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 Alison Lurie

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sousmarin
Zen littéraire


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MessageSujet: Alison Lurie   Dim 4 Fév 2007 - 14:36



Très européenne de culture, elle lit, entre autres, Colette et Marcel Aymé en français.
15 livres à son actif dont 10 romans, 3 livres pour enfants et 2 essais.
Une virtuose de la satire sociale, dans le genre de David Lodge mais en bien mieux, avec une écriture acérée qui dissèque les relations humaines avec beaucoup de talent.
Aigre-doux et acidulé mais de grande qualité.


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
Romans
1962 Les amours d'Emily Turner,
1965 La ville de nulle part, Pages 5
1967 Des amis imaginaires,
1969 Des gens comme les autres, Pages 3
1974 Conflits de famille, Pages 4, 5
1979 Comme des enfants,
1984 Liaisons étrangères, Pages 1, 3, 4, 5
1988 La vérité sur Lorin Jones, Pages 3
1998 Un été à Key West, Pages 1, 2, 6,
2005 Vérité et conséquences, Pages 1

Nouvelles
Femmes et fantômes, Pages 1

Essais
1990 Ne le dites pas aux grands
2001 Familiar Spirits
2004 Il était une fois et pour toujours

Citation :
mise à jour le 22/10/2013, page 6

Les Liaisons étrangères (prix Pulitzer en 1985) condense à lui seul toutes les préoccupations de l'Amérique : l'antagonisme avec les Anglais (l’histoire raconte l’épopée hilarante de deux chercheurs américains qui s'embarquent pour la douce Albion, afin de passer un semestre sabbatique - et satanique!), et surtout les explosives relations entre hommes et femmes. Cruel et désopilant.


Dernière édition par le Lun 5 Fév 2007 - 20:07, édité 1 fois
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Dim 4 Fév 2007 - 14:39

Un été à Key West :
Après 10 années sans écrire de roman, Alison Lurie revient à la fiction avec un récit de la meilleure veine. On y retrouve son sujet de prédilection, les difficiles relations entre hommes et femmes.
Jenny a consacré sa vie à son mari, le naturaliste Wilkie Walker qu’elle a rencontré comme professeur alors qu’elle n’était que jeune étudiante.
Distant et déprimé (il se croit atteint de cancer et pensant sa femme trop fragile lui parle de moins en moins pour ne pas se trahir), il se laisse convaincre par cette dernière de faire un petit séjour à Key West.
Le soleil et le paysage des tropiques ne font rien pour le dérider. Plus il se replie sur lui-même, plus Jenny s'implique dans la vie locale et s'intéresse aux séduisants personnages de l'île, comme Gerry, l'ex-poète beatnik, ou Lee, la propriétaire attirante et théâtrale d'une pension exclusivement pour femmes…

Les personnages, y compris les secondaires, sont très bien campés et l’histoire vraiment prenante.


La vérité et ses conséquences :
Jane Mackenzie vit dans une petite ville universitaire.
Son mari, Alan, dont la carcasse se délabre à grands renforts de constipation et d'insomnies suite à des douleurs dorsales permanentes depuis un accident de volley-ball, s'occupe d'architecture à l’université locale et se complaint dans la position de malade à ménager tout en ne le supportant pas.
Au bout de seize ans de mariage, même si elle n’en a pas conscience, Jane en a plus que marre de cette ruine ambulante qui transforme leur appartement en infirmerie et leur vie en silences...de plus en plus souvent, elle ne reconnaît plus son mari en le voyant…
C’est alors qu’arrive Delia, brillante et pulpeuse romancière affublée d'un ego démesuré et de migraines carabinées, accompagnée d’Henry, son secrétaire et mari. La rencontre des 2 couples va faire exploser leurs relations et aboutir à…

Un petit bijou de cruauté et de perfidie.
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MessageSujet: Liaisons étrangères   Dim 25 Fév 2007 - 14:40

Liaisons étrangères
L'Angleterre fascine les intellectuels américains, sans doute un fantôme de la présence colonisatrice d'Albion sur les terres du Nouveau Monde.
Vinnie Miner, professeur spécialisée en littérature enfantine, et Fred Turner, professeur spécialisé en littérature anglaise du XVIIIème siècle,obtiennent un congé d'étude à Londres, d'une durée de 6 mois. 6 mois de bonheur à vivre au contact de la vraie civilisation, loin de la barbarie américaine.
Vinnie et Fred ne sont certes pas les voyageurs américains fortunés des romans de Henry James, mais ils vont expérimenter l'expatriation comme les héros de James.
Vinnie est aussi insignifiante physiquement que Fred est beau, aussi petite et menue qu'il est grand et sportif, aussi vite intégrée à la bonne société londonienne qu'il est en marge de celle-ci. Elle travaille sur « l'étude comparative des chansons à jouer des enfants britanniques et américains » et a déjà essuyer des sarcasmes d'un critique littéraire. Fred, lui travaille sur le théâtre de Gay.

