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 LC Moyen Age

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colimasson
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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Dim 22 Fév 2015 - 19:05

Le Roman d’Enéas (vers 1160)




Enée revit : la littérature prouve une fois encore qu’elle se situe dans un espace-temps qui n’est ni strictement celui de la réalité, ni strictement celui du mythe. Enée se promène allègrement de l’Enéide au Roman d’Enéas sans qu’il soit possible de dire quelle version nous le présente plus immaculé. Il est clair en tout cas qu’à travers le cheminement d’Enée se déroule une initiation fondamentale déclinable sous la forme du singulier.


Dans l’Enéide il existait déjà une ascendance peuplée de dieux et d’individus surnaturels –au-delà de la nature humaine- qui renvoyait la quête décrite par Virgile à un autre temps et à d’autres lieux. Cette généalogie est moins explicite dans le Roman d’Enéas parce qu’elle tient sans doute au processus même de la réécriture. En quel sens le roman antique médiéval est-il le roman de l’émerveillement ? Il l’est dans ses références constantes au modèle, qu’il accommode à ses références contemporaines pour les projeter dans le rêve d’un accomplissement eschatologique.


De lecture beaucoup plus simple que l’Enéide, le Roman d’Enéas peut servir d’introduction au cheminement d’Enée et permettra de comprendre aisément les étapes d’une quête qui n’est pas de tout repos là où Virgile nous perdait parfois par la profusion des noms et des références. Mais lire le Roman d’Enéas sans avoir lu l’Enéide, c’est aussi prendre le risque de réduire ce roman à un amusement littéraire qui ne serait rien de plus que le témoignage de l’enfance de notre littérature. Car on rit beaucoup en lisant cette version médiévale parfois sanglante, souvent tapageuse, déployant sans pudeur son émotion, mais si on ne se limitait qu’à cette constatation, on raterait les feuilletages plus subtils qui se constituent en référence puis détournement de l’original. Au-delà des siècles, si peu semble finalement avoir changé, et pourtant le mystère demeure : c’est le lien indéfectible entre les hommes.




Une des innovations principales de cette adaptation médiévale est l'introduction de la thématique amoureuse. Aimé Petit en parle en ces termes :

Citation :
« L’Enéas amoureux représente bel et bien une invention médiévale : l’on assiste à la métamorphose d’Enée, puisque le héros découvre les surprises et les tourments de l’amour ovidien avec Lavine. »


Les personnages féminins sont plus subtilement décrits et le sentiment amoureux est soumis à de nombreuses déclinaisons. Trois mouvements principaux peuvent être dégagés autour des déesses Junon, Pallas et Vénus. Les déesses grecques ne renvoient plus à la généalogie triomphante mais illustrent la courtoisie.

Un autre pas décisif est franchi avec la présence de monologues dialogués qui laissent présager des futures introspections psychologiques du roman moderne...


Citation :
« Puisqu’il ne me donnera plus de bonheur,
Pourquoi vint-il ici, pourquoi l’avoir connu ?
Pourquoi vint-il sur ce rivage ?
Pourquoi l’avoir accueilli à Carthage ?
Pourquoi a-t-il couché avec moi ?
Pourquoi avoir violé la promesse
Faite à mon époux ?
Pourquoi Amour m’a-t-il ainsi vaincue ? »


L'ambiance est travaillée. Qu'est-ce qui relève du lieu commun, qu'est-ce qui relève de l'imagination ? Difficile à dire mais il se dessine un paysage fantastique à la fois étrange et bien connu (un genre d'inquiétante étrangeté ?)

Citation :
« La fosse n’était qu’affreuses ténèbres,
Un fétide abîme d’horreur,
Rien qui a senti cette puanteur
Ne vivra ensuite une heure.
Quand les oiseaux la survolent
Dès qu’ils respirent cette terrible infection,
Ils s’abattent très vite, morts :
C’est ce que disent les gens du pays.
Là se trouve l’entrée des Enfers,
Nuit et jour les arrivants affluent,
Mais pour en revenir, aucune précipitation ;
Dès que l’âme se sépare du corps,
Aussitôt qu’elle en est sortie,
Elle doit aussitôt se rendre là
Et passer par cette fosse. »

Citation :
« Là se dressait un arbre branchu
Très ancien, laid et moussu ;
A ses feuilles étaient suspendus songes,
Fraudes et mensonges ;
Le jour, ils se trouvent dans les Enfers,
Mais la nuit ils volent sur terre. »


