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 Claude Gauvreau

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Claude Gauvreau   Mar 5 Mar 2013 - 8:21



Comment présenter Claude Gauvreau? J'ai parcouru quelques notices descriptives mais elles ne faisaient que rarement l'affaire. Je suis finalement tombé sur un lien qui avait reproduit son autobiographie intégrale publiée aux éditions Parti-Pris.

Citation :
Autobiographie
.
(Tiré de : Œuvres créatrices complètes de Claude Gauvreau, Ottawa, Parti pris, 1971 et 1977.)

Je suis né à Montréal le 19 août 1925. J'ai fait mes études primaires au Jardin de l'Enfance, rue Saint-Denis, près de Roy.

Ces années-là, nous passions l'été à Sabrevois dans le comté de Missisquoi. Une poétesse amie de ma mère, Thérèse Bouthillier, nous initia au théâtre, mon frère Pierre et moi. À neuf ans, stimulé par l'influence de Thérèse Bouthillier, j'écrivis ma première pièce de théâtre; Thérèse lui trouva un titre: L'humour américain.

Je devins ensuite élève du collège Sainte-Marie; mais, la situation financière étant alors très difficile à la maison, ces débuts d'études classiques furent chaotiques on ne peut plus. Faute d'argent, je dus manquer une année entière de cours; et , par la suite, en syntaxe, je fus mis à la porte pour avoir composé des dessins et des histoires grivoises destinés à l'amusement de quelques camarades. Je devins alors athée, temporairement.

Je suivis alors les cours privés de Hermas Bastien. Ma méthode, je l'étudiai tout seul. L'année suivante, les jésuites acceptèrent de me reprendre en versification.

Paul Claudel eut sur moi une influence prédominante pendant quelques années et je redevins croyant pour un temps. À quinze ans, je décidai de devenir écrivain pour la vie. J'écrivis alors des poèmes et quelques courtes pièces de théâtre.

Mon frère Pierre devint élève de l'École des Beaux-arts et, par lui, je découvris l'art moderne.

J'allais bientôt faire la connaissance de Borduas.

En rhétorique, je fus représentant du Collège Sainte-Marie au concours oratoire inter-collégial mixte et j'en sortis vainqueur. Cette victoire, qui fut excellente pour mon moral, me permit de rédiger ma première œuvre publiable, Les reflets de la nuit, qui fut le premier objet de ce qui devait s'appeler Les entrailles (1944-1946). J'écrivais mes objets dramatiques et j'en faisais prendre connaissance au fur et à mesure à mon copain Jean Mercier.

L'enseignement jésuite me pesait de plus en plus ; et, petit à petit, ma pensée avait évolué vers le panthéisme.

Le dogmatisme de Claudel était de plus en plus incompatible avec ma sensibilité... et les mythes catholiques incongrus me devenaient de plus en plus insupportables.

On cherchait depuis longtemps à se débarrasser de moi. Une thèse, démontrant l'absurdité de l'Enfer, fut l'occasion de ma deuxième mise à la porte du Collège Sainte-Marie.

J'étais devenu un membre actif du nouveau mouvement «automatiste» (qui ne portait pas encore ce nom).

À l'Université de Montréal, je devins bachelier en philosophie ; et mes études s'arrêtèrent là.

Je vis Borduas de plus en plus et il fut le premier à me faire entièrement confiance sans restriction. Son splendide exemple devait marquer toute ma vie par la suite.

Tour à tour, j'avais connu Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau, Marcel Barbeau, Jean-Paul Riopelle.

En 1947, je montai ma pièce Bien-être avec Muriel Guilbault qui devint sur-le-champ la muse incomparable de ma vie.

Je fus un militant inconditionnel dans la grande bataille «automatiste» en peinture (1946-1954).

En 1948, je fus un signataire conséquent du formidable manifeste de Borduas: Refus global.

En 1949, à la demande du compositeur Pierre Mercure qui était censé le mettre en musique, j'écrivis un opéra: Le vampire et la nymphomane. Cependant, une polémique affreuse dans Le Petit Journal au sujet de ce texte fut cause d'un changement d'attitude de Mercure et la musique de cet opéra ne fut jamais écrite.

