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 David Bosc

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kenavo
Zen Littéraire


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MessageSujet: David Bosc   Mar 17 Sep 2013 - 10:18



David Bosc est un écrivain français né le 7 avril 1973 à Carcassonne.
Il passe son enfance à Saint-Rémy et Aix-en-Provence. Collège et Lycée à Avignon. Baccalauréat à Marseille, puis Sciences politiques à Aix, avec une année d'études à Sienne (Italie).
Il a ensuite vécu à Paris, Marseille et Varsovie, avant de s'installer en Suisse, à Lausanne, où il travaille aujourd'hui pour une maison d'édition (Noir sur Blanc).
Il est marié et père de deux enfants.
source: Wikipédia

Bibliographie

1996 Georges Darien, essai,
1999 Ombre portée. Notes sur Louis Aragon et ceux qui l'ont élu, essai,
2002 Main morte, dans l'ouvrage collectif Le cadavre bouge encore,
2005 Sang lié,
2009 Milo, roman,
2013 La claire fontaine,

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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kenavo
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 17 Sep 2013 - 10:19


La claire fontaine
Citation :
4e de couverture
L’homme qui venait de franchir la frontière, ce 23 juillet 1873, était un homme mort et la police n’en savait rien. Mort aux menaces, aux chantages, aux manigances. Un homme mort qui allait faire l’amour avant huit jours.
En exil en Suisse, Gustave Courbet s’est adonné aux plus grands plaisirs de sa vie : il a peint, il a fait la noce, il s’est baigné dans les rivières et dans les lacs. On s’émerveille de la liberté de ce corps dont le sillage dénoue les ruelles du bourg, de ce gros ventre qui ouvre lentement les eaux, les vallons, les bois.
Quand il peignait, Courbet plongeait son visage dans la nature, les yeux, les lèvres, le nez, les deux mains, au risque de s’égarer, au risque surtout d’être ébloui, soulevé, délivré de lui-même.
De quel secret rayonnent les années à La Tour-de-Peilz, sur le bord du Léman, ces quatre années que les spécialistes expédient d’ordinaire en deux phrases sévères : Courbet ne peint plus rien de bon et se tue à force de boire ?
Ce secret, éprouvé au feu de la Commune de Paris, c’est la joie contagieuse de l’homme qui se gouverne lui-même.
Dans son très beau commentaire, Pierre Assouline met ensemble le nouveau livre de Sylvie Germain et celui de David Bosc et il dit :

Ils ne sont pas poètes mais portent un regard poétique sur le monde.

Et c’est tout à fait cela qui ressort de ce livre. À peine qu’on peut en faire un résumé, tellement les mots prennent le devant de la scène pour décrire quelques moments des dernières années d’exil de Courbet.

Pour David Bosc, Pierre Assouline dit :

On a parfois l’impression rare qu’un mot y rencontre un autre pour la première fois.

C’est vraiment un texte qui demande toute l’attention de son lecteur, il ne veut pas se lire ‘en passant’, faut qu’on lui donne du temps pour agir… et si on est disponible, la beauté qui en ressort en vaut bien la ‘peine’
Je laisse la parole à l’auteur pour vous donner envie de découvrir ce livre :



extrait


Le portrait de Chenavard

La plupart des visages peints par Courbet sont tournés vers l’intérieur. S0ils ne sont pas fermés par le sommeil (ou par le plaisir), les yeux y ont une eau fragile, savante, ils montrent l’unique point de passage. Parmi ces portraits d’êtres qu’on pourrait croire retenus ailleurs, appelés en dedans, celui de Chenavard, peint en 1869, condense toute la lumière d’une idée. Son visage rend visible la frontière par laquelle nous ne cessons de nous transporter, aller et retour, de la présence à l’absence. Ça n’est pas le visage vidé, siphonné, des égoïstes. La mélancolie de Chenavard est celle d’un homme qui n’est pas tout entier tourné vers lui-même, qui porte dans sa poitrine un gros bloc de bonté. Ça n’est donc pas de la mélancolie.

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shanidar
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 17 Sep 2013 - 21:16

Oh merci kenavo pour ce fil. J'ai entendu Bosc parler de son livre dans une émission radiophonique consacrée au roman historique et il était ABSOLUMENT passionnant. J'espère pouvoir le lire bientôt. (Et je me souviens que le Matricule des Anges avait fait une critique élogieuse de Milo...). A suivre...

