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 Sylvie Germain

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tom léo
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MessageSujet: La pleurante des rues de Prague   Ven 17 Oct 2014 - 10:33

La pleurante des rues de Prague

Originale : (Français, 1991)

STRUCTURE :
Prologue, Douze chapitres suivants les « apparitions » de la pleurante, Epilogue (toujours introduits par quelques versets très bien choisis de poètes tchèques)

REMARQUES :
Assez dit sur le contenu ? Juste quelques impressions… Ce livre me fut conseillé par… coline, en sachant que j'allais partir pour Prague. Oui, certainement il faudra adhérer au style de Sylvie Germain, la langue incluse, mais l'univers en soi est aussi assez « mystérieuse » : entre rêve planée, une langue riche en image et tournures « poètiques », mais aussi une certaine gravité, voir spiritualité.

Germain parle de cette femme qui déambule dans les rues de Prague – et seulement là en tant que telle -, apparaissant à la narratrice toujours brièvement. Elle reste insaissible, une grande Inconnue, comme entre les règnes des vivants et les morts, une passante, sans consistance et néanmoins un  autre forme de réalité. Elle unit en soi une forme de gravité, un état de'être en soi, une patience. Son silence n'est pas impassibilité. N'y-a-t-il même pas des larmes dans ses passages, est-ce qu'elle n'est même pas une/la pleurante des rues de Prague, portant sur/en elle le chagrin, les larmes de tant de gens de cette ville, étant pour eux mémoire et voix ? Et pour ceux qui peuvent l'entendre : N'est-elle même pas une forme de l'infinie compassion de Dieu ?

Oui, il faudra savoir et retenir en mémoire que Sylvie Germain a passé plusieurs années à Prague, l'aimant de tout coeur. On sent sa proximité et son lien avec la capitale tchèque, lieu de drames, d'histoires et d'Histoire.

Un beau livre dense et poètique. Je l'ai aimé!



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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Mer 22 Oct 2014 - 16:28

tom léo a écrit:
La pleurante des rues de Prague

Originale :  (Français, 1991)

STRUCTURE :
Prologue, Douze chapitres suivants les « apparitions » de la pleurante, Epilogue (toujours introduits par quelques versets très bien choisis de poètes tchèques)

REMARQUES :
Assez dit sur le contenu ? Juste quelques impressions… Ce livre me fut conseillé par… coline, en sachant que j'allais partir pour Prague. [...]

Un beau livre dense et poètique. Je l'ai aimé!


Ah! Tom Léo, je suis contente que tu aies retenu ma suggestion de lecture pour ton voyage à Prague...et surtout que tu aies "aimé" ce texte de Sylvie Germain! content
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églantine
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Mer 22 Oct 2014 - 17:57

coline a écrit:
tom léo a écrit:
La pleurante des rues de Prague

Originale :  (Français, 1991)

STRUCTURE :
Prologue, Douze chapitres suivants les « apparitions » de la pleurante, Epilogue (toujours introduits par quelques versets très bien choisis de poètes tchèques)

REMARQUES :
Assez dit sur le contenu ? Juste quelques impressions… Ce livre me fut conseillé par… coline, en sachant que j'allais partir pour Prague. [...]

Un beau livre dense et poètique. Je l'ai aimé!


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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Mer 22 Oct 2014 - 23:24

églantine a écrit:
coline a écrit:
tom léo a écrit:
La pleurante des rues de Prague

Originale :  (Français, 1991)

STRUCTURE :
Prologue, Douze chapitres suivants les « apparitions » de la pleurante, Epilogue (toujours introduits par quelques versets très bien choisis de poètes tchèques)

REMARQUES :
Assez dit sur le contenu ? Juste quelques impressions… Ce livre me fut conseillé par… coline, en sachant que j'allais partir pour Prague. [...]

Un beau livre dense et poètique. Je l'ai aimé!


Ah! Tom Léo, je suis contente que tu aies retenu ma suggestion de lecture pour ton voyage à Prague...et surtout que tu aies "aimé" ce texte de Sylvie Germain! content

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Eglantine, je crois que je peux le dire aussi...Je suis marquée à tout jamais par la lecture de ce livre. content
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colimasson
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Jeu 26 Fév 2015 - 21:49

Suite à la LC.

Lecture suggérée par Coline :
(je suis désolée de devoir être encore peu convaincue par Sylvie Germain... on ne pourra pas dire que je n'ai pas essayé...)