Pourtant, la polémique en question m'attira un correspondant, Jean-Claude Dussault, qui était alors élève à l'École Normale. Cette correspondance fut de dix-sept lettres de part et d'autre et j'ai donné par la suite à ma participation à cette correspondance le titre de Dix-sept lettres à un fantôme. Ce fut l'occasion pour moi d'une importante tentative de prise de conscience théorique de ma pensée créatrice.

C'est aussi vers cette époque que je me mis à lire massivement les ouvrages pré-surréalistes et surréalistes.

Par le contact avec des marxistes, j'étais redevenu athée ; une fois pour toutes.

La prise de conscience permise par la correspondance ainsi que la découverte des Vingt-cinq poèmes de Tzara me permirent d'écrire Étal mixte (mon premier recueil de poésie pure).

Par ailleurs, à la demande de Muriel, j'écrivis pour elle des textes radiophoniques que Radio-Canada joua et qu'elle signa. Quelques uns de ces textes atteignirent un grand renom (notamment Le coureur de marathon).

Sur les entrefaites, Guy Gagnon vint me demander de me charger de la critique des spectacles à l'hebdomadaire anticlérical Le haut parleur en remplacement de René Lévesque qui s'était chicané avec le directeur de l'hebdomadaire T.D. Bouchard. Je m'acquittai de cette tâche pendant quelques années... ne quittant le journal qu'à la veille du suicide de Muriel qui fut la tragédie de ma vie.

Le cadavre de Muriel ayant été souillé par d'abjects moralisateurs de diverses disciplines, je me décidai à laver sans réplique possible cette ignominie en écrivant le roman de sa vie tel que je la connaissais : Beauté baroque (1952).

Je m'étais aussi remis à écrire des textes radiophoniques sous ma signature ; le plus important d'alors fut Magruhilne et la vie (qui n'a été joué qu'en 1969 à Studio d'essai).

L'effort de rédaction de Beauté baroque annihila ce qui me restait de forces nerveuses. Aussi, vers la fin de 1952, à la faveur d'une chicane quelconque à domicile (qui n'était que la cause prochaine de cette catastrophe), je devins totalement amnésique.

Je demeurais néanmoins en liberté et continuai à écrire.

En 1953, je rédigeai ma première longue pièce de théâtre : L'asile de la pureté (quatre actes). Jean Gascon me dit d'elle qu'elle était « absolument injouable ».

C'est aussi en 1953 que Borduas m'apprit son départ pour les États-Unis.

En 1954, je décidai d'organiser une exposition de peinture pour regrouper les forces non-figuratives en déroute et je demandai à Borduas de venir de New York pour faire publiquement la sélection des œuvres. Après quelques réticences, il accepta. La matière chante eut donc lieu... et déclencha éventuellement toute une série de polémiques dans lesquelles je me lançai avec tout ce qui me restait de puissance.

L'été suivant, à Saint-Hilaire, je rédigeai un récit d'expériences psychiques intitulé Ni ho ni bat ; en plus des poèmes qui devaient être publiés en 1956 sous le titre de Brochuges. Je composai aussi cet été là un grand nombre de dessins et des textes radiophoniques capitaux. Ce surcroit d'activité masquait cependant l'épuisement. De retour à Montréal, je devins malade au point de devoir être hospitalisé.

De 1955 à 1965, ce fut une série d'hospitalisations entrecoupées de périodes de liberté. Toutefois je demeurai actif comme écrivain tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'hôpital.

En 1955, à partir des contes de Ray Bradbury, je rédigeai des demi-heures radiophoniques intitulées Astéroïde 1313 ; je devais en rédiger treize, mais, après la neuvième, la nécessité de défendre mes pleins droits de citoyen occasionna mon arrestation et mon hospitalisation.

En 1956, à Saint-Hilaire, alors que je croyais devoir mourir avant peu, j'écrivis ma sombre pièce en quatre actes : La charge de l'orignal épormyable.
Il y eut ensuite des textes radiophoniques.

En 1956, ce furent les publications : Sur le fil métamorphose (quatre extraits des Entrailles) et Brochuges. Je tins aussi une exposition de quarante dessins.
Je croyais mon lyrisme tari à jamais, ce qui était une erreur. En 1958, à la faveur de mes rapports avec le peintre Lise Gervais, je trouvai le souffle qu'il fallait pour écrire le télé-théâtre pétulant : Le rose enfer des animaux. On n'accepta pas de le jouer cependant.

