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 Blaise Cendrars [Suisse]

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeVen 15 Juin 2012 - 17:48

Ah oui si le Vuillard t'a plu ça devrait marcher aussi.

j'espère que tu passeras nous dire un mot sur le fil Vuillard. clown

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeSam 16 Juin 2012 - 21:56

Extrait :
Citation :

Enfin, c'est la paix.
Une nouvelle ère commence.
Johann August Suter va enfin pouvoir jouir et se réjouir de ses richesses.
De nouvelles semailles arrivent d'Europe, des plants de tous les arbres fruitiers. Dans les bas-fonds, il acclimate l'olivier et le figuier, sur les collines, les pommiers et les poiriers. Il commence les premières plantations de coton et, sur les rives du Sacramento, il expérimente le riz et l'indigo.
Il réalise enfin un vieux désir cher à son cœur : il plante de la vigne. Il a fait venir à grands frais des ceps du Rhin et de Bourgogne. Das le nord de ses domaines, sur les bords de la rivière Plume, il s'est fait construire une sorte de gentilhommière. C'est sa retraite. L'Ermitage. Des touffes de grands arbres ombragent sa maison. Autour, il y a des jardins, des champs d'œillets, des champs d'héliotropes. Ses plus beaux fruits poussent là, cerises, abricots, pêches, coings. Dans les prairies sont ses plus belles bêtes de race.
Tous ses pas le mènent maintenant sur les coteaux. Toutes ses promenades sont pour ses vignes, Hochheimer, Chambertin, Château-Chinon.
A l'ombre d'une treille d'Italie et caressant son chien préféré, il songe à faire venir sa famille d'Europe, à indemniser richement ses créanciers, à sa réhabilitation, à l'honneur de son nom et comment doter sa lointaine petite patrie... Douce rêverie.
"Mes trois fils vont venir, ils auront du travail, ce seront des hommes. Et ma fille, comment est-elle? Tiens, je vais commander un grand piano chez Pleyel à Paris. Il viendra par la piste que j'ai suivie autrefois et s'il le faut à dos d'hommes... Maria... Tous mes compagnons..."
Rêverie.
Sa pipe s'est éteinte. Ses yeux sont perdus au loin. Les premières étoiles s'allument. Son chien ne bouge pas.
Rêverie. Calme. Repos.
C'est la paix.

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeLun 1 Oct 2012 - 9:36

rivela a écrit:
Voici l'hallucinant Moravagine.
Si il avait été écris dans les années 60 on pourrai croire que l'auteur était sous acide en écrivant ce livre .
J'ai adoré ce voyage d'un psychopathe à travers l'Europe pour faire la révolution ou tout simplement foutre le bordel c'est à choix
merveilleux souvenir, et merveilleuse lecture.

Moravagine est un livre à part dans l’œuvre de Cendrars. Un livre fou, machiavélique où Cendrars lâche ses fauves. Moravagine, dernier descendant d'une famille royale en exil, incarne la folie et le mal. Son confident raconte son histoire. Moravagine est le double diabolique d’un Cendrars, à la fois acteur et narrateur, qui disait : « On ne peut écrire qu’un livre ou plusieurs fois le même livre. C’est pourquoi tous les beaux livres se ressemblent. Ils sont tous autobiographiques. » Ce livre écrit en 1925 et publié en 1926 est une extraordinaire aventure littéraire dans la veine des grandes œuvres originales qui explorent le thème du Mal. Cendrars avoue avoir porté cet étrange roman pendant vingt ans. L’idée, qui ira jusqu’à l’obsession, lui en était venue en 1907 alors qu’il était étudiant en psychiatrie à Berne. Il prétendra avoir écrit dix-mille pages en une seule nuit, « ma plus belle nuit d'écriture »… Lorsqu’il s’attela à Moravagine, il n’était plus psychiatre mais écrivain. Il avait bourlingué, observé le monde, traqué la tragédie humaine, individuelle ou collective. Là, il se décide enfin à exorciser ses mauvais démons. Grandiose, délirant, déroutant, hallucinant, inclassable Moravagine !
C'est difficile de parler de Moravagine qui commence presque l'air de rien par un jeune étudiant en médecine qui s'entiche d'un fou parfois furieux avant que tout ne dégénère et que le narrateur ne soit plus que spectateur ahuri, écroulé, enfiévré à travers la Russie, l'Amérique ou l'Orénoque avant de traverser la guerre. L'entrée en matière qui réfute brutalement une forme de normalité positive et de mesure baigne la prose dense et toutes les réflexions, précises, qui traversent le récit. La sensation composite due aux périodes d'écriture ? nourrit étonnamment bien le retour sur l'époque et l'hallucination qui perdure. Très riche, dense, construit, étouffant parfois, fou, surprenant aussi et précis avec une langue remue ménage et une force d'affranchissement très particulière.

