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 Gabrielle Roy

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeDim 30 Juin 2013 - 11:58

Gabrielle Roy A12

Bientôt cela fera trente ans - le 13 juillet prochain - que Gabrielle Roy (1909-1983) aura rendu l'âme. Plus que toute autre, elle aura su incarner les deux solitudes du Canada. Souvent considérée comme la plus grande romancière québécoise, elle ne fut pourtant pas native du Québec et refusa sans équivoque de donner caution au courant indépendantiste québécois.

Originaire de Saint-Boniface au Manitoba, Gabrielle Roy est demeurée accrochée aux souvenirs de son enfance. Elle vécut plusieurs épreuves initiatiques douloureuses au cours de sa vie. Elle connut une consécration aussi rapide qu'assez unanime au moment d'écrire Bonheur d'occasion. Elle écrivit ce roman en parcourant les rues du quartier Saint-Henri, l'un des quartiers les plus pauvres de Montréal à l'extrémité sud-ouest. Elle doit sa carrière d'écrivaine au rite de passage montréalais.

Après avoir connu le succès d'une façon assez inattendue, Gabrielle tente un retour au Manitoba. Elle finit par reprendre la route. Sa carrière d'écrivaine put alors suivre son cours. Elle nous a laissé une oeuvre d'une grande ampleur. Je vous la liste ici :


Bibliographie de Gabrielle Roy a écrit:
Bonheur d'occasion (1945) ; Prix Femina 1947
La Petite Poule d'eau (1950)
Alexandre Chenevert (1954)
Rue Deschambault (1955)
La Montagne secrète (1961)
La Route d'Altamont (1966)
La Rivière sans repos (1970)
Cet été qui chantait (1972)
Un jardin au bout du monde (1975)
Ma vache Bossie (1976)
Ces enfants de ma vie (1977)
Fragiles lumières de la terre (1978)
Courte-Queue (1979) illustrations et mise en page de François Olivier
De quoi t'ennuies-tu, Évelyne? (1982)

Bibliographie posthume

La Détresse et l'Enchantement (1984), autobiographie
L'Espagnole et le Pékinois (illustrations de Jean-Yves Ahern) (1987)
Ma chère petite sœur. Lettres à Bernadette 1943-1970 (1988)
Le temps qui m'a manqué (1997)
Le Pays de Bonheur d'occasion et autres écrits autobiographiques épars et inédits (2000)
Mon cher grand fou... Lettres à Marcel Carbotte 1947-1979 (2001)
Femmes de lettres. Lettres de Gabrielle Roy à ses amies 1945-1978 (2005)
Rencontre et entretiens avec Gabrielle Roy 1947-1979 (2005)
Heureux les nomades et autres reportages (2007)
Cet été qui chantait, suivi de deux contes pour enfants (2012)

Gracieuseté de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabrielle_Roy

En outre, je vous conseille vivement une visite sur le site de La Maison Gabrielle-Roy. Toutefois, il faut également faire un tour à Saint-Henri pour comprendre l'ampleur de l'oeuvre de Gabrielle Roy. Comme je vous l'ai dit dans le fil de Montréal, il y a un parc minuscule à son nom dans le quartier de Saint-Henri et une murale dans le métro Place-Saint-Henri.

Note : Aujourd'hui, Saint-Henri a été rétréci comme quartier - en raison d'un ensemble d'autoroutes et de chemins surélevés dénommé l'échangeur Turcot. Toutefois, il y a une expansion fulgurante du quartier à partir du canal Lachine. Nous appelons ces parties huppées du quartier comme faisant partie des projets domiciliaires de Griffintown et de la société du Havre. À grande vitesse, des propriétés sont également acquises dans les rues de Saint-Henri. D'importants efforts de réfection sont effectués au sein des immeubles, d'autres immeubles sont rajoutés. L'esprit de Saint-Henri est toujours là, mais l'empreinte de la gentrification du quartier se fait sentir de plus en plus perceptiblement. Nous notons plusieurs expropriations et les appartements à louer se raréfient dans le quartier. Vous imaginez le sort des classes modestes.

