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 Beaulieu Michel

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Beaulieu Michel   Jeu 18 Juil 2013 - 10:57



Michel Beaulieu (1941-1985) s'est illustré comme poète québécois. Il fut tour à tour, journaliste, éditeur, traducteur et critique. Il publia une oeuvre assez imposante, dont plusieurs recueils le seront après sa mort. Il a composé une trentaine de recueils. Desseins constitue une anthologie de sa période poétique précédant l'année 1980. Visages, Kaléidoscope et Trivialités reviennent au cours de la conversation.

Toutefois, au moment de retenir un extrait, je m'arrête sur ces courts vers :

Citation :
il me prend parfois
l'envie d'entendre
de nouveau la façon
que tu avais de finir
comme en les étouffant
tes phrases l'oreille
alors si terriblement
attentive tu détestais
dirais-tu vers la fin
ce don de désamorcer
les moments graves
que j'exerçais sur toi
mais tu viens de te taire
et depuis jamais plus
tu ne m'auras parlé


Tiré de : Vu

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De Gaulle, citant Nietzsche

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: xxxxxxxxxxxxxxxxxxx   Ven 26 Juil 2013 - 9:30

Oratorio pour un prophète est un court recueil de poésie à édition limitée et comprenant six feuilles. Il fut distribué lors du 25e anniversaire des Éditions de l'Hexagone, dont Gaston Miron fut le principal animateur. Je profite de l'occasion pour souligner que c'est l'éditeur d'une autre maison d'édition de poésie, Le Noroît, Paul Bélanger qui m'a référé à l'oeuvre de Michel Beaulieu. Il fut un professeur dans une classe, étudiant la poésie québécoise couvrant la période de 1930 à aujourd'hui.

Dans ce court poème, il est encore une fois question d'un hommage à Gaston Miron. Le voici :

Citation :
«Oratorio pour un prophète»

pour Gaston Miron

corps émasculé de son corps
et dénigrant ses lendemains
les draps sont froids
dans chaque chambre

il veille quand la nuit l'oppresse
en sifflant dans la plèvre

l'oeil ne fixe plus que ses fantômes
d'autrefois reconnus par les failles

nul ne reconnaît que l'heure vient
quand l'eau s'évapore des clepsydres
et nul moins que soi

(n'avoir été qu'une herbe
qu'un insecte stridulent
dans le matin

ô gloire honnie
gloire consentie
jusque dans l'ambiguïté)

face aux métronomes
où s'érodent les enclumes
tout vient à point nommé
dans l'éphémère éternité

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Beaulieu Michel   Dim 1 Déc 2013 - 12:14

La littérature québécoise et son parent pauvre, la poésie québécoise, sont fort mal connues. Michel Beaulieu fut pour longtemps plongé dans l'oubli. Par contre, nous pouvons être témoins de la consécration qui l'a accueilli de façon posthume : en 2002, soit donc 17 ans ou presque après sa mort, il reçoit le prix Alain-Grandbois.

Dans Poèmes (1975-1984) que je savoure lentement et de façon appliquée, j'ai déniché quelques passages. L'ensemble que cette rétrospective propose compte tellement de trésors qu'il est difficile de restreindre le champ de ce qu'on cite. Je débuterai tout de même par deux passages en vrac :

Michel Beaulieu, Poésies (1975-1984), 2011, Montréal : Noroît, p. 36-37. a écrit:
un
jour
s'é-
grè-
ne
dans
la
gorge
tu
en
comp-
tes
les
mail-
lons
Ibid., p. 66. a écrit:
si loin que tu sois

si loin que tu sois dans les méandres de la ville
si loin que tu sembles te nourrir
tu habites aussi ce lieu de tendresse
et si loin que tu sembles être l'habitant
si loin que les sens irradient davantage
avec dans la peau ce lent remembrement
de si loin qu'elle s'étouffe cette parole
qui s'en va t'assaillir jusque dans tes nerfs
de si loin qu'elle s'apprête en visant ta gorge
à couler sur tes seins nichés dans cet espace
où je n'interviens que par la douleur des iris
de si loin qu'elle vienne cette voix
feuler dans tes entrailles
tu habites aussi ce lieu de tendresse
et si loin que tu sembles être l'habitant
tu n'en habites pas moins ici pour autant

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MessageSujet: Re: Beaulieu Michel   Ven 20 Déc 2013 - 13:02

Je prends ici fait et cause pour Michel Beaulieu. Il s'agit d'un des poètes majeurs du Québec. Il a une telle manière d'écrire la poésie, de la réciter, que c'en est proprement hallucinant. Je le lis page après page et je me dis qu'il l'a sacrément travaillée sa poésie. Il nous parle de la vie, des rencontres avec les femmes et de l'univers des villes. Il nous parle de l'âme québécoise et il se rend dans les interstices de fragilité. Son lexique est assez minimaliste et d'un vers à l'autre, il peut quelquefois sauter plusieurs vers avant de loger un verbe. Il manie les mots à l'épée et ça a l'air si facile pour lui. Il a tout de même longuement pesé chaque mot qu'il pose sur la balance de la cadence qu'il compte inculquer au souffle.