L’enfant méduse (1991) de Sylvie Germain





Sylvie Germain et moi aurions dû nous entendre. La trame de ses histoires m’interpelle toujours. Le problème ne se situe donc pas dans le fond mais dans la forme. L’écriture de Sylvie Germain évolue au gré d’un rythme qui n’est pas le mien : lorsque je me serais élancée, elle se réduit dans une écriture saccadée, alors qu’elle s’étale au contraire dans les descriptions ou les énumérations de détails parasites lorsque l’instant se présente à moi de manière plus ponctuelle et anecdotique.


Autre chose : Sylvie Germain traite les sentiments d’une manière qui me dérange. Si le talent d’un écrivain se mesure en rapport avec l’extrémité des hérissements –de plaisir, de dégoût ou de colère- qu’il suscite chez son lecteur, alors Sylvie Germain est talentueuse. Dans L’enfant méduse, Sylvie Germain ressasse la misère et ne la dépasse jamais, moins par faiblesse que par fascination morbide. Elle n’est sans doute pas d’accord avec Saint Augustin (« On peut comprendre une douleur mais on ne doit en aimer aucune »). J’accorde qu’on ne pourrait pas traiter la thématique de son livre avec légèreté sans risque de passer soi-même pour quelqu’un de sordide. Mais le problème, c’est qu’il n’y a que cela : la misère, la crasse, sans espoir, comme si la situation ne pouvait jamais n’être qu’inexorable. Michel Houellebecq ne fait pas mieux dans ses Particules élémentaires mais là encore, ce n’est pas comparable car Houellebecq fait preuve d’un cynisme et d’un humour noir qui soulagent alors que Sylvie Germain ne sourit pas une fois et ne semble même pas le vouloir.

C’est normal ? C’est la définition même de la vie ? Le renier serait faire preuve de naïveté ? Pas forcément : c’est le point de vue de Sylvie Germain sur la vie, et il me semble réducteur et finalement agaçant. Est-ce une manière d’attirer caresses et réconforts ? Prenons un exemple :


« Aloïse fut opérée. On l’amputa d’un sein. Le cancer récidiva. On pratiqua l’ablation du second sein. Cette mutilation réitérée du corps de sa mère se répercuta en Lucie ; celle-ci fut, à mesure du déclin d’Aloïse, amputée de tous ses ressentiments restés coriaces à l’égard de sa mère. La pitié creusait, creusait toujours plus profond en Lucie […]. »


Je ne peux plus lire des textes comme ceux-ci où le pathétique renvoie l’être humain à ce qu’il a de plus désespéré en lui. Pas que je ne le supporte pas, mais je ne le comprends pas. C’est comme ces gâteaux de semoule au lait mous, gluant et flageolants, qui semblent n’attendre qu’une chose : qu’on abatte le poing sur eux pour mettre fin à leur agonie (cette image renverra en revanche à un très bon passage de L’enfant méduse car il y a aussi des morceaux fantasques qui ne prennent pas le pose dans ce livre).


Enfin, je veux signaler que mon avis sur ce livre n’engage évidement que moi : Sylvie Germain est une auteure à l’écriture très poétique, imagée et originale. Je regrette de ne pas réussir à communiquer avec elle mais pour ceux que son écriture ne rebute pas, elle est sans doute une auteure de grand talent.




Citation :
« Une double légende auréole cette vierge et martyre de Syracuse [Lucie]. On dit qu’elle eut les dents et les seins arrachés, puis qu’elle fut condamnée au bûcher, mais comme les flammes refusaient de la consumer, on lui trancha la gorge. On dit aussi qu’elle s’arracha elle-même les yeux et qu’elle les envoya à son fiancé qu’elle ne voulait pas épouser, afin de se consacrer à Dieu seul. Mais la Vierge offrit de nouveaux yeux, plus beaux encore, à la jeune fille éprise jusqu’à la folie de son divin Fils. Les peintres ont choisi cette légende, et les tableaux montrent sainte Lucie tenant ses yeux sacrifiés sur un petit plateau comme s’il s’agissait de fruits ou de fleurs, tandis qu’elle pose un regard paisible et assuré sur l’éternité avec ses yeux seconds offerts par la Vierge Marie. »


Citation :
« Lucie rêve de voir exposée au beau milieu de l’étal de monsieur Taillefer la tête de son frère. Dans ses orbites évidées elle planterait des coquelicots, et dans sa bouche écartelée elle déposerait un crapaud. »

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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 2 Mar 2015 - 15:35

Il faut que nous soyons bien différents pour qu'un même livre puisse provoquer des ressentis aussi diamétralement opposés!  content

Désolée coli, de t'avoir proposé (et donc presque imposé!) cette lecture qui ne t'a pas ravie.  honte

