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 Sylvie Germain

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coline
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MessageSujet: Sylvie Germain   Dim 4 Fév 2007 - 13:05




Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

1984 Le Livre des nuits, page 12  
1987 Nuit d'Ambre, page 14
1989 Jours de colère, pages 2 , 3 , 4 , 5 , 7 , 8 , 11 , 24, 30,     
1989 Opéra muet, page 12, 30,  
1991 La Pleurante des rues de Prague, pages 1 , 2 , 3 , 13, 24, 25,     
1992 L'Enfant Méduse, pages 3 , 7 , 19 ,29,  31,
1993 Vermeer- Patience et Songe de lumière,
1993 Immensités, page 5
1996 Éclats de sel, pages 16 , 19 , 20 , 22  
1996 Les Échos du silence, pages 12 , 24
1997 Céphalophores, page 6
1998 Tobie des marais, pages 1 , 2 , 3 , 6 , 7 , 9 , 10 , 11 , 14 , 22      
1998 Bohuslav Reynek à Petrkov,
1999 L'Encre du poulpe,
1999 Etty Hillesum,
2000 Cracovie à vol d'oiseaux,
2000 Mourir un peu,
2000 Grande Nuit de Toussaint,
2001 Célébration de la paternité,
2002 Le vent ne peut être mis en cage,
2002 Chanson des mal-aimants, pages 1 , 13 , 20 , 21 , 22, 29,     
2002 Couleurs de l’invisible,
2003 Songes du temps,
2003 Préface à Gesualdo de Jean-Marc Turine,
2004 Les Personnages, pages 21 , 22 , 23  
2004 Ateliers de lumière,
2005 Magnus, pages 1 , 2 , 5 , 8 , 11 , 19 , 20 , 22 , 23 , 24, 30,     
2008 L'inaperçu, pages 4 , 6
2009 Hors champ, pages 13 , 15 , 16 , 17 , 18 , 21 , 22      
2010 Patinir, Paysage avec Saint Christoph,
2011 Quatre actes de présence,
20011 Chemin de croix,
2011 Le monde sans vous, page 23  
2012 Rendez-vous nomades,
2013 Petites scènes capitales pages 25 , 26,28,

Citation :
mise à jour le 03/03/2015, page 31



Tobie des marais
(Grand Prix Jean Giono en 1998)

Sylvie Germain s'inspire du récit biblique, le Livre de Tobie, mais Tobie des marais est un roman humaniste où l'écrivain s'attache à l'être et à ses douleurs, à ses parts d'ombre.

Le roman relate un drame hors du commun.
« Comme si le soleil avait été précipité à terre par la violence de l’orage ", roule une boule d’or. Sous l'orage, c’est un petit garçon, Tobie, qui file sur son tricycle. Il "va au diable", chassé par son père fou de douleur.
« Le père, pendant ce temps courait à travers champs, arpentait les chemins et fouillait les fossés, les buissons. Il ne prenait garde ni aux ronces ni aux fils barbelés qui déchiraient sa veste et lui griffaient les mains.
».
Théodore, cherche désespérément la tête de sa femme Anna. Elle l’a perdue (littéralement) lors d'un accident d'équitation.

Autour de Tobie gravitent malheurs et décès.
Mais pour veiller sur lui, il y aura Déborah son arrière-grand-mère : celle qui "avait toujours tenu lieu de mémoire auprès des siens, vivants et défunts.." dont le "séjour sur la terre semblait n'avoir ni commencement ni fin.".
Déborah, une femme qui, jeune fille, a fui la misère de Pologne, s’est installée dans les marais de Vendée après avoir été refusée, à Long Island, par la dure Amérique. Déborah, la Juive, un siècle entier de malheurs, de morts prématurées, de guerres et d'holocauste.

Pour veiller sur Tobie, il y a aussi Raphaël , énigmatique. Un ange qui guide Tobie vers la fin de la douleur et de la malédiction qui empoisonne sa famille. Il lui apprendra l’amitié et l’amènera à découvrir
l’amour auprès de Sarra, jeune fille belle en diable mais dont la beauté agit tel un sort mortel auprès de tout homme s’approchant d'elle.

