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 Eugénie de Guérin

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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Eugénie de Guérin   Mar 8 Oct 2013 - 11:22



Femme de lettres française, Eugénie de Guérin (née au château du Cayla, près d'Albi, le 29 janvier 1805 — morte le 31 mai 1848) est la sœur aînée du poète Maurice de Guérin, avec qui elle entretint une correspondance.

Source : wikipedia


Dernière édition par GrandGousierGuerin le Mar 8 Oct 2013 - 11:35, édité 1 fois
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Eugénie de Guérin   Mar 8 Oct 2013 - 11:24

L'ange joujou a écrit:
Il est des esprits puissants
Qui dirigent les planètes,
Qui font voler les tempêtes
Et s’allumer les volcans,
Qui règnent sur l’air et l’onde,
Qui creusent le lit des mers,
Qui règlent le cours du monde
Et prennent soin des déserts,
Qui sèment l’or et le sable,
Lis et roses dans les champs ;
Et dans le nombre innombrable
De ces esprits bienfaisants,
Il est un ange adorable
Que Dieu fit pour les enfants,
Un ange à l’aile vermeille,
Une céleste merveille.
Du paradis le bijou,
Le petit ange Joujou,
De l’ange gardien le frère ;
Mais l’un guide l’âme aux cieux
Et l’autre enchante la terre
Et ne préside qu’aux jeux.
Il inventa la poupée,
Tant d’objets d’amusement
Dont l’enfance est occupée,
Qui portent un nom charmant.
Avant l’aurore il se lève ;
Riant il s’en vint du ciel
Dans l’éden jouer près d’Ève
Avec le petit Abel.
Il fait les boutons de rose,
Les colliers de perle et d’or,
Les colibris qu’il dépose
Dans les fleurs du Labrador.
Il n’est merveilleuse chose
Qu’il n’ait faite ou fasse encor ;
Soufflant sur l’eau savonneuse,
Grâce à ses enchantements
Brille un palais de diamants
À rendre une reine heureuse ;
Il fait le baume et le miel ;
De son souffle naît la brise ;
Il a planté le cytise
Et dessiné l’arc-en-ciel.
Passant du Gange en Norvège,
Il se mêle au beau cortège
Des cygnes éblouissants,
Et sème avec ses doigts blancs
Les jolis flocons de neige
Pour amuser les enfants :
Et ces concerts des campagnes,
Cette musique des bois
Qui charme vals et montagnes,
De notre ange c’est la voix.
Ah ! que cet ange nous aime
Et que ses pouvoirs sont beaux,
Pouvoirs qu’il tient de Dieu même !
Il veille au nid des oiseaux ;
Il leur porte du ciel même
Leur vêtement radieux
Et deux perles pour leurs yeux.
Il est de toutes nos fêtes ;
Il tient pour nous toujours prêtes
Des coupes sans aucun fiel,
Et, grâce enfin à ses charmes,
On dit que toutes nos larmes
Ne sont que gouttes de miel.
Puis, quand les dernières heures
Sonnent aux pieux enfants,
On les retrouve aux demeures
Où sont les saints innocents,
Jouant avec leur couronne
Et leurs palmes de martyrs,
Bénissant Dieu qui leur donne
Tout le ciel pour leurs plaisirs.
Que c’est doux comme de la barbe à papa
Un peu suranné certes
Mais comme cela fait du bien de relire le mot « joujou » sans évoquer forcément son pluriel avec le flatulent chou et le rugueux caillou …
Et cela donne envie de relire quelques contes de la comtesse de Ségur au fond de son lit …
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Eugénie de Guérin   Mar 8 Oct 2013 - 11:27

Baiser d'enfant a écrit:
Que ne puis-je accourir, enfant, quand tu m’appelles ;
Quand tu me dis : « Je t’aime et te veux caresser »,
Et que tes petits bras, comme deux blanches ailes,
S’ouvrent pour m’embrasser !

De blancs agneaux que j’ai me caressent souvent.
Une colombe aussi sur ma lèvre se joue ;
Mais lorsque je reçois le baiser d’un enfant,
Il me semble qu’un lis s’est penché sur ma joue,

Que j’ai tout le visage embaumé d’innocence,
Que tout mon être enfin devient suave et pur.
Ineffable plaisir, céleste jouissance !
Que n’ai-je tes baisers, enfant aux yeux d’azur !
Je fonds ...
Cela traduit si bien l'un des petits bonheurs d'être parent d'un très jeune enfant coeur
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Eugénie de Guérin   Mer 9 Oct 2013 - 12:30

Citation :
Que mon désert est grand, que mon ciel est immense !
L’aigle, sans se lasser, n’en ferait pas le tour ;
Mille cités et plus tiendraient en ce contour ;
Et mon coeur n’y tient pas, et par delà s’élance.
Où va-t-il ? Où va-t-il ? Oh ! Nommez-moi le lieu !
Il s’en va sur la route à l’étoile tracée ;
Il s’en va dans l’espace où vole la pensée ;
Il s’en va près de l’ange, il s’en va près de Dieu !...
Particulièrement parlant si on tient compte qu'Eugénie de Guérin a vécu presque en recluse toute sa vie dans son château de Cayla, se vouant les dernières années de sa vie à faire reconnaître l'oeuvre de son frère Maurice disparu à 29 ans.

château-musée du Cayla (ou musée Eugénie et Maurice de Guérin)
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Constance
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MessageSujet: Re: Eugénie de Guérin   Ven 11 Oct 2013 - 13:11

La famille s'agrandit, GGG. Very Happy 
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Thierry Cabot
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MessageSujet: Re: Eugénie de Guérin   Jeu 17 Oct 2013 - 21:45

Un poète à découvrir incontestablement.
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Sigismond
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MessageSujet: Re: Eugénie de Guérin   Mar 9 Sep 2014 - 10:27

GrandGousierGuerin a écrit:
(...)
Particulièrement parlant si on tient compte qu'Eugénie de Guérin a vécu presque en recluse toute sa vie dans son château de Cayla, se vouant les dernières années de sa vie à faire reconnaître l'oeuvre de son frère Maurice disparu à 29 ans. (...)