Effronterie et tapages ! Lors d'un combat, Tarchon s'adresse ainsi à Camille, dont l'ardeur au combat n'a d'égale que la fière virginité :

Citation :
« Je vous vois abattre nos chevaliers :
Une femme ne doit pas combattre
Sinon la nuit, en position couchée,
Alors elle peut venir à bout d’un homme ;
Mais jamais un preux portant l’écu
Ne sera vaincu par une femme.
Renoncez à ces prétentions démesurées,
Jetez l’écu, la lance
Et le haubert qui vous fait trop de mal ;
Ne faites pas étalage de votre vaillance.
Ce n’est pas là votre fonction,
C’est de bien filer, coudre ou couper ;
Dans une belle chambre, sous les rideaux,
Il fait bon être aux prises avec une fille comme vous.
Etes-vous venue ici pour vous exhiber ?
Je ne veux pas vous acheter.
Pourtant, je vous vois blanche et blonde :
J’ai ici quatre deniers de Troie,
Monnaie de valeur, tous d’or fin ;
Je vous les donnerai pour prendre
Un moment de plaisir avec vous ;
Je ne serai pas très jaloux :
Je vous livrerai aux écuyers.
Je veux vous faire bien gagner mes deniers :
Si j’y perds, je ne m’en plains pas,
Vous y aurez double profit :
D’une part en ayant mon or,
D’autre part en prenant votre plaisir ;
Mais cela ne vous suffirait pas,
Je pense, même s’ils étaient cent ;
Vous pourriez être épuisée,
Mais vous ne seriez pas satisfaite.»


Et lorsque Lavinia se met à douter de l'amour d'Enéas, elle n'y va pas de main morte non plus :

Citation :
« Ce misérable [Enéas] est d’une nature telle
Qu’il ne se soucie guère des femmes.
Il apprécie davantage l’amour des garçons,
Il ne veut pas chasser la biche ;
Il raffole de la chair de mâle ;
Il aimera mieux étreindre son giton
Que toi ou n’importe quelle autre.
Il ignore la chasse à la femelle,
Il ne passera pas par le petit trou,
Il adore les tripes de jeune homme.
[…]
Jamais il n’a fait de bien à une femme,
Et il ne t’en fera pas, je pense,
Ce traître, ce sodomite.
Il renoncerait toujours à te posséder
S’il avait un mignon ;
[…]
Le giton prendrait avec toi son plaisir
Puisqu’il se prêterait à celui d’Enéas :
Ce dernier le laissera bien te grimper dessus
S’il peut ensuite le mettre sous lui :
Il n’aime pas la peau de con. »


« Cuidoit que homme mortel soit,
Mais ce estoit le dieu d’amor
Qui moult l’a misse en grant freour.
Quant el le baisse estroitement,
De la flambe d’amor l’esprent ;
Il li transperce le corraige,
Par la bouche li met la raige. »


*Mariage d'Énée et Lavinia

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colimasson
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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Dim 22 Fév 2015 - 19:28

Le Conte du Graal (1180 environ) de Chrétien de Troyes




La lecture du Conte du Graal demande au lecteur de réaliser une initiation similaire à celle que devra suivre l’un de ses protagonistes, le célèbre Perceval, au cours de ses aventures.


Alors que Perceval découvre avec étonnement le monde de la chevalerie, ses apparats clinquants, ses rituels fascinants et son prestige, le lecteur découvre les règles de narration d’une littérature qui semble à la fois dépouillée –lorsqu’on la compare aux investigations intérieures des productions plus récentes-, mais aussi étrangement peuplée de figures qui ne veulent pas se laisser saisir entièrement.  


Plus tard, lorsque Perceval s’initie aux règles de la courtoisie et comprend l’importance du renoncement à ses instincts primaires, le lecteur commence à comprendre les sinuosités d’une aventure beaucoup moins linéaire que prévu. Puisqu’on se réfère toujours à ce que l’on connaît, les histoires plus récentes n’ont rien à envier à la richesse dramatique des étapes parcourues par ce personnage qui apprend vite de ses aventures et se métamorphose au fil des pages.