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeDim 30 Juin 2013 - 14:52

Je ferai connaissance de cette  auteure dans quelque temps (la médiathèque est en gros travaux et les livres en cartons pour la plupart)

mais en consultant le site je viens de voir qu'elle possède 8 livres.

et merci pour les explications sur l'avenir du Quartier Saint-Henri.

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeDim 21 Juil 2013 - 11:03

Avant que je puisse prendre connaissance de la teneur du propos de Bonheur d'occasion, j'ai pu percevoir un son de cloche différent de la part de Lise Payette, ancienne résidente du quartier Saint-Henri. Voici la relance de cette polémique sur l'oeuvre de Gabrielle Roy :

Citation :
«Gabrielle Roy et Lise Payette»

Si Gabrielle Roy s'est mérité le prix Fémina grâce à son roman Bonheur d'occasion, on ne peut pas dire que c'est grâce au vote de la jeune Lise Payette, la petite fille de 14 ans de Saint-Henri. Voici ce qu'écrit Lise Payette dans son autobiographie à propos de Bonheur d'occasion.

« En 1945, je reçus une vraie douche d'eau froide. Je l'avoue maintenant, j'en ai toujours voulu à Gabrielle Roy.

Je ne lui ai jamais pardonné ce qu'elle a fait aux gens de Saint-Henri, dans son livre Bonheur d'occasion. Pendant les années où j'ai vécu à Québec plus tard dans ma vie, j'ai toujours su où elle habitait, et, des dizaines de fois, j'ai eu envie d'aller sonner à sa porte pour lui demander quinze minutes de son temps, espérant régler avec elle le mal qu'elle m'avait fait. Je ne suis jamais passée à l'acte.

Jamais non plus je n'ai demandé à interviewer Gabrielle Roy, à une époque où j'aurais pu le faire. Je n'ai jamais cherché à entrer en communication avec elle d'aucune façon, mais cette femme a joué un rôle d'une importance capitale dans ma vie d'adolescente. Parce qu'un jour, sans me méfier, j'ai ouvert Bonheur d'occasion.

Elle a détruit avec un seul livre toute la confiance en moi que j'avais déjà acquise, avec l'aide de ceux qui m'entouraient. J'ai vu ma vie et mon monde et je nous suis vus comme dans un miroir à travers ses personnages. J'ai pris tout le poids du livre sur mes épaules. J'ai regardé autour de moi avec ses yeux. Je nous ai vus pauvres, insignifiants, sans ambition et sans culture, « nés pour un petit pain » et incapables d'en sortir, répétant de génération en génération les mêmes gestes et les mêmes erreurs. Je fus blessée au coeur. Je nous ai vus paresseux, nous contentant de peu et ne désirant rien d'autre.

Ce livre fut pour moi un choc culturel. Je ne reconnaissais pas à Gabrielle Roy le droit de fouiller les coins de nos jardins secrets, ni celui de soulever nos draps pour parler de nous comme elle le faisait. J'eus honte. Honte d'être ce que j'étais, honte d'être de Saint-Henri, honte aussi d'avoir déjà porté des bas avec des échelles comme le faisait son héroïne à qui je m'identifiais. Je me sentais comme la bête traquée par les feux d'une voiture. Je ne savais pas s'il fallait aller à gauche ou à droite pour me mettre à l'abri et rentrer dans l'anonymat. Bonheur d'occasion a failli me tuer. Il me fallut beaucoup de temps pour retrouver un équilibre raisonnable. Je lui en voulais de nous avoir espionnés pour mieux se moquer de nous. »


Tiré de : http://www.milieuxdefavorises.org/serie_C/30.html

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeLun 22 Juil 2013 - 12:27

Je viens de piocher un autre site internet fort instructif qui revient sur l'itinéraire de Bonheur d'occasion dans Saint-Henri : http://sthenri.tripod.com/circped3a.htm

En outre, je vous laisse quelques photos qui témoignent des vestiges historiques de ce roman :

Gabrielle Roy Ruebea10

La photo que nous venons de voir s'est prise en 1945 (même époque que le roman) sur la rue Beaudoin, au 510. nous y trouvons la première maison des Lacasse.

Gabrielle Roy Bonheu10

Une maison en coin est décrite dans le roman. Aujourd'hui, elle a été reconstruite pour être bleue. Anciennement, il y avait une voie ferrée qui passait à côté. Elle fait partie d'une liste de bâtiments menacés par les projets de spéculation immobilière.

