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 Madeleine Gagnon

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Madeleine Gagnon   Lun 8 Avr 2013 - 15:04

Madeleine Gagnon a écrit de la prose et de la poésie. Je tergiverse le moment d'écrire un fil sur elle. En attendant, j'ai lu ceci dans Les fleurs du Catalpa :

Citation :
Inutile, ça je sais. Illisible, non : la lune était pleine hier, il en reste une luminosité diffuse. Jamais les lueurs ne seront aveuglantes et je suivrai la route qui m'est tracée. Je m'y engage pour la première fois et pourtant je la reconnais. Je ne sais pas où ça commence où ça finit, je sais seulement la poursuite, la pause à l'affût et les rencontres à certains angles de l'astre. Je flaire l'odeur, les rayons sont précis et je tends la main. Le corps s'ouvre comme le livre et je me donne autant de fois que l'exigent les pages. Dans Agonie, sur le banc d'un petit parc en Hollande, une femme inconnue parle la mort de la façon la plus vraie, sans que rien ou presque y paraisse, dans une langue maternelle étrangère, d'avant le cri et d'avant tous les codes, elle est hors la loi, on la dirait folle mais comme un homme égaré capte au passage ce qu'elle en dit, il en fait sa raison d'être, sa façon d'aimer, son mode de vivre, il en fait son métier. Et dans la discrétion d'un soir comme tant d'autres, les amants acquiescent à leur désir si simple mais si vaste qu'il englobe celui de la perte. C'est mars encore. L'entre-saison est propice à ce flottement. Comme si toute parole était carène.

Madeleine Gagnon, À l'ombre des mots. Poèmes 1964-2006, 2007, Montréal, L'Hexagone, p. 228.

La page d'avant, Madeleine aborde La détresse de l'enchantement de Gabrielle Roy, effleure les leçons apprises de Laure Conan et immédiatement après, elle parle d'Agonie. Elle ne le nomme pas, mais c'est bel et bien Jacques Brault l'homme de l'ombre à laquelle elle fait référence dans le dernier extrait.

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De Gaulle, citant Nietzsche

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Madeleine Gagnon   Dim 7 Juil 2013 - 10:19



Depuis toujours, Madeleine Gagnon (1938-...) s'est consacré à la poésie et à l'enseignement. Engagée dans les luttes féministes et politiques, elle fut couronnée du prix du Gouverneur-général en 1991 pour Chant pour un Québec lointain. Elle finit par remporter l'une des consécrations suprêmes d'une carrière d'écrivain, le prix Athanase-David en 2002. Finalement, en 2007, une grande anthologie de son oeuvre est formée : À l'ombre des mots.

Je vous liste ici une bonne partie de sa bibliographie :

