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 Sylvie Germain

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tom léo
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 8 Sep 2008 - 9:31

Merci, Coline, pour cette précision que je partage! Je n'avais pas voulu t'attaquer, bien sûr, juste mettre un contre-point. En ce qui concerne ta remarque suivant:

coline a écrit:
Elle place toujours au coeur de ses récits la noirceur de l'âme humaine et une aspiration à ce que j'appellerai "la lumière"...Je crois que j'ai déjà dû employer ce terme parce que c'est vraiment ce que j'y vois...

Là, où il y a ces deux éléments (lucidité et aspiration), pour moi personnellement il y a la quête, le sens de l'essentiel...
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 8 Sep 2008 - 9:52

Tom Léo...vite te préciser que je ne me suis pas sentie du tout attaquée...Cela m'a permis de préciser ce que j'avais justement à coeur de dire à propos de Sylvie Germain. content
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Fantaisie héroïque
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Sam 27 Sep 2008 - 19:37

J'ai eu la chance de la voir cet après-midi lors d'une conférence avec Jorge Semprun :), sur la question de la bibliothèque européenne!
C'était très intéressant, j'ai bien envie de découvrir ses livres à présent.
Prochains invités : Olivier Rollin et Jean-Paul Dubois (pensée pour aériale Wink)

_________________
Ce que j'ai souvent éprouvé plus tard, je le pressentis alors en quelque sorte, savoir : que l'on n'a pas le droit d'ouvrir un livre si l'on ne s'engage pas à les lire tous.

[Rilke, Les cahiers de Malte Laurids Brigges]
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Sam 27 Sep 2008 - 21:04

Fantaisie héroïque a écrit:
J'ai eu la chance de la voir cet après-midi lors d'une conférence avec Jorge Semprun :), sur la question de la bibliothèque européenne!
C'était très intéressant, j'ai bien envie de découvrir ses livres à présent.

conciliabule Commence par Jours de colère... Wink
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Mer 1 Oct 2008 - 8:40

Fantaisie héroïque a écrit:
Prochains invités : Olivier Rollin et Jean-Paul Dubois (pensée pour aériale Wink)
Merci pour la pensée Fantaisie Very Happy
De mon côté je les ai vus ce week.end à Manosque mais je vous en parle sur le fil concerné!

Et oui...si tu peux écoute Coline et commence par Jours de colère :heart:
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Sam 20 Déc 2008 - 22:42

Immensités (extrait)
Le genre de texte qui ravit mon esprit rêveur...Je pourrais croire, tout autant que Prokop, au cadeau de l'enfant...
Un père (Prokop) va être séparé de son petit garçon ( Olbram) qui part vivre à l’étranger avec sa mère….

« Et le jour vint où Olbram s’en alla.
[…] Il voulut offrir quelque chose à sa sœur et à son père. Mais quelque chose de grand, de vraiment beau, d’inoubliable. Quelque chose que l’on ne peut ni perdre ni même user.
[…] « A toi, dit-il à Olinka en pointant le doigt vers la fenêtre, je donne ce nuage, tu vois, celui qui passe là-bas au-dessus du château, le petit un peu rose et orange. Chaque fois qu’il y aura un nuage de cette couleur dans le ciel, il sera pour toi, rien que pour toi. Et à toi, Papa, je te donne la lune. Toute la lune : chaque fois qu’elle sera pleine elle sera pour toi. Comme ça vous ne pourrez jamais perdre mes cadeaux, ni les casser. »
[…]Prokop en cet instant croyait ce qu’il voyait et prenait au pied de la lettre ce qu’on lui disait. Olbram lui offrait la lune ; il la recevait comme il l’eût fait d’un objet très précieux et fragile, avec des gestes pleins de délicatesse.
Car des gestes invisibles se déployaient en lui comme si des mains transparentes venaient s’animer tout autour de son cœur. Des mains immatérielles s’affairaient en lui, déplissant sa pensée, sa mémoire, pour les étendre aux dimensions du ciel.
Il faut de l’espace à la lune, un vaste et lisse espace, et beaucoup de hauteur, de mouvement. Il lui faut du silence et du recueillement. Sa trajectoire est longue, sa clarté est si frêle, un rien peut la voiler.
Prokop se sentit requis, sans délai ni mesure, par le soin à porter à l’accueil de ce don que venait de lui faire son fils. C’était un don démesuré, total, aux conséquences infinies, comme seuls savent en faire les petits enfants quand ils aiment.[...] Comme ils ne possèdent rien en propre, et que de toute façon aucune richesse ne leur paraît à la taille de cette immensité qui leur soulève l’âme, ils vont puiser dans l’univers entier des choses et des mystères et ils vous cueillent l’impossible pour vous en faire offrande.[…] Ils vous donnent à mains nues,sans fioritures ni circonvolutions, l’éclat d’airain de l’océan, le passage d’une étoile filante, une fleur de givre ou le chant d’un oiseau dans la nuit. Ils vous donnent la beauté du monde, sans soupçonner la part d’effroi qu’elle recèle.[…] Certains adultes, dans l’amour fou, gardent en eux ce sérieux, cette souveraine ingénuité des enfants : il y va de leur vie dans l’absolu de l’amour. Les trahir est leur voler le monde, faire de leurs jours une longue agonie. Romana, la sœur de Prokop, était morte de ce chagrin-là. »
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coline
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Lun 22 Déc 2008 - 21:18