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shanidar
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 14 Jan 2014 - 12:10

La claire fontaine


Le peintre Courbet était une force de la nature, peintre boulimique, amateur de bonnes chères, viveur, noceur, grande gueule, travailleur forcené (capable de produire 35 marines en un mois…), aimant la compagnie du peuple, buveur, coucheur, amoureux de la vie…

Pour parler d'un tel homme, il fallait l'écriture puissante et charnelle, bravache et surprenante de David Bosc, qui s'empare des dernières années d'exil de la vie de Courbet et les raconte comme on lutte, en gladiateur des mots, faisant ployer jusqu'au sol les images pour les relâcher et les laisser s'envoler dans le ciel merveilleusement bleu des Alpes suisse.

Quelle merveille que cette langue qui vous ligote et vous emporte, vous lie et vous inonde, vous fait des volutes de fumée bleu avec la pipe du mastodonte et vous asperge à l'instant où il plonge tel un cheval, torse en avant, dans le lac Léman.

Le texte se lit dans l'émerveillement de cette langue qui semble se réinventer à chaque paragraphe, qui glisse et cogne comme les rivières ou les trous d'eau dans lesquels Courbet aimait à se plonger.

Mais ce livre est aussi celui d'une agonie. L'agonie d'un peintre en exil, malade, seul, étranger.

Et c'est enfin un livre qui porte un regard neuf sur la peinture de Courbet (qu'on l'aime un peu, à la folie ou pas du tout, La claire fontaine vous emportera dans son univers aux forces telluriques déchainées), un livre qui a l'audace de mettre en mots les coups de couteaux du maître (oui Courbet peignait au couteau) et de les rendre explosifs, ensorcelants, à l'image de cet homme minotaure que l'abus de vin mit à genoux.

Impressionnant récit, qui se lit comme on boit à la régalade et qui offre au lecteur la sensation physique d'être au côté de l'homme, de voir avec ses yeux de peintre, de ressentir avec son âme de libertaire la vie qui grouille partout autour d'une beauté indicible.

 

(kenavo je trouve très impressionnant que tu sois allée au bout de cette lecture tant la langue est ici inattendue et non seulement la langue mais les rappels historiques à propos de cette Commune dont nos livres parlent encore si peu et qui fut pour Courbet des jours heureux et même de paradis sur terre. bravo) !

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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 14 Jan 2014 - 12:28

Une fois de plus, tu sais nous donner envie Shanidar !
Si je me réfère à ton avatar, ton commentaire est sacrément et vachement bien !
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shanidar
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 14 Jan 2014 - 12:48

GrandGousierGuerin a écrit:
Une fois de plus, tu sais nous donner envie Shanidar !
Si je me réfère à ton avatar, ton commentaire est sacrément et vachement bien !

ah GGG !! je pensais que tu allais me demander un ou deux extraits ! je t'ai donc préparé ça :

Citation :
De corps fatigué, avec sur ses cheveux comme une pelletée de cendre, cinquante-quatre ans, les épaules chargées d'un sac, Courbet enquille la rue de la Froidière, la barbe ouverte d'un sourire au bel entrain.

il s'agit de la première phrase du récit...
et puis ça (avec une vache en prime) :

Citation :
Quelquefois, pourtant, Courbet avait senti en lui-même de grands effondrements de la durée, l'effondrement de grands pans de temps qui l'avaient laissé désemparé. Qui lui avaient aussi donné cette conscience de la mort mûrie sans laquelle, peut-être, on ne voit pas vraiment les visages ni le monde. Alors il avait peint des vagues pétrifiées. En 1869, il avait peint cette vague en poing fermé, sur une mer cimentée, qui n'était qu'un pugilat colérique avec le temps. Courbet a médusé la vague, il en a fait une falaise, parce que certains jours, les vraies vagues... parce que les vraies vagues ressassent la beauté frêle de ce qui vient et meurt, et qu'on n'est pas toujours capable de le supporter. Un autre jour cette même vague n'est que le mufle humide et noir d'une vache. Un bon mufle de vache. Et le ciel gris est fait de chouettes.