En 1958, Janou Saint-Denis monta deux de mes courtes pièces à l'École des Beaux-arts : La jeune fille et la lune et Les grappes lucides.

Une sorte de mésentente avec Borduas, alors à Paris, m'occasionna une profonde dépression. À l'hôpital, je rédigeai trente-neuf textes radiophoniques auxquels j'ai donné le titre de Faisceau d'épingle de verre. Ma mère mourut en 1961.

Lors d'une de mes plus détestables hospitalisations, j'écrivis mes Poèmes de détention.

Vivant seul, je traversai la période la plus noire de ma vie. Une longue hospitalisation suivit.

J'étais à l'hôpital depuis plusieurs mois quand le docteur Lorenzo Morin m'apporta l'Anthologie de la poésie canadienne d'Alain Bosquet, chez Seghers, dans laquelle étaient contenus des extraits de Brochuge ; les propos louangeurs de Bosquet à mon égard me redonnèrent courage. Entre-temps, j'avais rédigé trente-cinq adaptations de théâtre d'avant-garde européen et Radio-Canada consentit à m'en acheter quelques-unes, ce qui me permit de reconquérir ma liberté. Nous étions passés de la négativité à la positivité.

Avant de quitter l'hôpital, cependant, et après la réception du livre de Bosquet, j'écrivis les treize textes qui constituent Automatisme à quatre voix. Le réalisateur Roger Vigneau, qui s'était dit à ma disposition, ne voulut pourtant pas faire jouer ces textes-là.

En liberté, je vécus seul dans un appartement suffisamment spacieux et une vie heureuse commença. Je tentai d'abord de faire accepter une nouvelle série d'originaux radiophoniques, mais ce fut en vain. L'occasion se présenta de travailler comme scénariste à CBFT et je fis ce travail quelques années. Mes relations avec Micheline Beauchemin furent aussi bienfaisantes.

Mais Micheline partit au Japon et mon humeur s'assombrit. À la demande de Serge Lemoyne, je rédigeai une petite pièce de théâtre dont j'ai toujours été fier : L'étalon fait de l'équitation.

En 1965, eut lieu ma dernière arrestation. Ma détention fut courte : et, après, ce fut le beau fixe.

À partir de 1964, j'avais participé à des récitals de poésie ; d'abord au Bar des Arts, puis à l'Association espagnole.

Mon travail de télévision devint finalement impossible et c'est pour le mieux que je me tournai vers la création pure. En 1967, j'écrivis mon recueil de poème intitulé Les boucliers mégalomanes.

À la Bibliothèque nationale, un récital de poésie organisé par Gaston Miron et Georges Dor me valut une sorte de triomphe et un retour à la notoriété. C'est à l'occasion de ce récital que Lucie Ménard eut connaissance de mon existence et c'est par elle, éventuellement, que je pus connaître le merveilleux groupe qui l'entoure... espoir d'un nouvel égrégore authentique.

Ensuite, je participai aux divers spectacles de Poèmes et chansons de la résistance - et une appréciable portion de la population put entrer en contact avec mon écriture.

J'ai ensuite écrit un télé-théâtre, La reprise, qui n'a pas été joué.

Vint ensuite une œuvre capitale : Les oranges sont vertes, pièce en quatre actes.

Les Européens m'ont toujours fait un bon accueil. Après Bosquet, ce fut Jean Rousselot qui m'inclut dans le Dictionnaire de la poésie française du vingtième siècle où ne figurent que six poètes canadiens.

Jacques Larue-Langlois, qui avait commencé par être réticent à l'égard de mon œuvre, finit par m'appuyer fermement. C'est ainsi que des textes radiophoniques de toutes les dates purent être joués à Studio d'essai sous la réalisation de Robert Blondin avec lequel les rapports sont excellents. À ce jour, Blondin m'a joué Le coureur de marathon (nouvelle réalisation), Affaire de taille et Magruhilne et la vie. Il est certain qu'il me jouera dans le futur plusieurs autres textes. J'ai groupé pour la publication en deux livres des textes radiophoniques anciens et relativement récents : Cinq ouïes et L'imagination règne.

Il y a eu l'Opération déclic où mes trois petites pièces publiées dans le Refus global ont été lues en public ; j'y ai moi-même récité de mes poèmes.
La revue Europe a publié quatre de mes poèmes dans son numéro sur la littérature québécoise.