Immensités

J’ai déjà lu (et aimé) pas mal de livres de Sylvie Germain, celui-ci me parait être encore un sommet…
Mais comment vais-je bien pouvoir en parler ? Tant ce que je pourrais en dire peut déranger, surprendre…

Le personnage principal en est Prokop Poupa, un professeur d’université de Prague, que la dissidence politique a rendu balayeur. Un paria. Ses amis occupent aussi des emplois subalternes ou oeuvrent dans la clandestinité.
Mais cette vie des plus modestes désormais n’empêche pas Prokop Poupa de penser et de rêver malgré les circonstances.
Prokop Poupa regarde le monde et voit aussi dans les gens leur « corps immatériel ».
Sa vie intérieure est extrêmement riche. Elle embrasse, avec profondeur et poésie, une immensité de pensées et de questions sur la condition humaine, le sens de la vie, l’Art, la Nature, le Mal, la folie des hommes, et le silence de Dieu…

Ce livre hallucinant est admirable. Ouvert et sans limites comme l’esprit de Prokop Poupa .

Il est divisé en cinq grands chapitres :
- La fleur du temps qui passe.
- Le don de la lune
- Le bel ailleurs ici présent
- Les pas qui dansent aux Enfers
- Rien
Les résumer serait tellement en-dessous de la merveille !…Ce serait dire ce que l’on voit, et non donner accès à ce qui se cache…
Il faut absolument cheminer avec Prokop, ses espoirs, sa lucidité et toutes ses incertitudes .
Lorsque Prokop ne sait plus rien sinon qu'il n'est rien, il y consent et il « offre ce rien dans les ténèbres » …

* Des chercheurs de différentes disciplines ont accepté le défi d'éclairer cette oeuvre à partir de leur regard de spécialiste : regard littéraire, regard théologique, regard musicologique, regard esthétique, regard politico-historique.
C'est dire ce qu'il recèle!

Sylvie Germain a vécu à Prague où elle enseignait la philosophie à l'Ecole française.
Prague lui a inspiré plusieurs de ses romans dont Immensités : un ouvrage dédié aux dissidents de Prague, à leur souffrance parce que la « Révolution de velours » n'a les a pas libérés.
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Marko
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 11 Jan 2009 - 21:37

Jours de Colère




Jour de colère, ce jour là
réduira le monde en poussière,
David l'atteste, et la Sibylle.
Quelle terreur nous saisira,
lorsque le juge apparaîtra
pour tout scruter avec rigueur !
L'étrange son de la trompette,
se répandant sur les tombeaux,
nous jettera au pied du trône.
La Mort, surprise, et la nature,
verront se lever tous les hommes,
pour comparaître face au Juge.
Le livre alors sera produit,
où tous nos actes seront inscrits;
tout d'après lui sera jugé.[…]

Extrait du Dies Irae, poème apocalyptique appartenant à la messe de Requiem


Le visage de mon prochain est une altérité qui ouvre l'au-delà. Le Dieu du ciel est accessible sans rien perdre de sa transcendance, mais sans nier la liberté du croyant Emmanuel levinas


Sylvie Germain est une magicienne des mots au style magnifique et à l’imagination fertile qui parait sans limite. Jours de Colère nous plonge dans un univers de légendes intemporelles, de conte et de parabole biblique où elle cherche avant tout la poésie et l’incarnation d’archétypes lui donnant une dimension universelle et philosophique. Elle a été très influencée par l’enseignement du philosophe Emmanuel levinas qui s’interrogeait, après le traumatisme de la guerre de 39/45 et des camps de concentration, sur l’expérience de la souffrance humaine et la nécessité de recourir à une nouvelle éthique, une nouvelle façon d’envisager la question de « Dieu », de l’athéisme et de la transcendance dans le rapport à l’autre. Ce livre pourrait en être une superbe illustration.