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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 14 Jan 2014 - 12:53

vache danse merci  vache 
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 14 Jan 2014 - 12:55

GrandGousierGuerin a écrit:
vache danse merci  vache 

tu m'émeuh !

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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 14 Jan 2014 - 12:58

shanidar a écrit:
GrandGousierGuerin a écrit:
vache danse merci  vache 

tu m'émeuh !

Moi ça m'avachit .... Il faut que je me reprenne !
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MessageSujet: Re: David Bosc   Mar 14 Jan 2014 - 13:24

Tout d'abord merci pour ton sublime commentaire, qui donnera envie à d'autres de le lire!

shanidar a écrit:
(kenavo je trouve très impressionnant que tu sois allée au bout de cette lecture tant la langue est ici inattendue et non seulement la langue mais les rappels historiques à propos de cette Commune dont nos livres parlent encore si peu et qui fut pour Courbet des jours heureux et même de paradis sur terre. bravo) !
en effet, ce n'était pas donné... je dois avouer que plus d'une fois j'étais un peu 'perdue'... mais l'envie de "m'approprier" ce texte m'a donné envie de continuer
du côté de la langue c'était un vrai challenge, mais aussi un rare bijou le moment que j'ai abouti de percer ses idées...
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MessageSujet: Re: David Bosc   Jeu 1 Jan 2015 - 9:02

La claire fontaine de David Bosc

Proposé par Shanidar (qui, si elle passe à Ornans ou dans les environs, devra impérativement me le faire savoir, je lui montrerais quelques coins estampillés Gustave Courbet, comme le Puits noir par exemple, ce sera ma façon de la remercier)

Autant dire que je me suis régalée.
Déjà rien qu'au niveau de l'écriture, travaillée et fluide en même temps, ce livre est une douceur et chaque phrase est un émerveillement.
Derrière ces phrases se cache et se découvre le personnage si attachant qu'est Gustave Courbet, que l'on suit pas à pas durant ses dernières années, exilé en Suisse à la suite des événements de la Commune, tourmenté par la justice de son pays qui lui réclame pas moins que la somme destinée à payer les dégâts occasionnés à la colonne Vendôme.

Autant dire des années de travail......Courbet ne peindra plus rien alors.

C'est douloureux et à la fois tout sauf triste ce qui lui advient durant ces dernières années car face à la contrainte de l'exil, Courbet va découvrir la Suisse du canton  de Vaud qu'il ne connaissait pas, à laquelle il va s'attacher profondément ainsi qu'à ses habitants et finalement à sa nouvelle vie.

La nature, le Grand Tout qu'offrent les paysages des rives du lac, des villages environnants, les baignades dans le lac qu'affectionnait particulièrement le peintre, vont le combler et le ravir.

Mais l'ombre se rapproche, les tourments le minent, il boit énormément et se détruit petit à petit.
Jusqu'au bout pourtant, il tentera d'égayer sa vie, par son engouement pour la fête, le chant, par la compagnie des gens qu'il côtoie, les visites de son père.

Bien sûr je connais tous les lieux décrits depuis Ornans le village natal, en passant par Vallorbe, Nyon, Martigny, Vevey, et enfin La Tour-De-Peilz, le terminus, là où il finira ses jours.
C'est en terrain connu que j'ai arpenté avec le peintre ces côteaux, ces petits villages, ces bords de rivière.

On comprend d'autant mieux ses tableaux quand on lit ce texte et son rapport sans fioriture avec la nature.

Il est des sujets qui ne peuvent produire que de grandes oeuvres, écrire sur Courbet est aussi intéressant que de voir ses tableaux.
L'auteur a parfaitement réussi cette harmonie entre illustration par la magie et l'agencement des mots, et documentation d'autre part, sans jamais nuire à l'une ou à l'autre.

Bravo à lui, et respect à Monsieur Courbet.






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MessageSujet: Re: David Bosc   Ven 2 Jan 2015 - 6:41

Merci à toi!

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MessageSujet: Re: David Bosc   Sam 3 Jan 2015 - 11:20

Très contente de lire ton commentaire darkanny, qui me remet immédiatement en mémoire des images fortes de banquets et de baignades mais aussi des sensations physiques liées au regard porté sur la montagne, le lac, tout ce bleu et tout ce blanc que viennent brunir les coups de pinceaux du maître !

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