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 Erri de Luca [Italie]

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coline
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Ven 13 Juil 2007 - 22:32

J'ai trouvé ces mots d'Erri de Luca:

La chance des livres

"Hier, j'ai vu un des mes livres entre les mains d'un femme. Elle était assise dans le métro, ses doigts serraient les pages pour les immobiliser et les tournaient délicatement. J'ai compris hier que les livres ont un sort meilleur que ceux qui les écrivent. Gardés dans les bras, emportés en voyage, peut-être sur une île du Sud ou sous une tente en montagne, fixés avec intensité par deux yeux qui feraient aussitôt baisser les miens. Oui, les livres prennent du bon temps, bien plus que ceux qui les écrivent.
... Les mots que j'ai écrits ne sont plus à moi, ils sont devenus les siens. Elles les a voulus, en pêchant justement ceux-là dans le grand bazar des livres. Elle les a payés avec de l'argent prélevé sur d'autres dépenses, en se passant d'une bouteille de vin, d'une séance de cinéma, d'un concert. Ils ont pour elle une valeur ajoutée, celle de remplacer des choses plus agréables qu'un livre. Et maintenant, là sur ses genoux, feuilletés par une légère caresse, ses cheveux retombant dessus. Les pages ainsi prises et tenues sont les siennes,beaucoup plus qu'elles n'ont été les miennes
."


(Le sort de l'écrivain copyright Libération 13/14 janvier 2006
Traduction Danièle Valin )
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coline
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Mar 17 Juil 2007 - 15:59

TU, MIO

Années 50…Un adolescent italien est en vacances sur une île de la Mer Thyrénienne. Le lieu est envahi l’été par les Napolitains de familles aisées et les touristes étrangers. Beaucoup sont allemands.



Les soldats américains aussi sont présents à Naples :

« Ils n'en finissaient plus avec la Libération. Dans le reste de l'Italie, il n'existait pas d'autre ville occupée par les Américains. Naples était devenue capitale de guerre de la Méditerranée. »

Le jeune homme occupe ses journées à pêcher avec Nicola, un pêcheur de l’île, sur le bateau de son oncle. En dehors de cette activité, il sort avec les amis de son cousin Daniele, plus âgé que lui.


Mais le garçon, réservé, est surtout préoccupé par tout un tas de question qu’il se pose sur la période de la guerre. Le pêcheur est le seul à bien vouloir en parler avec lui. L’homme a dû faire la guerre dans l'infanterie en Yougoslavie et ne s’en remet pas.

L’adolescent a l’impression que les autres adultes autour de lui ont plutôt envie d’oublier ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont dû faire à l’époque de la barbarie fasciste.

"Les vivants avaient durci leur silence, un cal sur la peau morte de la guerre".



Dans la bande d’amis, arrive une séduisante et mystérieuse jeune fille, Caïa. Prénom étrange dont le vieux pêcheur explique que c’est un prénom d’origine juive.
La jeune fille est orpheline et le garçon s’éprend d’elle, d’une certaine manière. Il n’a pas besoin de flirter avec elle comme les autres. Une relation va s’établir entre les deux jeunes gens qui est d’une autre nature. Caïa va trouver dans les mots et les attitudes du garçon la présence de son père disparu dans les camps. « Tu, mio » :"Tu es mien" en italien.



Les deux jeunes gens sont présents un soir avec d’autres amis dans un restaurant où des touristes allemands se mettent à entonner des chants nazis…



Le récit est assez court. Il démarre en douceur, ambiance vacances estivales, et rapidement, les événements vont apporter certaines réponses aux questions que se pose l’adolescent.

Le récit se fait plus intense, un récit "d'amour et de fureur".Le mal est décidément irréversible, c'est ce qu'il découvre.
Enfant de l'après-guerre, Erri de Luca vécut lui-même à Naples, ville humiliée et occupée par les Américains.
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coline
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Mar 17 Juil 2007 - 16:00

TU, MIO: (extrait.)



" Mais peut-on savoir pourquoi la guerre t’intéresse tant ? " Je n’avais aucune réponse brève, naturelle, comme celles qui lui venaient. Je dis seulement : " Parce que c’est votre histoire, la seule que nous apprenions par la voix et non par les livres. " J’aurais voulu ajouter que c’était la seule dont je pouvais demander compte, parce qu’il y avait encore des témoins, des victimes qui avaient survécu et des bourreaux en bonne santé. Et on risquait de les rencontrer sous l’habit de touristes venus peler au soleil de l’île ou sous le nom d’une jeune fille étrangère dont on tomberait amoureux, et aucun adulte ne vous apprenait à reconnaître ces passants, à savoir dans quel monde on marchait. Moi, je devais demander et demander à ceux qui ne voulaient plus répondre, et, pendant ce temps-là, l’histoire balayait sa poussière en même temps que celle des brûlés et les forêts grandissaient sur les fosses communes et toute la vie poussait devant et cachait derrière. Moi, je me butais comme un âne sans raison, car les ânes se rebellent à cause d’une charge excessive et moi en revanche je n’en avais pas. Et si je n’avais pas raison, quoi d’autre expliquait mon entêtement ? L’amour, oui, mais aussi un grognement de souffrance et une petite fureur encore tiède, écume de ma croissance rapide cet été-là."