Au fil des chapitres, Alison Lurie nous invite à observer le microcosme londien de la bonne société anglaise et peu à peu les fantasmes se lézardent. Les nantis londoniens s'avèrent être condescendants, hypocrites sous leurs airs de politesse raffinée: l'Amérique semble être encore une colonie sauvage que l'on doit regarder avec une pitié dédaigneuse. Alison Lurie nous dresse un portrait cruel de ce Londres intellectuel, de cet esprit « so british » qui fascine et agace profondément, que l'on soit américain ou européen.
L'apparence est le chef d'orchestre de toute relation sociale: surtout ne pas montrer ses travers, cacher ses entorses au protocole sous un vernis de civilisation raffinée. Vinnie et Fred se rendront compte que leur admiration anglophile n'est peut-être que le produit de leur colonisation intellectuelle: à la fin de leur séjour, ils se retrouvent transformés, comme s'ils avaient quitté enfin leur chrysalide pour devenir eux-mêmes et voler de leurs propres ailes.

Londres ne résiste pas au décorticage subtil et ironique d'Alison Lurie mais cette dernière nous fait vivre un Londres que l'on aime à croire qu'il existe vraiment. Cette atmosphère particulière du flegme britannique, cette nonchalance guindée et élégante qui font que le monde entier envie ces traits de caractère tout en les détestant amoureusement.
Fred tombe amoureux d'une icône du cinéma londonien, Vinnie dans les rets amoureux d'un touriste américain, Chuck, rencontré dans l'avion l'emportant vers Londres, typique, inculte, grossier, à l'habillement tapageur et grotesque de cow-boy, mais se révélant plein de bon sens et allant plus à la rencontre de l'esprit anglais que Vinnie et Fred sclérosés dans leurs coteries londoniennes.
Londres n'est pas l'Angleterre, cette dernière vibre et étincelle dans les campagnes et les cottages perdus dans les champs, les landes ou les bois.

On ne peut s'empêcher d'être ému par l'envie, chez beaucoup d'américains, d'avoir des ancêtres nobles en Angleterre: la quête de Chuck est un petit bijou d'humour et de férocité envers les clichés énoncés de part et d'autre de l'Atlantique. C'est un personnage secondaire qui revêt une grande importance dans le roman. Un autre personnage, a priori insignifiant, parcourt inlassablement le récit: Fido, le chien invisible de Vinnie, symbole de son mal-être et son apitoiement sur elle-même. Il devient l'image du bonheur entrevu que l'on ne sait pas saisir à temps, ironie amère du sort que l'on apprend à côtoyer.
Une atmosphère romantique teintée d'une douce amertume, telle le brouillard londonien qui s'estompe sans disparaître vraiment.

Un roman qui donne envie de relire les classiques anglais, de replonger dans les époques edwardienne et victorienne de cette Angleterre irritante, attirante mais attachante.
Une belle découverte littéraire d'un univers d'auteur que l'on souhaite approfondir.

D'ailleurs, à la médiathèque, il y a plusieurs titres de Lurie que je compte bien lire!! cat
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Mar 26 Juin 2007 - 22:21