En 1969, la revue La Barre du Jour publia un numéro spécial sur Refus global et j'y ai collaboré largement. Cette collaboration me valut les commentaires flatteurs de René Lacôte dans Les Lettres Françaises.

Récemment, je me suis lancé dans la rédaction d'un recueil de poèmes intitulé Jappements à la lune et j'ai aussi écrit deux étranges textes axés sur la sexualité : Gramahuchée et Le traitement de l'exhibitionniste.

En 1969, j'ai signé un contrat avec les Éditions Parti pris pour la publication de mes Œuvres créatrices complètes en un seul volume. Et ça continue.

http://claude-gauvreau.blogspot.ca/2008/03/autobiographie.html

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Mar 5 Mar 2013 - 8:59

Claude Gauvreau s'est suicidé le 7 juillet 1971. Il a laissé une oeuvre considérable et qui s'inscrit un peu à part de toute la production québécoise. Surréaliste par excellence, il avait tendance à radicaliser l'écriture automatiste jusqu'au point de s'exprimer dans des mots incompréhensibles mais qui atteignaient son auditoire puisque ces mots - ou suite de sons - était viscéraux.

Pour le présenter, j'ai décidé de reprendre une figure familière : la posture de prophète. Je vous présente ainsi un extrait du texte «Le prophète dans la mer» que nous pouvons lire dans Les entrailles. Je note que dans cet ouvrage, il y a également un texte intitulé «Le soldat Claude».

Citation :
«Le prophète dans la mer» (extrait)

La bouche - Les arbres naissent comme ils meurent.
Le message de l'arbre est un long cri de hibou dans la nuit sans heurt, une procession de jus de citron clamant l'éclat sans flétrissure, un climat de trompette de carnaval rouge et blanche, le message de l'arbre est l'équilibre, le chant de la durée.
Mourir pour naître.
Chanter par sa beauté, se taire par sa perpétuité.
Louis, prends ma place, je t'ai appelé comme un moribond dans une cave.
Meurs comme un arbre est né, car je ne peux pas. L'éclat n'est pas ma parole.
Il faut que je parle avec ma bouche. Car je suis un prophète. Prendras-tu ma place? Sinon, je retournerai dans les ténèbres qui tombent sur ma bouche depuis que la sueur du ciel s'est mêlée au soleil.
Louis Chir de Houppelande, je t'ai appelé, prendras-tu ma place?

(Louis regarde fixement et ne répond pas.)

Longue longue fut l'attente du prophète pétrifié.
Un arbre qui chante sans hurler, qui interpelle sans pointer du doigt.
Je suis un prophète et mon coeur hurle, ma poitrine supplie.
Je suis un prophète pétrifié dans l'attente sans fin depuis que les prophètes se sont tus.
L'arbre et l'homme se confondent. Sois l'arbre, je serai l'homme.
Puisque l'heure des prophètes revient.
Le silence s'était fané un matin tranquille sans que nous nous en soyons aperçus. Mais le souvenir des jours de colère fit un bond dans ma poitrine assoupie et je reconnus au goût la sève des mots.
L'amour sacré qui fermente et le besoin de crier.
Le réveil naissait du lugubre silence. Une voix m'est venue, une voix nouvelle, et un nom à crier.
Une voix nouvelle qu'un seul nom pouvait entendre, une voix nouvelle comme un mince filet qui s'épuise, la plainte rauque d'un chien qui meurt de soif, et un seul nom, venu de l'instinct, le nom de Louis Chir de Houppelande.
Toi seul pouvais m'entendre, Louis.
On m'appelle, et il faut que je réponde.
Les paroles dansent dans ma gorge :
L'andante criblaire ausculte ô Mène l'Edjé berta.
Voici la pampimoune astiquer le cycle.
Les réverbères à pâte moirée débinent à l'épuisement des deltas un profond schisme entre les éléments de vie.
Et la terre, frappée comme un soigneux arbalète, profuse l'arabesque du cor épinglé avec le jaune picard.
Communément faisceaux les sceaux se fractionnent par groupes, se simplifient par chaleur et soif brûlante.
Le vestige du gullible anguillé de cétone promulgué et interdit excite la bâche murat et de l'épousement énergique et saccadé gicle le sang.
Parti de rien ou du nul périclyte, mon culte ascète fait dandiner lancinamment la mutation. Là pan, la jungle prismatique éternue.
Disette de saumure ou inflation d'armure, le comment connaître suppure des hésitantes langoureusetés timides. Le bain serpe coulera sur ces indécisions. Léger conseil qui part de la bordure sucrée et digestible des frontispices d'angoulême.
Le désespéré aux yeux de soir d'hiver, aux lueurs de crime hésité une seconde, aux incrustes d'oscillations indécises comme un dos de dromadaire tout blanc, regarde mes incantations frénétiques avec des sourcils vides.