Perceval trouvera sa pleine maturité s’il parvient à l’existence spirituelle que lui révèle l’Ermite, mais il ne suffit pas d’une indication ni d’un signe envoyé de l’au-delà pour accomplir sa destinée. D’ailleurs, Perceval ne s’était-il pas déjà vu tendre une perche divine en assistant au spectacle de la cérémonie du Graal dans le château du Roi Pêcheur ? Mais il n’avait pas osé demander au roi à quoi servait ce Graal car les bonnes manières qu’on venait de lui enseigner lui avaient recommandé la prudence et la modération dans les paroles. Perceval n’était pas assez mûr pour distinguer le terrestre du céleste –peut-être même n’envisageait-il même pas encore la possibilité de matérialisation sur terre de signes révélant la présence d’un plan d’existence supérieure. Et pendant ce temps-là, la lecture déborde les dimensions des pages de toutes les histoires, légendes, mythes et fantasmes implicitement portés par les aventures vécues par Perceval.


Cependant, si Perceval occupe le devant de la scène, il ne faudrait pas oublier pour autant de citer le chevalier Gauvain qui se présente en cours d’histoire comme compagnon d’armes suivant son destin propre, engagé lui aussi dans la quête d’aventures, complémentaire de Perceval qu’il compense par sa courtoisie innée et par ses tentations plus sophistiquées. Le Conte du Graal évoque leurs progressions parallèles qui se recoupent souvent et qui se répondent aussi dans l’éloignement lorsque les enchantements des forêts, des châteaux et des rivières traversés constituent les étapes décisives d’une évolution qui se décline sur les modes principaux de la chevalerie, de la courtoisie et de la spiritualité.


Chrétien de Troyes se pose comme romancier à cette époque charnière où le texte produit n’est pas encore la manifestation de la singularité d’un écrivain mais où se dégagent déjà quelques nouveautés d’expression qui influenceront le reste de la production écrite. Il semble ainsi vouloir engager ponctuellement un dialogue intime avec son lecteur mais sans le manifester explicitement. Le vague, la teinte du demi-mot, le goût pour ce qui est seulement suggéré et laissé au libre décryptage d’un signe se fondent pour créer une ambiance de merveilleux diffus d’où surgissent parfois, plus magistrales, quelques merveilles explicites qui s’imposent comme des interrogations émotionnelles. Elles ne laissent pas indifférents et inquiètent très souvent. Elles font littéralement vibrer et impliquent le lecteur dans la résolution d’une énigme qui devrait le rassurer, le faire rire ou l’enfoncer dans une terreur encore plus sombre.


Avec le Conte du Graal, on flotte dans un entre-deux mondes étrange, grave ou enfantin, drôle ou sinistre.  C’est une expérience de lecture déroutante qui s’achève abruptement pour mieux se poursuivre peut-être sur les traces du mystérieux Graal…




Perceval quitte sa mère pour rejoindre la chevalerie :

Citation :
« C’est le départ. Sa mère, qui l’aimait,
En pleurant lui donne un baiser,
Et elle prie Dieu de lui servir de guide.
« Mon fils aimé, dit-elle, que Dieu vous conduise !
Et qu’il vous donne, où que vous alliez,
Plus de joie qu’il ne m’en reste ! »
Une fois qu’il se fut éloigné
A distance de jet d’une petite pierre,
Le jeune homme se retourne et voit sa mère
Tombée, derrière lui, au bout du pont-levis,
Gisant là, évanouie,
Comme si elle était tombée morte.
Lui, d’un coup de baguette, cingle
La croupe de son cheval,
Qui s’en va d’un bond
Et l’emporte à vive allure
A travers la grande forêt obscure. »


Entre badineries et cruautés, grotesque et étrange...

Citation :
Après avoir frappé la jeune fille,
[Keu] trouva, en revenant, un fou
Qui se tenait debout près d’une cheminée.
De colère et de dépit, d’un coup de pied
Il le lança dans le feu qui brûlait bien,
Simplement parce que ce fou avait coutume de dire :
« Cette jeune fille ne rira
Que le jour où elle verra
Celui dont la gloire chevaleresque
Sera sur toutes les autres souveraine. »


... et sans aucune pudibonderie morale :

Citation :
Le jeune homme s’est pris de colère
A sentir la blessure
Du coup qu’il a reçu.
Il le vise à l’œil, du mieux qu’il peut,
Et laisse partir son javelot.
Avant qu’il y prenne garde ou qu’il ait rien vu ou entendu,
Le coup a traversé l’œil et atteint le cerveau.
Le sang et la cervelle
Jaillissent par la nuque.


