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 Camille Claudel

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kenavo
Zen Littéraire


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MessageSujet: Re: Camille Claudel   Mer 3 Déc 2008 - 15:54

Je l'avais dit - je voulais sourtout voir L’âge mur et lors de la visite de l'exposition je me suis retrouvée totalement sous le charme de La Valse. Et il se trouve que je ne suis pas la seule Wink

aime



Un pas aérien
JUSTE UN DETAIL : 'LA VALSE' DE CAMILLE CLAUDEL

Julie de la Patellière
Le couple est penché, dans un tourbillon sur le point de verser. Camille Claudel accompagne la tendresse de sa scène d'une impossibilité. Pas de désamour ni de haine, mais le lent déchirement qui prend les amants, entraînés dans un implacable courant, entre souvenirs tournants et avenir renversé. Valse, vague, volée alanguie : l'homme retient encore par la taille sa bien-aimée. Mais jusqu'à quand ? Elle s'abandonne. Le visage plongé dans le cou de son amant, ses yeux sont cachés. Son buste ploie comme sous l'effet du vent. Où l'emmène-t-il dans ce mouvement ? On ne sait s'ils vont s'étendre ou se séparer.
Flottant dans le regret, ralentis, ils s'entraînent dans les orages d'un amour enfui. Depuis leur équilibre instable, vulnérables, ils s'empoignent. Les laissant presque dénudés, l'étoffe de bronze de la robe sombre n'est qu'une aile frêle qui s'en va. Et la souffrance du passé les enveloppe encore d'une musique lourde. Leurs mains se touchent à peine et son pied à lui est tout simplement détaché du sol, soulevé, aérien et pourtant perdu, à l'image de ce couple, en suspens. Ils oscillent enlacés au son d'un air qu'on ne peut entendre. Pourtant cette oeuvre a appartenu à Debussy, le compositeur de 'La Mer'. Et les valseurs tanguent, tristes et tendres. Une volute évoluant au gré d'une impulsion obscurcie.


Source: evene.fr


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coline
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MessageSujet: Re: Camille Claudel   Mer 3 Déc 2008 - 16:43

kenavo a écrit:
lors de la visite de l'exposition je me suis retrouvée totalement sous le charme de La Valse. Et il se trouve que je ne suis pas la seule Wink

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Comment ne pas aimer?...

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kenavo
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MessageSujet: Re: Camille Claudel   Ven 16 Oct 2009 - 13:21


Jean-Paul Morel

Camille Claudel
une mise au tombeau


Essai
Collection "Réflexions faites"


Citation:
Le livre
« [Ma vie] un roman [...] même une épopée, l’Iliade et l’Odyssée. Il faudrait bien Homère pour la raconter, je ne l’entreprendrai pas aujourd’hui, et je ne veux pas vous attrister. Je suis tombée dans le gouffre. Je vis dans un monde si curieux, si étrange. Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar. »

Camille Claudel, 24 mai 1934.

Camille Claudel ? La sœur jalousée de Paul, le poète ambassadeur.
Camille Claudel ? L’amour fou du génial Rodin.
Camille Claudel ? La plus talentueuse sculptrice de son temps.
Camille Claudel ? Une enfant gâtée de la petite bourgeoisie, morte de faim chez les fous et mise à la fosse commune.

Qu’est-ce qui transforme une vie en destin ?

Jean-Paul Morel a exhumé les pièces à conviction du dossier, enfin complet : son enquête sur l’interminable enfermement de Camille révèle une suite, triste et hélas banale, d’ignorance, de négligences et de lâchetés, de malentendus et de décisions arbitraires, qui ont fait le malheur d’une femme et créé le mythe tragique. Déclarée morte en 1920, alors qu’elle ne s’éteint qu’en 1943, Camille Claudel fut sacrifiée sur l’autel des convenances, après une « mise au tombeau » longue de trente ans.
Ces documents fascinants jettent aussi une lumière exceptionnelle sur l’état de la psychiatrie française au début du XXe siècle.



CAMILLE CLAUDEL : LE DOSSIER ENFIN COMPLET

On connaît la vie de Camille Claudel par les versions romancées, théâtrales, cinématographiques et même chorégraphiques qui en ont été proposées.

Au cœur de ces récits, ses amours avec Auguste Rodin, que Paul Morand résume ainsi dans ses mémoires : « […] c’est une histoire très triste. Cette fille est sa meilleure élève ; elle a du génie ; elle est très belle, et elle l’aime ; mais elle est folle. Elle s’appelle Camille Claudel. » La beauté, le génie, l’amour et la folie : voilà de quoi forger une belle légende.

Hors de cette vision romantique cependant, la vérité sur Camille Claudel est complexe à rétablir. Sa vie ressemble à un puzzle, avec bien des pièces manquantes, certaines cachées, d’autres déformées.

