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 Ying Chen

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Ying Chen   Ying Chen Icon_minitimeJeu 18 Juil 2013 - 12:21

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Tout comme nous parlons aujourd'hui de Kim Thuy, Ying Chen (1961-...) fut une référence prégnante des écritures migrantes au Québec. Elle a d'abord immigré au Québec en 1989 et y a entrepris des études littéraires à l'université anglophone McGill. Comme une contradiction n'attend pas l'autre, Ying Chen a choisi d'écrire en français. C'est sa langue d'adoption en tant qu'écrivaine. Aujourd'hui même, elle se fait publier au Québec dans un premier temps, et republie en France chez Actes Sud et Seuil. Depuis 2003, moment qui coïncide avec la reprise de sa carrière d'écrivaine, Ying Chen demeure à l'autre bout du continent à Vancouver.

Je publie un extrait d'une entrevue dans le journal L'Express du 29 juin 2012 :

Citation :
Comme toujours, il y a un décalage entre le rêve et la réalité, entre la pensée et les mots, entre ce qui est prétendu et ce qui est accompli. Le sens de la paix et de la frustration vient de la manière dont nous mesurons ce décalage. J'ai entendu parler de la maladie identitaire quand j'étais en Europe. Cela ne se dit pas au Canada. Cela manque de douceur, de nuances, de diplomatie, cela dérange le confort intellectuel. Mais j'y pense parfois, à cette éventuelle maladie, depuis que mes enfants sont nés. Le Canada est leur pays natal. Ils ne comprennent pas qu'ils puissent être les autres.

Et pourtant, à leur jeune âge déjà, ils peuvent très bien percevoir la sourde réalité d'être Canadiens sans être Blancs. Sourde, parce que cette réalité est non dite, subtile, cachée, uniquement exprimée franchement par des enfants innocents. La vérité sort de la bouche des enfants, mais elle est transmise par la génération adulte qui établit des lois et choisit ses mots.  

Aujourd'hui, nous ne pouvons plus appeler les Blancs, les Blancs. Les Amérindiens deviennent des membres de la "première nation". Les femmes écrivains, des "écrivaines". Cette ambition de couvrir une conscience collective, profonde et immuable, une conscience territoriale propre à tout être vivant, afin de la faire plier, non pas devant une haute discipline morale et spirituelle, mais à des nécessités pragmatiques et à de nouvelles forces politico-économiques, correspond bien à l'esprit de la vitesse, qui est avant tout l'esprit du parvenu.

Tout comme mes enfants, comme tous les enfants du monde, j'ai mal vécu l'expérience de la différence. Il est vrai que mon voyage est long de toute façon et la route devant moi, infinie. Cela prend du temps, peut-être une éternité pour traverser un océan.


Tiré de : http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/ying-chen-je-suis-une-etrangere-depuis-ma-naissance_1131391.html

Citation :
Œuvres

   1992 : La Mémoire de l'eau, Montréal, Leméac ; Arles, Actes Sud ;
   1993 : Les Lettres chinoises, Montréal, Leméac
   1992 : L'Ingratitude, Montréal, Leméac ; Arles, Actes Sud, 1995
   Sept ans après l'arrivée de Ying Chen au Québec, la parution de L'Ingratitude est chaleureusement accueillie par la critique et lui vaut le prix Québec-Paris. Pour souligner son émergence dans le monde littéraire, le journal La Presse la nomme "Personnalité de la semaine" du 10 mars 1996. Dans ce roman, l'auteur aborde les rapports mère-fille dans ce qu'ils peuvent avoir de plus cruellement destructeurs.
   1992 : Immobile, Montréal, Boréal ; réédition Arles: Actes Sud, 1998 ;
   1993 : Le Champ dans la mer, Montréal, Boréal ; puis réédition Paris, Seuil, 2002 ;
   2003 : Querelle d'un squelette avec son double, Montréal, Boréal ; réédition Paris, Seuil ;
   2004 : Quatre Mille Marches : un rêve chinois, Montréal, Boréal ; Paris, Seuil ;
   2006 : Le Mangeur, Montréal, Boréal ; Paris, Seuil ;
   2008 : Un enfant à ma porte, Montréal, Boréal ; réédition Paris, Seuil, 2009 ;
   2010 : Espèces, Montréal, Boréal ;
   2013 : La rive est loin, Montréal, Boréal.

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MessageSujet: Re: Ying Chen   Ying Chen Icon_minitimeVen 26 Juil 2013 - 12:21

Je vous recopie le quart de couverture du roman Les lettres chinoises :

Citation :
À Shanghai, deux jeunes gens, Yuan et Sassa, sont amoureux. Mais parce qu'il se sent étranger dans son propre pays, Yuan choisit un jour de venir s'établir à Montréal. Sassa, qui se refuse à voir dans l'exil un remède au mal de vivre, décide de ne pas le suivre. Leur amour supportera-t-il cet éloignement?

S'inscrivant dans la plus belle tradition du roman épistolaire, Les lettres chinoises racontent le déracinement, les départs, le choc des cultures et les amours impossibles. Ces lettres, où tous les mots sont permis, sauf ceux de la vérité, sont traversées par une inquiétude fondamentale, celle qui s'empare de l'âme lorsqu'elle prend la mesure de sa profondeur.

J'ai lu ce roman dans le cadre de mon cours des écritures migrantes. Juste en parcourant à nouveau le fil des pages, je me suis remémoré la sensation de lecture. C'est quand même un Actes Sud... Razz

Yuan qui est à Montréal, écrit ceci à Sassa à Shanghai :

Ying Chen, Les lettres chinoises, 1998 (1993), Léméac et Actes Sud/Babel, p. 133. a écrit:
51

[...] Il me semble maintenant que tu as changé. Tu me donnes l'impression que tu n'aimes pas les étrangers. Tu les adores dans les films ou dans les livres. Tu ne veux pas vivre avec eux. Dès que tu sens chez moi une certaine odeur «étrangère», tu m'abandonnes. N'est-ce pas pour ça que tu m'abandonnes, pour être tout à fait sincère?