Dans Oracle des ombres, nous pouvons trouver le poème «Fuseaux» :

Michel Beaulieu, Poèmes (1975-1984), 2011, Montréal : Noroît, coll. «Ovale», p. 61-62. a écrit:
«Fuseaux»

dire et toujours dire
corrodées par les lieux communs
les ivresses du sang
les renier sans doute le lendemain
quand les ombres se replient
avec ce bruissement d'ailes
des insectes blessés

dire sans dire et le dire pourtant
malgré la lenteur en soi des volutes
cette odeur de pétrole qui nous pressent
que la nuit affaîte ses antennes
et le dire qu'une voix qu'aucun relent
n'habite encore futile désordonné

cuisses de tendresse bouche rauque
à dix heures du soir un soir
quelque part par là la Catherine
galope enchâssée dans ses néons

plus tard elle brisera les lignes
de la main
elles seront longues elles seront brèves
elles rempliront chacune sa fonction
chacun s'endormira satisfait de ses lunes
chacun s'en souviendra le lendemain

mais toi tu le sais qu'il existe
ce lieu de nulle part où tu t'attardes
en vain
comme on passe devant les miroirs
éperdu
satisfait
en s'oubliant soi-même un instant
si vite passé qu'il en reste
un zeste de sommeil entre les dents

si tu écoutes en toi-même ta propre voix
qui te fouille les nerfs
elle s'éprendra de tes mouvements
si tu écoutes en toi-même cette voix
qui fouille tes nerfs
elle s'éprendra de tes mouvements

Je vous dis, ce poème-là, c'est tellement pas grand chose par rapport à l'immensité de ce que la poésie de Michel Beaulieu recouvre. nous pourrions trouver une certaine familiarité thématique, encore qu'il faut avoir su écrire cette poésie. En quelque sorte, je trouve que Beaulieu incarne bien la modernité poétique au Québec.

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MessageSujet: Re: Beaulieu Michel   Sam 8 Fév 2014 - 11:23

Michel Beaulieu n'est plus. Ce n'est pas une raison pour continuer à l'ignorer. Il est l'un des poètes les plus accomplis au Québec. Trivialités serait un recueil de maturité. Je n'ai pas de peine à le croire. Le poète est abouti dans sa démarche. Un tel niveau de maîtrise est rarement vu. Guy Cloutier disait d'ailleurs dans la préface du livre :

Michel Beaulieu, Trivialités, 2001, Montréal : Noroît a écrit:
On le voit, Michel Beaulieu s'affirme ici, au plus profond de l'expérience intime, comme un véritable mystique de l'écriture; il rehausse la tâche du poète à un niveau d'ascèse dont il était plus que d'autres conscient.

Pour ma part, j'ai lu le recueil en deux jours. J'ai lu et relu à quelques reprises certains passages. J'étais apaisé dans cette lecture. C'est rare que je ressente un tel état de plénitude intérieure. Michel Beaulieu vient de Montréal. Ça paraît dans sa façon de parler de la ville et des thèmes qu'il utilise. Son écriture est en prose poétique. Il parle encore une fois des tourments amoureux, de la nostalgie et du hockey (les joueurs des Canadiens de Montréal).

Je vous livre un passage qui est à mon sens emblématique du livre :

Citation :
27

depuis que tu te transcrivais poème
en m'imposant ses seules initiales
à défaut de son visage englouti
dans les parois du labyrinthe urbain
dont la trame sans arrêt m'échappait
même quand j'ignorais son existence
en traversant les murs à chaque coin
de rue où je voulais sans le savoir
le reconnaître avec un pincement
mais j'errais depuis peu dans ce quartier
vivant chaque semaine la rencontre
fortuite d'un fantôme d'autrefois

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MessageSujet: Re: Beaulieu Michel   Jeu 20 Mar 2014 - 9:10

Pour lire Kaléidoscope ou les aléas du corps grave, il faut être disponible intérieurement. J'ai lu le livre une première fois en lisant le recueil au complet et parcourant d'un oeil distrait la préface écrite par Denise Brassard. J'ai fini par attendre avant de m'y replonger une 2e fois. Je ne l'ai pas regretté. Le recueil est assez stupéfiant. Je suis étonné qu'on écrive ceci en poésie québécoise, qu'on ait eu une oeuvre de cette magnitude. Mon professeur Paul Bélanger pouvait fort bien le mentionner durant ses cours, il faut encore lire Michel Beaulieu. L'expérience est assez reposante, même si nous en sortons ballotés par tant d'ampleur dans les cimes vivifiantes de sa poésie.

