La fantaisie du voyageurQuel bonheur de lecture!Quelle bien jolie balade!Enfant j'aimais cartes et planisphères et j'ai fait la connaissance de Gilles Lapouge comme complice de Bernard Pivot dans les années 75.Et bien les cartes et les planisphères il en fait son miel ce bel écrivain octogénaire.Et aussi les horloges,les portulans,les frontières,le temps et l'espace,les fleuves,les collines...Ce livre ne ressemble à aucun autre,Dieu merci.Le vieil adjectif délicieux semble le meilleur pour ce voyage dans l'histoire de cette science si belle et si méconnue.La géographie,hantise de certains à la vue basse comme si s'intéresser au ressacs et aux mascarets,aux rias et aux estrans,était indigne de littérature.
La littérature avec cettte fantaisie du voyageur (merci au regretté François-Régis Bastide pour ce joli titre) est de la plus belle eau.Lapouge nous enchante avec par exemple des histoires de fleuves qui s'égarent,de doauniers enneigés qui tirent à tout hasard en une quelconque et improbable ligne de démarcation hymalayesque.La métrique et le rythme ne sont pas oubliés et la poésie des planisphères à elle seule me semble rimbaldienne ou surréaliste,peu importe.Arthur savait ce qu'étaient les partances,les forêts et les déserts.De Sandwich en Asuncion,de Corpus Christi en Oubangui qui charrie étonnez-vous car le sieur Lapouge n'est pas manchot pour rêvasser,se tromper de chemin et médire un peu des oiseaux migrateurs qui arrivent et partent à l'heure,le comble pour des voyageurs.
Pour toutes ces raisons je considère
La légende de la géographie comme un très beau livre.Pour d'autres encore que je vous laisse découvrir sur les traces souvent fausses de Christophe Colomb,de Vasco ou d'Amerigo.C'est que la géographie est une grande menteuse comme les romanciers.Aussi font-ils bon ménage.Donnez-moi quelques nouvelles si vous vous aventurez en ces lignes de front ou d'horizon.Car pour tout vous dire je n'ai guère confiance en la curiosité pour ce livre.Difficile parfois de s'ennuager.
Pour conclure et là je n'étonnerais personne,il ya une ultime raison à mon enthousiasme.Lapouge consacre quelques pages à trois romans fondamentaux dits des confins.
Le rivage des Syrtes et
Sous les falaises de marbre de Gracq et Junger,très grands livres que je n'ai pas lus.Le troisième s'appelle
Le désert des Tartares.Et l'on voudrait que je modère mon enthousiasme pour
La légende de la géographie?
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Au bar le Lieutenant Drogo boit un verre avec Bogart,Don Quichotte et le Dr .Jekyll.