Dommage, tu ne poursuivras sans doute pas avec Sylvie Germain mais son oeuvre, envisagée dans sa globalité, est loin, il me semble, de ce que tu as perçu.

colimasson a écrit:
« Aloïse fut opérée. On l’amputa d’un sein. Le cancer récidiva. On pratiqua l’ablation du second sein. Cette mutilation réitérée du corps de sa mère se répercuta en Lucie ; celle-ci fut, à mesure du déclin d’Aloïse, amputée de tous ses ressentiments restés coriaces à l’égard de sa mère. La pitié creusait, creusait toujours plus profond en Lucie […]. »

Je ne peux plus lire des textes comme ceux-ci où le pathétique renvoie l’être humain à ce qu’il a de plus désespéré en lui. Pas que je ne le supporte pas, mais je ne le comprends pas. C’est comme ces gâteaux de semoule au lait mous, gluant et flageolants, qui semblent n’attendre qu’une chose : qu’on abatte le poing sur eux pour mettre fin à leur agonie."



Sur ce fil, je me suis beaucoup exprimée à propos de Sylvie Germain et j'avoue ne plus avoir tellement envie de défendre mes ressentis plus que favorables.
J'entends bien toutes les restrictions mais pour contrebalancer un peu ce que tu dis auprès de ceux qui ne connaissent pas encore cette écrivaine, je me contente de copier-coller ce que j'ai écrit un jour. Rien n'a changé pour moi depuis, j'attends une oeuvre prochaine car j'ai tout lu, y compris de copieux  essais dont elle est le sujet, et j'espère que j'aurai le temps de tout relire un jour:

coline a écrit:
De livre en livre lu, j’apprécie chaque fois davantage l’œuvre originale, la voix singulière de Sylvie Germain (romancière, conteuse, essayiste).
Son œuvre est déjà considérable et l’on y retrouve toujours ses préoccupations éthiques, ses interrogations sur le sens de la vie, sur le mal dans l'homme…
Dans ses récits passionnants, elle mêle constamment l’imaginaire et le mysticisme à la réalité la plus concrète de la nature et de la chair et des sens de l’homme. D'où ces histoires, mi-concrètes, mi-sacrées, ces contes envoûtants d’une violence et d’une beauté inouïes à dimension métaphysique mais d’une grande sensualité.
Le mot mysticisme et le mot sacré en arrêtent quelques uns?...N'ayez crainte, ils sont élément d'un tout infiniment vaste et n'ont pas du tout chez Sylvie Germain vocation à convertir...

J’admire la puissance créatrice de cette écrivaine, la densité et la profondeur de ses récits, la puissance et la grâce de son langage poétique (aux accents lyriques parfois), la richesse foisonnante de son vocabulaire, ses extraordinaires compositions picturales.
Et aussi la douceur de sa voix de conteuse qui confronte le lecteur à la noirceur la plus terrible en le guidant toujours vers l’espoir, la beauté, l’amour et la lumière.

Ainsi cette Pleurante des rues de Prague qui devenue invisible,  vivra pour toujours dans les rues et les murs de Prague…Des rues chargées d’Histoire. Elle claudique car elle porte tout le poids de l'Histoire. Elle continuera à porter les tristesses, les pleurs, les douleurs des anonymes, morts ou vivants. Elle continuera à lutter contre l'oubli et l'abandon .

Ainsi "Prokop qui croyait ce qu’il voyait et prenait au pied de la lettre ce qu’on lui disait. Olbram lui offrait la lune ; il la recevait comme il l’eût fait d’un objet très précieux et fragile, avec des gestes pleins de délicatesse.
[...]
Il faut de l’espace à la lune, un vaste et lisse espace, et beaucoup de hauteur, de mouvement. Il lui faut du silence et du recueillement. Sa trajectoire est longue, sa clarté est si frêle, un rien peut la voiler.
Prokop se sentit requis, sans délai ni mesure, par le soin à porter à l’accueil de ce don que venait de lui faire son fils. C’était un don démesuré, total, aux conséquences infinies, comme seuls savent en faire les petits enfants quand ils aiment.[...] Comme ils ne possèdent rien en propre, et que de toute façon aucune richesse ne leur paraît à la taille de cette immensité qui leur soulève l’âme, ils vont puiser dans l’univers entier des choses et des mystères et ils vous cueillent l’impossible pour vous en faire offrande.[…] Ils vous donnent à mains nues,sans fioritures ni circonvolutions, l’éclat d’airain de l’océan, le passage d’une étoile filante, une fleur de givre ou le chant d’un oiseau dans la nuit. Ils vous donnent la beauté du monde, sans soupçonner la part d’effroi qu’elle recèle.[…] Certains adultes, dans l’amour fou, gardent en eux ce sérieux, cette souveraine ingénuité des enfants : il y va de leur vie dans l’absolu de l’amour. "
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 2 Mar 2015 - 16:01

