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 Jules Laforgue

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Sigismond
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MessageSujet: Jules Laforgue   Mer 3 Avr 2013 - 3:02


La statue de Jules Laforgue à Tarbes.

Né en Uruguay, à Montevideo (Comme Ducasse/Lautréamont), en 1860 mort à Paris en 1887 d'une phtisie pulmonaire.
Son père, Charles, d'origine Tarbaise, est professeur de lettres dans une institution privée puis abandonne l'enseignement pour entrer dans une banque d'affaires tournée vers la colonie française de Montevideo. Sa mère, Pauline née Lacolley, est fille d'un industriel Havrais possédant des intérêts en Uruguay (une manufacture de chaussures). Jules est le second à naître derrière l'aîné Emile, d'une fratrie qui comptera onze enfants.

En 1866 Mme Laforgue et ceux de ses enfants alors nés se rendent de Montevideo à Bordeaux (soixante quinze jours de voilier) puis à Tarbes.
Ils y sont rejoints en 1867 par Charles Laforgue, qui repart en Uruguay avec Mme, confiant à des cousins de Tarbes Emile et Jules.

1869, il entre au Lycée de Tarbes, y passera six années en ne décrochant qu'un prix (d'éducation religieuse) et croisant le chemin d'un tout jeune maître d'étude, Théophile Delcassé, qui sera plus tard ministre des affaires étrangères.

1875, la famille Laforgue rentre définitivement en France, elle compte dix enfants, cinq garçons et cinq filles, un petit onzième (Albert) naîtra en novembre 1875.

1876, les Laforgue quittent Tarbes pour Paris, et Jules poursuit ses études au Lycée Fontanes (aujourd'hui Condorcet).

1877, Pauline Laforgue décède à trente-huit ans d'une pneumonie, trois mois après une fausse-couche. Jules échoue au baccalauréat, selon sa soeur Marie il s'y présentera sans succès trois fois, atteignant l'oral une fois et échouant pour cause de timidité paralysante, sous l'oeil de son père qui "souffrait de voir patauger son fils".

1879, peu après un déménagement intra-Paris, Charles retourne s'installer à Tarbes avec les huit plus jeunes, et laisse l'appartement de Paris à Jules et Marie, l'aîné Emile étant sous des drapeaux.
Via des amis des années tarbaises, Jules publie à Toulouse quelques poèmes dans de petites revues (La Guêpe, l'Enfer), sous son nom ou sous le pseudonyme d'Ouraphle. Il lit beaucoup de poésie (Leconte de Lisle, Louise Ackermann, Sully Prudhomme, Henri Heine), aussi des traités de philosophie et des ouvrages scientifiques, tout en renonçant aux études.

1880 il rejoint le célèbre cercle littéraire des Hydropathes, de qui naîtra le déferlant mouvement symboliste.
A peu près concomitamment il se détourne de l'église, cesse d'entretenir sa Foi. Premières amitiés et "réseau" littéraire (Goudeau, Charles Cros, Paul Bourget, etc...).
Les fiancés de Noël paraissent dans La Vie Moderne (un 25 décembre, de circonstances !).

1881 Laforgue suit les cours d'esthétique de Taine à l'Ecole des Beaux-Arts. Il fréquente musées et artistes-peintres. Fait la rencontre de Charles Ephrussi, directeur de la Gazette des Beaux-Arts, qui l'engage comme secrétaire. Il compose Stéphane Vassiliew (nouvelle). La Vie Moderne le publie à deux reprises pour des textes en prose, bien qu'il écrive surtout de la poésie. Marie quitte Paris pour Tarbes où leur père est malade et Jules, n'ayant plus de quoi entretenir l'appartement commun, déménage pour un petit meublé et vit sans le sou.
Publication de Ballade de retour en septembre dans l'Art et la Mode. Aux Hydropathes, Paul Bourget, ayant appris qu'un poste de lecteur de français auprès de l'Impératrice d'Allemagne à Berlin se libère, intervient auprès du détenteur démissionnaire du poste, et, avec l'aide d'Ephrussi, obtient que la candidature Laforgue soit agréée.
A sa nomination et en plein préparatifs de départ, son père décède et il ne peut se rendre aux funérailles.
Fin novembre il est présenté à l'Impératrice Augusta, et commence ses fonctions le lendemain. Royalement appointé, un appartement au Prinzesinen Palais de Berlin, nourriture et un domestique particulier.
Sa mission ? Donner lecture à l'Impératrice une heure chaque soir, parfois aussi en fin de matinée, d'une revue de presse française des meilleurs articles parus chaque jour, concoctée par Laforgue.
Il commence la série des Pierrots et celles des Complaintes (qui vont s'entre-mêler). Ecrit un roman (perdu) et quelques nouvelles (elles aussi disparues).