Il y a en outre des peintures qui ont été faites sur différents immeubles de Saint-Henri, dont les deux bâtisses étroites que je vous ai listées.

Edit : Vous pouvez consulter le fil Montréal pour prendre connaissance des bâtiments de Saint-Henri.

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeMer 24 Juil 2013 - 12:04

Je vous laisse un autre lien qui donne la possibilité de consulter la plaque commémorative du parc Gabrielle-Roy à Saint-Henri.

http://www.imtl.org/image.php?id=8926

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeDim 18 Aoû 2013 - 7:44

En différé, je vous produis mon analyse de Bonheur d’occasion. Comme de raison, c’est une œuvre qui s’inscrit dans le patrimoine national. Nous traitons de la vie dans le quartier montréalais de Saint-Henri. Gabrielle Roy a réussi à synthétiser une vision sur le plan littéraire. Nous sentons qu’elle a travaillé la facture psychologique de son roman et donné des traits à ce qui se conçoit difficilement dans un contexte de misère ambiante. Nous sentons bien que sa psyché transparaît à travers les personnages du roman et que de ce point de vue, elle est demeurée fidèle à ses origines bourgeoises. Nous pouvons entendre le point de vue de Lise Payette selon lequel les citoyens de Saint-Henri furent injustement traités et que le roman souffre une cohérence intrinsèque au point de vue du réalisme social.

Avant de poursuivre, je vous reproduis un résumé de l'oeuvre :

Citation :
Florentine Lacasse, une jeune femme de 19 ans qui aide ses parents à subsister en travaillant comme serveuse au restaurant le Quinze Cents et qui rêve d'une vie meilleure, tombe amoureuse de Jean Lévesque. Voulant satisfaire son égo, Jean propose des rendez-vous à Florentine, qui ne veut point refuser. Se lassant rapidement de cette relation et voulant évoluer à travers sa propre vie, Jean Lévesque lui présente un ami, Emmanuel Létourneau, un soldat en permission, qui tombe amoureux de Florentine. Or, l'attirance de Florentine envers Jean aura d'importantes conséquences sur sa vie. Parallèlement, l'histoire présente Rose-Anna et Azarius, les parents de Florentine, et leur vie de famille difficile en raison de leur pauvreté.

Tiré de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonheur_d%27occasion_%28roman%29


Au plan du ressenti de lecture, j’ai dû reposer ma lecture à plusieurs reprises. Fraîchement débarqué dans le quartier, je me suis imprégné de la dynamique locale et du constant défi de la cohabitation d’une mixité sociale en constante redéfinition. Le Saint-Henri de 1945 et le Saint-Henri de 2013 sont diamétralement différents. Gabrielle Roy a prêté les traits au contexte de la deuxième guerre mondiale. Quiconque vivait dans la misère avait vraisemblablement avantage à s’enrôler dans l’armée, pour gagner un statut dans l’échelle salariale. En outre, Gabrielle Roy traitait du cas d’Emmanuel Létourneau qui prenait part à la petite-bourgeoisie de Saint-Henri. Nous pouvons ainsi envisager les tensions sociales vives qui concernaient de près les citoyens de Saint-Henri entre eux, et par rapport aux citoyens de la riche et anglophone municipalité voisine de Westmount. Sous ces auspices, l’analyse de facture sociologique de Gabrielle Roy réussit un test de vraisemblance. Toutefois, le bât blesse quand elle traite des citoyens des classes défavorisées. Nous pouvons déplorer une certaine approximation et un côté caricatural au traitement des conditions de vie et de l’aspect psychologique de ces mêmes personnages.