"Femmes et fantômes" mon deuxième Alison Lurie sunny

L'expérience concluante de « Liaisons étrangères » d'Alison Lurie m'a donné envie d'entrer un peu plus dans son univers.
Je me suis trouvée, nez à tranche, avec « Femmes et fantômes », un recueil de nouvelles où les femmes et les esprits sont les principaux personnages.
J'ai eu le plaisir de retrouver la belle écriture de Lurie ainsi que son humour très britannique mais aussi quelques personnages de « Liaisons étrangères », tels que Fred Turner et sa femme photographe.
Les neuf nouvelles mettent en scènes des femmes se trouvant dans des situations sentimentales, amicales... dangereuses pour elles. Les événements les mettent devant des vérités qui dérangent, des souvenirs enfouis au plus profond d'elles-mêmes, des angoisses tenaces, des doutes insistants. Elles sont seules face à leur miroir et sont mises en demeure de se prendre en main. Le destin est insondable, est imprévisible et indomptable: un meuble, une montre, une enfant costumée en lapin un soir d'Halloween, une statue indienne, piscine sont autant de petites bombes à retardement dans leur vie. L'explosion survient et avec elle la défaite, la résignation ou l'espoir.
Le manquement de l'une provoquera celui de l'autre qui attendra, résignée, que l'on vienne un jour, ou un soir, lui réclamer le prix du sang. Certaines nouvelles sont empreintes d'espoir, de renaissance, d'autres sont plus noires, moins sereines. Mais toutes peignent de truculents personnages féminins: la grand-mère refusant d'être appelée autrement que par son prénom (pour faire jeune) par sa petite fille, est une femme acariâtre, superficielle, égoïste et méchante. Son sort n'en sera que plus mérité et son châtiment éternel bien ironique...à faire des ronds dans l'eau de sa belle piscine en bonne compagnie.
Alison Lurie réussit à émouvoir sans prose sirupeuse ou larmoyante sur le désir viscéral d'enfant, devenant obscessionnel, d'une femme stérile. Les méandres bureaucratiques foulant aux pieds ce désir par un douloureux refus. L'adoption est un parcours long et difficile, une remise en cause mais aussi une sublime rencontre: la déesse de la fertilité devant laquelle se prosterne cette américaine en mal d'enfant, pied de nez à la logique cartésienne. La nuit, des pleurs d'enfant empêchent la femme de dormir...le futur rejoint le présent, la prescience rejoint le réel.
Lurie atteint le plus haut comique avec la nouvelle intitulée « Les gros » où l'héroïne compte profiter de l'absence de son mari pour perdre du poids et lui en faire la surprise au retour. Peu à peu son univers quotidien se peuple de gros. Ils deviennent obèses à mesure que les régimes draconiens, et inutiles, se succèdent: c'est l'obscession de la nourriture, la batterie de tous les faux prétextes pour se donner bonne conscience. Une pichenette ironique sur un certain mode de vie américain où l'excès de nourriture se partage avec les innombrables régimes. Mais pourquoi changer si au fond de soi on n'en a guère envie? D'autant que « être gros » dépend souvent du bout de la lorgnette utilisé!
Au fil des nouvelles, Alison Lurie décline les nuances de l'étrange, les diverses approches de l'inexpliqué. Une confrontation entre esprit cartésien et ouverture à « l'au-delà des apparences », aux éléments surnaturels. Elle décline aussi les différents silences des héroïnes devant phénomènes bizarres et inexpliquées auxquels elles sont soumises: la peur d'être tournée en dérision préoccupe ces femmes.
J'attends avec impatience, suite à cette lecture jubilatoire, le prochain roman d'Alison Lurie qui passera à portée de main et d'yeux!
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Mar 26 Juin 2007 - 23:21

Ce que j’aime vraiment chez Lurie c’est son art de la nuance dans sa façon d’alterner harmonieusement des émotions contradictoires avec toujours la dérision qui traîne… :heart:
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Mer 27 Juin 2007 - 8:00

J'avais repéré "Un été à Key West" mais il était emprunté lorsque je suis allée la dernière fois à la bibli (c'est pour cela que j'ai eu "Femmes et fantômes" en main Wink choix que je n'ai absolument pas regretté drunken )
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Lun 30 Juil 2007 - 19:29

"Un été à Key West"


Quatrième de couverture:

Citation :
« Jenny a consacré sa vie à son mari, le naturaliste Wilkie Walker. Elle est une créature aussi rare que les espèces en voie de disparition qu'il essaie de préserver. Mais cette année-là, au début de l'hiver, Wilkie lui paraît distant et déprimé. Au désespoir, Jenny le persuade de faire un séjour à Key West, mais le soleil et les paysages des tropiques ne font rien pour le dérider.... »