1883 est la grande année de composition des Complaintes, qu'il cherche à publier en 1884, sans succès, après diverses embrouilles avec différents éditeurs (devis d'impression trop élevé, éditeur voulant trop remanier l'oeuvre, etc...). Vacances à Tarbes à la fin de l'été et séjour à Paris en septembre.

Février 1885 il a -enfin- les premières épreuves des Complaintes, qu'il retouche beaucoup. Sortie (publication) fin juillet.
Laforgue écrit l'ensemble de poèmes réunis sous le titre L'Imitation de Notre-Dame La Lune (parution en novembre). Il achève aussi plusieurs de ses Moralités Légendaires.

1886 Il façonne un projet un peu plus fourni que Complaintes, d'une soixantaine de poèmes, intitulé Des Fleurs de bonne volonté. Le 12 juillet paraît le Concile Féérique.
Laforgue signe une traduction de "leaves of grass" de Whitman.
Il prépare aussi sa démission et son départ définitif de Berlin.
Les nouvelles revues littéraires (Le Décadent, Le Symboliste, La Revue Indépendante) le publient régulièrement, "et même le recherchent".

1887 Il passe trois jours en Angleterre pour se marier à Leah Lee, jeune anglaise rencontrée au début 1886 à Berlin. Il écrit à sa soeur Marie combien il est fatigué de traîner sans cesse un vieux rhume. En réalité, c'est beaucoup plus grave. Il passe juillet...au coin du feu de cheminée (sic !), tout en faisant des projets de villégiature.
Il échoue à publier Berlin. la Cour et la ville (récit, chroniques). Ce texte ne paraîtra qu'en 1922 !
Jules Laforgue décède le 20 août 1887, soit quatre jours après ses vingt-sept ans.
Ses obsèques, à Bagneux, sont suivies par neuf personnes: son épouse, son frère Emile, le musicien Belge (connu à Berlin) Théo Ysaye, le peintre Georges Seurat, cinq écrivains membres ou proches des Hydropathes: Paul Bourget, Gustave Kahn, Félix Fénéon, Jean Moréas et Paul Adam.
Son épouse ne lui survivra pas un an, victime de la même maladie, le 6 juin 1888.






Un dandy grinçant mais attendri, un travailleur en mouvement, en perpétuelle recherche. Il ne fige pas, ne grave pas dans le marbre. En témoignent ses brouillons et sa méthode de travail: Il retouchait sans cesse ses textes et ses vers, et conservait brouillons et états successifs de ses poèmes.
Ses fonds de tiroir et autres papelards à nourriture de corbeille à papier ne sont pas dénués d'intérêt.
Peu publiée de son vivant, éparpillée et reconstituée post-mortem, cette oeuvre est pour l'essentiel -la quasi totalité des textes marquants- à classer dans la poésie.
Il naît au siècle notoire de la poésie française: contemporain, donc, de Verlaine, Mallarmé, Rimbaud, Leconte de Lisle, José-Maria de Heredia, etc...

Laforgue vaut mieux que"faire époque" dans le wagon des seconds couteaux. Sa production est féconde pour peu qu'on tienne compte de sa brièveté. Elle est fauchée à l'envol, en phase de décollage.
Ceci et ses douceâtres et astringentes ironies mélancoliques, ses sarcasmes douloureux, ajoutés à sa trajectoire de vie, le feraient labelliser poète maudit comme les temps ont pu en raffoler, et en raffolent peut-être encore, si ce n'était cette période "impériale", qui pourtant lui assura aide, sécurité matérielle, temps libre, donc conditions idéales pour composer. Pour être "Maudit" majuscule, eût-il fallu qu'il ne dépassât point les caniveaux de Montmartre ?

En tous cas, sur l'humus du romantisme, avec un rayon de Parnasse qui filtre la baudelairienne "coupole spleenétique du ciel", nous avons là un grand du symbolisme naissant, et à ne pas enfermer dans cette seule étiquette.
Si Rimbaud est un boute-feux (selon Alain Borer), alors Laforgue n'est-il pas l'aquilon aux grands carrefours dégarnis, qui pousse vers la direction inconnue ?