La procession du Graal :

Citation :
Les jeunes gens porteurs des candélabres
Etaient d’une grande beauté.
Sur chaque candélabre brûlaient dix chandelles pour le moins.
D’un graal tenu à deux mains
Etait porteuse une demoiselle,
Qui s’avançait avec les jeunes gens,
Belle, gracieuse, élégamment parée.
[…]
Le jeune homme les vit passer
Et il n’osa pas demander
Qui l’on servait de ce graal,
Car il avait toujours au cœur
La parole du sage gentilhomme.
J’ai bien peur que le mal ne soit fait,
Car j’ai entendu dire
Qu’on peut aussi bien trop se taire
Que trop parler à l’occasion.


S'annonce ici ce qui constituera la matière des continuations, la Quête du Saint Graal en tête :

Citation :
Tels sont les gens qui vont et viennent dans le palais.
Ils sont remplis d’une folle attente,
Qui ne pourrait se réaliser,
Car ils attendent qu’en ces lieux vienne
Un chevalier qui les prenne sous sa garde,
Qui rende aux dames leurs domaines,
Donne aux jeunes filles des maris
Et fasse chevaliers les jeunes nobles.
Mais la mer sera toute devenue de glace,
Avant que l’on trouve un chevalier
Capable de demeurer dans ce lieu,
Car il le faudrait à la perfection
Sage et généreux, sans convoitise,
Beau et hardi, noble et loyal,
Sans bassesse ni aucun vice.


*La procession du Graal

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Sullien
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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Dim 22 Fév 2015 - 19:40

Superbe commentaire, très fouillé comme toujours, sur une oeuvre qui restera toujours pour moi un mystère...
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Arabella
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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Dim 22 Fév 2015 - 22:23

Commet toujours Coli, un commentaire fouillé qui donne des idées.


colimasson a écrit:

Chrétien de Troyes se pose comme romancier à cette époque charnière où le texte produit n’est pas encore la manifestation de la singularité d’un écrivain

Je ne suis pas sûre d'avoir compris, s'il s'agit de thèmes abordés, Chrétien de Troyes ne les a certes pas inventés, même si ce n'était pas aussi figé que parfois on l'imagine, et les auteurs, modifiaient le mythe, qui s'et mis en place progressivement, et Chrétien y a sa part. C'est dans un cadre, mais à toutes les époques c'est plus ou moins le cas, simplement je pense que l'on voit moins les cadres de son époque, parce que soi-même on y échappe pas.

Ensuite, je pense que la singularité d'un écrivain se manifeste surtout par l'écriture, et là Chrétien est éclatant, aucun des romans du Moyen-Age que j'ai lu ne ressemble à cette écriture-là, incandescente et inspirée. C'est pour moi un véritable magicien du verbe. Aucun autre ne n'égale et il est reconnaissable avec évidence. La singularité est là. Enfin pour moi.

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colimasson
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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Lun 23 Fév 2015 - 21:23

Non, je ne parle pas des thèmes (on ne va bien sûr pas demander à un type du 12e siècle de nous parler de fibre optique et de gaz de schiste) mais de la manière même de traiter ces thèmes. Des procédés littéraires, en gros... Où on voit qu'une certaine forme de jeu avec le langage se met en place de manière toute personnelle.

Et on passe justement d'une tradition essentiellement orale à la possibilité de se donner comme l'auteur d'un texte. J'imagine ce que ce rôle de créateur peut avoir de jouissif, et comment cela imprègne le texte. Mais presque un millénaire nous sépare de ces romans médiévaux... est-ce que nous ne fantasmons pas un peu trop sur leur condition d'écriture ?

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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Lun 23 Fév 2015 - 21:35

Les procédés littéraires sont forcément typique d'une époque, on ne peut pas complètement y échapper, et là pareillement à toutes les époques. Combien de fois on peut s'agacer dans un roman contemporain par des choses tellement lues ailleurs. Même si le Moyen Age ne valorise pas tellement l'originalité à tout prix d'un écrivain, que ce n'est pas une valeur importante de l'artiste, comme cela l'est devenu bien plus tard.

Mais on peut innover et faire évoluer les procédés littéraires, ce qui la marque d'un créateur : par exemple le procédé d'entrelacer deux récits (Perceval et Gauvain) d'après ce que j'ai lu, était une innovation de Chrétien, beaucoup reprise par la suite.

