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 Ludwig Wittgenstein [Philosophie]

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colimasson
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MessageSujet: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyVen 16 Aoû 2013 - 12:18

Ludwig Wittgenstein (1889 - 1951)


Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  Ludwig10

Biographie

Citation :
Wittgenstein est né le 26 avril 1889 à Vienne. Il commence des études d’ingénieur aéronautique à Berlin puis Manchester, avant de se tourner, sur les conseils de Gottlob Frege du côté de la philosophie, par le biais des mathématiques et de la logique. Il quitte alors Manchester pour Cambridge, où il va rejoindre Bertrand Russell. Au début de la Première Guerre mondiale, il s’enrôle volontairement dans les troupes austro-hongroises et est envoyé sur le front russe en 1916, avant d’être fait prisonnier, en 1918, en Italie. La rédaction du Tractatus logico-philosophicus a lieu durant des années de guerre, en partie dans les tranchées.

Au sortir de la guerre, Wittgenstein passe une dizaine d’années à vivre éloigné de la philosophie, en occupant les professions d’instituteur dans un petit village autrichien et de jardinier dans un monastère. Son retour à la philosophie semble en partie dû à ses contacts avec les membres logiciens du Cercle de Vienne.

En 1929, poussé par certains de ses amis dont Frank Ramsey, Wittgenstein revient à Cambridge où un accueil triomphal lui est réservé. Il fait du Tractatus logico-philosophicus sa thèse de doctorat et devient assistant à Trinity College. En 1935, il semble vouloir émigrer en Union Soviétique, mais le projet n’aboutit pas. En 1936 et 1937, Wittgenstein vit en Norvège, où il commence à travailler aux futures Investigations philosophiques. En 1939, il obtient la chaire de philosophie de Cambridge, qu’il occupera jusqu’en 1947. L’essentiel de sa seconde philosophie est rédigé durant ces 18 années. Entre 1948 et 1951, il voyage entre Dublin et Cambridge où il décède d’un cancer, le 29 avril 1951.

On a coutume de diviser l’œuvre philosophique de Wittgenstein en deux périodes, parlant du premier et du deuxième Wittgenstein. Sa première philosophie se résume à un seul ouvrage : le Tractatus logico-philosophicus. Il y aborde cette question, centrale dans son œuvre, du rapport logique entre le langage et le monde, avec l’ambition de la régler une bonne fois pour toutes. Sa seconde philosophie, celle des jeux de langage, prend forme au début des années 1930 ; elle aboutira notamment aux Investigations philosophiques en 1944 et à De la certitude en 1951. Si des thèmes et des exigences se retrouvent dans les deux versions de sa philosophie, il n’en demeure pas moins qu’il passe d’une conception du langage comme monolithique, où l’abstraction et l’atomisme logiques prédominent, à une conception ouverte à la diversité culturelle des usages langagiers. Outre ces thèses sur la philosophie du langage, on lui doit également des réflexions plus ou moins développées sur la logique, la philosophie des mathématiques, la philosophie de la psychologie, l’éthique, etc.
Source


Bibliographie


 
Citation :
Carnets 1914-1916
   Tractatus logico-philosophicus (1921)
   Grammaire philosophique
   Investigations philosophiques ou Recherches philosophiques (1936-1949, publiées en 1953)
   Cahier bleu (1933-1935, publié conjointement au Cahier brun en 1958)
   Cahier brun (1933-1935, publié conjointement au Cahier bleu en 1958)
   Fiches (1929-1948)
   Remarques Philosophiques (publiées en 1964)
   De la certitude (1950-1951, publié en 1969)
   Philosophica I (Cours de 1930-1933 rapporté par George Edward Moore)
   Philosophica II (Notes sur l'expérience privée et les 'sens data') (1934-1936)
   Philosophica III (Conférence sur l'éthique ; Remarques sur le Rameau d'Or de Frazer; La liberté de volonté) (1912-1951)
   Philosophica IV (Quelques remarques sur la forme logique; Cause et effet: saisie intuitive)(1912-1951)
   Cours de Cambridge 1930-1932
   Cours de Cambridge 1932-1935
   Cours de Cambridge sur les fondements des mathématiques 1937
   Cours de Cambridge 1946-1947
   Remarques Phi-Psy I (1947-1948)
   Remarques Phi-Psy II(1948)
   Remarques sur les couleurs
   Études préparatoires à la deuxième partie des recherches philosophiques
   L'intérieur et l'extérieur (1949-1951)
   Correspondance (Cambridge)
  Remarques mêlées (GF et TER)
   Carnets secrets 1914-1916, traduits de l'allemand et préfacés par Jean-Pierre Cometti (Cadenet, les éditions chemin de ronde, coll. "Cadratins", 2010)
   Carnets de Cambridge et de Skjolden (Puf)
   Leçon sur la liberté de volonté, suivis de : Essais sur le libre jeu de la pensée (Puf, Epiméthée)
   Lettres, rencontres, souvenirs Ludwig Wittgenstein et Paul Engelmann (Éditions de l'éclat) 2010
Source

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyVen 16 Aoû 2013 - 12:22

Avant d'en venir au Tractatus logico-philosophicus, petit détour par un livre autour du personnage...