Vers dégingandés, tordus et remâchés au maximum des possibilités de la forme classique du sonnet, césures novatrices de rupture et de scansion, autres que heptamimères ou hephtémimères, goût de la rime croisée plutôt que plate.
Allitérations de haute tension, couleur.

Mais aussi (et c'est très contrastant !) ritournelles, airs de rue, entêtantes petites musiques, qu'on dirait enfantines ou adolescentes jusqu'à ce que, au détour d'un mot...

Mais encore des vers libres, pour le moins avant-gardistes.

Quelques poésies, pour illustrer, et parce qu'elles valent mieux que de longs discours...plus tard ou demain !
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Constance
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Mer 3 Avr 2013 - 14:02

Bonne idée que ce fil, Sigismond ! sourire J'y apporterai sans doute ma contribution.
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bix229
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Mer 3 Avr 2013 - 16:06

Merci Sigismond !

J' ai très souvent présenté ici des poèmes de Laforgue. Mélancoliquement léger, reveur lunaire, et dont les complaintes ont le charme frele des orgues de barbarie...

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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Jeu 4 Avr 2013 - 5:28

bix229 a écrit:
Merci Sigismond !

J' ai très souvent présenté ici des poèmes de Laforgue. Mélancoliquement léger, reveur lunaire, et dont les complaintes ont le charme frele des orgues de barbarie...
En une phrase, bix229 appelle de longs commentaires !
"Lunaire", "complaintes" "charme frêle des orgues de barbarie", c'est tout à fait ça !

A quel endroit puis-je trouver tes présentations de poèmes de Laforgue ?

Un sonnet classique pour commencer, bien dans le goût, qui "fait époque":


Sur l'Hélène de Gustave Moreau

Frêle sous ses bijoux, à pas lents, et sans voir
Tous ces beaux héros morts, dont pleurent les fiancées,
Devant l'horizon vaste ainsi que ses pensées,
Hélène vient songer dans la douceur du soir.

« Qui donc es-tu, Toi qui sèmes le désespoir? »
Lui râlent les mourants fauchés là par brassées,
Et la fleur qui se fane à ses lèvres glacées
Lui dit : Qui donc es-tu ? de sa voix d'encensoir.

Hélène cependant parcourt d'un regard morne
La mer, et les cités, et les plaines sans borne,
Et prie : « Oh! c'est assez, Nature! reprends-moi!

Entends ! Quel long sanglot vers nos Lois éternelles! »
- Puis, comme elle frissonne en ses noires dentelles,
Lente, elle redescend, craignant de « prendre froid ».


Hélène de Troie - Gustave Moreau
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bix229
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Jeu 4 Avr 2013 - 15:53

Dans les Coups de coeur pétiques, il y a beacoup d' excellents poèmes et noatamment ceux qu' a présentés Constance. Tu nous diras ce que tu en penses et tu pourras en présenter aussi...

Il y en a aussi au nom de l' auteur, comme celui que tu viens de crééer.

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Sigismond
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Jeu 4 Avr 2013 - 15:55

Sur le droit fil de la modernité (se reporter à la date), une musicalité frêle (le mot de bix229 est tout justesse), peut-être plus exactement une mélodie, le "rayon Parnassien à travers la coupole spleenétique du ciel" que j'évoquais dans la présentation, rimes plates soulignant le rendu des gouttes.
Probablement entre autres, "Aux contemplations éployant leur essor" est un vers entêtant, difficile à évacuer quand on l'a en tête, et j'ai eu beau l'avoir des heures en tête je n'en ai pas fait le tour !
Quoi ?
Si, bien sûr, j'entends moi aussi le jet d'eau, et vous ? :