Fantasmer sur le texte, forcément et heureusement. Et tellement de données nous manquent sur l'époque, et sur l'auteur que c'est sans doute plus tentant qu'ailleurs.

Mais au final, pour ma part, ce qui prime c'est l'enchantement de ce texte. Le reste est secondaire. Et qu'un texte enchante ainsi, après tous ces siècles, est pour moi la marque d'un vrai artiste de génie.

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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Mer 25 Fév 2015 - 21:11

Et l'enthousiasme qui a suscité les poursuites est aussi très révélateur du talent. Chrétien de Troyes sait parler aux foules, aussi bien immédiates que futures... Ce qu'il me reste de cette lecture après coup, c'est vraiment l'impression d'inquiétante étrangeté...

Me semble aussi que je suis particulièrement sensible à la musicalité de ces textes, une musicalité surtout rythmique et martiale qui se manifeste par la répétition et le retour régulier de motifs pulsatiles.

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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Jeu 12 Mar 2015 - 21:41

Le Roman d’Alexandre (1180 environ) d’Alexandre de Paris




Soyons honnêtes : Le Roman d’Alexandre ne procurera pas l’extase littéraire du premier au dernier vers mais ses autres mérites sont nombreux et compensent largement la monotonie que provoque parfois la répétition, ce procédé d’écriture typiquement médiéval qui répond certainement à une sensibilité et à une réceptivité orale qui ne correspond plus à nos pratiques littéraires.


Au niveau historique tout d’abord, ce Roman d’Alexandre résulte d’une tradition littéraire ancienne qui remonte aux historiens grecs Plutarque, Diodore de Sicile ou Quinte-Curce, et qui a constitué une base où le réalisme fréquentait souvent l’exagération surnaturelle, faisant du roi macédonien le fils d’un dieu ou d’un enchanteur égyptien, auteur d’exploits merveilleux qui défient souvent les lois de la physique et de la biologie. En langue latine, les biographies d’Alexandre sont représentées par Julius Valerius, qui livra une imitation libre, et par Léon de Naples. Les versions suivantes utiliseront ensuite la langue vernaculaire et sont d’abord constituées par Albéric de Pisançon vers 1120, puis par un auteur anonyme vers 1150, et enfin par Alexandre de Paris vers 1180. Cette dernière version fut celle qui connut le plus de succès et sur laquelle se constituèrent de nombreuses autres continuations. Elle se définit aussi comme une œuvre originale. Alexandre de Paris revendique en effet son travail d’arrangeur et de poète, rassemblant les sources précédentes et les liant par la grâce de rimes exactes et harmonieuses. La lecture de ce roman pose donc sans cesse la question de la véracité et de la légende. Que possède de plus la légende qui exalte le sens par rapport à un témoignage strict et correct des sources historiques ? Le rêve que diffuse le Roman d’Alexandre est contenu entre les lignes. Le décalage qui s’instaure dans le récit entre forme simple et fond incroyable déploie l’imagination à la recherche de références, de connexions et de signifiants qui se révèlent dans un horizon d’infini. S’il est vrai qu’un texte est riche des réminiscences qu’il suscite, alors celui-ci révèle un pactole indéniable. Nous tournant de l’autre côté de l’histoire –vers le futur- et bien qu’il fasse admirablement honneur à ses sources antiques, Alexandre de Paris n’hésite cependant pas à les modifier ; on se trouve alors face à des anachronismes qui ne sont pas des erreurs mais la conséquence d’une traduction, dans le langage d’une civilisation dont l’idéologie évolue, de l’image d’un roi devenant l’empereur protecteur de la nouvelle culture chrétienne.


Ainsi nous coulons du plaisir historique au plaisir littéraire qui nous fait découvrir des formes à l’inquiétante étrangeté. Sans être complètement insolites, elles ont pourtant un charme désuet, parfois austère, mais sachant aussi se montrer grandiloquentes, c’est-à-dire primaires dans leur violence et naïves dans ses découvertes. Le Roman d’Alexandre se situe à la charnière d’une époque littéraire marquée par la transition entre les formes plus anciennes de l’épopée et du roman chevaleresque et ce qui deviendra ensuite une littérature personnelle, témoignage d’un auteur qui se revendique en tant que tel. Alexandre n’apparaît donc jamais comme un héros monolithique, constitué des seuls blocs stéréotypés de la fierté, du courage et de la noblesse.  Il est bien sûr exalté dans ces qualités, et il représente peut-être, déjà, le rêve d’un roi généreux et prêt à se sacrifier par respect vis-à-vis de ses sujets :


