Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 A.L. Kennedy

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kenavo
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MessageSujet: A.L. Kennedy   Sam 26 Avr 2008 - 15:44



Biographie de l'auteur
A. L. Kennedy, née à Dundee en 1965, vit à Glasgow. Ses romans (dont Volupté singulière, Le Contentement de Jennifer Wilson
et Un besoin absolu parus aux Editions de l'Olivier) et ses nouvelles lui ont valu, entre autres, le Somerset Maugham Award, l'Encore Award et le Saltire Scottish Book of the Year Award. Elle écrit pour le théâtre et la télévision, collabore à divers journaux (Scotsman, Glasgow Herald, Telegraph, Guardian) et à la BBC, tout en étant rédactrice en chef du New Writing Scotland et de Outside Lines.

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Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion.
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MessageSujet: Re: A.L. Kennedy   Sam 26 Avr 2008 - 15:46



Le ‘bureau’ d’Alison Louise Kennedy.

Elle a de tels problèmes de dos qu’elle se voit contrainte à passer une partie de sa journée installée dans cette chaise pour être vraiment capable d’écrire.

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kenavo
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MessageSujet: Re: A.L. Kennedy   Sam 26 Avr 2008 - 15:48

On Bullfighting



Je sais, la plupart des Parfumés ne lisent pas en anglais – mais malheureusement ce livre n’est pas (encore) traduit – et bien que j’ai lu tous les livres d’A.L.Kennedy – c’est celui-ci avec lequel j’ai fait connaissance d’elle, que je puisse encore me rappeler le mieux pour vous en parler, pour présenter cette femme à part.


Après la parution de son roman Un besoin absolu, A.L.Kennedy se voyait dans la situation qu’elle ne pouvait plus produire de la prose fictive. Ceci ensemble avec un état de malheur elle a envisagé le suicide.

Le livre s’ouvre sur la situation où elle est sur le bord de sa fenêtre, prête à se jeter dans le vide. À ce moment elle entend quelque part dans le voisinage une mélodie d’une chanson tellement nulle qu’elle a le problème de ne pas vouloir mourir au moment qu’une telle chanson soit jouée content


Donc, elle remet son suicide à plus tard et se consacre d’une commande qu’on lui a demandé : un reportage sur la corrida, une étude sur des gens qui ‘risquent leurs vies pour vivre’.
Elle part au Centre des Corrida – Madrid, Séville et Grenade.
De l’histoire de la corrida des années 30, des fameux toreros, de l’élevage des taureaux jusqu’à l’événement lui-même – elle y décrit tout. Elle y va partout. Elle essaie d’être neutre et faire seulement un reportage – sans donner son avis.
Comme lecteur on est attiré – probablement pas par le thème – mais par son talent de présenter un tel sujet problématique. On vit avec elle ses expériences, ses idées, tout ce qu’elle voit – ne comprend pas, veut comprendre, veut expliquer.. c’est un livre fascinant sur un thème répugnant (en tout cas pour moi) et même si je ne voudrais jamais dans ma vie assister à une vrai corrida – j’étais à partir de ce livre le plus grand fan de A.L.Kennedy.


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Dernière édition par kenavo le Sam 26 Avr 2008 - 15:50, édité 1 fois
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kenavo
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MessageSujet: Re: A.L. Kennedy   Sam 26 Avr 2008 - 15:49

En ce qui concerne les livres d’elle traduits en Français, je ne saurais lequel vous conseiller comme le meilleur à entrer dans son monde – parce qu’il faut trouver la bonne porte pour y entrer Wink
Je la compare parfois avec divers écrivains japonais – elle a un style très ‘non européen’, elle est souvent ‘lourd’ (point de vue humeur, pas écriture), elle est sarcastique, pas du tout romantique (ah.. Queenie devrait l’admirer !) et d’une franchise à faire parfois mal.. chez elle, c’est soit on aime, soit on le laisse.. moi – j’aime – à 100% drunken