Derniers soupirs d'un parnassien

Klop, klip, klop, klop, klip, klop.
Goutte à goutte égrenant son rythmique sanglot
Aux vasques du bassin où l'eau dort immobile
Un jet d'eau trouble seul la nuit calme et tranquille.
Quel silence! On dirait que ce globe assoupi
Sur des flots de velours glisse dans l'infini.
Là-haut, criblant l'Espace à des milliards de lieues,
Pèlerins ennuyés des solitudes bleues,
Sans souci des martyrs qui grouillent sur leurs flancs,
Enchevêtrant sans fin leurs orbes indolents,
- Oasis de misère ou cadavres de mondes -
Les sphères d'or en chœur circulent vagabondes.
Mon être, oublions tout! lâchons les rênes d'or
Aux contemplations éployant leur essor
Les strophes en mon sein battent déjà de l'aile...
À quoi bon les plier dans un mètre rebelle!
Je ne veux rien savoir, le vertige énervant
Me berce dans les plis de son gouffre mouvant...
Je me fonds doucement.., je suis mort, rien.., je doute
Si j'entends le jet d'eau ponctuer goutte à goutte
Le silence éternel d'un rythmique sanglot
Klop, klip, klop, klop, klip, klop...

Bibliothèque Sainte-Geneviéve, 21 avril 1880.
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bix229
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Jeu 4 Avr 2013 - 16:14

Un peu au hasard, je feuillette, et je vous cite quelques vers de Complainte du pauvre Chevalier-errant. Je déteste tronçonner un poème. Mais la fatigue a de ces justifications...

Complainte du pauvre Chevalier-errant

Jupe des quinze ans,aurores de femmes,
Qui veut, enfin, des palais de mon ame ?
Perrons d' oeillets blancs, escaliers de flamme,
Labyrinthes alannguis
Edens qui
Sonneront, sous vos pas reconnus, des airs reconquis.
....................................................................................................

Nous organiserons de ces parties !
Mes caresses naivement serties,
Mourront, de ta gorge aux vierges hosties,
Aux amandes de tes seins !
O tocsins,
Des coeurs dans le roulis des empilements de coussins.

Tu t' abandonnes au Bon, moi j' abdique;
Nous nous comblons de nos deux Esthétiques;
Tu condimentes mes piments mystiques,
J' assassine tes saisons;
Nous blasons,
A force d' étapes sur nos collines, l' Horizon !
......................................................................................;;

- Mais j' ai beau parader, toutes s' en fichent !
Et je repars avec ma folle affiche,
Boniment incompris, piteux sandwiche :
Au Bon Chevallier-errant,
Restaurant,
Hotel meublé, Cabinets de lecture, pris courants.

On peut reconnaitre dans ces vers la naiveté de l' amoureux transi qu' était Laforgue. Très amoureux des femmes, mais d' un peu loin, d' où cette mélancolie gouailleuse.


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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Ven 5 Avr 2013 - 2:05

bix229 a écrit:
Dans les Coups de coeur pétiques, il y a beacoup d' excellents poèmes et noatamment ceux qu' a présentés Constance. Tu nous diras ce que tu en penses et tu pourras en présenter aussi...

Il y en a aussi au nom de l' auteur, comme celui que tu viens de crééer.
ça y est, j'ai
cité par bix229 a écrit:

Encore un livre ; o nostalgies
Loin de ces très goujates gens,
Loin des saluts et des argents,
Loin de nos phraséologie !

Encore un de mes pierrots morts ;
Mort d' un chronique orphelinisme ;
C' était un coeur plein de dandysme
Lunaire, en un drole de corps.

Les dieux s' en vont ; plus que des hures ;
Ah ! ça devient tous les jours pis ;
J' ai fait mon temps, je déguerpis
Vers l' Inclusive Sinécure !
cité par bix229 a écrit:

DIMANCHES

J' aurai passé ma vie à faillir m' embarquer
Dans de bien funestes histoires,
Pour l' amour de mon coeur de gloire !...
- Oh qu' ils sont chers, les trains manqués
Où j' ai passé ma vie à faillir m' embarquer !...

Mon coeur est vieux d' un tas de lettres déchirées,
O Répertoire en un cercueil
Dont la Poste porte le deuil !...
- Oh ! ces vieilles échauffourées
Où mon coeur s' entrainait par lettres déchirées !...

Tout n' est pas dit encor, et mon sort est bien vert.
O Poste, automatique Poste,
O yeux passants fous d' holocaustes,
Oh ! qu' ils sont là, vos airs ouverts !...
Oh ! comme vous guettez mon destin encor vert !