Wittgenstein je connais ! – L’essentiel en 90 minutes (1997) de Paul Strathern


Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  Bzqjqq10

Si 90 minutes étaient vraiment nécessaires pour lire ce précis sur Wittgenstein, alors il en faudrait 15 fois plus pour lire, par exemple, le Tractatus logico-philosophicus dudit personnage. En réalité, on lira cet essentiel en moins d’une demi-heure pour la simple et bonne raison que si Paul Strathern nous dessine un portrait atypique et intrigant de Wittgenstein, il passe sous silence le développement, la structure et les implications de sa philosophie. C’est pourtant ce qu’on aurait aimé mieux connaître en priorité.


A défaut de nous faciliter la compréhension de l’essence même des textes de Wittgenstein, on découvrira le contexte de leur genèse et la place qu’ils occupent dans l’évolution personnelle de leur créateur. Cette méthode d’interprétation tient plus de la spéculation psychologique que de l’analyse formelle logique et –oserait-on le dire ?- philosophique, d’autant plus que Paul Strathern essaie de construire sa biographie à la manière d’un feuilleton à rebondissements, dressant de Wittgenstein le portrait d’un savant fou à peine humain mais hautement cosmique :


« A l’âge de dix ans, Ludwig invente et construit une machine à coudre miniature qui fonctionne avec des bouts de bois et du fil de fer. Dès l’âge de quatorze ans, il est capable de siffler l’intégralité des mouvements d’un bon nombre de symphonies célèbres. Ce sont là ses seules activités qui se rapprochent un tant soit peu des jeux d’un enfant ordinaire. »


Nous apprendrons donc à peine plus de choses dans ce précis que nous n’aurions pu en apprendre sur la page Wikipédia consacrée à Ludwig Wittgenstein. Paul Strathern semble pourtant avoir saisi l’essence du Tractatus logico-philosophicus, qui conclut son essentiel en ces mots :


« Conséquence de la seconde philosophie de Wittgenstein, les questions jadis posées par les philosophes sont entrées dans le domaine de la poésie. Vu le chemin que prend la poésie, il semble là aussi qu’on ne les posera pas très longtemps. Nous avons appris à nous passer de Dieu et il semblerait que nous allons devoir apprendre à nous passer de philosophie. Elle va rejoindre, hélas, les rangs des disciplines dont on a fait le tour (et qui sont devenues fallacieuses) telles que l’alchimie, l’astrologie, ou encore l’amour platonique et le stylitisme. »


… Ce que Wittgenstein avait déjà simplement résumé en quelques mots éclatants : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire ».


(ceci dit, le plus intéressant à dire concernant Wittgenstein reste à venir...)


Paul Strathern a écrit:
« Bien entendu, Dieu entre dans la catégorie des choses dont on ne peut pas parler. Nous ne pouvons pas parler de Dieu puisque le langage ne fait que donner une image de la réalité. Wittgenstein prétend pourtant que des choses telles que Dieu existent : simplement on ne peut ni les dire ni les penser. »

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyLun 19 Aoû 2013 - 20:23

Tractatus logico-philosophicus (1921)


Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  Tracta10

« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire »


Donc je me tais. En tout cas, j’aimerais me taire… mais ce ne serait pas assez vendeur et je n’aurais pas le plaisir de pouvoir disserter sur ce Tractatus politico-philosophicus à mon aise. Certainement, Ludwig Wittgenstein ne devait pas être publicitaire, comme il ne devait pas être très causant non plus à table ou en promenade. Car enfin, parler du langage comme on parlerait d’un joint de culasse, ça ne ressemble à rien d’humain, et à cette vision de la communication, nous pourrions opposer celle plus sensible (mais aussi moins théorique et peut-être plus sincère) de Margaret Atwood :