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Queenie
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MessageSujet: Re: A.L. Kennedy   Sam 26 Avr 2008 - 16:05

kenavo a écrit:
Le livre s’ouvre sur la situation où elle est sur le bord de sa fenêtre, prête à se jeter dans le vide. À ce moment elle entend quelque part dans le voisinage une mélodie d’une chanson tellement nulle qu’elle a le problème de ne pas vouloir mourir au moment qu’une telle chanson soit jouée content [/font]

Donc, elle remet son suicide à plus tard et se consacre d’une commande qu’on lui a demandé : un reportage sur la corrida, une étude sur des gens qui ‘risquent leurs vies pour vivre’.


extra ! je crois que je ferais pareil !

mais.. bon ce livre sur la corrida... ça me dit pas des masses (et puis de toute façon je suis nullissime en anglais)

mais comme ça me tilte vegra et que Kenavo tu soulignes discrètement
Citation:
elle est sarcastique, pas du tout romantique (ah.. Queenie devrait l’admirer !) et d’une franchise à faire parfois mal

j'essayerais peut être de me pencher dessus.

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MessageSujet: Re: A.L. Kennedy   Sam 26 Avr 2008 - 16:10

Queenie a écrit:
mais comme ça me tilte vegra et que Kenavo tu soulignes discrètement
Citation:
elle est sarcastique, pas du tout romantique (ah.. Queenie devrait l’admirer !) et d’une franchise à faire parfois mal

j'essayerais peut être de me pencher dessus.
Et oui.. j'essaye de justifier mon rang de 'vendeuse' que tu m'as donnée bisous

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MessageSujet: Re: A.L. Kennedy   Jeu 8 Jan 2009 - 14:12

Vient de paraître:


Day


"Day", d'A.L. Kennedy : l'humour carnassier d'A. L. Kennedy
LE MONDE DES LIVRES | 08.01.09 |
Emilie Grangeray


Définie par The Observer comme un maître de "l'anatomie du désespoir et, parfois, du bonheur", A. L. Kennedy est l'auteur surdouée de plusieurs romans et recueils de nouvelles.

Primée deux fois par le célèbre prix Granta, la Barbe-Bleue des lettres écossaises a le sens des métaphores et de l'humour - souvent noir. Pour elle, être écrivain, c'est "enfoncer son poing dans le crâne de quelqu'un pour en extraire la viande". De fait, elle n'a de cesse d'éplucher ses personnages jusqu'à la chair, de les vider de leurs entrailles pour transporter ses lecteurs dans la chambre obscure de l'âme humaine. C'est ce qu'elle fait encore dans son dernier roman, Day.

Day, c'est le nom de son personnage, "docile, raisonnable, ordinaire". Un jeune homme (Alfred de son prénom) à la calvitie déjà naissante qui décide de s'engager dans cette guerre mondiale dont on espère qu'elle sera la dernière. Mitrailleur, il choisit délibérément d'être dans la tourelle de queue : "Tu es le premier à être descendu, c'est la raison pour laquelle tu as voulu ça, dès la première minute où tu l'as su", se souvient-il. Pourtant, l'ironie voudra qu'il soit le seul survivant de son équipage. Avec le sentiment sincère de faire du bon boulot, Day et ses camarades larguent des bombes comme on lâche des ballons. Jusqu'à ce jour où il les voit tous mourir. Où il voit leurs membres dépareillés. Où il contemple la mort qui "boulotte" son commandant. Scène d'horreur où le sang et le ciel se mélangent.

