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 Seamus Heaney

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Cassandre
Espoir postal


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MessageSujet: Seamus Heaney   Jeu 2 Mai 2013 - 11:52

Né le 13 avril 1939 dans le comté de Derry, Irlande du Nord.
Prix Nobel de littérature en 1995.




L’île parabole
Bien qu’ils soient une nation occupée
et que leur seule frontière soit terrestre
ils ne le cèdent à personne dans leur conviction
que le pays est une île.

Quelque part dans le grand nord, dans une région
que les gens d’ici imaginent être 'la côte',
gît la montagne des noms changeants.

Ses occupants l’appellent Cap Basalte.
Le Tombeau du soleil disent les fermiers de l’est.
Et les ivrognes de l’ouest Mamelle de l’orphelin.

Pour connaître sa position le voyageur
doit écouter sans cesse – il n’y a pas de carte
pour fixer la frontière qu’il sait avoir franchie.

Et la langue fourchue des habitants répète
des prophéties qu’ils prétendent ne pas croire
à propos d’un point dans la profondeur de la montagne
où tous les noms convergeraient et d’où, un jour,
ils extrairont le miner
ai de la vérité.

Seamus Heaney
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animal
Tête de Peluche


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MessageSujet: Re: Seamus Heaney   Jeu 2 Mai 2013 - 22:36

Comme j'avais oublié le fil Beowulf, curieux je suis allé cherché un bout de bio, que j'ai survolé, mais surpris notamment par la génération et l'origine...


From The Frontier Of Writing

The tightness and the nilness round that space
when the car stops in the road, the troops inspect
its make and number and, as one bends his face

towards your window, you catch sight of more
on a hill beyond, eyeing with intent
down cradled guns that hold you under cover

and everything is pure interrogation
until a rifle motions and you move
with guarded unconcerned acceleration—

a little emptier, a little spent
as always by that quiver in the self,
subjugated, yes, and obedient.

So you drive on to the frontier of writing
where it happens again. The guns on tripods;
the sergeant with his on-off mike repeating

data about you, waiting for the squawk
of clearance; the marksman training down
out of the sun upon you like a hawk.

And suddenly you're through, arraigned yet freed,
as if you'd passed from behind a waterfall
on the black current of a tarmac road

past armor-plated vehicles, out between
the posted soldiers flowing and receding
like tree shadows into the polished windscreen.



j'en ai lu un ou deux autres mmmmh... je ne dirai pas que j'accroche mais le positionnement a l'air de pouvoir être intéressant. j'espère qu'on va en savoir un peu plus !

_________________
Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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eXPie
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MessageSujet: Re: Seamus Heaney   Ven 30 Aoû 2013 - 18:28

Seamus Heaney, 13/04/1939 - Dublin, 30/08/2013.
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MessageSujet: Re: Seamus Heaney   Dim 1 Sep 2013 - 19:19

The Haw Lantern

The wintry haw is burning out of season,
crab of the thorn, a small light for small people,
wanting no more from them but that they keep
the wick of self-respect from dying out,
not having to blind them with illumination.

But sometimes when your breath plumes in the frost
it takes the roaming shape of Diogenes
with his lantern, seeking one just man;
so you end up scrutinized from behind the haw
he holds up at eye-level on its twig,
and you flinch before its bonded pith and stone,
its blood-prick that you wish would test and clear you,
its pecked-at ripeness that scans you, then moves on.

The Haw Lantern, 1987


La Lanterne de l'aubépine

La cenelle hivernale brûle hors de saison
pomme de l'épine, humble clarté pour les humbles
n'attendant rien d'eux sinon qu'ils veillent
à garder vive la mèche de la dignité,
sans avoir à les aveugler d'illuminations.

Mais parfois dans le gel quand s'emplume l'haleine
elle prend la forme errante de Diogène
avec sa lanterne, recherchant un juste;
et tu te vois scruté derrière la cenelle
qu'il lève à hauteur des yeux sur son rameau,
et tu recules devant sa chair soudée au noyau,
sa piqûre au sang (qu'elle te juge et te disculpe!),
sa maturité becquetée qui te sonde, puis qui passe.

© traduction de Gérard Clavier, La Lanterne de l'aubépine, 1996
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swallow
Sage de la littérature


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MessageSujet: SEAMUS HEANEY   Jeu 5 Sep 2013 - 14:00

Puisqu´il il vient de disparaître á Dublin...

Seamus Heaney sur l´indifférence, " disregard" en anglais, et le mot est peut-être encore plus beau?
 
 
Citation :
Menthe

Bouquet de petites orties poussiéreuses,
Herbes folles au flanc de la maison,
Elle poussait derrière les déchets et les bouteilles vides,
Jamais verdoyante, presque invisible.

Disons-le : elle était aussi une promesse,
Une fraîcheur dans l’arrière-cour de notre vie,
Quelque chose d’inachevé mais de tenace
Qui flânait parmi les allées vertes.

Petits coups de ciseaux, lumière du dimanche
Matin où l’on coupait la menthe avec amour :
Restera cela même qui m’échappe aujourd’hui.
Donnez leur liberté aux choses qui survivent.

Que les odeurs de menthe se fassent capiteuses, démunies,
Prisonnières qu’on libère en cette cour,
Victimes de notre indifférence que nous condamnons
Pour les avoir trahies par notre indifférence.


Mint

It look like a clump of small dusty nettles
Growing wild at the gable of the house
Beyond where we dumped our refuse and old bottles :
Unverdant ever, almost beneath notice.

But, to be fair, it also spell promise
And newness in the back yard of our life
As if something callow yet tenacious
Sauntered in green alleys and grew rife.

The snip of scissors blades, the light of Sunday
Mornings when the mint was cut and loved :
My last things will be first things slipping from me.
Yet let all things go free that have survived.

Let the smells of mint go heady and defenceless
Like inmates liberated in that yard.
Like the disregarded ones we turned against
Because we’d failed them by our disregard.
 
Seamus Heaney, L’étrange et le connu, traduit de l’anglais (Irlande) par Patrick Hersant, Gallimard, 2005, p. 25 et 24


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