
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | Sujet: David Mc Neil Mer 7 Mai 2008 - 1:25 | |
| Né le 22 juin 1946 à High Falls, New York, arrivé en France en 1948, auteur, compositeur, interprète de chansons, également auteur de romans. Ses chansons ont, entre autre, été interprétées par Yves Montand (Hollywood, Couleurs, Nostalgie d'Angie…), Alain Souchon (Casablanca, J'veux du cuir, Normandie Lusitania), Julien Clerc (Mélissa, Hélène, Les Aventures à l'eau…) mais aussi Jacques Dutronc, Sacha Distel, Robert Charlebois, Renaud, Laurent Voulzy.
Après avoir décrit son enfance avec son père, le peintre Marc Chagall, dans son livre Quelques pas dans les pas d'un ange, il a publié en 2006 Tangage et roulis aux éditions Gallimard. Son dernier livre Angie ou Les douze mesures d'un blues est sorti le 16 mai 2007, toujours chez Gallimard.Wikipedia Le site ici _________________ J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. André Comte-Sponville
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|  | | Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | Sujet: Re: David Mc Neil Mer 7 Mai 2008 - 1:47 | |
| Quelques pas dans les pas d'un angeEditions Gallimard " C'était plein à craquer, des maçons, des peintres en salopette prenaient le pousse-café au comptoir où nous attendions que se libère une table. Le menu était affiché à la craie sur un des miroirs , ce jour là c'était une blanquette de veau. Papa portait une veste en velours et un béret serré comme celui d'Auguste avec bien évidemment une chemise à carreaux. On ne dépareillait pas du tout dans le restaurant où, très vite , on avait trouvé à s'assoir. Les deux ouvriers à la table à côté ont regardé les mains de Papa, tachées de couleurs diverses, ces mains dont il disait souvent qu'elles étaient imprégnées jusqu'à l'os. Il avait alors plus de soixante-dix ans, mais avec son allure énergique et l'impression de puissance qui émanait de lui, il pouvait très bien passer pour un peintre en bâtiment. - Vous avez un chantier dans le coin? demanda l'un deux. - Je refais un plafond à l'Opéra, répondit mon père attaquant son oeuf dur mayonnaise."...J'avais quitté Chagall à Vitebsk dans le joli roman de Dara Horn, Le monde à venir iciJe l'ai retrouvé avec plaisir dans ces souvenirs d'enfance de David Mc Neil, qui porte le nom du deuxième mari de sa mère. De courtes histoires très fines , poétiques, pleines d'humour et de tendresse qui parlent d'un père qu'il n'a connu que peu de temps, pas assez, car Valentina Bradskys, la dernière femme de Chagall ,Elle dans le livre, le menait à la baguette et l'éloignait de toute sa famille antérieure. Et puis tous les autres peintres installés à la même époque au sud de la France, leurs rapports, leurs points de discorde, et toute une époque qui fait rêver.. Ces récits m'ont enchantée, vraiment! D'autres extraits: Les jarres, le Catalan et sa petite fille … Madoura comptait des potiers renommés, c’était donc normal qu’on s’adressât à eux, quand on voulait s’essayer à la céramique, mais Picasso était parait-il furibard, apprenant que mon père voulait y travailler. Vallauris était son fief. Matisse, c’était Nice, Cimiez exactement, avant qu’il n’empiète sur la ville de Vence avec sa chapelle, une toute autre histoire. Léger, c’était Biot où allait plus tard s’ouvrir son musée, un gros bloc de béton, une sorte de rectangle couché sur le flanc, une grosse boîte à chaussures allongée sur la tranche. Cocteau avait lui sa chapelle sur le port de Villefranche, une toute petite chapelle finement décorée et que les habitants trouvaient très jolie, c’est rarement le cas des chapelles d’artists. Picasso était partout, d’Antibes à Vallauris en passant par Cannes, mais papa n’a sûrement pas choisi Madoura pour faire la nique à l’autre, les deux hommes s’estimaient et mon père, quelques jours après ma naissance, lui avait envoyé une photo de moi. Françoise Gillot écrit dans sa biographie qu’il l'avait épinglée au mur de son studio, si je n’ai aucun Picasso à mes murs, j’aurais été au moins au mur de Picasso. Les deux hommes s’estimaient mais une sorte de jeu s’était peu à peu installé entre eux ce qui donnait des phrases un peu comme ceci : « Aimez vous Picasso ? demanda un jour une jeune journaliste à Papa. - Si Picasso m’aime, moi je l’aime aussi », répondit mon père. Une petite fille passait et repassait sans cesse devant l’atelier où « on » travaillait, peut être était-ce Paloma, qui sait, mais papa m’a demandé d’en faire