Afin de mieux préciser le ressenti de lecture, j’ai différé les moments de lecture consacrés au roman. Au départ, j’ai eu des difficultés de lecture assez considérables. Le débit des longs paragraphes écrits par Gabrielle Roy m’était assez exténuant. À mesure que nous franchissons les chapitres et moyennant les outils utilisés pour se familiariser avec le quartier de Saint-Henri, il est possible d’ajuster notre propre débit de lecture. Que ce soit l’effet de la progression de la plume de Gabrielle Roy ou d’une habitude à son style d’écriture, j’ai ralenti ma lecture à chacun de ses paragraphes en me concentrant sur les propos échangés et les lieux évoqués. Gabrielle Roy revient notamment sur l’importance de la vie du quartier, la dynamique industrielle et l’omniprésence des chemins de fer à Saint-Henri qui témoignaient du boom industriel. L’architecture atypique de Saint-Henri a résulté de cette activité industrielle bouillonnante. Ladite activité industrielle fut parsemée de profondes transmutations allant de la conversion de la traite de la fourrure à une activité industrielle parcellisée et en chaîne de montage. Cette modification des activités industrielles a mené à la disparition d’une importante classe de cordonniers qui s’illustraient de façon prépondérante parmi la classe des propriétaires immobiliers à Saint-Henri.

Revenons sur les pas de Gabrielle Roy… dans ses déambulations vécues à travers l’action de ses personnages, l’écrivaine d’origine franco-manitobaine fait revivre l’âme de Saint-Henri. En expurgeant le souvenir des chemins de fer, nous pouvons saisir la nature tourmentée et chaotique de la cadence et de la discipline de fer imposée par la nature même de la morphologie urbaine de Saint-Henri. Par ses nombreuses églises, les cloches qui sonnaient pour signifier le rappel des troupes que ce soit les écoles, les usines et/ou les églises qui font tinter leurs sonneries différentes, il était difficile de se dérober à la régulation sociale de la vie du quartier. Toutefois, ce que je vous rapporte, Gabrielle Roy n’en parle tout simplement pas… sauf cette métaphore des trains qui passent tout juste à côté des maisons. Encore là, le traitement littéraire fut surtout de l’ordre de l’idylle et de la métaphore des rapports sociaux. Cette idylle tissée entre Florentine Lacasse et Jean Lévesque relève davantage du processus de préfabrication littéraire.

Revenons à la composition du roman. Une fois que nous passons à côté des importantes lacunes au point de vue du réalisme social, nous pouvons apprécier l’interaction entre les personnages. Cette ambiance de taverne qui restitue bien l’importance des débats concernant la guerre compense quelque peu pour ces défauts. En revanche, nous pouvons encore là déplorer une minceur dans l’analyse des rapports politiques québécois-canadiens. Bonheur d’occasion est un roman écrit par une auteure authentiquement canadienne-française et non pas québécoise. Le contexte de la conscription obligatoire des soldats québécois fut escamoté. Là-dessus, j’émets de sérieuses réserves pour classer cette œuvre au panthéon québécois des classiques de notre littérature.

Bonheur d’occasion est un passage obligé pour les deux solitudes qui forment le Canada d’antan, au même titre que Kamouraska d’Anne Hébert et Prochain épisode d’Hubert Aquin ont pu enticher les Canadiens anglais à l’époque. Nous devons cet intérêt subit pour la littérature d’autrui au contexte politique tumultueux d’alors. Selon ces mêmes rapports, Bonheur d’occasion demeurera une référence historique qui permet de situer le projet littéraire québécois dans son contexte d’apparition. Plusieurs œuvres réutiliseront cette référence obligée.

Sur ce, je vous laisse admirer une autre maison dont il est question dans le roman. Les Lacasse finiront par y emménager. À l'époque, la devanture de cette maison donnait directement sur le chemin de fer. Il n'y avait pas de trottoir pour circuler dans ces environs.

Gabrielle Roy Lacass10

J'ai tenté de trouver une photo qui reproduit la maison, version d'aujourd'hui, et je ne l'ai pas trouvée. Je l'ai vue de mes propres yeux, et elle est différente par rapport à la photo de l'époque. En outre, la maison de Jean Lévesque, que nous pouvons voir plus haut, est aujourd'hui bleue. Elle était pourtant d'un toute autre aspect dans le temps...

Gabrielle Roy Jlmais10

Version plus impressionnante et non loin du métro Place-Saint-Henri, nous pouvons trouver cette architecture à un coin de rue précis :

Gabrielle Roy Rarete10

J'ai triché... vous pouvez déjà voir cette image dans le fil Montréal. Quoi qu'il en soit, Saint-Henri est un coin à visiter, pour voir comment l'architecture particulière de l'emplacement urbain avant et après-chemins de fer a été préservée. Nous pouvons regretter ces temps, mais il faut déjà nous préparer aux prochaines offensives des spéculateurs immobiliers.