Jours de Colère est donc construit autour du « Dies Irae » et nous raconte une histoire captivante où Sylvie Germain transforme chaque séquence en morceau d’anthologie. Que ce soit le meurtre fondateur qui ouvre le roman, la description des 9 fils d’ Ephraïm, le suicide au cours d’une aube bleutée, les rêves magiques d’un simple d’esprit, la cérémonie religieuse où profane et sacré se mêlent joyeusement, une scène érotique interdite, ou même un simple jour de lessive. Réalisme, fantaisie et superstition se côtoient dans ce monde archaïque et brutal où la violence atavique s’oppose au pouvoir de l’imagination et de la spiritualité. Cet affrontement est un grand moment de lecture et il est bien difficile de choisir des extraits tellement tout est mémorable. J’en ai quand même retenu trois.


Eloi-Marie dit Eloi-L’ailleurs (un des fils d’Ephraïm) :


Tout comme Léon-le-Seul, Eloi-Marie quittait le hameau dès qu'il le pouvait. Ce n'était pas pour s'enfoncer dans la forêt en quête d'oiseaux à abattre, mais pour aller s'asseoir près des rivières et des étangs. Là, il aimait demeurer immobile et silencieux, à pêcher et à rêver. Car il ne se lassait pas de rêver, de rêver à d'imaginaires et impossibles ailleurs. Non pas qu'il désirât quitter son hameau pour partir vivre dans une ville ou dans un autre pays ; l'ailleurs auquel il aspirait n'était pas un pays. C'était un paysage indéfini, immense et plat, comme une plaine noyée sous l'eau. Il ne désirait même pas voir la mer ;les vagues, les marées, les remous, tout cela l'aurait effrayé. Ce à quoi il rêvait continuellement était un espace illimité, plat à perte de vue, luisant d'eau dormante et translucide, scintillante de reflets argentés. Une flaque d'eau de pluie déployée à l'infini. Et cet espace liquide aurait été planté d'arbres par milliers, mais non serrés les uns contre les autres ; un troupeau d'arbres dispersés, chacun se reflétant dans l'eau. Des trembles, des bouleaux, de jeunes hêtres. Tout un peuple d'arbres aux troncs minces, élancés, d'un gris soyeux ou d'un blanc satiné, aux branches souples, perpétuellement liés à leur propre reflet dans un silence doux, une clarté légère. De loin en loin se serait levé le chant bref d'un bruant, le sifflement d'un grèbe ou la mélodie d'un loriot, et tout comme chaque arbre aurait été doublé d'un éternel reflet chaque chant d'oiseau aurait été accompagné de son écho, et dans l'eau chaque poisson aurait nagé en compagnie de son ombre. Ce rêve qu'il se plaisait à recommencer sans cesse lui était venu il y avait déjà longtemps.


Les rêves de Léger, le frère simple d’esprit de Claude Corvol :