(Une pourtant, je me rapelle,
Aux yeux grandioses
Comme des roses,
Et puis si belle !...
Sans nulle pose.
Une voix me criait : "C' est elle ! Je le sens ;
Et puis elle te trouve si interessant !
- Ah ! que n' ai-je preté l' oreille à ses accents !...)
'Rien à voir, mais content de trouver aussi du Vladimir Maïakovski dans cet excellent fil, que je ne peux pas parcourir, ou lire vite (je lis très lentement, très très lentement même la poésie): Un fil comme ça, ça va me faire trois mois !

Disons-le tout de suite, "Les Complaintes" ne sont pas ma partie préférée de l'oeuvre de Laforgue. Petite curiosité, avais-tu remarqué qu'il est question de chevalier errant (Chevalier-Errant exactement, le trait d'union comme les majuscules doivent avoir leur importance pour Laforgue) dans une autre complainte, celle de l'ange incurable ?

Citation :

Complainte de l'ange incurable

Je t'expire mes cœurs bien barbouillés de cendres ;
Vent esquinté de toux des paysages tendres !

Où vont les gants d'avril, et les rames d'antan ?
L'âme des hérons fous sanglote sur l'étang.

Et vous, tendres
D'antan ?

Le hoche-queue pépie aux écluses gelées ;
L'amante va, fouettée aux plaintes des allées.

Sais-tu bien, folle pure, où sans châle tu vas ?
-Passant oublié des yeux gais, j'aime là-bas...

-En allées
Là-bas !

Le long des marbriers (Encore un beau commerce ! )
Patauge aux défoncés un convoi, sous l' averse.

Un trou, qu'asperge un prêtre âgé qui se morfond,
Bâille à ce libéré de l'être; et voici qu'on

Le déverse
Au fond.

Les moulins décharnés, ailes hier allègres,
Vois, s'en font les grands bras du haut des coteaux maigres!

Ci-gît n'importe qui. Seras-tu différent,
Diaphane d'amour, ô Chevalier-Errant?

Claque, ô maigre
Errant !

Hurler avec les loups, aimer nos demoiselles,
Serrer ces mains sauçant dans de vagues vaisselles !

Mon pauvre vieux, il le faut pourtant ! Et puis, va,
Vivre est encor le meilleur parti ici-bas.

Non ! vaisselles
D'ici-bas !

Au-delà plus sûr que la Vérité ! Des ailes
D'Hostie ivre et ravie aux cités sensuelles !

Quoi? Ni Dieu, ni l'art, ni ma Sœur fidèle; mais
Des ailes ! Par le blanc suffoquant ! à jamais,

Ah ! Des ailes
A jamais !

-Tant il est vrai que la saison dite d'automne
N'est aux cœurs mal fichus rien moins que folichonne.

Un vers ? "patauge aux défoncés un convoi, sous l'averse".
La délicate petite allitération légère (toujours la légèreté Laforguienne) en "v", "rompue" par la virgule, est peut-être la clef:
Rien qu'à dire ce vers "chutant" à voix haute, on est dans la gadoue, on ressent le convoi pataugeant...
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Ven 5 Avr 2013 - 16:09

Chacun lit à son rythme, Sigismond. Mais pour un peu, je feras l' éloge de la lenteur. C' est la lenteur qui te permet de saisir les nuances et les subtilités du style de Laforgue.

Flaner dans la nature permet de rever en marchant ou de saisir les détails autour de soi. Très près et aussi très loin. Je lis plus lentement (je prends des notes, je relis des passages...) depuis que je participe à ce forum et j' ai l' impression de lire mieux...
En revanche, je suis hanté contradictoirement par la certitude que je ne lirai jamais ce que je voulais. Meme de très loin...

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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Ven 5 Avr 2013 - 17:16

bix229 a écrit:
Chacun lit à son rythme, Sigismond. Mais pour un peu, je feras l' éloge de la lenteur. C' est la lenteur qui te permet de saisir les nuances et les subtilités du style de Laforgue.

Flaner dans la nature permet de rever en marchant ou de saisir les détails autour de soi. Très près et aussi très loin. Je lis plus lentement (je prends des notes, je relis des passages...) depuis que je participe à ce forum et j' ai l' impression de lire mieux...
En revanche, je suis hanté contradictoirement par la certitude que je ne lirai jamais ce que je voulais. Meme de très loin...