coline a écrit:
Il faut que nous soyons bien différents pour qu'un même livre puisse provoquer des ressentis aussi diamétralement opposés!  content
Je ne peux que te remercier Coline pour avoir nourri ce fil avec talent : ainsi j'ai pu découvrir cette auteure si talentueuse !
Et j'ai souvent offert depuis  La pleurante des rues de Prague que je considère comme une perle littéraire !

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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 2 Mar 2015 - 19:34

Merci Eglantine. Je suis contente de partager avec toi (et quelques autres! content ) le bonheur de lire Sylvie Germain.
Les champs de la littérature sont si vastes et si divers, heureusement il y en a au goût de chacun d'entre nous. content
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colimasson
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 9 Mar 2015 - 21:38

Je ne suis pas déçue du tout d'avoir fait cette lecture.

Elle m'a motivée en amont par la thématique. Avant même d'ouvrir le livre, j'ai déjà pu voyager en imagination.
Je reconnais également que Sylvie Germain sait installer des atmosphères très personnelles qui marquent durablement. Rien d'évanescent ni de frivole dans les climats de ses histoires.

Pour le reste, question de sensibilité et idiosyncrasie...


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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 9 Mar 2015 - 23:37

colimasson a écrit:
Je ne suis pas déçue du tout d'avoir fait cette lecture.


C'est l'essentiel! content
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Jeu 23 Avr 2015 - 17:15

Les personnages

Bref essai composant les diverses réflexions de Sylvie Germain sur un des éléments les plus importants du récit : les personnages.
Je n'ai pas accroché du tout.
Je m'attendais à un exposé assez concret du rôle du personnage dans les oeuvres de cette auteure et finalement, le langage utilisé et le stylé déployés nous entraînent dans une sorte de récit où l'on navigue sans nécessairement comprendre le sens de ce qui est écrit ou du moins en ignorant l'intention de celle qui écrit.
Cela permet de lire de très jolis passages, d'autres par contre donnent l'impression que le phrasé est "forcé" pour "faire beau".
Finalement, une fois le livre refermé, je n'ai pas appris grand chose de son travail d'écriture, le récit étant trop abstrait, je n'ai pas compris l'intention de l'auteure, et je fus assez mal à l'aise devant des inégalités de langage.
Première fois que je me "trompe" en lisant Sylvie Germain, je la préfère dans le récit et la fiction purs et durs.

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bulle
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Sam 9 Mai 2015 - 9:21

La pleurante des rues de Prague reste aussi pour moi un beau moment de lecture. Il fait parti de mes top 5.
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Sam 9 Mai 2015 - 9:50

coline a écrit:
Les personnages

Cet ouvrage est un essai sur les personnages de fiction …

Comment ils viennent à l’auteur et s’imposent à lui. Pas seulement à Sylvie Germain mais aux auteurs de fiction en général, c’est pourquoi Sylvie Germain  utilise le « NOUS » , le « ON » pour en parler…

« Un jour, ils sont là. Un jour, sans aucun souci de l'heure. On ne sait pas d'où ils viennent, ni pourquoi ni comment ils sont entrés. Ils entrent toujours ainsi, à l'improviste et par effraction. Et cela sans faire de bruit, sans dégâts apparents. Ils ont une stupéfiante discrétion de passe-muraille.
Ils : les personnages.
On ignore tout d'eux, mais d'emblée on sent qu'ils vont durablement imposer leur présence. […]
Là, à la frontière entre le rêve et la veille, au seuil de la conscience. Et ils brouillent cette mince frontière, la traversent continuellement avec l'agilité d'un contrebandier, la déplaçant, la distordant. Là, plantés sur ce seuil mouvant avec la violence immobile et mutique d'un mendiant qui a jeté sur vous son dévolu et qui ne partira pas avant d'avoir obtenu ce qu'il veut. »


D’où viennent-ils ?