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeDim 18 Aoû 2013 - 9:20

" Une fois que nous passons à côté des importantes lacunes au point de vue du réalisme social"

ls lecteur qui ne connait pas le Canada et cette ville ne s'en apercevra pas, mais c'est certainement dommage.

Si je t'ai compris c'est son état de "bourgeoise" qui lui a fait occulter la dimension de cette misère ?

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeDim 22 Sep 2013 - 11:28

Je réponds plus tardivement à cette question posée par Bédoulène. Pour ma part, je trouve que Gabrielle Roy ne colle pas au réalisme social dans la mesure où effectivement elle en tient difficilement compte étant donné sa réalité de bourgeoise. Elle doit sa célébrité à Bonheur d'occasion. Toutefois, si elle peut s'enorgueillir d'un fait d'armes dans ce roman, c'est d'avoir étudié la dimension géographique de Saint-Henri à fond. C'est stupéfiant. Je pense d'ailleurs faire une étude sur les aspects sociologiques qui collent à son oeuvre et plus particulièrement en ce qui a trait à Saint-Henri et la pensée sociale de Gabrielle Roy. J'envisage proposer une lecture de son oeuvre dans deux de mes cours. Reste à voir qui sautera sur mon objet d'étude.

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeLun 30 Sep 2013 - 2:33

J'ai passé quelques moments à étudier les considérations d'ordre sociologique et propres à l'étude du patrimoine urbain de Saint-Henri. Je vous ai laissé un lien sur le mémoire en études urbaines de Catherine Séguin dans le fil de Montréal. Elle revient sur l'importance de la morphologie sociale qui permet de créer des liens d'appartenance communautaires et qui peuvent révéler certaines disparités dans les classes sociales. Elle explique en outre l'impact néfaste qu'a eu Bonheur d'occasion dans la diffusions des préjugés négatifs entretenus à l'égard de Saint-Henri. Grosso modo, avant le krach économique de 1930, Saint-Henri suscitait l'admiration et puis, tomba peu à peu dans l'oubli et la déconvenue.

Dans une dimension complémentaire à ces dispositions d'ordre sociologique, nous pouvons consulter les livres et les communications d'Ismène Toussaint qui se prononce sur les relations de Gabrielle Roy avec son entourage. Elle a notamment écrit sur Gabrielle Roy et les nationalistes québécois. Nous pouvons, moyennant une recherche assez sommaire sur un moteur de recherche, mettre la main sur le texte d'une conférence donnée le 24 mai 2004. Ce même jour, Ismène reprend la posture critique de Paul-Émile Roy et interroge les fondements psychiques de la posture politique adoptée par Gabrielle Roy à l'égard de ces mêmes nationalistes québécois. Il semblerait qu'elle vivait un complexe d'infériorité par rapport aux anglo-saxons et qu'elle cherchait la bonne entente et la compagnie de certains d'entre eux à tout prix, au détriment d'une perception plus positive de ses semblables Canadiens-français et Québécois.

Également, dans le mémoire laissé par Catherine Séguin, nous pouvons lire que Gabrielle Roy demeurait à Westmount, une partie cossue de la ville qui surplombe la «basse-ville» ouvrière de Saint-Henri. N'ayant jamais vraiment établi de contacts avec les habitants de Saint-Henri, sa crédibilité sociologique en prend un sacré coup. Au-delà des critiques dithyrambiques et les jugements péremptoires, il faut considérer la réception critique des institutions littéraires concurrentes du Canada-anglais et du Québec, en plus de la France. La prose de Gabrielle Roy est remplie de qualités et son sens de l'observation géographique de Saint-Henri est impeccable. Toutefois, nous devons mettre des bémols sur l'analyse de son apport à une littérature québécoise.

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeVen 18 Avr 2014 - 19:04

Avis sur Bonheur d'occasion :

Bonheur d’occasion se déroule durant l’hiver 1939-1940 à Montréal et plus particulièrement dans le quartier Saint-Henri.