Oui la nature est un excellent support pour se rapprocher de l'essentiel : combien de fois il m'est arrivé d'obtenir des réponses à des questionnements personnels ....et cela s'est fait à mon insu .....
Mais tout comme toi Bix , bien que je ressens le besoin d'approfondir les choses , d'essayer de tirer la "substantifique moelle " de tout ce que je lis , je ne peux me départir de ce sentiment de frustration en sachant que je ne pourrais jamais lire tout ce que je voudrais ! Du reste je sais que malgré une lecture "consciencieuse " , lente , dans l'imprégnation , chaque livre que je referme recèle encore des interprétations qui m'auront échappées , des petits trésors cachés dans quelque recoin que je n'aurai su découvrir ..... Car chaque lecture correspond à un moment et c'est dans ce moment précis que celle ci prend son sens ..... et donc un seul livre est dépositaire d'un nombre infini d'interprétations , rien que d'y penser ça nous ramène à notre petitesse !
Bon ça va loin tout ça et peut-être que je complique trop les choses , désolée jypeurien

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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Ven 5 Avr 2013 - 18:04

Pas si compliqué que ça... C' est le vrai que le moment, l' humeur, les circonstances auront forcément une influence sur nos lectures. Mais parfois aussi, c' est notre lecture du moment qui nous inspire des pensées, des images. Et bien entendu aussi des souvenirs et meme des conduites de vie. Je pense souvent à l' Autobiographie de John Cowper Powys. Ellem' a beaucoup influencé dans ma vie...

Mais on est en train de flooder, Eglantine !

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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Dim 4 Aoû 2013 - 20:55

Jules Laforgue, Moralités légendaires.

Est-ce un recueil de contes, de nouvelles, de mythes ou de fables, le point est mineur et il n'y a pas de risque de me voir essayer de trancher !

Toujours est-il que ces moralités-là sont le plus souvent dévoyées, en général sorties de leur fin connue, revisitées sous un jour nouveau qui prend le contrepied de l'histoire narrée.
Ainsi sont-elles parfois des amoralités légendaires, ou des immoralités légendaires.
Toutes les six, à l'exception très notable du miracle des roses, se rapportent à des mythes, des héros ou ou légendes tout ce qu'il y a de plus notoires alors, comme -je le crois du moins !- aujourd'hui, jugez-en plutôt, rien que les titres vous évoquent du connu:

Hamlet ou les suites de la piété filiale,
Le miracle des roses,
Lohengrin, fils de Parsifal,
Salomé,
Pan et la Cyrinx ou l'invention de la flûte à sept tuyaux,
Persée et Andromède ou le plus heureux des trois,


Puis un appendice "à propos de Hamlet", enfin un bref texte, quatre pages, dédié à Gustave Kahn, intitulé "l'Aquarium" du moins dans l'édition dont je dispose (Gallimard / Folio).

Le plus connu des six textes des moralités est Hamlet ou les suites de la piété filiale, qui ouvre d'ailleurs l'ouvrage. C'est le plus commenté et de très loin, ainsi que votre moteur de recherches vous le confirmera, et cette version-là de Hamlet a longtemps tournée (et tourne peut-être même encore) sur les tréteaux des théâtres. Dans l'appendice Laforgue nous apprend qu'il fut conçu à Elseneur au Danemark, sur les lieux-mêmes donc, autour d'un premier janvier froid, pluvieux, morne.

Mais les cinq autres ne sont pas des faire-valoir, pas là pour faire nombre.
Surtout ne pas imaginer le joyau solitaire serti, et quelques brillants autour pour habiller le bijou.

Elles sont de même qualité, de même portée.
Hamlet fascine plus les commentateurs (et sans doute les lecteurs) que Pan, Salomé ou Andromède ? Et alors ? Que voulez-vous que ça me fasse Laughing ?

Sur les six moralités:
Il serait stérile, à mon humble avis, mais on peut bien sûr en discuter, d'opposer les versions les plus notoires des mythes, légendes, "gestes" etc... ayant trait à Hamlet, Lohengrin, Pan, Salomé, Andromède et Persée, etc...à ce qu'en fait Laforgue. Allez je me mouille un peu plus: Ce serait, à mon sens, passer complètement à côté de l'ouvrage. Il se suffit à lui-même et les inattendus de narration ou des finales est à considérer davantage comme un procédé narratif, très hydropathe, c'est-à-dire parfois potache au fond, ravi du tour joué en tous cas, du foulage au pied des finales convenues de toutes ces histoires loin d'être neuves.
Par exemple, un simple exemple, les anachronismes flagrants, désarmants de Salomé sont-ils assez gros pour qu'on ne prenne pas le pied de la lettre dans ce domaine ?

