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 Jean-Baptiste de Boyer, marquis d'Argens

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tina
Sage de la littérature
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MessageSujet: Jean-Baptiste de Boyer, marquis d'Argens   Jeu 15 Jan 2015 - 12:11



Citation :
Jean-Baptiste de Boyer, marquis d’Argens, né à Aix-en-Provence le 24 juin 1704, mort au château de La Garde, près de Toulon, le 11 janvier 1771, est un écrivain français.

Fils d’un procureur général, Boyer d’Argens suivit la carrière des armes et eut une jeunesse fort licencieuse. Sa vie sentimentale impétueuse s’est particulièrement orientée vers les actrices de théâtre. Dès l’âge de quinze ans, il entra, malgré l’opposition de son père qui le destinait, en tant que fils aîné, à la magistrature, à l’armée où il restera jusqu’à la trentaine, ce qui poussa son père à le déshériter. Blessé devant Philipsbourg en 1734, il quitta le service et se retira en Hollande, afin d’y écrire librement ses pamphlets.

Il attira l’attention du roi de Prusse par ses attaques contre le christianisme : ce prince l’appela à sa cour, en fit son chambellan avec 6 000 francs de traitement, et le nomma « Kammerherr » directeur général de son Académie. Il s’offensa néanmoins de le voir épouser l’actrice Mademoiselle Cochois.

Après avoir vécu 25 ans dans l’intimité de Frédéric II, le marquis d’Argens revint passer ses dernières années dans sa famille, à Aix. À la mort du marquis, le roi fit ériger un mausolée à sa mémoire dans l’église Notre-Dame de la Seds, à Aix.

Il avait une instruction vaste et variée, et ses écrits sont inspirés par la philosophie sceptique de l’époque.

Robert Darnton considère que d’Argens a probablement été l’auteur du roman philosophico-pornographique Thérèse philosophe, ou mémoires pour servir à l’histoire du P. Dirrag et de Mlle Eradice.
source: Babelio



Thérèse philosophe

Encore une bonne occasion pour se plonger dans ce complexe 18ème siècle, éblouissant de style et riche d'idées.
On dit que c'est un roman érotique.
Revoyons cela.
Thérèse est une jeune ingénue parisienne, qui se retrouve sans mère et est initiée aux mystères de l'amour charnel, par voyeurisme au début. Et un peu par hasard. Point de scènes égrillardes avec cet auteur mais une vraie réflexion sur la place du plaisir dans la société du moment et par rapport aux interdits imposés par l'Eglise.
L'écrivain, dont l'héroïne devient vite une épicurienne, reste très sage quant à ses positions.
Tant qu'on n'atteint pas l'ordre établi, on peut tout oser, physiquement.  Parce que l'aspiration aux voluptés est dans notre nature profonde. Voire dans notre nature divine.

Il transcende la morale cléricale hypocrite du bien et du mal en affirmant un hédonisme naturel et sain.

On croise une courtisane qui se charge d'éduquer notre jouvencelle, qui se prend elle aussi aussi au jeu des réflexions métaphysiques et sociétales.

C'est une posture philosophique. L'auteur affirme son credo d'homme libre d'assouvir ses désirs, tant que ceux-ci ne nuisent à personne.
L'ensemble est très drôle (ne pas rater la première séance d'initiation qui est à mourir de rire).

Bien entendu, il y a des attaques en règle contre les autorités de l'Eglise, corrompues et menteuses.

Y compris contre une élite juridique, politique, etc...

Rien de cruel ou de sadien.

De la grivoiserie plus que de la violence.

Quelques poncifs : vertu vs vice !

Mais un regard très lucide sur notre condition d'êtres humains, soumis à la faim, à la soif et aux pulsions sexuelles.

Il faut faire avec. Dieu est et est bon, selon l'auteur.

Ce court roman décomplexe et déculpabilise le lecteur du 18è siècle.


A noter que l'histoire s'inspire d'un procès de détournement de pénitente par un jésuite !

Boyer d'Argens a rencontré Sade et Casanova et pratiquait au quotidien sa joyeuse philosophie !
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