autant chez lui : « Dis-moi ce qu’il fabrique », ou « Quelle terre emploie-t-il ». La petite fille et moi étions des espions à la solde de deux des plus grands créateurs de ce siècle, deux caractères si forts ne pouvaient que s’affronter et ça faisait de bien belles étincelles. Cette « rivalité » avait dû commencer avant la Première Guerre, au temps d’Apollinaire, peut être de Blaise Cendrars, qui naviguaient de la Ruche au Bateau-Lavoir, rive gauche contre rive droite, le clivage a toujours existé, tout comme ces jalousies d’amitié qu’on rencontre plus souvent à l’école, mais les artistes aiment garder un pied dans l’enfance.. p 40 41 Vers les années soixante, le ministre premier de la Culture française demanda à mon père de faire un plafond pour l'Opéra Garnier, il avait accepté à la seule condition que ce soit démontable. Alors il a fait le plafond en quartiers, un peu comme les découpes d'un immense Brie de Meaux, réalisé sur châssis et monté sur place. Comparer ce célèbre plafond , le plus célèbre au monde après la Sixtine, à un, même immense, brie de Meaux, est bien sûr osé, mais ayant assisté à la mise en place et à l'assemblage de l'ouvrage c'est l'expression qui me semble la plus proche de la réalité, avec la tarte aux pommes et la pizza en parts.
Au soir d'inaugurer ce plafond superbe, le général de Gaulle allait faire le trajet depuis l'Elysée et tout le monde devait s'installer dans la loge qu'on réserve normalement aux seuls chefs d'Etat. Consciente de l'importance de cette cérémonie, Elle avait cassé sa tirelire et envoyé mon père s'acheter une chemise. Toutes celles qu'il avait semblaient sortir tout droit d'une boutique canadienne, elles étaient "carreautées",comme on dit là bas, c'est à dire à carreaux, pas vraiment des chemises de gala, plutôt pour la campagne, on pardonne presque tout aux artistes, même chez les militaires, mais Elle pensait qu'il fallait faire un minimum d'effort.
Nous voilà partis, mon papa et moi, vers les magasins parce qu'à moi aussi il en fallait une. Le Président se déplaçait rarement, on ne pouvait pas avoir l'air de moujiks, bien que l'étant tous deux, fils et petit-fils de manoeuvre à Vitebsk, dans un entrepôt de séchage de harengs, mais comme il le disait, on avait la chance d'être accompagné par Elle, la fille des sucres B. , les plus grandes sucreries de toutes les Russies, très grande bourgeoisie, juive, mais très grande bourgeoisie.
Nous passons devant les boutiques présentant des chemises à la mode, pour les adolescents de l'époque c'était les cols ronds avec une barrette maintenant la cravate, j'en vois une superbe mais le marchand était posté devant sa porte et mon père, de façon péremptoire, avait décidé que les boutiquiers qui se tenaient comme ça, devant leurs magasins, ne pouvaient être que de mauvais commerçants sinon ils seraient dedans et en train de vendre. Alors on est parti rue de Rivoli, mais rue de Rivoli, c'était partout pareil: Tous les boutiquiers se tenaient comme ça, pas parce qu'ils étaient de mauvais commerçants mais parce qu'ils attendaient l'arrivée de la course Paris-Bastogne-Paris ou bien les majorettes de Bad Godesberg, quelque chose comme ça, mais lui en tout cas n'a rien voulu savoir... p 85-86 _________________ J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. André Comte-Sponville
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|  | | bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: david Mc Neil Mer 7 Mai 2008 - 15:38 | |
| J'aimais beaucoup le chanteur et j'ai découvert l'écrivain avec Sur les pas d'un ange, et j'ai pprécié cette espèce de grace particulière qui fait que ses personnages rééls ressemblent à des personnages de roman... Et sa mélancolie distanciée, son élégance, son ironie désabusée...  |
|  | | kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | |  | | bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: David Mc Neil Lun 22 Sep 2008 - 22:33 | |
| Moi je trouve qu'il se défend bien tout seul David Mc Neil, avec ses armes à lui. Et son style à lui sans qu'on ait à le comparer à Modiano. NB. Ce n'est pas une critique Kena ! |
|  | | Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | Sujet: Re: David Mc Neil Lun 22 Sep 2008 - 22:34 | |
| Je note! _________________ J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. André Comte-Sponville
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|  | | kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | |  | | aériale Zen littéraire

