussi, accompagnant au même moment les références au douillet ; « ventripotent », encore, inventé par Rabelais pour spécifier ballonnement et pesanteur du ventre ; et même « embonpoint », banalisé après 1550 pour désigner la « corpulence ni trop grasse, ni trop maigre ».


Pour étayer toutes ces considérations, George Vigarello s’appuie sur un corpus de textes et d’images dense voire –pour s’inscrire dans la continuité du champ lexical du gros- lourd, étouffant, dévorant. Une grande majorité des thèses développées ne sont que citations et mises entre guillemets. On peine à apercevoir, entre toutes ces références, la voix de l’auteur. Un épuisement de lecture apparaît, provoqué par le rythme discordant qui s’établit entre ces citations effrénées et la voix timide de George Vigarello. Une impression de redondance imposée par le découpage du livre se fait également ressentir. Chaque période s’ouvre par une introduction, se suit avec des développements et se termine par une conclusion. Souvent, l’introduction synthétise déjà les développements, lorsqu’elle ne laisse pas s’échapper les prémisses de la conclusion. La lecture se fait donc de manière un peu laborieuse mais il faut bien reconnaître que le manque de fluidité littéraire ne devient qu’un détail une fois le livre refermé. Le gras a subi sous nos yeux une métamorphose multiforme et imprévisible et s’est doté de significations insoupçonnées, preuve que George Vigarello n’a pas chômé pour nous fournir les résultats d’une recherche qui se veut la plus exhaustive possible, sur la période et l’espace concernés.


Cette Métamorphose du gras comme essai d’analyse des représentations de l’obésité s’inscrit à son tour dans un paradigme singulier –celui du 21e siècle. Quel est son sens ? Pourquoi cherche-t-on aujourd’hui à prendre à nouveau du recul sur les images et les conceptions imposées par les siècles derniers ? Voici une question à laquelle les années suivantes se chargeront peut-être de répondre…


Le livre s'accompagne d'un feuillet central qui permet de mettre en avant l'évolution de la représentation du gros dans le domaine graphique et visuel :


Rubens - Chute des damnés, 17e


Thomas Rowlandson - Reverendissimo Viro, 18e


Albrecht Dürer - Bain de femmes, 1496


James Gillray - Two penny whist, 1796


Jean Veber, Le foudre de guerre, 1901

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Mer 9 Jan 2013 - 21:40

juste pour rebondir très rapidement (trop) sur ta présentation de Vigarello, Coli. J'ai lu il y a quelques années avec beaucoup d'intérêt (du même auteur) Le propre et le sale L'Hygiène du corps depuis le Moyen-Age, livre qui passait en revue de manière assez simple mais efficace la manière dont les maladies se propageaient jusqu'à ce qu'un jour elles commencent à être répertoriées, jugulées, expliquées, vaccinées, mais pas seulement bien sur. Un livre qui était d'ailleurs au programme de l'école d'infirmiers rouennaise, comme quoi...

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Jeu 10 Jan 2013 - 22:24

J'avais déjà noté ce livre dans ma LAL ! Very Happy (tu m'en avais peut-être déjà parlé ?)
Peut-être que cet ouvrage était inscrit au programme de l'école d'infirmiers parce que c'était le seul à traiter de ce thème ? attentif

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Dim 13 Jan 2013 - 12:01

si la vie communautaire te tente Coli, tu peux toujours aller faire un tour sur le fil de Christophe Cousin et de ses voyages utopiques...

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Dim 13 Jan 2013 - 22:35

shanidar a écrit:
si la vie communautaire te tente Coli, tu peux toujours aller faire un tour sur le fil de Christophe Cousin et de ses voyages utopiques...