« Nous aurions hoché la tête pour ponctuer les dires les unes des autres, et montrer que oui, nous connaissons bien tout cela. Nous aurions échangé des remèdes, et tenté de nous surpasser mutuellement dans la litanie de nos misères physiques ; doucement, nous nous serions plaintes, à voix basse, sur un ton mineur et mélancolique comme des pigeons sur les rebords des gouttières. […] Comme je méprisais ces conversations. Maintenant je soupire après elles. Au moins, nous parlions. Un échange, du moins. »


Oui mais… ce n’est pas ce à quoi devrait servir le langage selon Ludwig. Le langage doit servir à transmettre des informations sur le monde selon des règles logiques qui relèvent de l’axiomatique. La simplicité dans ce domaine devrait être notre unique souci. Mais ce n’est pas le cas et depuis que la communication existe, il semblerait que de sérieux barjos aient essayé de rendre le langage tordu en voulant lui faire dire ce qu’il ne peut pas exprimer. A partir du moment où l’homme a développé un réseau de cellules grises trop dense, les choses se sont détraquées. Les propositions insensées et vides de sens (à ne pas confondre) ont pullulé et peuplent le monde, nourrissant la solitude et l’incompréhension des hommes.


Avant de poursuivre plus loin, rappelons ce commentaire primordial de Wittgenstein sur son Tractatus :


« À côté de choses bonnes et originales, mon livre, le traité log.phil., contient aussi sa part de kitsch »


Ce serait une grave erreur de l’oublier. Malgré son nom pompeux, son style sec et rébarbatif de manuel de logique et son aspect purement théorique, le Tractatus logico-philosophicus est un livre d’une originalité redoutable, qui manie l’humour dans la plus grande discrétion pour un résultat des plus corsés. Mais soyons simples et ne tournons pas autour du pot, poursuivons l’enseignement du Tractatus : ce livre est aussi une vaste entreprise de foutage de gueule. Etudiants sérieux et érudits, vous pourrez certainement trouver entre ses pages une nourriture intellectuelle qui vous confortera l’espace de quelques dizaines de minutes, mais bientôt un doute viendra vous assaillir… rien ne tient la route dans ce traité ! en quelques propositions, tout s’effondre, pour peu que l’on décèle dans le texte sa propre contradiction.


Wittgenstein écrit une critique acerbe de la complexité factice que les hommes confèrent au monde par le biais du langage. Pourtant, il a sans doute atteint l’apogée de cette complexité spéculative en rédigeant son Tractatus logico-philosophicus. Vous avez le temps d’aller vous faire cuire un œuf jusqu’à ce que vous ayez réussi à déchiffrer cette proposition :


« 6. 241 – C’est ainsi que la preuve de la proposition 2 x 2 = 4 se lit :
(Ωv)n'x = (Ωvxn')x Def.,
Ω2x2'x = (Ω2)2'x = (Ω2)1+1'x = Ω2'Ω2'x = Ω1 + 1'Ω1 + 1'x
= (Ω'Ω)'(Ω'Ω)'x = Ω'Ω'Ω'Ω'x = Ω1 + 1 + 1 + 1'x = Ω4'x. »



En fait, n’essayez même pas, ça ne sert à rien.
Wittgenstein détruit la philosophie en tant que discipline qui ne propose aucune nouvelle proposition mais qui essaie seulement (et souvent vainement) d’éclaircir celles qui existent déjà. La philosophie ne sert à rien et ne produit que du non-sens. Et dans ce domaine, Wittgenstein rafle toutes les médailles. Sa propre philosophie ne vaut pas mieux. Il ne s’en cache pas et n’essaie même pas de se justifier. Au moins son Tractatus semble-t-il sincère et humain. Emil Cioran et son principe de contradiction semblent veiller entre les lignes des propositions de Wittgenstein.


Et que dire de la conclusion de cet ouvrage, qui est une merveille à elle seule ? « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » Fallait-il des pages de propositions pour en arriver là ? Oui, sans doute. Approuvant cette conclusion, allons-nous nous taire pour autant ? Non, certainement pas. Et voici la condition absurde de l’être humain définie en une phrase. C’est cruellement tordant, et c’est écrit dans le langage le plus sévère possible. Wittgenstein est un pince-sans-rire doué, un comédien nihiliste du plus grand talent. Il faut se promener entre ses citations comme entre des prototypes humanoïdes d’une invention nouvelle, un peu dégénérés et pourtant fidèles à leur sujet de représentation. Les propositions sont effectivement d’une beauté kitsch et si on ne peut les apprécier pleinement pour leur valeur logique incomplète, on pourra s’émerveiller de leur pertinence psychologique. On cheminera entre le loufoque hallucinogène (« 2. 0232 – Soit dit en passant : les objets sont incolores »), on retrouvera de l’existentialisme sartrien (« 2. 024 – La substance est ce qui existe indépendamment de ce qui arrive »),  un éloge à la relativité (« 6. 43 – […] Le monde de l’homme heureux est un autre monde que celui du malheureux »), ou l’espoir que des univers infinis à la Kundera existent malgré tout (« 2. 014 – Les objets contiennent la possibilité de tous les états de choses »).


