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 Paul Blackburn

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animal
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MessageSujet: Paul Blackburn   Mer 8 Mai 2013 - 19:57



Paul Blackburn (1926-1971)


Paul Blackburn est assez peu, voire pas, connu, en France. Il a pourtant influencé de nombreux poètes américains, tant par ses écrits et ses traductions que par le soutien sans relâche qu’il a offert à nombre d’entre eux, organisant des rencontres, des lectures, etc. De son vivant, il a publié treize recueils et traduit quelques oeuvres majeures de l’espagnol, notamment les nouvelles de Cortazar (dont il fut quelque temps l’agent littéraire pour les Etats-Unis) et les poèmes de Lorca. L’ensemble de son oeuvre personnelle a été réuni par Persea Books, New York, en 1985.


Villes, suivi de Journal (trad. Stéphane Bouquet)

Citation :
Publié en 1967, Villes est le premier livre de taille de Paul Blackburn. Il regroupe des poèmes écrits dans les années 50 et 60 et le livre est organisé si l’on peut dire géographiquement : New York – la France (qu’il n’aime pas tellement, voire qu’il déteste) – New York – l’Espagne (qu’il aime beaucoup) – New York. Les poèmes sont très majoritairement écrits autour de trois motifs : l’errance dans les rues & les parcs ; les femmes ; les voyages en train et en métro.
A partir de la fin de 1967, Paul Blackburn commença de composer des poèmes au jour le jour. Ces années-là semblent marquer une sorte de pause heureuse dans sa vie, induite par la rencontre de Joan et la naissance de son fils Carlos, en 1969, lesquels sont des personnages récurrents de ces pages. En décembre 70, on diagnostique un cancer de l’oesophage à Paul Blackburn. Il continue à écrire, et à fumer, considérant la mort avec un détachement volontaire. Après sa mort, Robert Kelly réunira les poèmes épars dans le volume de Journal.

source (bio et présentation du livre) : jose-corti.fr

Ça faisait un bout de temps que ça m'attendait depuis la soirée à la librairie (clic)et les deux autres lectures de poésie américaine (George Oppen et Objets d'Amérique). Une fois parti ça a été difficile de m'arrêter et je ne regrette pas cette quasi dévoration qui a permis à quelques récurrences de mieux m'imprégner. La ville, des femmes, le temps qu'il fait, du sexe, des oiseaux, de l'alcool, des amis, la famille, du baseball. Presque rien avec de l'humour et une attention glissante, ce qui est dans les extraits de Journal est déjà dans Villes, une espèce de vitalité, de contentement simple et curieux du moment. Dans des décors improbables ou des situations plus ou moins déglinguées il n'y en a pas moins de luminosité.

Son engagement n'apparait que par des noms amis ou la présence de son magnétophone et des lectures, tout le reste ce sont des moments, des questions, des amours (physiques et pas que).

Au fil des pages il est incontestable que cela devient une bien belle lecture. Il faut d'ailleurs saluer au passage la traduction particulièrement fluide qui coule de source, assez pour qu'on ne se pose pas mal a propos la question de la forme de l'original ou de sa musicalité. (Appréciable aussi les notes en fin recueil/partie sur les noms ou événements ou justement cette traduction).

Et à très petits pas il y a un monde derrière tout ça.

Ce qui est passé sur d'autres fils (un autre ?) :

animal a écrit:
un peu de baseball, format image pour garder la mise en page, et la désinvolture de Paul Blackburn :


animal (avec des espaces insécables c'est mieux) a écrit:

The Café Filtre

 Slowly and with persistence
 he eats away at the big steak,
 gobbles up the asparagus, its
 butter & salt & root taste,
 drinks at a glass of red wine, and carefully
                              taking his time, mops up
                the gravy with bread—
 The top of the café filtre is
 copper, passively shines back, & between
 mouthfuls of steak, sips of wine,
                          he remembers
                at intervals to
 with the flat of his hand
 the top removed,
                                        bang
 at the apparatus,
 create the suction that
 the water will
                           fall through
                           more quickly

 Across the tiles of the floor, the
 cat comes to the table  :  again.
 “I’ve already given you one piece of steak,
 what do you want from me now? Love?”
                             He strokes her head, her
 rounded black pregnant head, her greedy
      front paws slip from his knee,
      the pearl of great price
      ignored . She’s bored, he
 bangs the filtre again, its top is copper
 passively shines back .
                                                Food & wine nearly
 finished.
 He lifts the whole apparatus off the cup  .  Merciful
 God, will it never be done?                      Too cold
                                                           already
 to add cream and sugar, he offers the last
 piece of steak with his fingers  .
                           She accepts it with calm
                                       dignity,
 even delicacy  .  The coffee goes down at a gulp, it
 is black
 & lukewarm .

Paul Blackburn

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Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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