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 Hyam Yared [Liban]

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mimi54
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MessageSujet: Hyam Yared [Liban]   Ven 22 Fév 2013 - 16:07



Hyam Yared est née en 1975 à Beyrouth où elle vit avec ses trois filles.

Poète et nouvelliste, elle a publié trois recueils de poésie qui lui ont valu des prix et de nombreuses invitations dans des festivals de poésie, notamment au Canada, au Portugal, au Mexique et en Suède.

Bibliographie:

Romans

2009 Sous la tonnelle Page 1
2006 L’armoire des ombres
2012 La malédiction Page 1
2016 Tout est halluciné Page 1

Poésie

* Reflets de lune (Dar An-Nahar éditeurs, 2001),
* Blessures de l’eau (Dar An-Nahar éditeurs, 2004)
* Naître si mourir (Editions Idée bleue, 2008).

Citation :
mise à jour le 14/04/2016 page 1
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mimi54
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MessageSujet: Re: Hyam Yared [Liban]   Ven 22 Fév 2013 - 16:09


La malédiction, Hyam Yared
Editions des équateurs (Août 2012)
185 pages

4ème de couverture :
Citation :
Qu’est que la malédiction pour une femme ? De vivre dans un monde marqué par la domination de la virilité et la transmission des valeurs masculines. Hala — ce qui signifie la beauté — est une jeune femme libanaise née dans les années 1970. Elle vit à Beyrouth, entre culture arabe et occidentale. Elle reçoit une éducation dans une école catholique et doit subir le rigorisme de sa mère qui la persécute : ses fréquentations, sa gourmandise, sa sensualité, son poids.
Hala s’éveille aux plaisirs, découvre son corps et surtout qu’elle est une femme c’est à dire un être sans sexe proéminent. Elle va devoir conquérir sa féminité dans un pays où les femmes sont soumises à la puissance des hommes, à la domination de la religion et à la dévoration des mères. Dans un pays menacé par l’invasion de la Syrie, Hala doit se battre jusqu’au meurtre pour se libérer et simplement respirer.
Dans un style volcanique et avec un humour satirique, Hyam Yared raconte l’histoire terriblement vraie de Hala, une héroïne d’aujourd’hui au cœur d’une tragédie antique. Hala n’est pas une seulement une femme vivant dans un pays arabe, c’est une femme universelle, une Antigone sacrifiée au nom de l’ordre de la société masculine.
Un roman d’une force inouïe, d’une beauté ravageuse qui devrait marquer la rentrée littéraire.

« La mère souffrait de n’avoir pas choisi mon ADN. Je la comprenais. Moi j’aurais voulu choisir un vente formaté à ma recevoir. »

Une couverture rouge sang, un corps féminin à l’attitude explicite, comme pour mieux avertir le lecteur qu’il aura dans les mains un ouvrage qui le chahuter. Couverture qui m’a attirée tel un aimant, et dont le sujet me rappelait d’autres ouvrages marquants.
En effet, bien que prenante, la lecture de l’ouvrage n’en demeure pas moins difficile dans les thèmes et la violence intérieure des personnages.
Livre de femme, qui ne met en scène que des femmes.
Nous sommes au Liban, pays déchiré, toujours à la merci de ses voisins envahissants ; pays multiculturel où même quand on est chrétien, il ne fait pas bon être femme.
Hala vit un calvaire, entre une mère, « La mère » comme elle la nomme qui la rejette, lui fait subir les pires humiliations, la brime, l’emprisonne, et plus tard, une belle mère « Rayon X » qui ne la verra jamais autrement qu’un ventre à engendrer des « mâles », mais indigne d’en être la mère plus tard….
Hayam Yared, dont j’ignorais tout, donne un style à son ouvrage fait à la fois de lyrisme, et de mots et phrases choc.
Un livre qui peut ne pas plaire à tout le monde, mais qui en interpellera d’autres.
Un livre passé complètement inaperçu à sa parution, et qui pourtant aurait mérité plus d’attention tant il bouscule, interroge.
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zazy
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MessageSujet: Re: Hyam Yared [Liban]   Mer 10 Avr 2013 - 21:54

Sous la tonnelle


Elle vient de perdre sa grand-mère, voudrait se réfugier dans ses souvenirs, dans ceux de la morte, mais voilà, il faut respecter les convenances.
Vous connaissez l’oursin : piquant à l’extérieur et doux à l’intérieur. Et bien ce pourrait être la vie de la grand-mère de cette jeune femme qui vient de mourir.
Nous sommes au Liban. Les 2 coques représentent Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest. L’intérieur qui est si bon et iodé, c’est la grand-mère qui n’a jamais voulu quitter sa maison située sur la ligne de démarcation entre les 2 zones en guerre. Grâce à un messager, la narratrice va connaître un pan de la vie de sa grand-mère totalement inconnu d’eux qui renforce l’admiration et l’amour qu’elle lui porte.