« Tobie des Marais » est un mélange de concret et de sacré, une histoire qui se lit comme un conte. Violente, mais où la violence, si elle n’en est pas atténuée, est enrobée de douceur et de poésie. C’est un cauchemar fantastique.[i]


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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 4 Fév 2007 - 13:07

La pleurante des rues de Prague

Extrait:

" Nous sommes faits de la chair des autres. Il y a ces deux corps qui nous précédèrent comme de toute éternité, qui nous ont engendré, - ceux des parents. Il y a ceux qui grandirent à nos côtés, nés des mêmes parents, porteurs d'une même mémoire enfouie, obscure, dans la chair et le sang,
- ceux de la fratrie. Il y a ceux qui s'engendrent à leur tour de notre propre chair, ces corps enfants qu'il faut longtemps veiller, nourrir et protéger pour les laisser mûrir et croître jusqu'à ce qu'ils se détachent de nous et s'en aillent d'une démarche ferme au-delà des frontières que nous avions tracées. Tous nous demeurent consubstantiels.

Et il y a cet être qui surgit soudain, venu d'ailleurs, qui se détache un jour de la foule et vient à notre rencontre, s'approche tout près de nous. Qui s'approche si près que son souffle se mêle au nôtre, que son visage se glisse en nous. C'est l'amant, c'est l'amante, qui se fait notre corps compagnon. Notre corps second. Et qui, bien qu'étranger, parce qu'étranger, nous devient aussi consubstantiel, par les voies du désir qui coupent à l'oblique celles de la filiation.

Pour l'avoir contemplé, enlacé, caressé, pour avoir dormi tout contre lui, dans sa chaleur et son odeur, pour l'avoir désiré d'un désir encore accru au comble même de son assouvissement, on le connaît, cet autre, comme nul ne le connaît, - comme nul autre ne peut ni ne doit le connaître.

Il est sacré, le corps de l'amant, de l'amante, il est pur, jusque dans les fougues et les râles du désir s'accomplissant. Il est notre secret, notre orgueil et notre bonheur. Bonheur fertile qui féconde tous nos autres instants de bonheur, tous nos autres élans vers le monde, vers les choses et les êtres. Il est la stèle dressée tout le long du chemin, à chaque carrefour ; la stèle dont le texte se renouvelle sans cesse et dont on ne se lasse pas de recommencer la lecture, avec les doigts, avec les lèvres, autant qu'avec les yeux.

On le croyait nôtre, inséparable, d'une indéfectible complicité, ce corps second. On se leurrait. Le voilà qui s'en va, nous renie, nous oublie. Et la douleur pénètre dans chaque pore de la peau, elle s'insinue partout, et la raison, que l'on tâche pourtant d'endurcir, éclate, s'effrite. La raison ne veut plus rien entendre, c'est l'épouvante. On se heurte à l'absence de l'autre, on ne sait plus où aller, où se cacher, où fuir. On s'humilie, on se surprend à épier, éperdument, sa silhouette dans la rue, dans la foule, à sursauter au moindre bruit, comme s'il s'en revenait ; tous les pas sont ses pas. Mais lui, elle, marche ailleurs, si loin de nous, indifférent. On l'accuse, le maudit, l'injurie, mais le pardon déjà se trame au fond de nous. On voudrait mourir, mais on perdure, tendu dans le désir fou de le revoir. Encore une fois, juste une fois, rien qu'une fois. On le hait, mais on l'appelle avec l'immense patience, et douleur et amour des prophètes rappelant leur peuple frivole à la fidélité. On se moque, on médit de l'infidèle, - on blasphème, mais un mendiant recroquevillé au fond de nous lui tend la main, l'implore.

Et l'on s'envole, à cheval sur son nom ; on dérive vers les cimes glacées du silence où se gèlent nos larmes, nos appels. On tremble, on est si nu, on a si froid. On supplie l'autre de venir vêtir notre nudité de son corps. On est si nu, que l'on est écorché, à moitié dépeaussé. On est nu jusqu'au coeur. Et l'on se sent petit, infiniment, laid, tout ratatiné de chagrin et de froid, indésirable à soi-même, à tous, de n'être plus désiré par l'autre.

L'autre qui jamais ne reviendra
. "
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 4 Fév 2007 - 13:09

La pleurante des rues de Prague

Mais qui est donc cette Pleurante mystérieuse apparue douze fois aux yeux de la narratrice dans les rues de Prague ?

Une géante, aux contours incertains, aux longs vêtements amples, presque des haillons, qui marche en boitant et en pleurant, en gémissant. Un "pleurement très bas, un sanglot retenu d'une infinie douceur. Il semblait que quelque chose pleurât en elle, et non pas qu'elle même versa des larmes."
Une géante qui pourrait terrifier mais qui est entourée d’un halo de douceur et de paix.

A chacune de ses apparitions, elle fait vivre ou revivre la mémoire d’une personne marquée par la souffrance. C’est le père de la narratrice qui est malade, la femme délaissée, l’écrivain fusillé, le déporté, le petit garçon de Terezin qui écrivit ce poème…

"Le jardinet
Empli de roses, embaume,
Le sentier est étroit,
Un petit garçon s’y promène le long.

