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 Magda Szabo [Hongrie]

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églantine
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MessageSujet: Re: Magda Szabo [Hongrie]   Sam 17 Jan 2015 - 21:38

Heyoka a écrit:
églantine a écrit:
pia a écrit:
ça me fait très plaisir Méphistophéles que ce livre t'ait autant plu! Eglantine me l'a fait découvrir et maintenant je te l'ai fait découvrir. cheers
Et moi c'est Tom Léo qui me l 'a fait découvrir ! Elle est pas belle la vie dans ce genre de partage !

C'est ce qu'on appelle une belle chaîne de lecture.  

Et pour la continuer : je note !

Ah c'est génial ça ! cheers

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pia
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MessageSujet: Re: Magda Szabo [Hongrie]   Dim 18 Jan 2015 - 16:43

Heyoka a écrit:


Et pour la continuer : je note !

cheers Peut-être que je me trompe, mais je crois qu'elle pourrait beaucoup te plaire. Enfin j'espère!

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pia
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MessageSujet: Re: Magda Szabo [Hongrie]   Ven 6 Mar 2015 - 18:09

La ballade d'Iza

Madame Szöcs est une femme de plus de 70 ans qui vit dans son village natal depuis toujours. C’est une femme un peu fragile, qui ne s’est jamais assumée et qui n’imaginerait jamais qu’elle a les capacités de se débrouiller toute seule.  Elle accepte que d’autres prennent les décisions pour elle. Question de génération ? ou peut-être l’Histoire a fait qu’elle n’a pas eu le choix.
Son mari Vince et elle, vivent une vie simple qui les rend heureux et qui leur suffit. Ils vivent dans un temps qui leur appartient, un temps qui leur a apporté tellement d’épreuves, qu´il est devenu comme une deuxième peau dont ils ne se débarrassent pas. Ils ont une fille Iza qui ne veut pas vivre dans le passé. Elle veut évoluer, aller vers la modernité et qui, malgré l’amour qu’elle ressent pour ses parents ne veut pas tomber dans cet état d’acceptation et de misère qui les caractérise, ou qui les a caractérisé. Ses parents qui ne lui souhaitent que du bien, voient ce désir de modernité d’un bon œil, mais ne comprennent pas ce désir de changement, cette ambition obsessionnelle, qui leur a été comme amputés. Ils laissent faire et ne voient pas que leur fille devient un petit monstre d’égoïsme.  
Vince meurt et madame Szöcs se retrouve seule. Elle espère que sa fille ne va pas la laisser seule, et quand Iza lui propose de vivre avec elle à Budapest, elle se sent rassurée. Mais Iza donne, à ses conditions, prend toute les décisions et la coupe de tout ce qui faisait sa vie. Madame Szöcs ne résistera pas.

C’est le deuxième livre que je lis de Magda Szabó et encore une fois, malgré le fait que je ne connaisse pas la Hongrie dont l’Histoire pèse sur toutes les pages, Magda Szabó parle de choses qui nous relient tous, et nous questionnent tous. Comme les difficultés que l’on peut avoir de prendre ses parents âgés chez soi et la culpabilité de ne pas supporter cette promiscuité. La dépendance dans laquelle on les pousse qui les coupe de tout pouvoir de décision, de tout ce qu’ils aiment et les rend malheureux. Le fait de vouloir se démarquer de ses parents et survivre en améliorant ses conditions de vie.

Mon Dieu, ça n’est pas possible ! pensait-elle en même temps qu’elle parlait. Elle a tant fait pour son père, elle l’a gardé en bonne santé jusqu’à près de quatre-vingts ans, luis si fragile, elle l’aime au point de fondre en larmes chaque fois qu’elle quitte sa chambre, et elle ne l’aurait jamais emmené à Gyüd, elle l’aurait privé du plaisir de revoir son village natal ?

Encore une fois je suis entrée dans ce livre sans difficultés et j’en ai apprécié toutes les pages sans me sentir trompée par une histoire à laquelle je n’aurais pas pu croire. J’aurais voulu le lire doucement mais je l’ai bien sûr dévoré.