Jenny est une femme d'intérieur et une épouse parfaite qui ne vit que pour la carrière de son mari, Wilkie Walker, naturaliste de renom. Elle a 26 ans de moins que lui, ils sont mariés depuis 25 ans, elle va avoir 45 ans et lui en a 70: l'hiver qui s'installe trouve un couple qui s'éloigne peu à peu l'un de l'autre. Wilkie est distant, désagréable et ronchon. De plus, son dernier roman semble en panne: Jenny attend qu'il lui donne à relire, corriger puis taper son ultime chapitre.
Jenny est désorientée par l'attitude de l'homme qu'elle aime et admire en même temps, elle se souvient de son indifférence quant à la vie de ses enfants, indifférence à la limite du mépris (comme il est difficile de vivre avec un grand homme admiré et adulé de tous!): est-il fier de ce qu'ils sont devenus? Rien n'est moins sûr. Jenny est dans l'attente d'un compliment « Chérie, tu es merveilleuse. » qui ne vient plus. Son mari est préoccupé mais par quoi?
Elle le persuade d'aller à Key West, en Floride, passer l'hiver sous des cieux plus cléments. D'ailleurs, Molly, la veuve d'un des meilleurs amis de Wilkie n'y vit-elle pas six mois par an?
Las, loin de ramener la gaieté sur le visage de son mari, le climat de Key West les éloigne encore plus! Jenny se lie d'amitié avec Lee Weiss, une femme attirante, propriétaire d'une pension pour femmes. Lee s'intéresse à Jenny, à ses envies, sa détresse et peu à peu Jenny se sent attirée par Lee, éprouve pour elle des sentiments plus profond que l'amitié, plus confus, plus tendres. Jenny se rapproche de Lee à mesure qu'elle s'éloigne des sautes d'humeur de son mari. Pour la première fois de sa vie, une personne s'intéresse à elle, uniquement à elle, pour elle-même, et non pour pouvoir approcher Wilkie Walker le grand naturaliste! Pour la première fois, Jenny vit pour elle et elle seule!
De son côté,Wilkie Walker décide de mettre fin à ses jours car il ne veut pas achever sa vie décrépi et dépendant: le seul et unique moyen de partir sans faire souffrir sa fragile épouse (tiens donc? Mais l'est-elle vraiment? La connaît-il vraiment?) est de faire croire à une noyade accidentelle. Mais les circonstances s'acharnent à contrer ses lugubres projets et de manière presque comiques: quand ce n'est pas la compagnie indésirable de Gerry, poète de son état, c'est la météo pluvieuse qui s'en mêle ou encore la vaine tentative de sauvetage de la noyade d'un homme en fauteuil roulant! Ces échecs auront leur explications à un moment inattendu et éclaireront davantage la fatuité exécrable du personnage.
Autour de Jenny, Wilkie et Lee gravitent des personnages secondaires étonnants, attachants voire horripilants! Jacko, le jardinier homosexuel qui apprend sa séropositivité et hérite d'un ancien amant. Barbie, la cousine gaffeuse (car ne sachant pas mentir) et immature de Jacko, épouse d'un homme politique égocentrique et adultère, dominée et manipulée par sa mère, une exécutive woman de la pire espèce. Molly, la veuve octogénaire d'un professeur d'université, qui regarde sa vieillesse avec résignation, qui se met en-dehors de la vie qu'elle observe avec humour, sérénité, peur et tendresse. Gerry, l'ex-intellectuel beatnik, poète presque has been, qui a quitté son épouse pour une succession de jeunes femmes plus écervelées (quoique le ridicule n'est pas forcement du côté que l'on pense) les unes que les autres. Dorrie, la mère de Jacko, effacée et dominée par sa soeur, la mère de Barbie, qui apprend la maladie de son fils et décide de rester avec lui jusqu'au bout en partageant sa passion du jardinage. Un groupe de touristes racistes et grossiers dans un restaurant insultant un serveur.
Par petites touches légères, aériennes, Alison Lurie dresse un portrait savoureux d'une région de Floride où vivent des intellectuels et des personnes aisés, où s'est établit une communauté homosexuelle dynamique, cultivée et fêtarde, où viennent chercher le soleil des américains moyens et grossiers. Sous sa plume, les travers de ces classes socio-culturelles prennent des allures tragi-comiques: les arcanes glauques de la politique où les appuis financiers font l'élection, l'aveuglement dû au refus d'accepter les marques du temps dans et sur son corps, le rejet d'une communauté sexuelle au nom de principes réactionnaires, le clinquant de mauvais goût au prix exhorbitant dans de luxueuses villas, la vague écologique sur laquelle de nombreux intellectuels surfent à des fins personnelles etc... Le personnage qui s'en tire le mieux me semble être Jenny, cette femme oublieuse d'elle-même qui se révèle être une autre, une fausse inconnue; il lui fallait un petit coup de pouce pour qu'elle se laisse aller à l'aventure. Certes, elle reste avec son époux mais elle a découvert qu'elle pouvait vivre pleinement.
J'ai eu une tendresse particulière pour le personnage de Barbie, l'archétype de la femme soumise dès le plus âge aux rêves de pouvoir de sa mère. Une vie étouffée qui agace au début par son côté « nunuche » au plus haut degré mais qui fait sourire quand cette jeune fille décide de dire enfin « non! » aux projets qui ne sont pas les siens pour se consacrer, avec honnêteté, à la défense des lamantins.
Décidemment, au fil des lectures, je découvre un immense intérêt pour l'écriture subtile et ironique d' Alison Lurie dont je suis loin de me lasser!
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Queenie
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Mar 31 Juil 2007 - 8:57

devant tant d'enthousiasme, je prend note pour plus tard Wink
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guillaume
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Dim 11 Mai 2008 - 18:01