Le tout petit garçon, mignon
Comme un bouton en train d’éclore.
Quand le bouton sera éclos
Le garçonnet déjà ne sera plus."

Douze apparitions … Douze: un chiffre magique!…
Devenue invisible, on sait qu’elle vivra pour toujours dans les rues et les murs de Prague…Des rues chargées d’Histoire. Elle claudique car elle porte tout le poids de l'Histoire. Elle continuera à porter les tristesses, les pleurs, les douleurs des anonymes, morts ou vivants. Elle continuera à lutter contre l'oubli et l'abandon .

J’ai trouvé ce livre très émouvant et magnifique mais j’ai bien conscience qu’il peut déplaire ou déranger.
C’est Prague où elle a vécu un temps qui a inspiré ce livre à Sylvie Germain. C’est là qu’elle l’a écrit. C’est là qu’est né ce personnage fantomatique dans les rues grises et noyées dans la brume de cette ville magnifique.
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 4 Fév 2007 - 13:10

La pleurante des rues de Prague

Extrait:

"Elle est née de la pierre et du bois, du métal et de l'eau, et du corps innombrable des habitants de la ville. Elle est née chaque jour à travers l'épaisseur des siècles et la chair de l'Histoire. ...Elle est la mémoire de la ville , la mémoire côté ombre, celle des pauvres et des petits, de ceux et celles dont l'Histoire ne retient pas les noms et oublie les souffrances. Elle est la mémoire dénuée de toute gloire, celle qu'on écrit pas, qu'on illustre ni ne chante ni ne dore à l'or des mythes et des légendes. Elle est la mémoire en guenilles, au ventre ceux, aux yeux cernés, mais au regard émerveillant de tendresse et d'humilité. Elle est la mémoire mendiante, la mémoire souffrante, mais qui jamais ne renonce , ne trahit son passé, n'abandonne son peuple. Elle est la mémoire qui marche, qui marche, glanant et ramassant tous les déchets jetés par la mémoire belle , sélective et hautaine. Elle recueille les vies infimes, les destins minuscules des gens de rien"
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 4 Fév 2007 - 13:14

Magnus

Franz-Georg, le héros de Magnus, est né avant la guerre en Allemagne. De son enfance, "il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi vide qu'au jour de sa naissance". Il lui faut tout réapprendre, où plutôt déapprendre ce passé qu'on lui a inventé et dont le seul témoin est un ours en peluche à l'oreille roussie : Magnus.

Des allées et venues entre passé et présent...
Il avance peu à peu dans sa quête d'identité qui ne peut pas aller très vite, et je l'ai suivi avec intérêt...
Le passé se rappelle sans cesse au présent...Il en est toujours ainsi quand on veut avancer, travailler sur soi-même...

L'écriture de Sylvie Germain est délicieuse à lire et les textes qu'elle ajoute à son récit m'ont plu...

L'ermite aux abeilles met ,à mon avis, une fin poétique et heureuse à la douloureuse quête de Magnus. Elle me séduit ...et je pense qu'elle soulage le lecteur comme elle a pu soulager Magnus. Mais il est vrai que j'ai l'imagination très fertile! ... et que je me laisse facilement "embarquer" par le merveilleux...
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Sophie
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 22 Juil 2007 - 5:35

Je viens de lire Magnus, enfin il y a moins d'un mois et, contrairement à toi Coline, je n'ai aps du tout aimé.
Pourtant, moi aussi, j'ai l'imagination fertile mais là, la magie n'a pas opéré.

Les textes et poèmes qu'elle a ajoutés m'ont le plus souvent barbée et ne m'ont rien apportée (sauf les biographies à condition qu'elles soient succinctes des personnages); j'ai trouvé le style prétentieux et froid ne donnant aucune émotion au lecteur, en tout cas à la lectrice que je suis.

Mais beaucoup de lecteurs ont, comme toi, été enchantés par ce roman.
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Fantaisie héroïque
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 22 Juil 2007 - 9:00

J'ai prévu de lire Le livre des Nuits.
Quelqu'un l'a lu ?
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 22 Juil 2007 - 13:32

Fantaisie héroïque a écrit:
J'ai prévu de lire Le livre des Nuits.
Quelqu'un l'a lu ?

Il m'attend (ainsi que Jours de colère)...pour bientôt justement...mais je ne l'ai pas encore lu...:)
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 22 Juil 2007 - 13:37

Sophie a écrit:
Je viens de lire Magnus, enfin il y a moins d'un mois et, contrairement à toi Coline, je n'ai aps du tout aimé.