Claude Gauvreau, Oeuvres créatrices complètes, 1977 (1971), Parti-Pris, p. 102-103.


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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Mar 5 Mar 2013 - 11:55

Claude Gauvreau fut dramaturge en priorité. Il était tout de même poète, même inclassable. Dans Poèmes de détention, il a écrit ceci :

Citation :
«L'impossible m'attend»

Les corbeilles ont dégusté les offrandes qui appelaient le cercueil.
On a dit : They never come back.
Et pourtant les pas timides cheminent. Les pas timides s'en viennent.
Le monstre de fragilité adhère à un sol qui se dérobe et se dérobe avec lui
vers l'existence mouvante.
L'impossible a des dents, des dents qui semblent en bauxite.
C'est le chavire. La chavirimade.
Il est présent.
Les ouïes ne le croient on nie.
Il est présent.
Debout il témoigne.
Il est ce qui persiste et qui revit. Il est, enfin, ce qui vit.

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Mar 5 Mar 2013 - 22:58

Dans Étal mixte, Claude Gauvreau écrit des poèmes. Il en écrit quelques uns de facture classique mais pour le reste, les onomatopées prolongées sont à l'avenant. Je vous présente «Aurore de minuit aux yeux crevés» :

Citation :
«Aurore de minuit aux yeux crevés»

Au feu
les pénombres croulent.
Un gibraltar assaisonné de pestes immergées par les succubes
dévore le protocole de mon âme anéantie.
Comment sortir
Comment sortir le beu qui sillonne en éclaboussant son crâne
qui dédouane l'espoir hydrocéphale lacéré et hyéné
qui dédouble le fat foulon
issé par les aisselles de sauterelle au pinacle du bronze égorgé.
faible est la nuit
anéanti est le rêve
endolori est le nom qui ceignait la soupière des mille pattes humaines.
Une ombre jaillit
Un poste fuse
et nantit d'or la couronne où agonise le bois fermenté.
Un nom siffle.
Un non aboie
plus fort que le délire
plus cru que la bestialité aux reins brisés.
Ma main n'est plus que le vase où nasillait la flore japonaise.
Mon creux n'est plus la croupe où s'hébétaient honnies les civières de
deuil.
Le chant souffre dans l'Inde éprise de feu
et tapissée de foetus jaunâtres
L'haleine peste
l'haleine rejoint le moignon de vestiaire
Et toutes nos têtes coupées
expirent dans la falaise de zinc.

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Mer 6 Mar 2013 - 9:15

Je ne sais pas si je finirai par vous vendre Claude Gauvreau, mais il a fini par me convaincre. Il a un talent pour le théâtre, la poésie et il semble bien se tirer pour le roman. C'est notamment le cas en lisant l'incipit et les premiers paragraphes de Beauté baroque :

Citation :
La banalité est la loi. L'unique est tabou.
Les hommes justes souhaiteraient qu'il fût possible d'expier d'être unique. Hélas, l'unicité est inexpiable.
Malheur à l'ange diaphane qui s'égarera dans l'auge de boue!
Je l'imagine, toute petite, avec sa chevelure rouquine. Elle était déjà une beauté baroque.
Bien entendu, elle ne pouvait pas plaire.
Elle n'était pas jolie, comme un calendrier est joli.
Ses attraits à elle n'avaient rien de vulgaire, donc de plaisant. L'expressive intensité de sa face, sa faim d'ogresse tendre, voilà qui ne pouvait pas rassurer.
Elle avait l'art de radier.
Elle n'était pas semblable aux autres. Hélas, on n'est jamais trop petit pour acquitter la taxe de transcendance.
Les faux qui nivellent n'ont point été dotés d'organes sommeillants. Sus à la grandeur irrégulière!
Les écoles de souffrance n'ont pas affiché de programmes uniformisés. On apprend à souffrir comme on peut. Souvent, on apprend mal.
Un petiot qui souffre, comment peut-il savoir que sa souffrance est objective ou point? «On me disait que j'étais laide. Sincèrement ou insincèrement, on me faisait sentir que je ne plaisais pas. Devant mes cheveux rouges, les bouches ricaneuses riaient».
Son énergie, pourtant, n'a pas connu de frontières : sans défense contre l'implacable unanimité des condamnateurs écervelés.