« Je vois mourir mes hommes, ils s’écrasent devant moi :
Si je n’apprends pas à partager leurs épreuves,
Comment un homme pourra-t-il jamais se fier à moi ? »



Mais Alexandre est aussi représenté comme le malheureux être humain que nous sommes tous, souffrant de la peur, de la colère ou du doute. Ses exploits visent certes à faire son éloge, mais aussi à marquer les étapes d’une quête personnelle et à enrichir ses réflexions psychologiques. Lorsqu’Alexandre demande à ses sujets de se faire construire un sous-marin pour partir à l’exploration du fonds des mers, l’étonnement de cette aventure singulière amène à la généralité d’une observation qui se montrera décisive pour l’approche de la quête menée par le roi :

« Le tonneau est transporté en barque sur l’eau,
Toutes les issues sont bien scellées de plomb.
Le roi Alexandre y est entré avec deux compagnons.
Il se fait mener en haute mer par ses marins
Et leur ordonne de le descendre au fond de l’eau.
Et quand le tonneau est descendu tout au fond,
Les lampes répandent une immense clarté.
Tous les poissons contemplent le tonneau :
Les plus hardis sont tous épouvantés
Par cette lumière dont ils n’ont pas l’habitude.
Le roi Alexandre les a bien regardés :
Il voit les grands poissons faire la guerre aux petits,
Les attraper et les dévorer.
A ce spectacle, Alexandre s’est fait la réflexion
Que ce monde tout entier est perdu et damné. »





Rien ne semble laissé au hasard. Tout événement découle d’une cause et se produit déjà dans l’idée d’obtenir un effet précis. Entre les deux, les aventures sont laissées à la fluctuation d’un devenir inconnu qui déploie ses signes comme autant d’objets de réflexion, d’avertissement ou de prodige. Il y a donc nécessité de déchiffrer, que ce soit au lecteur d’interpréter à son goût ou que l’auteur propose spontanément son propre signe, avec toutes les outrances qu’il mérite. Ainsi en est-il lorsque le roi Alexandre doit se préparer à la mort, annoncée par les arbres prophétiques du Soleil et de la Lune :


« A la fin mai, juste au moment
Où le beau temps revient, où l’hiver se termine,
Une Sarrasine avait donné naissance à Babylone,
Par la volonté divine, à un monstre prodigieux.
Alexandre, l’apprenant, le fit amener par la mère.
Le haut du corps était mort, jusqu’à la poitrine,
Et vivant en-dessous, au bas de l’échine.
Tout autour du ventre, près de l’aine,
Il y avait plusieurs têtes de bêtes féroces
Qui vivent de proie, comme des loups :
Elles étaient cruelles et mauvaises,
Et ne pouvant se supporter, elles s’entredéchiraient.
Ce grand prodige était un signe
Par lequel Dieu voulait annoncer au monde la mort d’Alexandre. »





Le plaisir de la lecture s’échappe donc de tous ces morceaux qui font sens, dans la continuation d’une légende globale et dans les esquisses d’une littérature qui se tournera de plus en plus vers l’individualité d’un écrivain s’exprimant à travers le prisme de son personnage. Le Roman d’Alexandre ennuie parfois et pourtant, ces moments de monotonie finissent eux aussi par se faire apprécier lorsqu’on comprend qu’ils constituent les étapes nécessaires d’un cheminement. La réalisation de l’exploit, de la tragédie ou de l’émerveillement provoque alors le même soupir de soulagement que pousserait le vieillard qui, réfléchissant à son existence et comprenant enfin son sens au moment d’expirer, s’exclamerait : « c’était donc ça ! »  


Naissance d'Alexandre
Citation :
« A l’heure où l’enfant devait sortir du ventre de sa mère,
Dieu montra par des signes qu’il saurait se faire craindre :
On vit l’air s’agiter, le ciel se déchirer,
Et la terre vibrer, la mer devenir rouge,
Et les bêtes trembler et les hommes frémir.
Dieu voulait par là signifier à tous
Le destin de l’enfant et révéler ainsi
Qu’il règnerait un jour sur un très grand empire. »