Au terme d’une longue enquête, Jean-Paul Morel nous livre enfin un dossier complet. Il s’est employé à exhumer toutes les pièces : correspondances officielles et privées, archives médicales, articles de presse… Autant d’éléments jusqu’ici dispersés, censurés ou mal transcrits, voire tout à fait inédits, qu’il s’est efforcé de rétablir dans leur intégrité. La plupart de ces documents sont livrés volontairement sans commentaires ou interprétation : c’est au lecteur qu’il appartiendra de se faire sa propre opinion sur la tragédie que fut la vie de Camille Claudel.



Ce qui se révèle au final ?

Bien des légendes se trouvent mises à mal dans Camille Claudel, une mise au tombeau.
Non, Rodin n’a pas été l’infâme exploiteur machiste dont Paul Claudel, puis sa fille Reine-Marie Paris, ont voulu faire l’unique responsable du “déraillement” de Camille. Il a même été le premier, dès 1895, à s’être rendu compte de son état et à avoir tenté de l’aider. Obligé de se déguiser sous un nom d’emprunt, Rodin n’a cessé jusqu’à sa mort de lui venir financièrement en aide, chaque fois qu’il a été averti de sa détresse, comme le révèlent ses archives au musée Rodin.
Et non, Camille n’a pas été l’artiste “maudite”, incomprise et vivant dans la misère. Si elle a eu effectivement quelque mal à obtenir des commandes publiques de l’État, c’est au premier chef parce que le ministère de Beaux-Arts, et le musée du Luxembourg – contrôlés par l’Institut – étaient peu ouverts aux femmes et à la création contemporaine. En revanche, Rodin lui a tôt apporté le soutien de riches mécènes.
Féministe, comme certain(e)s l’auraient souhaité ? Elle ne l’a pas davantage été : Camille rêvait de se marier et – à l’instar de Rachilde qui entendait être reconnue comme “homme de lettres” – voulait tout bonnement, pour sa part, être reconnue comme sculpteur.

Sa famille lui a-t-elle maintenant apporté tout le soutien qu’elle pouvait en attendre ?
Les preuves du contraire sont plus accablantes qu’on ne l’imaginait. Camille a bien été “aliénée”, mise hors circuit, à l’écart du monde, par la volonté délibérée de sa mère. Son frère Paul, beaucoup plus préoccupé par sa carrière diplomatique et par son œuvre, n’a fait que prendre le relais. Douze visites, courtes, en trente ans !
Dans les faits, internée en 1913, Camille n’est pas morte en 1920, comme l’ont longtemps écrit les dictionnaires, mais en 1943. Et pas de vieillesse ni même de folie, mais de la malnutrition qui sévissait dans les hôpitaux psychiatriques sous l’Occupation, et de l’abandon où l’avait laissée sa famille, en la personne alors de son frère Paul. Celui-ci, quoiqu’habitant à Brangues, près de Chambéry, à 300 kilomètres d’Avignon, ne jugea jamais nécessaire, malgré les appels de détresse des médecins, de faire le déplacement, pas plus que d’apporter à sa sœur les compléments nutritionnels qui auraient sans doute pu la sauver. Camille a donc bien été mise au mouroir, mise au tombeau. Jusqu’à ce que ses restes mêmes disparaissent.
Enfin, dernier coup porté à l’édifice derrière lequel la famille entendait s’abriter : la maladie mentale. Certes, il n’existait pas à l’époque de traitement approprié ; mais la thèse publiée par les docteurs Sérieux et Capgras en 1909 (soit, quatre ans avant son internement) sur ce qu’on appelait alors les “délires d’interprétation”, précise que ce type de maladie ne nécessite nullement un internement asilaire, et que ces malades peuvent très bien poursuivre une vie sociale quasi normale.

Paradoxalement, son internement, et l’interdit édicté par la mère de Camille sur sa correspondance, ont sauvé bien des pièces de l’oubli ou de la destruction. Témoignage prémonitoire, ces lignes d’Eugène Blot, le fondeur de Camille, dans une lettre retenue par l’administration asilaire :

« Un jour que Rodin me rendait visite, je l’ai vu soudain s’immobiliser devant ce portrait [L’Implorante], le contempler, caresser doucement le métal et pleurer. Oui, pleurer. Comme un enfant. Voilà quinze ans qu’il est mort. En réalité, il n’aura jamais aimé que vous, Camille, je puis le dire aujourd’hui. […] Oh ! je sais bien, Camille, qu’il vous a abandonnée, je ne cherche pas à le justifier. Vous avez trop souffert par lui. Mais je ne retire rien de ce que je viens d’écrire.
LE TEMPS REMETTRA TOUT EN PLACE. »

Lettre à Camille Claudel, 3 septembre 1932.

Ces lignes, que leur destinataire n’a jamais pu lire, nous parviennent à soixante-dix ans de distance, avec les autres pièces d’un puzzle dispersées ou déformées au fil du temps, forçant la “conspiration du silence” plus ou moins délibérément orchestrée. Et on voulait encore nous faire accroire que tout avait déjà été dit...


source: éditeur

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