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Mer 6 Mar 2013 - 12:07

Je prends le temps d'explorer la plume de Gauvreau. Il est maintenant temps de vous montrer son langage exploréen encore plus en évidence, cette fois ci dans Les boucliers mégalomanes :

Citation :
4

Les cosmonautes ont des frères à terre
Et le jugement des juments procède des grelots qui ont aspiré la
partance du tudère
Hojclombsèc
Les gazis des tueurs aimés des Papes hoppent le malixioufouf des
fous à fourchettes pastèques
Vive la Geûnauzie!

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Jeu 7 Mar 2013 - 8:42

Brochuges (1954) est un recueil de poésie qui semble consensuel par son contenu modéré dans l'usage du langage exploréen. Je vous retranscris deux poèmes dans ce recueil, le tout le premier et un autre quelques pages plus tard :

Citation :
Un doigt
sur la tourmente
Une charpente
humaine
Il se tient
Il est
Debout Il
Crocodiles enfantés par les mers ils agitent des pourceaux de paroles
Marée d'hyènes
marteau pilon sur le socle
Il se tient
Marée de vermines

Un oeil
droit
comme
un diamant
Lynx affrontant les roches en marche

Il va
mourir

Mais

le ciel s'ouvre
sur des fées de miroirs
Et la pénombre catapulte
comme un désir énervé


Citation :
Moutravor
Oeil sang du pur-sang
Le gland a des offrandes
pour les carmélites en fleurs
Marche
Oeilné
Marche
tête de combre d'Afrique
Moulu
par toutes les parties
Le sang coule
sur les veuves patriciennes
Agléhon!
Gens du Marne
posture équilibrée
Voici la fête
par-dessus le château
Gléh!
Meuil sur tance
Il aura son enfant
par-dessus la barrière

Nous pouvons parler d'un éclectisme dans l'imagerie de Gauvreau.

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Dim 10 Mar 2013 - 3:00

Citation :
«Un jour quelconque»

vieillirons-nous ensemble au pas de la porte
têtes couvertes de branches blanches et de corbeaux
oubliés
nos plaies confondues sous un soleil pâle mains
effilées
momies d'un amour qui nous ressemble

ton bras à mon bras mon épaule contre la tienne
merveille alors de s'éveiller comme on ressuscite
le matin n'a pas une ride sur la peau des draps

viens sortons au grand jour la rue n'a point d'âge
pas encore

tu ne dis rien près de tes lèvres le souffle se fait rare
j'écoute pour la millième fois le commencement du
monde

le temps se déplie s'explique en espace le lait tinte
aux yeux du laitier
est-ce l'hiver est-ce l'été nous ne savons plus
entre nous l'instant tombe
des moineaux fusent de rire les journaux crient à tue-
tête nos veines si bleues se répondent

tremblerons-nous ensemble au bout du trottoir
transis de nous voir enfin ombres illuminées


[La poésie ce matin]

_________________
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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Dim 10 Mar 2013 - 4:13

Citation :
«Ode à l'ennemi»