Mais beaucoup de lecteurs ont, comme toi, été enchantés par ce roman.

Je crois justement que Sylvie Germain n'est pas un auteur consensuel...Certains aiment beaucoup ses écrits (comme moi) mais...d'autres ne supportent pas...
A découvrir donc pour se faire une idée...:)
Magnus n'est pas mon préféré...
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 22 Juil 2007 - 19:09

Sophie a écrit:
j'ai trouvé le style prétentieux et froid ne donnant aucune émotion au lecteur, en tout cas à la lectrice que je suis.

Je comprends ce que veut dire Sophie. En même temps c'est vrai qu'elle ne laisse pas indifférent...
Elle possède une très belle écriture, on ne peut le nier. Elle nous entraîne dans son univers romanesque et on se laisse emporter...drunken
Mais personnellement ,ses romans ne m'émeuvent pas vraiment non plus. Même si je suis séduite par la beauté des sentiment, il manque quelque chose...
Pour Magnus,j'avais trouvé l'histoire très prenante au début: son enfance, le poids du secret, ses errances, la quête du héros et ses réponses délivrées pas à pas... On suit tout celà avec respect mais toujours dans la distance, comme le dit Sophie.
Le mystère est préservé, mais au détriment des émotions, le plus souvent étouffées (surtout lors de l'accident de la femme aimée) La chute est très belle et poétique, mais on peut en être désorienté car elle nous laisse dans le flou (est-ce une renaissance, un nouveau départ, ou une mort intérieure et une nouvelle vie d'ermite?)
Bref, j'étais restée un peu sur ma faim, à la fin ...Rolling Eyes
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Marie
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 23 Sep 2007 - 2:38

Je viens de terminer Magnus , et j'ai beaucoup aimé cette histoire de quête d'identité au sens propre, puisqu'il s'agit d'un être qui ne sait même pas son nom, ne connait pas ses origines, hormis le fait que sa vie a basculé au cours de l'opération Gomorrhe, déluge de feu sur Hambourg.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Gomorrah

Hambourg, instant néant.
Abraham jeta son regard sur Sodome, sur Gomorrhe et sur toute la Plaine, et voici qu'il vit monter du pays comme la fumée d'une fournaise.
L'enfant n'est pas Abraham, juste un tout petit garçon qui serre très fort son ours en peluche contre sa poitrine, et son regard se brise. Il meurt tout vif, là, face à la fournaise, il meurt à sa mémoire, à sa langue, à son nom...


Et j'ai trouvé cette fin très belle et poétique, c'est la fin de l'errance, il a trouvé..
Pour tout livre, il emmène celui qui s'est ouvert en lui dans un souffle de hautbois, et qui n'en finit plus de bruire dans son esprit, dans sa poitrine, dans sa bouche. Les pages du livre frémissent entre ses mains, s'éffeuillent sous ses pieds.
S'en aller, chante tout bas les livres des merveilles et de l'insoupçonné, s'en aller.
S'en aller.


Magnus ne fuit plus, il part..
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 23 Sep 2007 - 21:49

Marie...enfin...toi Marie (puisque tu viens juste de lire et apprécier Magnus) mais les autres aussi...je vous invite à lire La pleurante des rues de Prague...
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mimi
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 7 Avr 2008 - 0:54

Je rajoute une bibliographie de l'auteur :



Le Livre des nuits (Gallimard, 1984)
Nuit d'Ambre (Gallimard, 1986)
Opéra muet (Maren Sell, 1989)
Jours de colère (Gallimard, 1989), prix Femina 1989
La Pleurante des rues de Prague (Gallimard, 1991)
L'Enfant Méduse (Gallimard, 1992)
Vermeer- Patience et Songe de lumière (Flohic, 1993)
Immensités (Gallimard, 1993)
Éclats de sel (Gallimard, 1996)
Les Échos du silence (Desclée de Brouwer,1996), , Prix de littérature religieuse 1997
Céphalophores (Gallimard, 1997)
Tobie des marais (Gallimard, 1998)
Bohuslav Reynek à Petrkov (Christian Pirot, 1998)
L'Encre du poulpe (Gallimard Jeunesse, 1999)
Etty Hillesum (Pygmalion Gérard Watelet, 1999)
Cracovie à vol d'oiseaux (du Rocher, 2000)
Mourir un peu (Desclée de Brouwer, 2000)
Grande Nuit de Toussaint (Le temps qu'il fait, 2000)
Célébration de la paternité (Albin Michel, 2001)
Le vent ne peut être mis en cage (Alice, 2002)
Chanson des mal-aimants (Gallimard, 2002)
Couleurs de l’invisible (Al Manar, 2002)
Songes du temps (Desclée de Brouwer, 2003)
Les Personnages (Gallimard, 2004)
Ateliers de lumière (Desclée de Brouwer, 2004)
Magnus (Albin Michel, 2005) Prix Goncourt des lycéens 2005.

