Zhu Xiao-Mei : La rivière et son secret(Des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach
le destin d'une femme d'exception)Zhu Xiao-Mei raconte dans
La rivière et son secret son parcours extraordinaire.
C’est à l'âge de trois ans qu’elle découvre un piano : "
Un objet qui parle quand on le touche" et "
dont la voix ressemble à un dragon".
Sa maman, professeur de musique, en a installé un dans petit logement familial à Pékin et enseigne le piano à Zhu Xiao-Mei.
« Avec elle, les accords, les enchaînements, les déplacements s'éclairent comme par magie ! Chaque note représente un membre de notre famille : au lieu d'aller de do à sol je vais de Papa à Xioru, c'est tellement plus amusant ! »La petite est douée . A six ans, Zhu Xiao-Mei entre à l'école de musique pour enfants de Pékin. Elle donne ses premiers concerts dès huit ans à la radio et télévision.
En 1960 elle est admise au conservatoire de Pékin où elle est interne.
"Passé le bonheur et l'émotion de la rentrée, je déchante. Le travail est épuisant. Aux cours de musique intensifs s'ajoutent des cours d'enseignements généraux, indispensables pour le cas où il nous faudrait rejoindre le système scolaire classique, faute de pouvoir entrer dans une carrière musicale. Sans compter les séances de dénonciation et d'autocritique, devenues habituelles. »Au Conservatoire elle découvre qu’elle est "
de mauvaise origine " Ses parents étaient des bourgeois cultivés et c’est le temps de la révolution culturelle. La culpabilité l'envahit.
" Seuls des bourgeois, des Chuschen Buhao, des gens de mauvaise origine, avaient pu acquérir un objet capitaliste aussi luxueux qu'un piano".Elle est envoyée, comme beaucoup d’étudiants, dans un camp de rééducation,
« à la campagne pour changer en profondeur de mentalité" En 1964, le conservatoire de musique de Pékin est devenu un "
conservatoire sans musique" Plus de partitions, elles sont interdites. . Violences, agressions , nombreux suicides.
Zhu Xiao-Mei est devenue une bonne révolutionnaire. Elle est capablede dénoncer une amie, elle a honte de sa famille...
Le redressement lui a fait passer tout désir de musique…jusqu’au jour où elle tient, par hasard, entre ses mains, un accordéon… Xiao-Mei jure alors qu'elle rejouera du piano.
Le chemin sera long et difficile qui l’emmènera, après de nombreuses étapes qu’il vaut mieux découvrir en lisant ce livre, jusqu’à Paris.
Zhu Xiao-Mei a deux maîtres: Bach et Lao Tseu (philosophe chinois qu’elle a découvert aux .États-Unis
"Mes journées sont rythmées par deux grands moments de bonheur : "Le premier est ma méditation quotidienne. Le second est ce qu'il faut bien convenir d'appeler ma méditation au piano. Le travail, et même le travail sans but, est une des grandes vertus de la philosophie chinoise." Un itinéraire relaté de façon passionnante .
Il reste ensuite à écouter cette merveilleuse pianiste.
ici! et
ici! par exemple...
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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)