Voici un extrait qui reproduit (très partiellement j'en conviens) l'expérience de la poésie de Michel Beaulieu dans Kaléidoscope :

Michel Beaulieu, Poèmes (1975-1984), 2011, Montréal : Noroît, p. 264-265. a écrit:

tu ne montes plus à bord d'avions
depuis dix ans la belle affaire
tu reportes à l'année suivante
chaque année ce pèlerinage
inévitable et pars sur un coup
de tête et traverseras six fois
l'Atlantique en moins de deux
ans n'éprouvant qu'au dernier
de tes dérangements l'éreintement
du décalage horaire

tu aimes ou tu n'aimes pas
tu aimes
comment ne pas
comment ne pas laisser
surgir des filières d'images
les innombrables cartes
postales du cinéma
des descriptions romanesques

portes rasées de la circulation
fluide battement des roues
contre l'arête arrondie
des pavés monuments
pierres

tant de mots échappés dans ses eaux
que tu n'en perçois plus le fond
mais les phares qui les longent

que toi dans la soudaine détresse
d'être ce corps ces jambes
qui élancent dès le milieu
du premier après-midi

Je vous laisse découvrir un peu les différentes facettes de son oeuvre. J'en rajouterai un moment donné.

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MessageSujet: Re: Beaulieu Michel   Mar 7 Oct 2014 - 10:07

Je reviens sur mes pas en ce qui concerne Michel Beaulieu pour citer un autre passage de Trivialités qui a été sélectionné par François Hébert dans J'partirai :

Citation :
19

déjà j'enterrais tant de mes poètes
Pouchkine et Rimbaud je portais leur deuil
en viatique et Kosovel et Blok
et Marina n'avait plus qu'une année
à vivre et l'ignorait tout comme moi
Marie Uguay j'ignorerais ta mort
avant que me l'explose en pleine face
et noir sur blanc La Presse d'un matin
semblable à tant d'autres qui fleurait bon
l'encre mais la grille des mots croisés
s'embrouillait les simples définitions
ne correspondaient plus à rien

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MessageSujet: Re: Beaulieu Michel   Jeu 5 Fév 2015 - 11:32

Je persiste et signe : Michel Beaulieu doit être découvert comme poète québécois. Je dirais même qu'il est empreint d'un esprit assez «beat». Cette fois-ci, je m'attarderai sur quelques extraits de Visages :

Citation :
Dans la suite poétique «Neiges»

13.

en rongeant l'os pelé chacun de ses rêves
de ses avenirs parcourus à l'avance
et depuis longtemps déviés
dans les cernes de leur amertume
l'on va
courbé sous ses propres dépouilles
et chaque geste s'en ressent
hoqueté dans les côtes
mais toi
d'où viens-tu que je te reconnaisse
dès l'instant qui nous inonde
et m'aimerai-je enfin
l'échoué navigateur de la nuit
m'arracherai-je aux miroirs
qui nous renvoient dos à dos
dans l'équivoque durée

Dans la suite «Mai la nuit», deux poèmes :

Citation :
7.

la ville pétrie que la pluie roule
quand reclus dans les chambres
minuit poisse les plis du corps
énamouré
tu y glisses parmi les hallucinations
présente au lieu qui te découvre
ce pressentiment de l'autre en toi
qui vacille
avec dans la voix cette raucité
particulière à la plénitude abrasive
d'aussi loin que te portent les fièvres


[...]

13.

la nuit traque ton âme
jusque dans ses repaires

les miroirs te révèlent
au flux de la marée

chacun s'y noie
que tu n'invites pas

tu m'inventes des labyrinthes
en tissant devant toi le fil

nul jamais ne mourra
qui a su naître en toi

ni toi-même éperdue

Dernier extrait dans la suite poétique «Zoo d'espèces» :

Citation :
2.

tu ne peux évidemment pas te souvenir
(c'est un alexandrin
sans césure à l'hémistiche)
tu n'habites pas la ville alors
du moins pas celle-ci mais Boston
où l'on se prend à tourner en rond
quand nous échappe une indication
et qu'on y est étranger même bilingue
à qui l'on répond parfois en français
à cause de l'accent
dans certains restaurants
et pas des plus huppés
moi
c'est à l'hôpital Sainte-Jeanne-d'Arc
dans la plus ancienne de ses ailes
à l'intersection de Prince-Arthur
et de Saint-Urbain
(on passera devant un de ces jours
tu verras)
que tout a commencé
(ou que tout a fini :
à la longue ça revient au même
comme qui dirait en cuvant sa bière
pour le reste chacun passe
comme une automobile emballée
qui descend le parc la nuit
puis emboutit la Renault verte
((et sale))
stationnée devant la porte où rien
à cette heure ne l'interdit)

N'hésitez pas à commenter cette poésie, si ça vous intéresse... content

Je dois indiquer que le visage est une constante thématique qui revient assez souvent en poésie québécoise, même si ce n'est pas le trait le plus particulier qui identifie singulièrement la poésie québécoise comme telle. Les os et la mort sont notamment des choses qui reviennent au cours de cette même poésie. Nous pouvons le lire dans le premier extrait plus haut. Il faut tout de même considérer les conditions particulières dans lesquelles la poésie de Michel Beaulieu baigne.

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