Pas de pitié
les pauvres ouistitis
pourriront dans leur jus
Pas de pitié
le dos de la morue
ne sera pas ménagé
Cycle
Un tricycle
à ongles de pasteur
va jeter sa gourme
sur les autels de nos présidences
Pas de pitié!
Mourez
vils carnivores
Mourez
cochons de crosseurs de fréchets de cochons d'huiles de cochons
de caïmans de ronfleurs de calices de cochons de rhubarbes
de ciboires d'hosties de bordels de putains de saints-sacrements
d'hosties de bordels de putains de folles herbes de taberna-
cles de calices de putains de cochons
Le petit doigt
fera merveille
dans le fessier
de l'abesse
Baisse
tes culottes
Nous ne sommes plus
des garçons
prévenants
Pas de pitié!
Les aubes ridubonlantes
crèvent
et crèvent
et crèvent
l'odeur pâle
des maisons en chaleur
La dame
au doigt de porcelaine
se masturbe
sur les aines
de ma cravate
blasphémeuse
L'ouïe
Le rot des cochers
Le diame-dame
luit
sur les parchemins de stupre
Les dos cadencés
protègent
les prunes puînées
Les prés
Les possédants
La puce de la mère supérieure
Le clos
des gens
ardents
La vedette râpe
son sperme
de femme
Oulllllllll - Hahiya-diad-loup!
La loupe freinée
provoque
la diarrhée des sédentaires
Pas de pitié
Mourez chiens de gueux
Mourez baveurs de lanternes
Crossez fumiers de bourgeois!
La lèpre
oscille
dans vos cheveux
pourris
Crossez vos banalités
Sucez vos filles!
Pas de pitié
Mourez
dans votre gueuse d'insignifiance
Pétez
Roulez
Crossez
Chiez
Bandez
Mourez
Puez
Vous êtes des incolores
Pas de pitié!


[Étal mixte]

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MessageSujet: Claude Gauvreau   Mer 13 Mar 2013 - 8:07

Je reprends sur ce l'image de Fermaille :



Deux citations de Brault furent retenues tout au long des quinze publications de grève. Les voici :

Numéro I :

Quand à mon tour je dormirai entre terre et terre
quand je serai bien couché à jamais quelqu'un se
lèvera crois-moi en qui nous continuerons à mettre
maille sur maille les chairs d'une vie nouvelle


Jacques Brault

Numéro XIII :

La lutte quotidienne pour le pain est
la plus sûre des éducations positives.


Jacques Brault

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Lun 1 Avr 2013 - 10:03

Il serait bien important de mentionner qu'il y a un documentaire réalisé à l'ONF par Jean-Claude Labrecque sur Claude Gauvreau - Poète. Je vous laisse le lien ci-bas :

http://www.onf.ca/film/claude_gauvreau_poete

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Ven 3 Mai 2013 - 10:24

jack-hubert bukowski a écrit:
Je ne sais pas si je finirai par vous vendre Claude Gauvreau, mais il a fini par me convaincre. Il a un talent pour le théâtre, la poésie et il semble bien se tirer pour le roman. C'est notamment le cas en lisant l'incipit et les premiers paragraphes de Beauté baroque :

Citation :
La banalité est la loi. L'unique est tabou.
Les hommes justes souhaiteraient qu'il fût possible d'expier d'être unique. Hélas, l'unicité est inexpiable.
Malheur à l'ange diaphane qui s'égarera dans l'auge de boue !
Je l'imagine, toute petite, avec sa chevelure rouquine. Elle était déjà une beauté baroque.
Bien entendu, elle ne pouvait pas plaire.
Elle n'était pas jolie, comme un calendrier est joli.
Ses attraits à elle n'avaient rien de vulgaire, donc de plaisant. L'expressive intensité de sa face, sa faim d'ogresse tendre, voilà qui ne pouvait pas rassurer.
Elle avait l'art de radier.
Elle n'était pas semblable aux autres. Hélas, on n'est jamais trop petit pour acquitter la taxe de transcendance.
Les faux qui nivellent n'ont point été dotés d'organes sommeillants. Sus à la grandeur irrégulière!
Les écoles de souffrance n'ont pas affiché de programmes uniformisés. On apprend à souffrir comme on peut. Souvent, on apprend mal.
Un petiot qui souffre, comment peut-il savoir que sa souffrance est objective ou point? «On me disait que j'étais laide. Sincèrement ou insincèrement, on me faisait sentir que je ne plaisais pas. Devant mes cheveux rouges, les bouches ricaneuses riaient».
Son énergie, pourtant, n'a pas connu de frontières : sans défense contre l'implacable unanimité des condamnateurs écervelés.



A mon sens, bien que l'influence des surréalistes lui ait permis de se dégager des contraintes du classicisme, son identité poétique n'apparaît jamais tant que dans cet extrait absolument sublime de "Beauté baroque".

Citation :
La banalité est la loi. L'unique est tabou.
Les hommes justes souhaiteraient qu'il fût possible d'expier d'être unique. Hélas, l'unicité est inexpiable.