Vieille paysanne de Paula Modersohn-Becker


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topocl
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MessageSujet: Re: Magda Szabo [Hongrie]   Mar 1 Sep 2015 - 11:30

La porte

Je dois d'abord remercier Bix de m'avoir mis ce livre entre les mains, car ce fil, pourtant bien alléchant, m'était passé totalement inaperçu…

Et il est très fourni, ce fil , d'avis tous des plus intéressants, aussi je ne vais pas reprendre et développer le fait qu'il s'agit d'une vieille  femme, servante mais libre, et qui s'est construite sur les drames de sa vie, ce qui serait redondant, mais plutôt noter d'autres petites choses qui me sont apparues au fil de la lecture.

Car, oui, il s'agit d'un splendide portrait de femme, mais surtout d'une relation tout à fait ambiguë, à travers  l'humble allégeance d'une femme de lettre face à une femme du peuple.
En effet, si elle tend à sacraliser Emerence, l'auteur trace un portrait d’elle-même, sans indulgence : psychorigide, pleine de de préjugés, accrochée à sa machine à écrire autant qu'à son intellect, à sa rationalité plus qu'à son cœur. A tel point qu'on se demande parfois pourquoi elle est fascinée par Emerence, avec ses humeurs, sa tyrannie, ses leçons perpétuelles, ses excès. Mais cette femme a un charisme, un passé et une intelligence affective qui l'expliquent.
Et on se demande encore plus pourquoi Emerence s’attache à sa « maitresse », ce n’est pas seulement pour Viola, le chien, c'est bien elle qu'elle l'aime, c'est que dans sa finesse elle perçoit en Magda (décidons de l'appeler ainsi et de faire la part belle à l’autobiographie) ce que l'auteur ne sait trouver en elle-même.

Citation :
J'écrivais, j'étais encore jeune, je n'avais pas analysé à fond à quel point l'affection est un sentiment illogique, mortel, imprévisible

C'est au final dans le commentaire d'églantine que je me reconnais le mieux, c''est aussi pour moi
églantine a écrit:
Un récit qui dérange
de par
églantine a écrit:
l'incapacité qu'il nous est donné de comprendre toute sa complexité : il en découle un inévitable sentiment de frustration ......
En effet on n'est pas dans une histoire romanesque où tout colle et se suffit à lui-même, mais dans la vraie vie, où on ne comprend pas grand chose, où les mystères demeurent, où on se satisfait de ce qu'on a. et ce d'autant plus que ce bout de vie est raconté par une femme fascinée par autre qu'elle même, honteuse de sa propre « grandeur » et de ses petitesses.

La vraie vie ? Mais plus encore.
Par sa façon d'aduler Emerence, ( cette femme admirable par certains côtés, généreuse, « chrétienne » sans foi, mais aussi capricieuse, pire qu'exigente, et incapable de se mettre à la place de l'autre) mais aussi en se présentant elle-même comme si revêche, incapable d'un amour désintéressé, l'auteur fait entrer une part de subjectivité complète dans son récit, elle en est à la limite du pathétique par moment. Cette histoire est comme un conte où les personnages sont emblématiques et non de chair et d'os. Il y a d'ailleurs comme dans un conte des mystères, des pouvoirs quasi magiques,  une cache inviolable et tentatrice, la mort qui finit par ouvrir les yeux. Le chien  est  un compagnon fidèle et omniscient, qui prend par moments des allures de chœur antique. Tout  le véritable travail de l'écrivain apparaît là dans la transformation d'un récit autobiographique en un roman à la limite de l'onirique qui rend hommage aux petites gens.
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MessageSujet: Re: Magda Szabo [Hongrie]   Mar 1 Sep 2015 - 16:41

Là où s' arrete la "réalité" commence le travail de l' imagination, celui de l' écrivain. Et Magda Szabo, avec le recul du temps et celui de la
création littéraire, parvient à embellir celle qui fut bien plus qu' une servante, peut etre plus encore qu' une amie ou une parente.
C' est cette "transformation" sublimée que nous livre la romancière.