Léger ne semblait pas avoir d'autre occupation, d'autre vocation en ce monde, que rêver. Les rêves qui traversaient ses nuits se poursuivaient en songes tout au long de ses journées. Sa vie s'écoulait en un songe continuel, plus ou moins douloureux, plus ou moins consolant. Ses rêves se nourrissaient des simples images que lui offrait son quotidien, - le bleu intouchable du ciel, le bleu profond, inapprochable, de l'horizon, les arbres, les ruisseaux, les herbes et les fleurs, les boeufs et les oiseaux, et le grand piano noir. Ces simples choses étaient pour lui magie, objets d'étonnement et de métamorphose, - tantôt inquiétude, tantôt enchantement.
Ses propres rêves étaient aussi magiques ; du moins Camille le pensait. Au début de l'été, Léger lui avait raconté un rêve qu'il avait fait la nuit d'avant. Ils étaient assis côte à côte sur le vieux mur à moitié éboulé qui séparait le jardin du verger derrière la ferme. Des touffes de saxifrage à fleurs jaune vif jaillissaient d'entre les pierres. « L'autre nuit, j'ai eu un rêve, c'était étrange... - c'était toujours ainsi qu'il commençait ses récits. - Des draps séchaient dans le pré, mais le vent se levait et les draps s'envolaient. II y en avait tant, on ne voyait plus le ciel, plus le soleil. Ils claquaient dans le vent. J'entendais le bruit sec qu'ils faisaient en claquant, et ce bruit n'en finissait pas de résonner. Il y avait un écho à l'infini. C'étaient ces draps qui faisaient la lumière. Ils étaient à la fois le ciel, la lumière, les oiseaux et les nuages. Et la lumière qui tombait des draps était blanche, était tendre. Une clarté de matin, un beau matin de toile blanche. La terre avait une odeur de lessive. Les gens glissaient comme des poissons le long de tous ces draps. Ils nageaient dans l'air avec des gestes lents ; ils dormaient en plein ciel. Ils nageaient et dormaient dans les draps, en silence, ils avaient l'air heureux. Les cheveux des femmes flottaient, elles souriaient dans leur sommeil. Les hommes les prenaient dans leurs bras, ils se mettaient à danser, et tous roulaient dans le ciel. Mais c'était toujours la même femme et toujours le même homme, un seul couple, innombrable. Je n'ai pas vu leurs visages, mais je devinais qu'ils souriaient. Et puis les draps se sont déchirés, en milliers et milliers de petits bouts de tissu, comme des papillons blancs ; ils voletaient dans la lumière. Ces papillons de tissu sont devenus des fleurs. Des fleurs par milliers et milliers, blanches, et qui sentaient si bon ! Tous les arbres du verger étaient en fleurs. Une floraison magnifique […]


Le suicide de … (J’ai modifié les allusions à son identité)

Il s'était réveillé avec les joues en feu. Le sang battait à ses tempes, il avait de la fièvre. Le vent s'était refroidi, il soufflait avec force à présent, balançant par brusques saccades les branches du magnolia et dispersant les fleurs nacrées à travers la cour en traînées floconneuses. Il n'y avait plus de lune, ni au ciel ni sur la terre. Il y avait, au ciel et sur la terre, les mêmes traces blanches. La Voie lactée où les étoiles s'engendraient dans la violence la plus pure au sein de bras d'une lumineuse douceur les fleurs chues, éparpillées, dont l'éclat se plombait et le parfum se fanait. [Il] aurait voulu pleurer il éprouvait un chagrin si entier, si nu, comme celui qui parfois saisit les tout petits enfants quand la tendresse se retire d'autour d'eux et qu'ils se croient abandonnés. Mais lui se savait abandonné, par tous ; et voilà qu'à présent il s'abandonnait lui-même. Il se sentait recru de fatigue, fourbu de solitude. Il aurait voulu pleurer, prendre un instant en pitié cet homme qu'il s'apprêtait à quitter, à livrer à la mort, cet homme dont nul n'avait souci et que personne ne pleurerait. Mais même cela il ne pouvait le faire, il ne parvenait même pas à trouver quelques larmes à verser sur luimême. Il était vide, la proie d'une détresse aride. Il regardait les fleurs flétries, couleur de plâtre, qui filaient à ras du sol dans le vent. Non, ce ne serait pas aux branches de ce grand arbre défleuri qu'il se pendrait. Ce magnolia, qu'il avait convoyé au retour de ses noces comme on escorte un prisonnier de haut lignage que l'on conduit en exil avec solennité, n'avait pas une seule branche à la mesure de sa détresse. […] Et soudain il s'était demandé quel était donc le nom de ce grand boeuf de race morvandelle, à robe rousse, qui tirait le tombereau transportant l'arbre exilé, ce lointain matin d'avril ? Il avait un regard si placide.
Ce serait dans la forêt qu'il s'en irait porter son chagrin, sa douleur. Là-bas, parmi les arbres sans splendeur, sans faste de fleurs de nacre et de parfums embaumants, sans nostalgie amère et méprisante d'un riche jardin de la vallée. Parmi les chênes, les hêtres et les charmes, parmi tous ces arbres familiers auprès desquels son frère et lui étaient parvenus à l'âge d'homme, et avaient travaillé.