Erri De Luca.
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Dim 16 Mar 2008 - 18:43

J’ai un peu de mal avec le Montedidio honte , rempli pour moitié de blanc, de 100 pages réelles donc au lieu des 200 marquées…

Plus grave, je ne sens pas de continuité dans le récit… les textes me semblent très anecdotiques et sans grand intérêt. attentif
Je trouve l’écriture pesante, sans finesse ; elle ne me touche pas…
Désolé d’être aussi négatif, je laisse ce livre, que je n’ai pas fini, de côté quelques temps et reviendrais dessus plus tard pour confirmation ou infirmation de ce jugement sévère… jypeurien
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chrisdusud
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Ven 13 Juin 2008 - 22:05

Je viens de terminer "trois chevaux". C'est le premier livre que je lis de cet auteur. Comme vous je suis enchantée par cette écriture.
J' ai ressenti ce livre comme une suite d'images instantanées de détails essentiels. C'est un peu compliqué scratch mais c'est la sensation que j'en ai.
Et puis la réference à la verticalité et l'horizontalité est courante et contribue à donner un ensemble très épuré.

C'est vraiment un beau livre.
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coline
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Sam 14 Juin 2008 - 2:04

Mes premières lectures d'Erri de Luca m'ont donné assez de plaisir pour avoir l'envie de contuner à le lire...
conciliabule Ton avatar fait rêver ChrisduSud aime
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Sam 14 Juin 2008 - 7:52

D'après vos commentaires, j'en déduis que dans ces 2 livres que vous citez l' auteur s'attache aux gens Humbles, je suis donc tentée.

De retour j'irai voir si la bibliothèque détient des livres de cet écrivain.

_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Sam 14 Juin 2008 - 11:06

chrisdusud a écrit:
Je viens de terminer "trois chevaux". C'est le premier livre que je lis de cet auteur. Comme vous je suis enchantée par cette écriture.
J' ai ressenti ce livre comme une suite d'images instantanées de détails essentiels. C'est un peu compliqué scratch mais c'est la sensation que j'en ai.
Et puis la réference à la verticalité et l'horizontalité est courante et contribue à donner un ensemble très épuré.

C'est vraiment un beau livre.
Comme toi Chrisdusud, j'aime beaucoup de Luca .
En fait je suis très sensible à sa façon de poser une ambiance, par ces petits flashs instantanés et piqués dans le vif. Ces détails essentiels que tu notes, et qui peuvent souffrir de cette discontinuité ou cette 'légèreté' dont parle Sousm'.
J'adhère complètement à ce mélange de poésie de l'instant très ancrée dans le réel pourtant.

Babelle a sa façon bien à elle de le décrire et c'est complètement ça (bravo pour tes jolis mots)
Citation :

De ma lecture d'Erri de Luca je retiens la plume car j'aime l'homme.
J'aime le conducteur de camion, l'ouvrier de chez Fiat et celui des chantiers, le maçon, comme j'aime et me sens proche de ce jardinier qui élague à l'automne parce qu'il sait que du superflu qu'il ôte et supprime renaîtra au printemps le fruit, la vie, et de ce fruit et de cette vie le regard (le témoignage) de l'autre.
Je me sens de ces saisons-là.Je sens qu'il faut nous mettre au devoir de manier le même outil.
Je me sens, collée à chaque noyau de mon existence, amoureuse des petites boutures qui feront, d'un nouvel été, la maturité de toute appartenance à cette existence commune.
A condition qu'elle se dise.
J'aime le maçon, l'élagueur de Luca, parce qu'il se dit tout près du livre, de l'écrit, de sa propre bible.

Parvenir à ce qu'il y a de plus profond, de plus authentique dans le coeur des hommes en élaguant le superflu. Cela peut paraître abrupt mais moi cela me touche complètement aime
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chrisdusud
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Sam 14 Juin 2008 - 18:31

aériale a écrit:
[
En fait je suis très sensible à sa façon de poser une ambiance, par ces petits flashs instantanés et piqués dans le vif. Ces détails essentiels que tu notes, et qui peuvent souffrir de cette discontinuité ou cette 'légèreté' dont parle Sousm'.
J'adhère complètement à ce mélange de poésie de l'instant très ancrée dans le réel pourtant.