Dans cette œuvre, l’auteure nous relate l’histoire de Florentine, jeune femme de 19 ans, ainée d’une fratrie de douze enfants, issue des classes populaires de Montréal et qui travaille en tant que serveuse dans un restaurant - le Quinze-Cents. En parallèle, on suit aussi la vie quotidienne de la famille de Florentine, notamment ses deux parents Azarius et Rose-Anna.
Deux autres personnages principaux sont présents dans l’histoire : Jean Lévesque, un jeune homme ambitieux  et sans scrupules, issu des classes populaires et qui désire plus que tout réussir sa vie (sur le plan financier avant toute chose) et son ami Emmanuel Létourneau, un jeune homme âgé de 22 ans, qui s’est engagé comme volontaire dans l’armée canadienne pour aller sur le front européen.

L’auteure nous décrit les conditions de vie dans le quartier Saint-Henri qui est l’un des plus populaires de la capitale. Le paysage qui compose le quartier abrite notamment des usines et des chemins de fer (la seconde maison dans laquelle vie la famille Lacasse - famille de Florentine - se trouve contre une ligne de chemins de fer).

Pauvreté, humiliation, économiser l’argent le plus possible, courage, volonté de dépasser sa condition sont les maîtres mots des personnages de Bonheur d’occasion. Tous, ont un rapport à l’argent qui est compliqué : Jean, humilié par son passé de miséreux désire plus que tout accéder à la richesse et est prêt à tout pour y parvenir. Florentine qui aide tant bien que mal sa famille avec son maigre salaire de serveuse, voudrait plus que tout sortir du carcan oppressant que leur pauvreté ainsi que l’étroite maison familiale représentent et ce en se mariant. Emmanuel, fils de petit-bourgeois, aimerait, quant à lui, trouver un sens à sa vie qui débutera par l’engagement dans l’armée puis par le mariage.

La plupart du temps, les différents personnages s’expriment dans un langage familier voire même en argot. On s’habitue très vite à cette petite touche qui se veut réaliste même si elle paraît parfois un peu trop exagérée.
Il ne faut pas non plus oublier de parler du contexte dans laquelle se déroule l’histoire : comme il a été dit précédemment, cela se passe au moment de la Seconde guerre mondiale, plus précisément au début de cette guerre (cf. l’évocation de l’attaque de la Norvège, la débâcle de la France…) et durant une forte période de chômage au Canada qui fait qu’une bonne partie des hommes (jeunes et moins jeunes) sont sans emploi. Dans un tel contexte, beaucoup voient l’engagement comme volontaire comme la meilleure place possible, comme un moyen efficace et stable de gagner de l’argent. Ainsi, au cours de l’intrigue, plusieurs personnages choisiront de venir gonfler les rangs de l’armée canadienne.

Les rapports de classes et la violence symbolique qui règnent entre les différentes couches de la société imprègnent l’œuvre toute entière. Cela se perçoit dans la honte de Rose-Anna de montrer ses enfants dans des vêtements usés jusqu’à la corde et plein d’accros; cela se voit aussi dans le mépris de Jean à l’égard de toutes les choses et les personnes qui lui rappellent la vulgarité de la pauvreté; mais encore dans la condescendance et la froideur observés par les parents de Létourneau à l’égard de Florentine. Bref, comme vous pouvez le constater les exemples ne manquent pas mais je préfère d’en dire trop histoire qu’il vous en reste aussi à découvrir.

Globalement, j’ai apprécié Bonheur d’occasion même si j’ai parfois trouvé le style de l’auteure désuet et eu le sentiment que ça tournait un peu en rond notamment arrivée à la moitié de l’œuvre.

Pour finir, voici un petit aperçu :