Voilà une grande découverte pour moi grâce à Coline et aux parfumés. Ce livre est un enchantement. Il me tarde de découvrir tous les autres ouvrages de Sylvie Germain. Une de mes meilleures lectures en littérature française depuis longtemps.

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Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).


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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 11 Jan 2009 - 21:54

Toi et Coline me donnez envie de découvrir Jour de colère. Merci pour ton commentaire et pour le partage de ces beaux extraits. Encore un titre ajouté à mon immense LAL, et qui risque fort de bientôt rejoindre mon interminable PAL... Wink

J'avais emprunté Magnus à sa sortie ; c'est un peu loin pour que je puisse en parler, mais ce fut un vrai coup de coeur.
Je me souviens que j'avais été déçue par la fin, lue probablement trop rapidement ; j'avais donc repris les 20 dernières pages, en prenant cette fois le temps d'en saisir les nuances et les subtilités. Et mon avis avait totalement changé !
Je l'ai acheté en poche, c'est un livre que je veux absolument relire, tant je suis certaine de ne pas l'avoir suffisamment savouré.
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Marko
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 11 Jan 2009 - 22:03

Armor-Argoat a écrit:
Toi et Coline me donnez envie de découvrir Jour de colère. Merci pour ton commentaire et pour le partage de ces beaux extraits. Encore un titre ajouté à mon immense LAL, et qui risque fort de bientôt rejoindre mon interminable PAL... Wink
.

Elle n'en finit pas de s'allonger cette interminable LAL avec ce forum!!! laugh

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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 11 Jan 2009 - 22:21

bonjour merci pour ton commentaire Marko..
depuis que j'ai fais connaissance de Sylvie Germain je sais que je veux y retourner.. elle est vraiment extraordinaire Wink
Jours de colère m'attend

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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 11 Jan 2009 - 22:29

Marko...ça valait le coup d'attendre pour un tel commentaire Wink
Marko a écrit:
Une de mes meilleures lectures en littérature française depuis longtemps.
Un très beau moment de lecture aussi pour moi aime

Armor-Arcoat a écrit:
'avais emprunté Magnus à sa sortie ; c'est un peu loin pour que je puisse en parler, mais ce fut un vrai coup de coeur.
Je me souviens que j'avais été déçue par la fin, lue probablement trop rapidement ; j'avais donc repris les 20 dernières pages, en prenant cette fois le temps d'en saisir les nuances et les subtilités. Et mon avis avait totalement changé
Comme toi Armor, j'avais été déçue par la fin plus complexe (trop sans doute) trop intellectualisée et qui s'éloignait un peu trop des ressentis, à mon goût en tout cas.
Mais oui, sans doute mériterait-elle d'être relue ...?
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 11 Jan 2009 - 22:32

Merci, Marko, pour ce commentaire! Ce livre se trouve déjà sur ma liste à lire, après un échange de MP avec coline. Et il monte sur cette liste! Grâce à toi, j'ai une idée plus précise de ce qui m'attend.

J'avais déjà lu Sylvie Germain il y a une dizaine d'année avec des livres comme "Nuit d'ambre" etc. Oui, j'ai reconnu un grand écrivain, mais je dois avouer que son style me rappelait un certain réalisme magique à la sudaméricaine qui m'est resté un peu inaccessible (pour des raisons bizarres, car le phantastique russe etc, me plaît!).

Ce que par contre j'ai toujours aimé chez Sylvie Germain ce sont tous ces articles, entretiens etc. qu'on a pu trouvé ici et là dans des journaux. Toujours intéressant. C'est une femme qui a quelque chose à dire, qui fait réflèchir!
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Marko
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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 11 Jan 2009 - 22:38

Oui elle est impressionnante et je ne sais par lequel continuer... Le titre L'enfant méduse me plait bien. Ou Tobie des marais. Coline me les conseillera tous j'en suis sûr!

Vous êtes plusieurs à être plus réservés sur Magnus et je n'en ferai pas une priorité.

J'ai envie de voir quelles sont les constantes dans ses livres. Les thématiques, les références... Je la découvre à peine et c'est réjouissant!

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MessageSujet: Re: Sylvie Germain   Dim 11 Jan 2009 - 22:48

Marko a écrit:
. Ou Tobie des marais.
enthousiaste
il est aime

cyclops faut prendre celui-là diablotin

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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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Sylvie Germain
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