Babelle a sa façon bien à elle de le décrire et c'est complètement ça (bravo pour tes jolis mots)
Citation :

De ma lecture d'Erri de Luca je retiens la plume car j'aime l'homme.
J'aime le conducteur de camion, l'ouvrier de chez Fiat et celui des chantiers, le maçon, comme j'aime et me sens proche de ce jardinier qui élague à l'automne parce qu'il sait que du superflu qu'il ôte et supprime renaîtra au printemps le fruit, la vie, et de ce fruit et de cette vie le regard (le témoignage) de l'autre.
Je me sens de ces saisons-là.Je sens qu'il faut nous mettre au devoir de manier le même outil.
Je me sens, collée à chaque noyau de mon existence, amoureuse des petites boutures qui feront, d'un nouvel été, la maturité de toute appartenance à cette existence commune.
A condition qu'elle se dise.
J'aime le maçon, l'élagueur de Luca, parce qu'il se dit tout près du livre, de l'écrit, de sa propre bible.

Parvenir à ce qu'il y a de plus profond, de plus authentique dans le coeur des hommes en élaguant le superflu. Cela peut paraître abrupt mais moi cela me touche complètement aime


Je suis competemnt d'accord avec toi Aériale et Babelle et toi en parlez vraiment très bien !!!

"Le maçon, l'élagueur se dit près du livre, de l'écrit, de sa bible..."
Oui et nous nous sentons le maçon près de ce livre que nous lisons parce que comme très raremnt dans un livre j'ia vu les personnages en relief dans "Trois chevaux"MAis je ne sais pas l'expliquer.. certainemnt un procédé littéraire ou la référence aux lignes géométriques...mystère , mystère...
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Sam 14 Juin 2008 - 20:37

chrisdusud a écrit:
Je suis competemnt d'accord avec toi Aériale et Babelle et toi en parlez vraiment très bien !!!

"Le maçon, l'élagueur se dit près du livre, de l'écrit, de sa bible..."
Oui et nous nous sentons le maçon près de ce livre que nous lisons parce que comme très raremnt dans un livre j'ia vu les personnages en relief dans "Trois chevaux"MAis je ne sais pas l'expliquer.. certainemnt un procédé littéraire ou la référence aux lignes géométriques...mystère , mystère...
Merci Chris mais toi aussi tu trouves les mots même s'ils ne sont pas faciles à apposer à nos ressentis.
De luca est le contraire d'un intellectuel en fait. Chez lui tout se ressent, se vit ou s'écoute ...Et c'est ce qui en fait sa richesse.
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Jeu 26 Juin 2008 - 1:48

Pas ici pas maintenant
(traduction par Danièle Valin chez Rivages de « Non ora, non qui » qui avait été édité précédemment chez Verdier sous le titre "Une fois, un jour")

Pas ici, pas maintenant est le premier roman de Erri De Luca.
Roman ? Il s’agit plus d’un récit autobiographique que d'un roman.

Erri De Luca y parle de son enfance napolitaine, une enfance pas très heureuse.
Le récit s’adresse à sa mère. Le narrateur, âgé, imagine qu'il la rencontre dans une photo. Une photo qui la montre, jeune, en train de traverser la rue à côté d'un autobus. Il s’imagine, lui, dans cet autobus.
"Maintenant, sur la photographie qui nous arrête, moi je pourrais descendre à cet arrêt. Je viendrais à ta rencontre en traversant la rue. Pour nous, il pourrait y avoir encore une suite. Je viendrais te donner le bras ? Que ferions-nous ?"

Ecrire est semble-t-il le moyen pour Erri de Luca de parler à des parents auxquels il a peu parlé.

Qu’est-ce que l’on retiendra ?
- Cette famille où le dialogue est peu présent entre la mère et le père. La mère parle beaucoup pourtant, elle parle à l’enfant comme si elle se parlait à elle-même. Sans attendre de réponse…L’enfant bègue n’aurait le temps ni de questions ni de remarques…
« Je n’arrivais pas à bien parler. Alors que mon esprit décidait de la première lettre, ma bouche s’empressait d’émettre la dernière. J’étais bègue par hâte de conclure. »

- Cette famille ruinée par la guerre qui vit un temps dans une sordide ruelle de Naples puis économise sou à sou et retrouve une maison dans un quartier plus riant. Mais un quartier voisin des maisons réservées à l’occupant américain.