Est-ce que je dois commencer par "Un été à Key West" ou" Liaisons étrangères" pour découvrir Alison Lurie pour le première fois ?
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Dim 11 Mai 2008 - 18:35

guillaume a écrit:
Est-ce que je dois commencer par "Un été à Key West" ou" Liaisons étrangères" pour découvrir Alison Lurie pour le première fois ?
Bon retour parmi nous guillaume. Wink

Les Liaisons étrangères est plus humoristique qu’Un été à Key West qui balance entre sociologie et désabusement.
Pour ma part, je te conseille La vérité et ses conséquences laugh …ce roman, en se concentrant sur les rapports de 2 couples, est très symbolique des thèmes de prédilection de l’auteure.
Le contexte, plus épuré que dans ses autres livres, me semble plus adapté pour commencer à la lire.
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MessageSujet: Un été à Key West   Mar 10 Juin 2008 - 16:46

Un été à Key West

Wilkie Walker, brillant naturaliste de 70 ans un peu misanthrope, plus à l’aise lorsqu’il s’agit de défendre la cause des animaux en voie de disparition que de participer à une pendaison crémaillère, est persuadé que sa dernière heure est arrivée. Ne voulant rien dire à sa charmante épouse, il se renferme de plus en plus sur lui-même tout en imaginant les scénarios possibles pour abréger ses souffrances qui ne manqueront pas d’avoir lieu lorsqu’il parviendra à la phase terminale de son hypothétique cancer.

Sa tendre épouse Jenny, 25 ans plus jeune que lui, est une femme douce et dévouée qui a consacré toute sa vie à son illustre époux. Comme elle s’inquiète de plus en plus de son humeur ronchonne, elle arrive péniblement à le persuader de l’utilité de faire un séjour à Key West, région ensoleillée qui, espère-t-elle, le déridera un peu.

Peine perdue, Wilkie Walker semble de plus en plus inaccessible. Plutôt que de se tourner les pouces et d’attendre passivement que Wilkie revienne à de meilleurs dispositions, Jenny décide – fait rarissime – de se prendre en main et de s’ouvrir au monde en s'impliquant dans la vie locale des habitants de Key West, très… « couleurs locales », justement.

Alison Lurie excelle dans le registre de la critique sociale qui pique là où il faut.
Raison pour laquelle la plus européenne des romancières américaines est souvent considérée comme le pendant féminin de l’auteur britannique David Lodge.

Un été à Key West ne déroge pas à la règle : paradis pour retraités et millionnaires, Alison Lurie s’en donne à cœur joie pour explorer la faune constituée par les habitants excentriques de la Floride sans oublier les touristes retraités semestriels venus pour fuir les rigueurs hivernales des territoires du Nord.

Elle nous croque avec gourmandise les différents personnages sur un mode doux-amer aboutissant parfois à un certain désenchantement.

Un été à Key West est donc une lecture agréable où l’humour caustique se fait la part belle, à savourer en toutes circonstances.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Mar 10 Juin 2008 - 17:05

sentinelle a écrit:
Un été à Key West est donc une lecture agréable où l’humour caustique se fait la part belle, à savourer en toutes circonstances.
Very Happy quand j'ai regardé nos auteurs du mois un peu plus en détail - j'ai réalisé que exactement ce livre était encore sur ma PAL... je suis donc en train de le lire.. et ce que tu en dis ressemble à mes impressions de lecture après 70 pages Wink

_________________
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Mar 10 Juin 2008 - 17:12

Un auteur de plus que nous apprécions toutes les deux alors bisous
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kenavo
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Mar 10 Juin 2008 - 17:52

sentinelle a écrit:
Un auteur de plus que nous apprécions toutes les deux alors bisous
t'as raison.. il ne se produit pas si souvent.. donc - faut fêter cela Wink

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MessageSujet: Re: Alison Lurie   Mar 10 Juin 2008 - 19:29

sentinelle a écrit:
Un été à Key West est donc une lecture agréable où l’humour caustique se fait la part belle, à savourer en toutes circonstances.
Pour vous mettre dans le bain, vous pouvez même le lire à la plage… Laughing
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MessageSujet: Re: Alison Lurie   

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