Citation :
Les morts-vivants, nouvelles, HMH, coll. l'Arbre, 1969
La venue à l’écriture, avec Hélène Cixous et Annie Leclerc, coll. 10/18 – Féminin Futur, 1976
Retailles (avec Denise Boucher), poèmes et textes, l’Étincelle (1977) et l’Hexagone, TYPO, 1988
Lueur, roman, VLB éditeur, 1979
Au cœur de la lettre, poèmes, VLB éditeur, 1981
Autobiographie 1, rétrospective 1974-1978 de livres publiés à l’Aurore, aux Herbes rouges et chez Christian Bourgois, coll. 10/18, VLB éditeur, 1981
Pensées du poème, poèmes, VLB éditeur, 1983
La lettre infinie, récits, VLB Éditeur, 1984
Les fleurs du Catalpa, poèmes, VLB éditeur, 1986
L’infante immémoriale, poèmes, Écrits des Forges et La Table rase, 1986
Femmeros, poèmes (dessins de Lucie Laporte), Éditions Le Noroît, coll. Écritures/Ratures, 1988
Autobiographie 2, Toute écriture est amour, textes critiques, VLB éditeur, 1989
Les mots ont le temps de venir (dessins et textes - avec Annie Cohen), Écrits des Forges et La Table rase, 1989
Chant pour un Québec lointain, poèmes, VLB éditeur et La Table rase, 1990
L’instance orpheline, poésie, Trois, 1991
La Terre est remplie de langage, poèmes, VLB éditeur, 1993
Les cathédrales sauvages, récits, VLB éditeur, 1994
Là où les eaux s’amusent, poèmes, avec des dessins de Colette Rousseau, Éditeq, 1994
Le vent majeur, roman, VLB éditeur, 1995, l’Hexagone, TYPO, 2008
Le deuil du soleil, récits, VLB éditeur, coll. Poésie, 1998
Rêve de pierre, poésie, VLB éditeur, 1999
Les femmes et la guerre, essai, VLB éditeur, 2000
Anna, Jeanne, Samia… (Femmes dans la guerre), essai, Fayard, 2001
Le Chant de la terre, anthologie de poésie, TYPO, 2002
Je m’appelle Bosnia, roman, VLB éditeur, 2005
À l’ombre des mots, poèmes 1964-2006, l’Hexagone, coll. Rétrospectives, 2007
OLT, livre d’artiste, avec des gravures de Gérard Truilhé, Trames, Barriac, France, 2009
Sans titre, livre d’artiste, avec des œuvres d’Irene Whittome, conception de Jacques Fournier, éditions Roselin, 2009
Depuis toujours, autobiographie, 2013

Tiré de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Madeleine_Gagnon

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Madeleine Gagnon   Dim 7 Juil 2013 - 10:39

Je vous retranscris deux versants poétiques dans l'oeuvre de Madeleine Gagnon. Tout d'abord, voici «Réminiscences» :

Madeleine Gagnon dans Pierre Graveline, Les cent plus beaux poèmes québécois, 2013, Biblio/Fides, p. 92-93. a écrit:
«Réminiscences»

J'entends le chant de la terre,
on me croirait assise sur sa plus haute falaise,
j'entends
La galerie est de travertin,
marbré de rose, d'ocre et d'opale,
j'entends jusque dans ma main
La main caresse cette poudre calcaire,
ruisselle à mon tympan le bruit de la matière
Plus bas, très loin, la mer,
ce pourrait être l'Atlantique
mais c'est l'Égée d'enfance imaginée
J'entends le chant de la terre,
tous les espaces m'habitent,
l'oreille n'a pas de frontières
Au nord du quarante-neuvième parallèle,
sur la plus haute falaise de grès sédimenté,
j'entends le chant de la terre
Mes doigts suivent le filet rouge,
mes doigts cherchent la mémoire des âges
sous le quartz érodé
Sur le grain veineux,
je palpe une brèche sonore,
j'entends le chant de la terre
Par-delà tout désastre entrevu,
au bord du gouffre nucléaire
Rivant le corps entier au moindre souffle
chu des pulsations d'astres
J'entends le chant de la terre
À mes pieds dans ce Nord tout juste frigorifié
que le printemps encore réchauffe
Je vois, ramassée foetale en plein conglomérat,
tassée au sein du galet de silex
L'image d'une sphère vivante,
douée d'yeux et de bouche avec,
enfouie comme en un songe
Une oreille qui vibre et qui écoute, je sais,
je prends la roche au creux de ma main
J'entends le chant de la terre

Dans un autre registre, Madeleine Gagnon a écrit une poésie à la forme très brève. Voici un exemple de cette poésie illustré ci-bas :

Madeleine Gagnon, La terre est remplie de langage citée dans Laurent Mailhot et Pierre Nepveu, La poésie québécoise. Des origines à nos jours, 2007, Anthologie/TYPO, p. 391. a écrit:
Entrant dans la forêt
avant de t'enfoncer
laisse en bordure
le livre d'images
tu le reprendras au retour

Ou bien sur la cime du mont Lune
prends ton envol
souviens-toi du gravissement
pierre à pierre
falaise après falaise
tombe des proses

Un caillou dans la main
enterre la rumeur
funérailles du lointain quitté
donne ces heures à la terre
d'où tu viens

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