Un roman doux par la dose d’amour qu’il véhicule, dur par le climat ambiant, fort par la liberté. Il y a des pages déchirantes lorsque l’auteure parle du Liban, de ce pays déchiré, meurtri, violé, blessé. Mais il y a cette grand-mère et sa petite-fille, toutes les deux insoumises, orgueilleuses, vivant leur liberté dans un monde qui la leur refuse. Leur amour de l’humain, leur refus des convenances et leur courage.

C’est un livre sur la fidélité à la parole, aux lieux
Sabine Wespieser, une fois de plus, nous permet de découvrir et de lire une auteure de grande qualité. J’aurais aimé rester sous la tonnelle avec la narratrice et l’ombre de sa grand-mère. Quel délicieux roman à la fois fondant et sucré comme un loukoum et fort et dur comme la volonté de ces femmes. Qu’il a dû faire bon sous cette tonnelle dans ce jardin, oasis de bonté dans un monde de brutes.

Un très beau roman servi par une écriture riche et belle que je vous recommande. J’aurais voulu garder, celui-ci également !!!

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shanidar
Abeille bibliophile
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MessageSujet: Re: Hyam Yared [Liban]   Jeu 14 Avr 2016 - 18:20

Tout est halluciné

Citation :
Résumé de l'éditeur : Justine est née une deuxième fois à l'âge de cinq ans, au sortir d'un coma qui l'a laissée amnésique. Dans la poussière et le vacarme du Caire, pour l'aider à reconstituer ses souvenirs, elle ne peut pas compter sur son père, qui préfère lui réciter en français des versets des Evangiles, pleurer des siècles plus tard la chute de l'empire chrétien d'Orient, et qui refuse, que ce soit en français ou en arabe, de prononcer certains mots, parmi lesquels «mère» et «Liban» - leur pays d'origine.

Justine devra combler elle-même les blancs du langage paternel, qui sont aussi ceux de son existence. Cette mère dont l'absence prend tant de place, ce pays ravagé autrefois berceau de tant d'espoirs. Ainsi mesurera-t-elle, comme en écho à ses propres aspirations à la liberté, combien d'illusions brisées jalonnent l'histoire du Moyen-Orient.

Des rêves d'émancipation aux violences les plus absurdes, de la Grande Syrie laïque d'Antoun Saadé aux ruines de Beyrouth, il lui faudra découvrir ce que les armes et les ceintures d'explosifs auront coûté à sa propre enfance pour espérer trouver un jour sa place dans le chaos du monde.


Ce livre aurait pu être bien meilleur (peut-être même très bon) avec 200 pages de moins, un raccourcissement des échanges répétitifs et une fin différente. Bon, ça fait tout de même beaucoup…

Dommage car Yared avait entre les mains un sujet intéressant et son écriture, souvent cherchant le k-o est loin d'être inintéressante. Cependant, la plupart des protagonistes du livre usent largement d'un discours politicien emphatique et précieux qui laissent un peu songeur. Faut-il vraiment utiliser la langue des énarques quand il est question de l'Orient, du Liban, de l'Occident, de la religion ? Et quand on se penche un peu sérieusement sur ce qui est dit, souvent, beaucoup, à outrance, répétitivement par les personnages (le père fervent orthodoxe, Dalal la révolutionnaire, Samar et la question pourtant passionnante du corps des femmes à la fois sacré et profane...) on s'aperçoit assez rapidement que l'auteur se contente d'égrener des chapelets archiconnus alors que son origine libanaise laissait espérer une vision décalée, orientale des problèmes soulevés : révolution, place de la femme dans les sociétés orientales, poids du religieux.

Dommage que Yared, au lieu de se servir de son sujet comme d'un formidable levier et comme d'un passionnant outil de connaissance (on ne rencontre pas si souvent la parole des chrétiens d'Orient pour ne pas la rechercher ici avec avidité), se retrouve comme bâillonner par son sujet lui-même, comme si la difficulté de son héroïne bégayante devait envahir également le discours narratif et le rendre, si ce n'est inaudible, du moins terriblement lisse.

Dommage que Yared, en consacrant l'ensemble de ses pages aux personnages et à leurs relations intimes (entrecoupés de longs discours théoriques) n'ait pas su évoquer l'âme, les odeurs, les rites, les recettes de cet Orient dont l'incarnation est ici réduite à peau de chagrin.

Comme si l'auteure, malgré elle, malgré la puissance de son écriture, l'intelligence de son envie, n'avait pas réussi à dépasser ses propres drames, ses propres tabous pour vivre pleinement son texte… Etrange sentiment d'avoir lu un livre qui passe à côté de lui-même en se faisant des signes aveugles…

D'autant plus dommage que la fin, totalement irréaliste, ne permet pas au lecteur (du moins à moi) de refermer ce roman sur une note positive !

_________________
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