La Montagne enchantée
Citation :
« Au sortir du royaume, à l’entrée d’Elis,
Ils trouvent une merveille qui les frappe de stupeur :
Un tertre aventureux haï de tous les hommes.
[…]
Ecoutez la merveille qui domine cette montagne :
Quand un couard y pénètre, il devient courageux ;
Le pire soldat du monde se sent rempli d’ardeur.
Mais le preux est soudain rempli de couardise,
Lâche dans son cœur, ses actes, ses paroles :
Le meilleur sombre dans la folie et la vilenie. »


Le désert de l'Inde et ses merveilles
Citation :
« Il n’est dans les déserts couleuvre ni crapaud,
Ni guivre, ni chat-huant si bien cachés
Qu’ils ne suivent leurs traces, attirés par le sang. »


La forêt des filles-fleurs
Citation :
« Toute demoiselle pouvait se livrer aux jeux de l’amour,
S’offrir à son ami
Et le serrer dans ses bras tout son soûl :
Il lui suffisait de reposer une seule nuit dans le verger,
Nue dans les herbes ;
Elle était au matin pucelle et retrouvait sa virginité,
Rien que par la douce odeur des épices. »


Prémisses du voyage aérien
Citation :
« Le roi médite longuement
Puis dit à ses barons : « Je vais vous dire ma pensée.
Je veux monter au ciel voir le firmament,
Et découvrir d’en haut le sommet des montagnes,
Le ciel et les planètes et toutes les étoiles,
Et les quinze signes le long desquels le soleil suit sa course,
Et les quatre vents qui parcourent le monde.
Je veux dominer l’univers, toute l’étendue du monde,
Savoir comment les nuages apportent l’eau. »


Ô mort épique !
Citation :
« Quand le roi a bu, son corps se refroidit,
Sa peau devient plus verte que la feuille de poireau. »

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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Mer 25 Mar 2015 - 21:10

La Quête du Saint Graal (v. 1225)




La Légende du Roi Arthur aurait été favorisée par la dynastie des Plantagenêts pour justifier leur pouvoir en liant la légende et la réalité politique. L’entreprise fut une réussite populaire considérable au-delà de ses ambitions politiques originelles. Il semble en effet que la légende arthurienne ait rencontré un succès tel qu’elle n’épargna pas même les moines. Les instances chrétiennes les plus sérieuses ne considéraient pas d’un bon œil ces ferments d’hérésie. L’affirmation du pouvoir religieux chrétien au Moyen Âge se révèle clairement en analysant les romans successifs qui constituent la légende arthurienne. Les premiers romans font la part belle aux éléments païens de la mythologie celtique mais avec la Quête du Saint Graal, le paganisme trouve sa condamnation la plus explicite.


Il faut d’abord lire le Conte du Graal de Chrétien de Troyes pour réaliser que cette continuation, attribuée à Gautier Map, se présente comme l’itinéraire pratique de conversion à l’usage du pur chrétien. On retrouve les personnages de Lancelot et de Perceval, amoindris ici par la présence d’un nouveau chevalier de la Table Ronde : Galaad. Alors que Lancelot et Perceval renvoient aux origines celtiques de la légende, Galaad arrive avec sa pureté toute chrétienne. Il relève les épreuves du Siège Périlleux et de l’Epée fichée dans le roc. Ces épreuves qui semblaient merveilleuses jusqu’alors ne l’étaient qu’à cause de l’ignorance dans laquelle étaient maintenus les pêcheurs, c’est-à-dire les mauvais chrétiens.


« Et s’ils trouvent peu d’aventures, c’est parce que « les aventures qui adviennent maintenant sont les signifiances et les manifestations du Saint-Graal, dont les signes n’apparaîtront jamais aux pécheurs ». »


Le Saint-Graal apparaissait à Lancelot et Perceval comme le symbole horrifique et fascinant d’un monde inaccessible. A travers eux, le lecteur pouvait aussi s’effrayer de ce vase légendaire qui, depuis Robert de Boron, aurait recueilli le sang du Christ. Galaad semble au contraire étrangement creux, inconsistant, sans personnalité. Peu d’émotions le traversent et il avance sur le chemin de sa quête comme s’il ne devait jamais réfléchir : parce qu’il le doit. Et devant les merveilles du Siège Périlleux et de l’Epée magique, son humilité seule semble lui permettre d’accéder à leur signification véritable.