Le Tractatus logico-philosophicus contient un  secret : en donnant l’impression de parler de logique sur un mode ennuyeux, il ouvre la porte sur un univers dérangé et chatoyant, aussi envoûtant que les mondes étranges imaginés par Philip K. Dick. On atteint la science-fiction de plus grande qualité, et c’est peut-être de cela dont voulait parler Wittgenstein lorsqu’il évoquait l’importance de l’acte de « montrer ». Alors taisons-nous, et « montrons »…


« 5. 511 – Comment la logique qui embrasse toute chose, qui reflète le monde, peut-elle avoir recours à des attrapes et à des manipulations aussi spéciales ? Pour la seule raison que ces moyens sont liés en un filet infiniment subtil, au grand miroir. »

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyLun 19 Aoû 2013 - 21:42

La philosophie analytique a ceci de complexe qu'elle ne semble pas utile. Mais il y a de bons ouvrages de cette sous-discipline.
Le tractatus possède une erreur dés le début ce qui biaise le reste de l'argumentation.
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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyMer 21 Aoû 2013 - 12:53

Oui, sans doute, mais au-delà de l'aspect logique, ce Tractatus est formidable... poétique et psychologique.

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyMer 21 Aoû 2013 - 12:56

Ce qui n'est pas son but hélas pour l'auteur... Mais il n'y a eu de toute façon qu'un seul philosophe dont on a pas pu remettre en cause la validité logique du raisonnement.
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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyMer 21 Aoû 2013 - 19:27

Coli je suis toujours impressionnée par tes lectures.

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyVen 23 Aoû 2013 - 12:39

eXistenZ a écrit:
Ce qui n'est pas son but hélas pour l'auteur... Mais il n'y a eu de toute façon qu'un seul philosophe dont on a pas pu remettre en cause la validité logique du raisonnement.
Un peu quand même... sinon, que penser de cette déclaration ?

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Je la trouve primordiale !

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptySam 24 Aoû 2013 - 6:53

Coli, tu es pas mal plus motivée que la plupart d'entre nous pour toucher à la philosophie. Pour ma part, j'ai compris que ce domaine n'était pas pour moi... :)

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De Gaulle, citant Nietzsche

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptySam 24 Aoû 2013 - 11:47

colimasson a écrit:
eXistenZ a écrit:
Ce qui n'est pas son but hélas pour l'auteur... Mais il n'y a eu de toute façon qu'un seul philosophe dont on a pas pu remettre en cause la validité logique du raisonnement.
Un peu quand même... sinon, que penser de cette déclaration ?

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptySam 24 Aoû 2013 - 12:10

Heyoka a écrit:
Coli je suis toujours impressionnée par tes lectures.
Moi aussi...Et par les commentaires soignés, "costauds" que tu en fais...content 
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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyDim 25 Aoû 2013 - 21:18

Merci amigos Wink

eXistenZ a écrit:
colimasson a écrit:
eXistenZ a écrit:
Ce qui n'est pas son but hélas pour l'auteur... Mais il n'y a eu de toute façon qu'un seul philosophe dont on a pas pu remettre en cause la validité logique du raisonnement.
Un peu quand même... sinon, que penser de cette déclaration ?

« À côté de choses bonnes et originales, mon livre, le traité log.phil., contient aussi sa part de kitsch »

Je la trouve primordiale !
Oui c'est l'aveu d'un échec.
Bizarre... je n'ai jamais pu penser que le kitsch était dépréciatif...
S'il était seulement kitsch, peut-être, oui... mais s'il l'est en plus du reste, alors c'est une merveille...

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyDim 25 Aoû 2013 - 23:52

Kitsh c'est qui est dépassé donc péjoratif.
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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptyMer 28 Aoû 2013 - 13:47

eXistenZ a écrit:
Kitsh c'est qui est dépassé donc péjoratif.
C'est la définition "officielle", mais kitsch, ce n'est pas péjoratif pour tout le monde... et quant à savoir ce que Wittgenstein a pu précisément en penser... jypeurien  (peut-on parler du kitsch ?)