Peut-être n'est-il pas utile d'ouvrir un nouveau fil, mais suffit-il d'emprunter celui-ci, quitte à éventuellement accoler son prénom en titre, pour son frère Maurice, classé Romantique, décédé en pleine jeunesse, à la tête d'une oeuvre bien sûr non encore aboutie, mais qui commençait à prendre son envol (enfin, au boulot la modération, à vous de voir Laughing ) ?
Compagnon d'études (scolaires) de Barbey d'Aurevilly, et auteur redécouvert sous le Second Empire.
Il a laissé un "Cahier Vert", des "Pages sans titre", des poèmes assez longs, un peu dans le goût et la manière de Lamartine (Glaucus, Le Centaure, La Bacchante).
S'y adjoignent quelques échanges épistolaires avec Barbey d'Aurevilly, et je crois bien que c'est tout.

Ci-dessous un extrait d'"En Dieu" de Francis Jammes (le début du poème, en fait, soit un tiers environ de celui-ci) entièrement consacré à Eugénie et Maurice de Guérin, et au Cayla (se reporter aux messages de GGG).
Extrait d'En Dieu, de Francis Jammes

Venons-en à Maurice, avec un extrait d'une des "Pages sans titre", peut-être conviendrez-vous que nous nous situons, via ces quelques délicates et soignées lignes de prose, dans une exquise, fine veine Romantique; en tous cas j'estime cela digne des meilleurs représentants du Romantisme.

Il en maîtrise tous les codes, sans cette lourdeur ni cette grandiloquence organique indigeste qu'on ne rencontre que trop dans les suiveurs, la piétaille-qui fait-nombre du mouvement, tout au contraire Maurice de Guérin fait montre d'une subtile légèreté:
A H. de la Morvonnais (Pages sans titre, Maurice de Guérin) a écrit:
Je retourne, mon ami, sur le chemin tant de fois mesuré par nos entretiens depuis janvier. Pour peu que je m'en écarte, une lassitude soudain m'arrête et me contraint de rebrousser. Je le regagne donc avec amour et repentant de ma fuite, car il faut que j'en arrache mon âme quand je tente de m'en éloigner, et j'ai la preuve qu'elle ne pourrait en nul autre lieu reprendre les marches solitaires. De toute grotte d'anachorète part un sentier qui s'évanouit dans les ombres les plus secrètes de la forêt. Tel est ce chemin où je rentre: il plonge dans l'obscurité et le silence des retraites les plus dérobées, et j'y descends avec une lenteur plus austère et une plus secrète joie que ne fit jamais aucun anachorète, car une âme qui sortait de ce monde me l'a révélé; c'est à sa lueur, tandis qu'elle fuyait dans les ombres, que j'y ai marqué les premiers pas.

S'il arrive toujours que la force du regret s'use et s'éteint assez pour laisser l'esprit reprendre sa liberté et ses coutumes, il reste dans le plus grand secret de nous-mêmes quelque chose qui ses soustrait à l'action du temps et s'attache pour jamais à notre vie intime. Tandis que l'élément pesant et grossier de la douleur s'échappe par les larmes et tous les signes d'affliction qui éclatent d'abord, la partie pure, spirituelle et vraiment de durée se retire dans le fond de l'âme, sans bruit, sans émotion des sens, pour y séjourner jusqu'à la fin, recueillie et vigilante. De cet asile elle gouverne secrètement la pensée et la vie toute entière. Par une puissance qui agit avec précaution et dans le mystère elle entreprend la transformation de l'âme. Placée au centre de la substance spirituelle, au point vif et fécond d'où s'élancent les pensées, les goûts et les caprices, où les idées, les passions, les habitudes, les amours pour certaines apparences du beau et du vrai plongent leurs longues racines, elle peut disposer de toute la vie intérieure par les origines, et régir l'âme, comme Dieu le monde, par la science et la possession des premiers principes. Tantôt c'est la rencontre de deux éléments subtils, sur le point d'engendrer une pensée vive et riante, qu'elle prévient en les égarant; tantôt une étincelle errante et perdue, qui allait surgir et rompre la surface calme de l'esprit, est rencontrée par un souffle inconnu qui l'éteint. Insensiblement les lueurs irrégulières qui s'élevaient du fond de l'âme décroissent de nombre. Les intervalles de temps qui les séparent commencent à paraître, ils s'agrandissent, ils gagnent, ils ont tout gagné. Rien ne vient plus de l'intérieur, qui brille et éblouisse, rien que, de temps à autre, de longues et pâles clartés qui s'évanouissent lentement.  
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Eugénie de Guérin   Mar 9 Sep 2014 - 23:47

Merci pour cet extrait, tout en légèreté ...
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