La lecture de cette Quête du Saint-Graal est éblouissante car elle révèle comment l’histoire primitive de Chrétien de Troyes a été réutilisée pour permettre à une conception religieuse de s’exprimer, dans la tentative de persuader ses lecteurs de suivre l’exemple de Galaad et de devenir comme lui un pur chrétien. Lancelot et Perceval, détournés de Dieu par l’amour de la chevalerie ou par l’excès de courtoisie, sont trop ancrés dans le monde pour pouvoir comprendre les merveilles d’un territoire enchanté. Il fallait que Galaad s’annonce pour que l’étendue magique d’un royaume trouve enfin sa signification. On comprend également en quel sens le christianisme se percevait comme processus de sur-rationalisation.


La Quête du Saint-Graal constitue un parfait exemple du pouvoir que la littérature peut exercer sur le monde. La légende arthurienne constitue un bon exemple qu’il nous est facile d’observer de notre point de vue détaché de lecteurs de l’ère moderne. Reste ensuite à s’interroger sur les modalités d’expression de notre propre Légende arthurienne, sans doute encore trop enveloppante et proche pour se laisser enrober facilement par nos regards.




Citation :
« Après cette table, il y eut encore la Table Ronde établie selon le conseil de Merlin et pour une grande signifiance. On l’appelle Table Ronde pour désigner par là la rondeur du monde, et le cours des planètes et des astres au firmament ; dans les révolutions célestes on voit les étoiles et mainte autre chose, aussi peut-être dire que la Table Ronde représente bien le monde. »


Citation :
« Quand ils furent tous assis, ils entendirent approcher un bruit de tonnerre, si prodigieux qu’ils crurent que le palais allait s’écrouler. Et voici qu’entra un rayon de soleil qui fit la salle sept fois plus claire qu’elle n’était auparavant. Ceux qui étaient là furent comme s’ils étaient illuminés par la grâce du Saint Esprit, et commencèrent à se regarder les uns les autres : tous, grands et petits, étaient silencieux. Lorsqu’ils furent demeurés longtemps, sans que nul d’entre eux eût pouvoir de parler, à s’entre-regarder comme bêtes muettes, le Saint-Graal parut, couvert d’une pièce de soie blanche ; mais personne ne put voir qui le portait. Il entra par la grand-porte et, dès qu’il y eut pénétré, la salle se remplit de bonnes odeurs comme si toutes les épices de la terre s’y fussent épandues. »


Citation :
« La mort d’Abel en ce temps où il n’y avait encore que trois hommes sur terre, annonçait la mort du vrai Crucifié, Abel signifiant la Victoire, et Caïn représentant Judas. Ainsi que Caïn salua son frère avant de le tuer, Judas devait saluer son Seigneur avant de le livrer à la mort. »


Un des charmes de cette lecture médiévale selon la préface :

Citation :
« On peut mesurer aisément toute la distance qui sépare notre intelligence de l’âme de celle que possédait le Moyen Age ; il suffit pour cela de mesurer l’étrange ignorance où nous sommes du mal inhérent à notre nature. Lorsque nous découvrons soudain sa puissance, nous demeurons stupéfaits. Nous ne pensions pas que tout cela fût caché dans l’homme. Les médiévaux le savaient exactement. Ils vivaient comme dans la compagnie familière de la faiblesse ou de la méchanceté de la nature ; mais aussi ils savaient lui faire face, la combattre et la confesser. »

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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Mer 25 Mar 2015 - 22:22

et selon la lectrice ?

c'est que c'est tentant présenté comme ça.

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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Dim 29 Mar 2015 - 19:51

Mais voyons Animal. Si tu me lisais, tu verrais que je suis enchantée !

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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Dim 29 Mar 2015 - 19:59

ah mais je lis, mais c'est ton ressenti par rapport à la dernière citation (celle de la préface) qui m'intéresse plus particulièrement.

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MessageSujet: Re: LC Moyen Age   Lun 30 Mar 2015 - 21:04

En ce qui concerne la dernière citation, relative à la préface, je suis tout à fait d'accord. J'aime deviner derrière un texte la voix qui nous rappelle que nous sommes mortels. Avec l'héroïsme propre au texte médiéval (à ceux que j'ai lus jusqu'à présent, tout du moins), cette voix devient vengeance anticipée, puissance de vie décuplée. Anticipation aussi du rire pataphysicien ?

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