Je vais aller découvrir... Wink

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Jeu 21 Fév 2013 - 12:37


Biographie de l'auteur :
Laurent Baffie est un auteur, acteur, animateur, metteur en scène et réalisateur. Il a écrit plusieurs pièces de théâtre dont « Toc Toc »(2005), qui est un succès dans de nombreux pays et plus récemment, « Les bonobos » qui a été joué pendant 8 mois au théâtre du Palais-Royal, la saison passée. Ses précédents livres sont Sexe, magouille et culture générale (Albin Michel, 2002) et Tu l'as dit Baffie (Le Cherche Midi, 2005).

Laurent Baffie a écrit:
Juste un mot...

Avant de me lancer dans l'écriture de ce livre, trois questions se sont imposées à moi :
1. qui cela va-t-il intéresser ?
2. cela vaut-il la peine de couper des arbres pour imprimer ça ?
3. combien cela va-t-il me rapporter ?
Après avoir répondu à la troisième question, j'ai immédiatement oublié les deux premières !

A la fin d'une scolarité pitoyable, dont je fus libéré à quinze ans pour mauvaise conduite, je n'avais pas le niveau pour faire autre chose que des vannes de titi parigot. Heureusement un ami (le grand Bertrand) m'a donné le goût de la lecture, et un autre ami (le petit Robert) m'a aidé à comprendre ce que je lisais.

Si le chien est le meilleur ami de l'homme, le dictionnaire est le meilleur ami de l'autodidacte. Toujours dispo, ouvert et prêt à délivrer l'information recherchée, avec pour seule contrainte une bonne maîtrise de l'alphabet qui me fait encore défaut à ce jour. Cet immense savoir que j'ai acquis au fil des ans, j'ai décidé de le restituer aujourd'hui en écrivant mon propre dico. J'espère que vous trouverez autant de plaisir à le lire que je me suis fait chier à l'écrire, et j'espère surtout pour vous que vous sortirez moins cons de cet ouvrage, qui contrairement a son auteur saura traverser les siècles.

Bonne lecture,

Laurent Baffie


Bien sympathique cette petite lecture !
Je ne suis pas sûre que ça intéresse grand monde ici mais je poste quand même parce que j'apprécie ce genre de bouquins qui se lisent très facilement et qui donnent le sourire. En outre, Laurent Baffie est une personnalité intéressante et sa répartie est épatante. Il est très vulgaire par moment mais sait également faire preuve d'un humour fin, surprenant. C'est ce que j'aime chez lui : je ris à ses blagues graveleuses et je savoure ses mots d'esprit. Ce dictionnaire lui ressemble.

Académicien : Vieillard cacochyme et lettré qui sodomise les diptères par ordre alphabétique.
Viager : Principe amoral qui consiste à investir dans la pierre en espérant qu'elle soit vite tombale.
Beaujolais : Mauvais pinard qui pète plus haut que son cru.
Sadique : Partenaire attachant.
Infarctus : Action de se claquer l'aorte au nez.

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Ven 22 Fév 2013 - 21:41

Tu as bien fait de vouloir nous faire connaître ce livre !
Contenu plus prometteur que ne le laissait penser la couverture... Razz

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Sam 23 Fév 2013 - 15:15

colimasson a écrit:
Tu as bien fait de vouloir nous faire connaître ce livre !
Contenu plus prometteur que ne le laissait penser la couverture... Razz
Oui, la couverture est kitchissime rire

Je suis satisfaite, ce billet a eu, sur toi, l'effet escompté.

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Lun 25 Fév 2013 - 21:33

J'aime bien ce genre de livre... facile à lire et qui met de bonne humeur -c'est l'idéal, par exemple, dans les transports en commun, en cours, ou tout simplement en cas de grosse démotivation.

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MessageSujet: Re: One-shot Essais/Documents [INDEX 1ER MESSAGE]   Lun 25 Fév 2013 - 22:56

colimasson a écrit:
J'aime bien ce genre de livre... facile à lire et qui met de bonne humeur
Moi aussi j'aime beaucoup ce genre de livres. Et bien vu, je l'ai effectivement lu dans les transports en commun, avec systématiquement le regard indiscret et insistant des voisins qui, eux aussi, avaient l'air de trouver la lecture sympathique !

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