Citation :
« Avez-vous déjà marché, vous autres, su la rue Sainte-Catherine, pas une cenne dans vot’poche, et regardé tout ce qu’y a dans les vitrines ? Oui, hein ! Ben moi aussi, ça m’est arrivé. Et j’ai vu du beau, mes amis, comme pas beaucoup de monde a vu du beau. Moi, j’ai eu le temps de voir du beau : pis en masse. Tout ce que j’ai vu de beau dans ma vie, à traîner la patte su la rue Sainte-Catherine, ça pourrait quasiment pas se dire ! Je sais pas, moi, des Packards, des Buicks, j’en ai vu des autos faites pour le speed pis pour le fun. Pis après ça, j’ai vu leurs catins de cire, avec de belles robes de bal sur le dos, pis d’autres, qui sont habillées une miette. Qu’est-ce que vous voyez-t-y pas su la rue Sainte-Catherine ? Des meubles, des chambres à coucher, d’aut’ catins en fanfreluches de soie. Pis des magasins de sport, des cannes de golf, des raquettes de tennis, des skis, des lignes de pêche. S’y a quelqu’un au monde qu’aurait le temps de s’amuser avec toutes ces affaires-là, c’est ben nous autres, hein ?
Mais le seul fun qu’on a, c’est de les regarder. Pis la mangeaille à c’te heure ! Je sais pas si vous avez déjà eu le ventre creux vous autres et que vous êtes passé par un restaurant d’iousque qu’y a des volailles qui rôtissent à petit feu su une broche ? Mais ça, c’est pas toute, mes amis. La société nous met toute sous les yeux; tout ce qu’y a de beau sous les yeux. Mais allez pas croire qu’a fait rien que nous le mette sous les yeux !
Ah ! Non, à nous conseille d’acheter aussi. On dirait qu’a peur qu’on soye pas assez tentés. Ça fait donc qu’a nous achale pour qu’on achète ses bebelles. Ouvrez la radio un petit brin; et qu’est-ce que vous entendez ? Des fois, c’est un monsieur du Loan qui vous propose d’emprunter cinq cents piasses. Boy, de quoi s’acheter une Buick ! D’aut’ fois, c’est un qué’ qu’un qui vous offre de ben nettoyer vos guenilles. Ils vous disent encore que c’est ben fou, ben bête de pas vivre à la mode pis de pas avoir un frigidaire dans vot’ maison. Ouvrez la gazette à c’te heure. Achetez qu’ils vous disent aussi là-dedans; à pleines pages, messieurs. Achetez des cigarettes, du bon gin hollandais, des petites pilules pour le mal de tête, des manteaux de fourrure. Ya personne qui devrait se priver qu’ils vous chantent du matin au soir. Dans not’ temps de progrès, tout le monde a droit de s’amuser…Pis vous sortez dans la rue. Et c’est en grosses lumières au-dessus de vot’ tête que la société vous tente. Y en a-t-il un peu des bonnes cigarettes, pis du bon chocolat, dans ces petites lumières qui vous dansent partout su la tête, icitte, là-bas, de tous les côtés. »
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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeVen 16 Jan 2015 - 9:36

Je reprends la plume pour revenir sur Bonheur d'occasion. Si vous m'avez suivi dans les lectures du mois de décembre, j'ai relu le roman.

Initialement, j'ai lu le roman avec beaucoup d'application et un certain retrait pour dégager mon horizon de lecture. J'ai mieux compris comment Gabrielle Roy ancrait son réalisme social. Il est important de lire ce roman avec une perspective de la lecture au féminin.

Méphistophélès, à qui j'avais référé cette même lecture, disait qu'elle remarquait des longueurs à partir de la moitié du roman. À ma deuxième lecture du roman, je n'en serais pas aussi certain. Le plan de ce livre est digne d'une grande oeuvre architecturale.

Si nous suivons la progression des personnages et la succession des effets-miroirs, nous pouvons dire que Gabrielle Roy a accompli l'une de ses plus grandes oeuvres d'écrivaine. Souventes fois, nous faisons l'erreur d'identifier une écrivaine à un roman emblématique. C'est le défaut de Bonheur d'occasion. Il faut toutefois dire que Gabrielle Roy ne s'est pas assise sur ses lauriers, pour avoir écrit plusieurs autres livres par la suite.

Oui, Gabrielle Roy a un style d'écriture un peu vieillot, presque désuet, c'est bien vrai... c'est toutefois pas ce qui la définit en tant qu'écrivaine. Une fois qu'on passe au-dessus des vieilleries, nous voyons la vivacité du regard de l'écrivaine.

Le passage de l'écrivaine à Montréal l'a consacrée dans sa quête littéraire entreprise. Avec ses «plogues» fédéralistes, elle a su jouir de la notoriété des personnalités sur la scène médiatique et littéraire, tant du côté québécois que canadien. Il faut toutefois bien admettre que Gabrielle Roy a gardé une empreinte assez durable sur le devenir de la littérature québécoise.