Il nous arrive peut etre aussi d' imaginer une personne, morte ou partie -c' est pareil- et de se souvenir, que du temps où elle était là, on
avait mégoté notre tendresse, inventé des réticences ou des griefs.
Et qu' on lui rendait enfin justice quand il était trop tard. Venaient alors le temps des regrets et des "frustrations" qui ne servent à rien.
C' est peut etre cela aussi qui nous touche dans ce portrait.

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MessageSujet: Re: Magda Szabo [Hongrie]   Mar 1 Sep 2015 - 20:27

J'avais raté ce fil ... Merci topocl et donc bix !
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MessageSujet: Re: Magda Szabo [Hongrie]   Mer 28 Oct 2015 - 22:50

Le faon

Un livre très sombre dans son contenu, alors même que l'écriture marque par sa fluidité, sa précision et son apparente délicatesse révélant peu à peu l'étendue d'un gouffre et d'un abîme.

La narratrice, Eszter, livre une méditation introspective dont les contours et les nuances se dévoilent au fil des pages. Elle évoque des anecdotes, des allusions à un malaise qui remonte à l'enfance pour cerner l'ampleur d'une distance qui semble la séparer d'elle-même. Comédienne accomplie, elle reste cependant étrangère à un mal-être s'incarnant à travers une absence, une colère. Les mots sont alors l'instrument d'une révolte silencieuse face à la sensation d'un emprisonnement : spectatrice de son propre environnement familial, elle dévoile une jalousie mortifère vis-à-vis de sa voisine Angela, reflet insupportable d'un manque qu'elle ne parviendra pas à combler.
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églantine
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MessageSujet: Re: Magda Szabo [Hongrie]   Mar 31 Mai 2016 - 19:35


Le faon

Connaissant Magda Sazbo , j'aurais dû aborder ce livre un peu moins "la bouche en coeur" . Mais le titre( évoquant inconsciemment une lecture d'un Bambi de mon enfance) ne m'a pas aidée à me mettre en "mode vigileance " !
Certes aucun regret de cette lecture , mais éprouvante elle fut .
On pourrait dire qu'il s'agit du thème de la jalousie .
On pourrait dire que c'est une sorte de confession à travers un long monologue .
Oui . Mais faudrait-il encore percevoir une forme de repentir , ce qui n'est pas le cas .Juste de la souffrance .Alors non .
On pourrait y voir la volonté de l'auteur de démonter les mécanismes psychologiques qui conduisent l'être humain à se transformer en monstre d'égocentrisme , de ceux qui alimentent toute la littérature de genre Thriller dont nous sommes tellement friands : Les enfants maltraités , malmenés , tués dans l'oeuf engendrent souvent ce genre de personnalité . Mais quelquefois il suffit de moins ,comme une absence de regard sur le petit homme en devenir et l'adulte en gestation établira des systèmes de défense l'entrainant 'à la perversion.C'est ce que semble vouloir nous dire Magda Sazbo avec une plume dans la surmaîtrise , tendue , et inconfortable pour le lecteur malgré son talent : Impossible de s'évader par une quelconque porte d'imaginaire !

Ce qui est terriblement dérangeant dans les romans de Magda Sazbo c'est qu'on sent une forte teneur autobiographique dans la volonté d'accoucher de la toute noirceur de ce qu'elle croit de son âme .
Elle ne s'épargne pas avec une bonne dose de masochisme , alors bien évidemment le petit lecteur suit son chemin pour comprendre , et lorsqu'il est si caillouteux , il est soulagé d'arriver au bout .
Au final , c'est brillant , sans appel , impitoyable , fortement auto-destructeur ou l'inverse si l'écriture comporte une dimension "purificatrice" .

Bravo Magda Sazbo . Pour le talent d'écrivaine . Pour le courage de Magda aussi .

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