Chanson des mal-aimants

Pour l'anecdote, le titre vient de la Chanson du mal aimé d'Apolinaire dont il dira plus tard : Qui n'est pas mal-aimé ? Je me dis qu'il faut autant de mal aimants." ...

Résumé du livre (recopiage du 4ème de couverture)

La narratrice, abandonnée à sa naissance à la porte d'un couvent, vagabondera au fil des ans d'une place à l'autre, à travers la France. C'est comme si elle n'avait pas de vie propre, mais elle participe intensément à celle des autres et aux drames dont elle est le témoin, sondant toujours plus profondément les mystères du coeur et du corps humains en lesquels rôde si souvent la folie. Elle grandit dans les Pyrénées, parmi des enfants qui attendent en vain le retour de leurs parents chassés par la guerre, puis dans une auberge où l'on pratique un culte truculent de l'ours, ensuite dans un manoir où pèse un secret en forme de cruelle mascarade. Devenue adulte, elle est servante dans divers hôtels, dans un bordel champêtre, dans un bistrot de gare, puis à Paris où elle côtoie des gens insolites, parfois inquiétants, et où elle finit chanteuse de rue avant de revenir dans les Pyrénées. Dans la splendide sauvagerie des montagnes et dans celle, bien plus féroce, de la ville, elle ne cessera de creuser et de fortifier sa solitude, ainsi que son don de compassion.


****
Pour ce qui est de mes impressions personnelles, elles sont excellentes mais difficiles à exprimer. L'écriture tout d'abord est prenante, enlevée, vive et assez souvent poétique . Le style est à la fois simple (mais mon dico m'a manqué parfois), lyrique c'est-à-dire que le personnage traverse divers états. Il observe, décrit, décrypte, ratiotine pas mal et a des élans mystiques (visions dont je crains assez d'ailleurs les descriptions, les longueurs).

Hum en lisant ce que vous avez écrit sur Magnus, je constate une similitude entre les personnages car Laudes est aussi en mal et recherche d'identité. Thème réccurent chez l'auteur ?

Par contre, Aériale dit : ""On suit tout celà avec respect mais toujours dans la distance, comme le dit Sophie. Le mystère est préservé, mais au détriment des émotions, le plus souvent étouffées..." C'est vrai sans doute mais je trouve, en ce qui me concerne, que la distance est bonne. Au-delà, elle me dérange parfois (Lambeaux de Juliet) et me laisse un sentiment de voyeurisme et de malaise (je sais, c'est bête !!)

Je vous recopierai quelques passages que j'ai aimés quand je les aurai retrouvés (la prochaine fois, faites moi penser à coller des post-its sur les pages !!)

.
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 7 Avr 2008 - 1:46

Nous avons rencontré l'an dernier, à la librairie de mon amie Laurence, un professeur anglais de Littérature française qui avait publié sur Perec, Tournier et...Sylvie Germain! content

Son oeuvre, en France et à l'étranger, est le sujet de nombreux travaux.


Dernière édition par coline le Ven 11 Sep 2009 - 23:03, édité 2 fois
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bertrand-môgendre
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Mer 9 Avr 2008 - 16:44

Magnus de Sylvie Germain

Mon commentaire : un doudou rèche

Recluse dans un mutisme dénué de sens, la mémoire d’un ours peluche s’effiloche à chaque interrogation de l’enfant inquiet après la débacle de l’armée germanique.
Plus tard devenu orphelin, élevé par son oncle, le jeune homme apprend sa vie, goûte la saveur arrière de ses fantômes intimes.

A travers une quête improbable de racines meurtries, la vie de l’homme mur, ballotte d’un pays à l’autre, construisant son personnage telle une ombre grandissante qui aurait du mal à trouver la lumière.

Une histoire peu banale, cahotante, comme le récit, entrecoupée de quelques morceaux de poésie bien choisis.
Agréable à lire, ce roman soulevant le voile d’un drame, reste une belle manière d’aborder des sujets profonds sans jamais s’y impliquer corps et âme.
Madame Germain, aurait peut-être du arrêter l’errance du personnage en Autriche…(bertrand-môgendre)
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Sylvie Germain
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