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MessageSujet: Re: Ludwig Wittgenstein [Philosophie]    Ludwig Wittgenstein [Philosophie]  EmptySam 31 Aoû 2013 - 23:42

(je suis fou ce soir...)

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Tractatus logico-philosophicus

La présentation était intrigante et un œil sur une présentation du texte ont eu raison de ma résistance. Une approche de la grande problématique de la modélisation. Une ou des formes de représentation, de façons d'appréhender notre monde.

Le tout en énoncés numérotés pour faire apparaitre une hiérarchie entre eux. ça sent le pas à pas méticuleux.

Un peu raide, retors dans ses présentations ou dans ses formules logiques. Oui, le modèle étudié est un modèle logique soigneusement décomposé. Ce n'est pas innocent dans la forme qui aime revenir avec des simplifications ou des développements déroutants et qui mettent en évidence ce qui est différent entre un modèle logique et une vision plus quotidienne de la réalité.

Univers structuré et fini de "propositions" vraies ou fausses (les vraies et les fausses). Donc le vrai, le faux, comment construire une proposition. L'implacable logique est affutée, certains sens anéantis au profit d'autres. On retrouve ainsi des notions comme la causalité qui sont proprement exclues du modèle et une réflexion sur le fait que le modèle ne dit rien en lui même.

C'est résumé très grassement. Parce que rentrer dans le détail sans revenir sur le texte, sans avoir pris de note serait un peu sauvage et que ça peut se lire dans le livre !

On ne s'imagine pas forcément dire ça quand on commence la lecture mais c'est un bien beau texte. Qui derrière sa forme mécanique laisse de nombreuses portes par ses redondances (les approches contrariées qui forcent à faire la différence entre le modèle et l'habitude) et par ses subtiles mises en pratique (avec des notations qui sont régulièrement introduites après coup sans que cela empêche la compréhension).

Surtout alors qu'on pourrait trouver que ça coupe les cheveux en quatre et contrarie certaines façon d'approcher des problèmes et questions je crois bien qu'en fin de compte c'est très ouvert aux possibilités en séparant le modèle de réflexion avec ses limites du "métaphysique" et en plaçant les sciences en chemin. ça n'apparait qu'à la toute fin après cette longue et soigneuse préparation.

La logique, le modèle logique décrit, sont un langage. Avant de passer à quelques citations, je rappelle cette idée de pas à pas de cohérence extrême dans l'enchainement. Il faudrait aussi parler de cette différence entre le "dire" qui serait dans le sens des mots ou ce qui en fait office dans la démonstration et le "montrer" qui est par la forme, la structure du langage (choisi).

Citation :
3.3 - Seule la proposition a un sens; ce n'est que lié dans une proposition que le nom a une signification.

4.1213 - Aussi comprenons-nous maintenant le sentiment que nous avons d'être en possession d'une conception logique correcte seulement si tout est cohérent dans notre langage symbolique.

5.552 - L' "expérience" dont nous avons besoin pour comprendre la logique, ce n'est pas qu'il y ait tel ou tel état de choses, mais qu'il y ait quelque chose : mais ce n'est pas là une expérience.
   La logique est antérieure à toute expérience - que quelque chose est ainsi. Elle est antérieure au Comment, non au Quoi.

5.61 - La logique remplit le monde; les frontières du monde sont aussi ses frontières.
   Nous ne pouvons donc dire en logique : il y a ceci et ceci dans le monde, mais pas cela.
   Car ce serait apparemment présupposer que nous excluons certaines possibilités, ce qui ne peut avoir lieu, car alors la logique devrait passer au-delà des frontières du monde; comme si elle pouvait observer ces frontières également à partir de l'autre bord.
   Ce que nous ne pouvons penser, nous ne pouvons le penser; nous ne pouvons donc davantage dire ce que nous ne pouvons penser.

6.13 - La logique n'est point une théorie, mais une image qui reflète le monde.
   La logique est transcendantale.

6.371 - Toute la vision moderne du monde repose sur l'illusion que les prétendues lois de la nature sont des explications des phénomènes de la nature.
ça part donc d'une étude de modèle le plus élémentaire et général qui soit, ratissé dans une forme mathématique qui vous rappellera les cours avec des patates au tableau avant de pouvoir en toute conscience dégager les intérêts et les limites, délimiter des champs et en libérer certains.

Étonnant, marquant, beau. Ce problème inévitable de la représentation, du lien au monde (et du lien exprimé) est très finement abordé.

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