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MessageSujet: Re: Ying Chen   Ying Chen Icon_minitimeVen 26 Juil 2013 - 12:46

jack-hubert bukowski a écrit:


J'ai lu ce roman dans le cadre de mon cours des écritures migrantes. Juste en parcourant à nouveau le fil des pages, je me suis remémoré la sensation de lecture. C'est quand même un Actes Sud... Razz

Ça donne un indice sur quel type de livre c'est que ce soit un Actes Sud ?

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MessageSujet: Re: Ying Chen   Ying Chen Icon_minitimeVen 26 Juil 2013 - 12:53

Non plus, Queenie. C'est un roman épistolaire, et je sais que quelques personnes par ici affectionnent Actes Sud. Je venais de citer ce qui classait le bouquin dans la catégorie épistolaire. La succession des lettres laisse voir une évolution dans la correspondance. L'art du portrait qui est esquissé entre les lignes laisse à voir une trame assez passionnée. Il y a plusieurs émotions antagonistes qui traversent les lettres de part et d'autre.

Edit : Selon la bibliographie du fil, le roman est publié chez Léméac qui est la branche québécoise qui collabore avec Actes Sud. Dans le cas de ce roman, il semblerait qu'il n'y ait pas d'Actes Sud. Mais à l'oeil d'un Québécois, c'est à peine si ça se remarque.

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MessageSujet: Re: Ying Chen   Ying Chen Icon_minitimeMer 28 Aoû 2013 - 12:01

L'ingratitude

Ying Chen a écrit:
Je brûlais d'envie de voir maman souffrir à la vue de mon cadavre. Souffrir jusqu'à vomir mon sang. Une douleur inconsolable. La vie coulerait entre ses doigts et sa descendance lui échapperait. Mon corps commençant à pourrir par ces journées chaudes, ses gènes cesseraient de circuler dans mes veines, se perdraient au fond de la terre uniforme. Elle n'aurait plus d'enfant. Sa fille unique s'envolerait loin d'elle ainsi d'un coup de vent mortel croise un arbre en le secouant, mais sans s'arrêter, impitoyable.
Ying Chen écrit une fois de plus dans ce roman la thématique des relations difficiles avec la mère. Le souffle de certains de ses romans laisse transparaître le carcan étouffant des relations qu'elles supposent. À travers la mère, Ying Chen dénonce les traditions, l'institution du mariage et déplore être vue comme une femme-objet. Comme le thème du suicide est abordé dans cette oeuvre, il y a de nombreux parallèles à souligner avec certaines oeuvres de la littérature québécoise et l'interrogation laissée en suspens par Camus.

Dans le modus operandi employé par la narration, les courts chapitres n'excèdent jamais cinq-six pages (deux-trois pages la plupart du temps) et permettent de déployer le champ d'action du roman. La narratrice elle-même se dévoile en pleine lutte avec elle-même, contre sa mère et tout son entourage qui l'oppresse. À travers une courte quête d'amour, la narratrice passe vite sur le plan des relations conflictuelles.

L'évolution du roman vaut le détour. Comme dans Les lettres chinoises, Ying Chen développe sa pleine maîtrise de l'art de la brièveté. Quand les chapitres atteignaient les quatre à six pages, j'étais déçu du ralentissement de la cadence. Toutefois, l'ampleur du sujet et la mise en forme de la narration exigeait un peu plus de descriptions que si nous en restions à un cadre purement épistolaire. Nous pourrions considérer ce roman comme de facture plus classique comparativement aux lettres chinoises.

Je vous répète... si nous connaissons Kim Thuy aujourd'hui, il faut repasser en revue le cas Ying Chen.

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MessageSujet: Re: Ying Chen   Ying Chen Icon_minitimeMar 12 Jan 2016 - 2:17

Ying Chen A410
La mémoire de l’eau
Citation :
Présentation de l’éditeur
En 1912, alors que le dernier empereur chinois était chassé du trône, grand-mère Lie-Fei avait cinq ans. Elle venait de subir l'opération destinée à rapetisser ses pieds, afin de les rendre "beaux comme des fleurs de lotus". Mais grâce au changement de régime, ou à cause de lui, l'opération fut vite interrompue, et c'est avec des pieds "moyens" - garants d'une position médiane dans le conflit entre la tradition et la modernité - qu'elle traversa sans trop de heurts le régime communiste...
Ce destin singulier, la narratrice, "la petite", le retrace avec un humour à froid et une tendresse jamais démenties tout au long d'une histoire qui traverse le XXe siècle, celle de grand-mère Lie-Fei bercée par les odeurs et les couleurs des eaux d'une Chine en profonde mutation.

Un livre qui se trouvait depuis 2006 sur mes étagères (il y a de l’espoir pour ma PAL, un de ces jours je vais arriver à les lire tous !) mais je ne saurais plus dire ce qui m’a donné l’idée de le lire maintenant…

Mais en tous cas c’était une très belle première rencontre avec Ying Chen. Elle n’a besoin que d’un peu plus de cent pages pour brosser un portrait vif de la Chine du XXème siècle.

Points de vue très personnels, le lecteur peut se faire une image à travers quelques événements clés d’une famille.

Ecriture fluide et sobre, c’est une agréable lecture qui m’a donné envie de découvrir d’autres livres de cette auteure.


Ying Chen A411

… l’odeur de l’eau était partout le même

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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