N'instrumentalisons donc pas à l'excès le "où Laforgue veut-il en venir ?".
Contentons-nous des splendeurs de son écriture exquise, et aussi peut-être de tenter, un jour, dans un message plus ambitieux que celui-ci, de tenter un laïus sur la femme dans l'oeuvre de Laforgue, à commencer par la femme dans les moralités.    

Contentons-nous enfin de faire le lien avec les artistes et les oeuvres qui "habitaient" alors Laforgue: Shakespeare ça va de soi, Richard Wagner ça va aussi de soi, sans aucun doute (en tout cas je m'y hasarde) Gustave Moreau (voir plus haut dans ce fil) auteur de plusieurs Salomé, dont celle-ci, passablement "déflagrante":

Détail:

Ou encore celle-ci:





La forte présence d'un autre Gustave, Flaubert, se fait ressentir aussi, moins sûr de moi j'ai une intuition sur Le Titien.
Et nous n'oublierons pas celui qu'il a cité en en-tête d'une moralité:
Un certain Arthur Rimbaud: Et oui. Notez qu'il fallait être passablement averti (et sans doute beaucoup plus encore !) pour citer Rimbaud en 1886.
Athur Rimbaud, cité en ouverture de Lohengrin, fils de Parsifal a écrit:
A côté de son cher corps endormi, que d'heures des nuits j'ai veillé, cherchant pourquoi il voulait s'évader de la réalité.
Puisqu'on en est à recenser les citations de frontispice, Hamlet est précédé de ces simples mots: "c'est plus fort que moi", et sans aucun doute ce n'est pas une citation mais l'auteur qui parle; et Salomé de "Naître, c'est sortir; mourir c'est rentrer" (Proverbes du Royaume d'Annam recueillis par le Père Jourdain, des Missions Etrangères, est-il précisé).
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Dim 4 Aoû 2013 - 21:03

Sigismond a écrit:
Elles sont de même qualité, de même portée.
Hamlet fascine plus commentateurs (et sans doute lecteurs) que Pan, Salomé ou Andromède ? Et alors ? Que voulez-vous que ça me fasse Laughing ?
Il n'y a pas beaucoup de livres que j'ai laissé tomber, mais celui-ci... Je n'ai vraiment, mais alors vraiment pas accroché du tout...No
C'est peut-être un livre qui ne laisse sans doute pas indifférent...
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Dim 4 Aoû 2013 - 21:44

Lequel, eXPie ? Hamlet ou les Moralités Légendaires sourire ?
Allons-y pour un petit extrait, alors encouragement .

Laforgue, Hamlet ou les suites de la piété filiale: a écrit:

L'assise de la tour où le jeune et infortuné prince s'est décidément arrangé pour vivre, croupit au bord d'une anse stagnante où le Sund s'arrange aussi pour envoyer moisir le moins clair de l'écume d'épaves de ses quotidiens et impersonnels travaux.
Ô pauvre eau stagnante ! Les flottilles des cygnes royaux à l'oeil narquois n'y font guère escale. Du fnd vaseux de paquets d'herbages, là, montent, aux pluvieux crépuscules, vers la fenêtre de ce prince si humain, les choeurs d'antiques ménages de crapauds, râles glaireux expectorés par de catarrheux vieillards dont un rien de variation atmosphérique dérange les rhumatismes ou les gluantes pontes. Et les derniers remous des bateaux laborieux viennent troubler à peine, non plus que les perpétuelles averses, la maladie de peau de ce coin d'eau mûre, oxydée d'une bave de fiel balayée (comme de la malachite liquide), cataplasmée çà et là de groupes de feuilles plates en forme de coeur autour de rudimentaires tulipes jaunes, hérissée çà et là de maigres bouquets de jonc fleuris de frêles ombelles semblables, entre parenthèses, à la fleur de la carotte dans nos climats.
Ô pauvre anse ! Crapauds chez eux, floraisons inconscientes. Et pauvre coin de parc ! bouquets dont les jeunes femmes se débarrassèrent comme minuit tintait. Et pauvre Sund ! flots abrutis par les autans inconstants, nostalgies bornées par les bureaux très quotidiens du Fortimbras d'en face !...