- Massimo, l’ami qui se noie.
« Pour Massimo j’ai pleuré.[…] Je pleurais jusqu’au vomissement, à la toux, au fiel. On me dit qu’il avait plongé et qu’il n’était pas remonté.[…] Le jour où il emplit ses poumons d’ultimes inspirations, ce jour-là, je n’y étais pas.
[…] Le soleil s’éteignait dans la mer. Par moments le violet des nuages le fendait et le décomposait avant qu’il ne touche l’horizon. Nous le regardions du rivage en nous essuyant après le bain et il nous appartenait, comme le sable collé à nos pieds, comme notre respiration. Il descendit dans la mer au cours d’une des rares minutes de mon absence. Je ne peux m’en souvenir, la connaître, et pourtant je la connais et je m’en souviens mieux que de toutes nos minutes ensemble.
Le monde était là, prêt à nous trahir. Notre Tyrrhénienne était pleine de pièges, notre âge était condamné et nous l’ignorions.
[…]Que de cendres furent répandues sur cette mer, que de sueurs : si elle était la terre elle en fleurirait, mais la mer se rend malade des restes de l’homme. Il y a aussi mes pleurs pour Massimo, mon ami. »


- Le père qui sombre peu à peu dans la cécité et se suicide.
"Il mourut à l'âge d'environ soixante-dix ans, par suicide, en se jetant du haut d'un immeuble.[...] C'est précisément grâce à ses nombreuses dioptries que le vide d'un précipice ne lui sembla pas plus effrayant qu'une autre plaisanterie sur son compte."

Tout est simple dans l’écriture de Erri de Luca mais la poésie et l’émotion surgissent au détour des phrases dans ce récit intime et douloureux mais toutefois sans plainte.
« Maintenant l’autobus s’ébranle, la vitre tremble et je frissonne de froid. Je vois encore ton lourd manteau, ton sac, mais pas tes yeux. Je ne sais plus si tu regardes vers moi. Il ne te fut pas permis de reconnaître ton fils vieilli, tu n’as vu qu’un homme qui te regardait à travers une vitre. L’heure qui arrive pour moi sera une heure quelconque de ton temps. Et pourtant tu me l’annonces, immobile sur une photographie, immobile au milieu des années, jeune comme jamais je n’ai réussi à l’être moi-même.
Une seule fois nos temps coïncidèrent, ce fut lorsque je naquis, rejeté hors de ton sac. Tu me vis moi qui étais aveugle. C’est l’heure opposée, toi tu ne me vois pas, moi si. Il y a une vitre et tu ne peux m’écouter même si je crie. Il y a une vitre qui te protège, il y a une vitre dans la mort de chacun. »
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Mar 22 Juil 2008 - 14:26

Montedidio | Erri De Luca

Une vision à la fois tendre, cocasse et tragique d'un quartier de Naples, Montedidio (la Montagne de Dieu) après la seconde guerre mondiale, vu par un garçon que les évènement vont rapidement transformer en homme. Avec comme fil conducteur un "boomeran" que le garçon a reçu en cadeau.
Magnifique.
Beaucoup de poésie dans ce récit italien, beaucoup de philosophie de la vie aussi......Comme dans "trois chevaux" du même auteur, j'aime la façon qu'à Erri de Luca de nous conter et nous entrainer dans l'histoire simple et émouvante de ces personnages.
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Mar 22 Juil 2008 - 14:30

Trois chevaux | Erri De Luca

je viens de terminer Trois Chevaux. J'ai aimé, j'ai même beaucoup aimé et pour tout dire c'est un merveilleux livre. C'est un livre qui n'est pas docile, il ne se laisse pas facilement amadouer, il est fier et tendu comme d'ailleurs l'est le narrateur. Si c'était un animal ce serait un cheval sauvage, et pas seulement pour le titre bien-sûr. Le récit du narrateur n'est pas linéaire, il tourne et s'enroule, revient, repart, parfois il arrive qu'on perde le fil, le temps d'une page, puis le récit nous embarque à nouveau dans cette étrange histoire, l'histoire d'un homme libre.
M'ont également touché toute la sensualité dont regorge le livre, ces saveurs, ce savoir faire culinaire simple mais essentiel, les odeurs, le toucher de la terre, des métaux, des matières, la connaissance des arbres et des plantes, celles des caresses aussi, tout un monde mi-paysan, mi-ouvrier qui est ici lié à un art subtil et savant de l'écriture.
Décidément, après Montedidio (à l'écriture plus simple), Erri De Luca a de puissantes armes pour me séduire !

Citation (presque une dédicace aux bookcrosseurs !) :
"Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, fourrés dans un poêle en hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n’importe comment sauf d’ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l’étagère."
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Lun 8 Déc 2008 - 12:52

Je lis une petite merveille...dont je sais déjà qu'elle sera trop courte...Trois chevaux de Erri de Luca...
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monilet
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   Lun 8 Déc 2008 - 13:03

J'ai lu : bon souvenir.
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MessageSujet: Re: Erri de Luca [Italie]   

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