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MessageSujet: xxxxxxxxxxxxx   Dim 7 Juil 2013 - 10:59

Je vous ai déjà parlé de l'ouvrage Les boucliers mégalomanes. Pierre Graveline a retenu un extrait fort évocateur dans son anthologie que je reproduis ici :

Citation :
Mon Olivine
Ma Ragamuche
je te stoptatalère sur la bouillette mirkifolchette
J'acramuze ton épaulette
Je crudimalmie ta ripanape
Je te cruscuze
Je te goldèlpe
Ouvre tout grand ton armomacabre
et laisse le jour entrer dans tes migmags
Ô Lunèthophyne
je me penche et te cramuille
Ortie déplépojdèthe
j'agrimache ta rusplète
Et dans le désert des marquemacons tes seins obèrent le
silence

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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Mer 10 Juil 2013 - 15:16

Il se trouve que je possède le recueil Etal mixte et autres poèmes 1948-1970 et je dois avouer que Gauvreau me confronte à mes limites en tant que lectrice. J'ai eu beau essayer de comprendre l'originalité de son projet, très loin des sentiers battus, je trouve sa poésie bien peu accessible.
Je sais que la mort de la bien aimée Muriel lui a fait perdre la tête. Peut-être retrouve-t-on cette "déraison" dans ses poèmes ?

J'ai d'ailleurs eu l'impression qu'une partie lui était dédiée, je pense notamment aux poèmes La corde où se pendait le vent, Poème de l'ancienne tourmente et surtout Trop belle pour mourir.

Toute la partie Jappements à la lune demeure pour moi absolument illisible.

J'ai jeté un coup d'œil aux boucliers mégalomanes que tu évoques. A certains moments, oui, on peut presque trouver une certaine sensualité dans l'exploréen.

Citation :
Je te cruscuze
Je te goldèlpe
Ouvre tout grand ton armomacabre
et laisse le jour entrer dans tes migmags
Prononcé avec passion et engouement, je verrais dans ce passage une déclaration d'amour jolie et originale quand on a de l'imagination et parvient à deviner les images qui se cachent derrière les mots inventés. Les messages codés en amour, rien de plus amusant !

D'autres passages sont aussi plutôt amusants :

Citation :
Mange de la crotte de cheval
Imbécile à haltères
J'oublie ta stupidité et vogue vers les repas aux sauces sexuelles
La Marmita a des hanches aux souplesses imôvres
Le cadran de ma chérie a des gongs hyperesthétiques.

Mais ces instants ne durent pas assez longtemps, et on tombe vite dans le non-sens absolu :

Citation :
Vag moz moutta ipuss dragon folaire

Avec toute la bonne volonté du monde, cela reste une écriture à laquelle je ne peux goûter. Au mieux, cela me fait penser au langage imaginaire des enfants lorsqu'ils s'amusent notamment à la bagarre et à réciter des formules magiques pour "trucider l'ennemi" !

Mais si tu nous proposes un cours d'exploréen, on pourra peut-être comprendre ce qui nous échappe Wink
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Claude Gauvreau   Jeu 11 Juil 2013 - 7:01

Crysta a écrit:
Il se trouve que je possède le recueil Etal mixte et autres poèmes 1948-1970 et je dois avouer que Gauvreau me confronte à mes limites en tant que lectrice. J'ai eu beau essayer de comprendre l'originalité de son projet, très loin des sentiers battus, je trouve sa poésie bien peu accessible.

Je sais que la mort de la bien aimée Muriel lui a fait perdre la tête. Peut-être retrouve-t-on cette "déraison" dans ses poèmes ?

[...]

Mais si tu nous proposes un cours d'exploréen, on pourra peut-être comprendre ce qui nous échappe

Tout d'abord, comment se fait-il que tu as ce recueil...? Tu viens de l'Amérique du Nord?

Concernant la déraison dans la démarche poétique de Gauvreau, je crois que les tentatives de Victor-Lévy Beaulieu peuvent nous instruire sur une tangente que peut prendre une intention originale.

Pour le cours d'exploréen, je n'y suis pas rendu parce que c'est plus auditif qu'autre chose et cela me semble bien difficile à décoder, étant sourd. J'ai mes limites... :)

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