"Tous les personnages sont des dormeurs clandestins nourris de nos rêves et de nos pensées, eux-mêmes pétris dans le limon des mythes et des fables, dans l'épaisse rumeur du temps qui brasse les clameurs de l'Histoire et une myriade de voix singulières, plus ou moins confuses. Des dormeurs embués de nuit, pénétrés de chant lointains et de murmures, et tressaillant d'un désir de jour, de chant audible, de langage intelligible.
Des dormeurs qui, à force de rêver dans les plis de notre mémoire, à fleur d’oubli, finissent par être touchés par un songe monté des profondeurs de la mémoire, du cœur spiralé de l’oubli."
«  Ils naissent d’un rapt commis là-bas, aux confins de notre imaginaire où, furtivement, dérivent des rêves en archipel, des éclats de souvenirs et des bribes de pensée. Et ils savent des choses dont nous ne savons rien. »


Comment s’enclenche le processus d’écriture ?

« A peine né à notre conscience, chaque personnage souhaite naître à nouveau, autrement. Il veut naître au langage, s’y déployer, y respirer. S’y exprimer.
Il veut avoir une vie textuelle.
Doué d’une patience minérale, ce mendiant silencieux attend de recevoir […] le don d’une peau couleur de feuille où naître à une vie d’encre, le don d’une chair de mots, d’un sang verbal. L’offrande d’une histoire dont lui-même ne sait rien de précis, et nous bien moins encore. »


« Et c’est ainsi que sans prononcer un mot, les personnages nous somment de fabuler. »

Mais pour l’auteur, après l’enthousiasme au  réveil de l’inspiration et du désir d’écrire, vient le doute. Sera-t-il à la hauteur ? D’autant qu’il n’est plus le maître de ce qu’il écrit. Il doit s’abandonner, se laisser guider par les personnages, les mener exactement où ils veulent.
Sans cesse, les personnages  "échappent au contrôle de l’auteur, contrarient les projets que celui-ci élabore peu à peu pour eux, refusent telle ou telle situation, telle relation qu’il leur propose, et inventent tout à trac des situations auxquelles il n’avait pas songé, provoquent des événements inattendus, nouent des relations en marge du cercle déjà formé autour d’eux. […] Tout romancier sait qu’il n’est pas  « le maître dans la maison » de son imaginaire."

Au romancier, il faut trouver ce que les personnages lui signifient de dire, pourquoi ils insistent jusqu’à l’obtenir. Il peinera, se mettra à l’écoute des personnages et du monde et trouvera les mots : les personnages, « messagers d’une voix universelle » veulent parler en son propre nom et aussi au nom des autres hommes…Chacun veut être « lu » (compris)  

« Et c’est en écrivant que le romancier découvre l’étendue de sa non-maîtrise, et surtout combien sa mémoire révèle de plis, de strates et d’échos dont il ne soupçonnait pas l’existence. »

« Le romancier n’a d’autre mission que celle de s’embarquer dans les remous de l’existence, d’interroger les passions humaines, de débusquer de l’inévidence dans les choses les plus banales. Et il n’a d’autres guides que les personnages qui le visitent pour le convoquer dans les coulisses du grand cirque de la vie. »

Si je vous dis que cet essai m’a passionnée au point de le lire deux fois à la suite vous allez penser que j’ai  été portée par mon enthousiasme habituel pour les écrits de Sylvie Germain. Ce qui est sûr c’est que cet ouvrage ne le fera pas faiblir !…
Mais j’insiste car je crois qu’il peut intéresser vraiment tout (Parfumé)lecteur qui s’interroge sur l’inspiration de ses chers auteurs (inspiration qui naît à la fois en soi et hors de soi) et sur la mise en œuvre de leur écriture.

Sylvie Germain porte son regard plein de sympathie sur les personnages…Avatars des humains, ils imposent de parler des hommes, de les mieux écouter, de les mieux connaître (de les « lire », les comprendre), au-delà des simples apparences, et sans juger.

Il ne s’agit pas seulement des « personnages de Sylvie Germain »…Elle se réfère à Paul Celan, Pierre Michon, Milan Kundera, Marguerite Duras… Simone Weil…Michel Ange…

"Nous écririons donc toujours à partir d'une faille, à la fois intime et commune à tous les humains; intime et anonyme".

L’essai est composé de vingt-cinq chapitres et il est suivi de deux merveilleuses nouvelles liées aux « personnages »:
-  Le tremble (extraordinaire !).
- Magdiel : " Que faire d'un personnage tournant obstinément le dos à l'auteur censé le décrire, stationnant contre un mur, front et paumes collés aux pierres et les semelles soudées aux pavés ?"
Je vais commander ce livre à ma bibliothèque.  Il est dispo ailleurs , le temps de le rapatrier . Assuré de l'aimer! Cool
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Sam 9 Mai 2015 - 12:07

J'ai personnellement été assez déçu.
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Aujourd'hui à 10:39

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