Messages: 9898 Inscription le: 01/02/2007 Age: 54 Localisation: Le Sud
 | Sujet: Re: David Mc Neil Mar 23 Sep 2008 - 16:06 | |
| Je savais bien qu'il me restait à poster quelque chose ... Ce qui est sûr c'est que je vais me procurer ce livre ci - Angie -car Quelques pas dans les pas d'un ange m'a complètement charmée Comme vous j'ai beaucoup aimé me retrouver dans cette atmosphère! C'est tendre, frais et souvent nostalgique sans que perce (autre que ses "Elle" dédaigneux  ) le moindre aspect revanchard ou aigri de celui qui est resté dans l'ombre. David Mc Neil que je ne connaissais pas, m'a vraiment fait réver au milieu de ces Picasso ou Matisse de la grande époque méditérranéenne et j'ai adoré remonter le temps avec lui. Ces anecdotes sont autant de petites touches de lumière où l'élégance et la mélancolie dont parle Bix sont pour le lecteur un vrai délice. A choisir les yeux fermés! _________________ Après tout, la meilleure façon de parler de ce quel'on aime est d'en parler légèrement. Albert Camus
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|  | | kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | Sujet: Re: David Mc Neil Mar 23 Sep 2008 - 16:08 | |
| Merci d'avoir "trouvé" ce fil - j'adore cet auteur.. et je suis persuadée que "Angie" va te plaire (bien que tu as déjà eu une lecture/rencontre avec les Rolling Stones pour cette rentrée) - ce livre va t'emporter dans un autre monde littéraire :heart: _________________ Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion. Saint Augustin
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|  | | Epi Zen littéraire

Messages: 4428 Inscription le: 05/03/2008 Age: 49 Localisation: dans un Beau champ
 | Sujet: Re: David Mc Neil Mer 5 Aoû 2009 - 19:43 | |
| Je note, je note ! Ca me paraît très intéressant, hop dans ma LAL  _________________ It's OK to be a little broken, everybody's broken, in this life Bon Jovi
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|  | | bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: Re: David Mc Neil Mer 5 Aoû 2009 - 19:52 | |
| Oui Quelques pas dans les pas d' un ange est un très bon livre... Et en plus, il chante et il chante bien, David Mc Neil ! Voyez-vous ?  |
|  | | kenavo Zen Littéraire

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 | |  | | Epi Zen littéraire

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 | |  | | kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | Sujet: Re: David Mc Neil Mer 5 Aoû 2009 - 19:59 | |
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|  | | Epi Zen littéraire

Messages: 4428 Inscription le: 05/03/2008 Age: 49 Localisation: dans un Beau champ
 | Sujet: Re: David Mc Neil Mer 5 Aoû 2009 - 20:07 | |
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