Dans mon premier commentaire, je parlais d'une lecture politique. Pour ma part, je ne suis plus aussi catégorique. Je suis tout à fait conscient et lucide du fait que Gabrielle Roy occupait une position dans le champ littéraire québécois-canadien et qu'elle en a tiré les bénéfices. Il faut toutefois lui reconnaître un capital symbolique, pour reprendre les caractéristiques de Pierre Bourdieu dans l'édification d'une sociologie de la littérature.

La principale force de Gabrielle Roy, c'est de tirer une lumière des conditions les plus noires de l'existence. Elle a elle-même connu la misère à Saint-Boniface au Manitoba. Sa famille fut éprouvée lors des années de la grande dépression. Elle était d'ailleurs le seul enfant de sa famille à avoir un métier à un moment précis. Il en a résulté plusieurs jalousies et animosités plus ou moins assez durables. Je vous conseille d'ailleurs les livres d'Ismène Toussaint.

Pour résumer l'état des forces du roman, Gabrielle Roy réussit bien à dessiner la misère des personnages. D'un point de vue de la lecture au féminin, Gabrielle Roy dénonce le cadre aliénant de l'univers des femmes qui sont soumises à la loi de l'homme. Il faut toutefois admettre que les hommes évoluent dans une dynamique dysfonctionnelle, de manière à mieux dénoncer les travers des relations hommes-femmes à l'heure du Capital.

Pour revenir à ce qui sonnait catégorique dans mon premier commentaire, je ne suis plus aussi sévère par la manière que Gabrielle Roy a traité de la deuxième guerre mondiale - je reprochais à Gabrielle Roy une propension à ignorer la problématique québécoise. Disons plutôt qu'elle n'a pas pris position sur ce sujet précis et que ce n'est pas le propos de son roman. Par ailleurs, pour offrir un son de cloche différent, les femmes se cantonnent dans les monologues entretenus. Nous voyons mieux la disparité qui existe dans les relations hommes-femmes de par la manière que les personnages interagissent et entrent en scène. Juste à ce propos, ça vaut la peine de lire le roman si vous voulez avoir une oeuvre emblématique des années après-deuxième guerre mondiale et qui était quand même en avance sur son temps.

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MessageSujet: Re: Gabrielle Roy   Gabrielle Roy Icon_minitimeSam 17 Oct 2015 - 6:30

Gabrielle Roy A303
La petite poule d’eau
Citation :
Présentation de l'éditeur
Gabrielle Roy, à partir du souvenir d’un été passé dans une région sauvage du Manitoba, au nord de Winnipeg, un pays situé plus loin que le « fin fond du bout du monde », a imaginé le recommencement de toutes choses : de l’éducation, de la société, de la civilisation même. Ce pays de grande nature et d’eau chantante, elle l’a peuplé de personnages doux et simples, épris à la fois de solitude et de fraternité à l’égard de leurs semblables.

Cela fait un bout de temps que je voulais voir de plus près les œuvres de Gabrielle Roy. Certainement depuis que JHB nous en a parlé.
Une fois de plus, c’est une couverture qui m’a amené à faire un choix.
Et je ressors tout à fait satisfaite de cette lecture.
Non seulement l’époque mais aussi cette partie du monde éloignée m’a dépaysé complétement. Réjouissant !

Le personnage de Luzina qui s’engage à fond pour avoir une éducation pour ses nombreux enfants sur cette île éloignée de toute ‘civilisation’, est exceptionnel. On ne peut que l’adorer et on suit avec beaucoup de plaisir son plan, sa mise en œuvre de celui-ci et ensuite les différents enseignants qui viennent chez eux.
En voulant leur donner le savoir du monde, Luzina sème aussi en eux l’envie de voir de plus près ce monde… et après qu’elle a peuplé l’île année après année avec un nouvel enfant, voilà le moment venu de les voir partir pour continuer leurs études…

Oh, j’ai beaucoup aimé cette lecture et cette visite du fin fond du Manitoba.
Je veux certainement continuer avec elle !

On peut lire les premières pages ici
Gabrielle Roy A306

Jean Paul Lemieux

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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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