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 William Beckford

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Arabella
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MessageSujet: William Beckford   Ven 11 Oct 2013 - 21:10


William Beckford (1759- 1844)




Fils d’un richissime propriétaire de plantations, lord-maire de Londres, il perd son père à l’âge de 10 ans et hérite de son immense fortune qui lui permettra de réaliser des caprices dispendieux (Byron l’appelait « le fils le plus riche d’Angleterre"). Il est élevé par sa mère, très tyrannique, issue de la famille aristocratique des Hamilton (surnommée « la Bégum ») , et évidemment par une série de précepteurs. Son immense fortune lui permet de côtoyer les célébrités de l’époque, comme le jeune Mozart ou Voltaire.

Il épouse en 1783 lady Margaret Gordon, dont il eût deux filles, et qui mourut en couches. Ce qui ne l’empêche pas d’être (avant Oscar Wilde) au centre de scandales de mœurs, qui finiront par le faire bannir de l’Angleterre. Il parcourt l’Europe, avant de pouvoir revenir dans son pays.

Il écrit diverses œuvres, dont la plus célèbre est Vathek, inspirée par sa fascination par les Mille et une Nuits, œuvre qu’il écrit directement en français.

Il meurt à un âge avancé, ayant dissipé une bonne partie de sa fortune.

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Arabella
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MessageSujet: Re: William Beckford   Ven 11 Oct 2013 - 21:15

Vathek et ses épisodes

Œuvre très singulière, Vathek a été écrit directement en français par l’auteur. Elle aurait été rédigée suite à une fête privée, fastueuse et licencieuse, qui a eu lieu en 1781, en quelques jours selon les dires de l’auteur (en réalité probablement bien plus longtemps).  Elle a d’abord été publiée en traduction anglaise en 1786, par Henley, et cela malgré semble-t-il le désaccord de l’auteur, qui travaillait sur Les épisodes, qui devaient compléter l’ouvrage. Furieux, Beckford publie une version française, en Suisse. Je précise que les dates et différents détails varient dans mes sources, il n’y a pas réellement de certitude pour ces éditions à petit tirage, où le nom de l’auteur n’est pas forcément signalé, le texte semble avoir été remanié, aussi bien par l’auteur que par d’autres.

Très clairement inspiré par les Mille et une nuits, mais des Mille et une nuits dans lesquelles les personnages sont des réprouvés, cherchant à satisfaire leurs penchants mauvais, et qui aboutissent donc à l’Enfer sans rémission, et par choix. Beckford a mis de lui dans le personnage de Vathek, seigneur qui vise avant tout la satisfaction de ses désirs, quel qu’en soit le coût pour les autres. Une figure de mère perverse, qui pousse son fils à plonger encore plus en avant, rappelle la propre mère du richissime anglais. Beckford s'est à la fois approprié le climat du célèbre livre de contes, mais en même temps également une tradition du conte philosophique, ainsi qu'un certain esprit libertin.

Une œuvre très étrange et très fascinante dans laquelle on retrouve plein de références et de liens avec le climat de l’époque, le XVIIIe siècle finissant. Entre magie et maléfice, un labyrinthe qui descend forcément en Enfer.

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MessageSujet: Re: William Beckford   Ven 13 Déc 2013 - 21:57


John Frederick Lewis, The Reception, 1873

Vathek et ses épisodes

Vathek est le principal personnage de ces contes, souverain prospère mais insatisfait il travaille avec sa mère quelques penchants pour la magie et son insatiable envie lui fait faire des sacrifices de plus en plus grand. Le poids des sacrifices se devant de surtout reposer sur les autres. De fil en aiguille et de péripétie en péripétie dans une suite de courts paragraphes saisissants, Vathek rate une à une et parfois le plus volontairement du monde les planches de salut qui s'offrent encore à lui. Même l'amour l'emmène encore plus bas.

Jusqu'en bas d'un escalier qui s'ouvre sur un très riche enfer. Lieu de rencontre avec d'autres âmes perdues et à la veille de leurs plus terribles tourments. Princes, princesses ou pêcheur ils raconteront à leur tour leur histoire et les histoires de personnage qui ont joué un rôle dans leur aventure.

Les motifs se répètent entre palais, harem, jardin et plaisirs ce sont l'envie, la lâcheté, la peur et le mensonge qui l'emportent. La petite tension morale qui perdure est sans cesse jouée et défaite non sans un délice certain.

C'est surtout la deuxième moitié, ou troisième tiers, quand les histoires s'enchainent et que le jeu des motifs et de l'exubérance faussement méprisée bat son plein que j'ai préféré. Et les histoires sont à mon sens mieux construites, plus marquantes, plus ironiques encore que les allers-retours de Vathek et ses petites faiblesses pour grands désastres.

Une curiosité dont je ne ferai pas non plus mon livre de chevet mais qui se double d'une drôle d'histoire et d'un drôle (ou pas complètement si Vathek et les autres sont aussi lui même) d'auteur.

Le fait que le texte reste (partiellement) non corrigé pour coller aux tournures d'époque et aux écarts de langue proposé par l'édition José Corti contribue à conserver autant de mystère que possible et à emmener le lecteur dans de bien sombres contrées.

Pour les curieux ?

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