Tout ça, Day s'en souvient alors que, en 1949, il décide de rempiler en participant au tournage d'un film sur cette période. Pourquoi décide-t-il de retourner en enfer ? Pour tenter de comprendre ? Pour reprendre contrôle sur sa mémoire agonisante ? Le libraire chez qui il avait trouvé du travail au sortir de la guerre l'avait pourtant mis en garde : à remuer son passé, on se fait mal. Et voilà que le camp de prisonniers, "même bidon", était en train de le vaincre encore une fois - "il y avait des chiens à la lisière de ses rêves". A demi-éveillé, il se souvient alors. De Joyce, son amour impossible - elle est mariée. Et de ses potes d'équipage avec lesquels il riait pour conjurer la mort - "cette garce".

Guerres réelles et intérieures, blessures physiques et psychologiques, A. L. Kennedy dépeint un monde à la fois banal et monstrueux. Un monde où l'amour et l'amitié se cachent parfois sous les décombres et dans l'odeur nauséabonde des bombardements. Car si l'auteur est connue pour ses prises de position contre la guerre en Irak et en Afghanistan, Day, lui, veut sa guerre. Parce que c'est un moyen d'échapper à son sort - son père est poissonnier. Parce que, soudain, il a l'impression de pouvoir être utile...

Et même si ce texte donne à entendre les horreurs de la guerre, il n'était pas question de se laisser aller aux sentiments, explique A. L. Kennedy, de passage à Paris. "Pour moi, dit-elle, un roman ne doit pas être un ramassis d'opinions. Le plus important est de trouver le meilleur moyen d'exprimer ce que l'on veut." Pour le reste, elle a ses performances au théâtre et son site Internet dans lequel elle n'en finit pas de pester contre ces organisateurs de colloques qui n'ont pas encore compris que, non, jamais, elle n'acceptera de participer à une table ronde sur un sujet prompt à lui faire monter la moutarde au nez, "les romans de femmes".

Elle dénonce aussi le gouvernement britannique, dont le budget défense servirait mieux les systèmes hospitalier et scolaire du pays. Rappelle que les films "sont bien gentils à retourner les foules avec des bras sanglants et de la sueur", mais que la guerre est une réalité "tout sauf hollywoodienne".

Elle a d'ailleurs hésité longtemps avant de laisser vivre Alfred, qui aurait très compréhensiblement pu se suicider. "Et puis non, dit-elle. C'est devenu évident que non, qu'il ne se donnerait pas la mort." On respire un peu. Mais voilà qu'elle ajoute : "Le pauvre ! Il lui préfère l'amour - ce qui est autrement plus dangereux et plus blessant !" Humour, toujours ? "Puisque la vie ne mène nulle part, et qu'on finit par mourir, j'essaie de rendre les choses le plus drôle possible", explique-t-elle. Avant de reprendre avec son plus beau sourire sadique : "Si je vous fais rire, vous êtes plus vulnérable, alors quand je plante mon couteau (entendre sa plume), vous n'en serez que plus meurtri." Et c'est ainsi que notre Barbe-Bleue, que l'on a un instant cru Blanche-Neige, se double de Cruella.


Source ICI

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MessageSujet: Re: A.L. Kennedy   Sam 28 Fév 2009 - 22:04

Cachemire vient de parler de Cyrano de Bergerac sur le fil de Edmond Rostand - ce qui m'a rappelé que ce héros fait aussi apparition dans ce roman:


Le contentement de Jennifer Wilson
Citation:
Jennifer Wilson est une jeune femme antisociale, par nature et par choix. Enfermée jour et nuit dans des pièces insonorisées, elle prête sa voix à une station de radio écossaise, égrenant les nouvelles d’un monde de plus en plus chaotique, donnant la réplique dans des films de séries Z ou vantant les mérites de produits quelconques. Elle se dit incapable d’émotions. Ses pratiques sado-masochistes semblent lui donner raison.

Le doute s’insinue lorsqu’un amnésique fait irruption dans sa vie. Il prétend être né à Paris en 1619. Grand écrivain incompris, cet homme s’appelle Savinien de Cyrano de Bergerac.


un très bon moment de lecture.. Cyrano qui débarque en Ecosse en 2004.. c'est drôle.. mais aussi très beau.. :heart:

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