C'est pourquoi (sauf orages) ce coin d'eau est bien le miroir de l'infortuné prince Hamlet, en sa tour paria, dont l'une montre en gris souillé les ciels, le large, et l'existence sans issue, et l'autre est ouverte à la plainte perpétuelle du vent dans les hautes futaies du parc.
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MessageSujet: Re: Jules Laforgue   Dim 4 Aoû 2013 - 22:26

Extraits, suite. C'est juste soulever un bref instant le couvercle du coffre au trésor, histoire que vous puissiez bien imaginer, bien vous rendre compte que ce coffre-là contient quelques précieux petites pièces, qui se suffisent à elles-mêmes.
C'est mieux que si je m'emballe à écrire "la charge poétique de ce livre est encore une fois, chez Laforgue, exquise et immense" ou quelque chose d'approchant rire !:
Laforgue, Le Miracle des roses a écrit:
Allons, ainsi qu'en un rêve qui interrompt, pour une saison ou deux, ses voyages personnels et son développement de héros, le bon Patrick suit, d'un oeil fataliste, les mourantes mourantes aurores des taches hectiques aux pommettes de sa soeur et les lunules de sang à ses mouchoirs. Il ne vit que penché sur le bord de ses yeux, tantôt aigus comme ceux des inapprivoisables oiseaux des Atlantiques, tantôt en brouillard de goudron, et penché sur les veines bleuâtres de ses tempes, bleuâtres comme des éclairs de chaleur, et la servant à table, la promenant, lui apportant chaque matin un bouquet sans soucis, lui montrant des images coloriées, lui jouant au piano des petites choses norwégiennes d'un album de Kjerulf, lui faisant des lectures d'une voix toute spontanée.

En en-tête de cette moralité, la seule sans référence à une histoire, un mythe, une légende, enfin quelque chose de connu, Laforgue cite...Darwin (!):
Citation :
L'autre semis de sensitives se comporta d'une manière un peu différente, car les cotylédons s'abaissèrent dans la matinée jusqu'à 11 heurs 30, puis s'élevèrent; mais après-midi 10, ils tombèrent de nouveau. Et le grand mouvement ascensionnel de la soirée ne commença qu'à 1 heure 22

Continuons:
Laforgue, Lohengrin, fils de Parsifal a écrit:
Les Valves d'or du Tabernacle déhiscent, et c'est l'Ostensoir à patène de lune, démailloté de ses langes, présenté sur un manuterge.
Ils en communient éperdûment, sans regards réciproquement obliques.
- Oh ! dit Lohengrin, pour ma part je suffoque sous tes yeux !
Il mouille de longues larmes lustrales les linges de la Sainte-Table.

Laforgue, Pan et la Syrinx ou l'invention de la flûte à sept roseaux a écrit:
Et Pan, le coeur crevé d'une vaste tristesse primitive, la regarde qui s'en va ! et qui ne se retourne pas. Il reste là, soudain abattu et grand misérable comme à la révélation de l'état de misère et de souillure où décidément l'on vit. Qu'elle est pure, ainsi, bondissante et regardant droit devant elle ! Pauvre Pan ! Oh ! il vient de lui passer sur le coeur, d'un éclair, la révélation de la grande et légendaire douleur de Cérès parcourant toute la terre et mendiante, interrogeant les bergers, cherchant sa fille Proserpine disparue un matin comme elle faisait un bouquet de fleurs pour sa mère.

Amour ! Amour ! Veux-tu donc que je sèche sur place, sans un mot, sans un vers ?

Laforgue, Persée et Andromède a écrit:
La mer, cette après-midi, est quelconque, vert-sombre à perte de vue; moutonnement à perte de vue d'innombrables écumes si blanches s'allumant, s'éteignant, se rallumant, comme un innombrable troupeau de brebis qui nagent et se noient, et reparaissent, et jamais n'arrivent, et se laisseront surprendre par la nuit. Et par là-dessus, les ébats des quatre vents, leurs ébats pour l'amour de l'art, pour le plaisir de tuer cette après-midi à fouetter, en poussières qui s'irisent, les crêtes d'écume. Oh ! qu'un rayon de soleil passe et c'est sur le dos des vagues la caresse d'un arc-en-ciel comme une riche dorade qui a monté un instant et aussitôt replonge, stupidement méfiante.
Et c'est tout. Ô patrie imméritée et monotone ! ...


Dernière édition par Sigismond le Dim 4 Aoû 2013 - 23:04, édité 1 fois
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