Ce n'est pas complètement une rêverie, pas non plus un cauchemar, c'est trop volontaire pour une errance, une course éperdue peut-être. Cendrars développe un doute et une force étourdissante faisant trembler au passage les places du bien et du mal et de certains fondement de la raison pour les noyer dans le tourbillon de son écriture, lourde mais belle. Identités brouillées, descriptions sommes et violentes... il y a un malaise loin d'un nihilisme recherché. c'est autre chose, le doute peut-être, et une force de cohésion très obscure et très forte, pas ouvertement positive.

C'est un choc cette lecture pour l'ambiance et les réflexions qui sont avec. Et après L'or, plus mesuré bien qu'ayant quelque chose du tracteur, il est difficile de ne pas être fasciné par une écriture aussi forte, physique. Il y a une ressemblance avec celle de son compère d'un temps au moins Charles Albert Cingria, dans la démesure et l'indépendance.

Je n'ai pas encore digéré. Mais peut-on digérer quelque chose comme ça ?

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeLun 1 Oct 2012 - 10:08

Ça paraît assez indispensable !

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeLun 1 Oct 2012 - 12:52

Ce n'est pas tiède en tout cas !

Le personnage de Moravagine que le narrateur fait s'évader est aussi une espèce de double, il est l'acteur quand le narrateur est spectateur. Et un acteur inépuisable dont les motivations ne sont pas claires, impulsif mais rusé, conscient mais pas forcément moral, criminel, il est une action brute, physique mais humaine. Et c'est ce contraire qui très paradoxalement explique ou illumine les phases réfléchies du texte. Qu'elles concernent la révolution russe de 1905 ou ce passage sur l'utilitéà l'occasion du passage aux états-unis beaucoup de mécaniques qui perdurent encore (l'utilité !) sont démontées, restent ouvertes, vulnérables. C'est à dire que si une doctrine, politique ou explication de façade, logique même a pris le dessus, remporté la partie, il subsiste derrière un élan, partagé, anonyme, commun, qui participe mais sans tenir dans le cadre.

Et Moravagine, est une histoire, un incalculable roman d'aventures aux ombres autobiographiques... Avec ce point d'amortissement sourd de la première guerre mondiale qui n'est que rétroactivement, après la blessure.

C'est possible que tu tiques aux premières pages mais je serai surpris que l'ensemble te laisse indifférent Marko !

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeLun 1 Oct 2012 - 14:13

vu que j'ai aimé L'or, l'Ebauge et la fin du monde, je lirai aussi Moravagine.

curieux, il me semblait bien avoir fait un message pour mes lectures et avoir même mis un ou deux extraits (?) intense reflexion

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeLun 1 Oct 2012 - 14:20

Bédoulène a écrit:
vu que j'ai aimé L'or, l'Ebauge et la fin du monde, je lirai aussi Moravagine.

curieux, il me semblait bien avoir fait un message pour mes lectures et avoir même mis un ou deux extraits (?) intense reflexion
Moravagine est très différent de l'Or. L'Or est un livre assez léger contrairement à Moravagine qui est très dur !
Le personnage est fou à lier. Et le pseudo médecin qui le suit ne me semble pas non plus sain d'esprit. Car, lui, n'a même pas l'excuse de la folie. Pourtant il laisse faire. Et participe activement (si mes souvenirs sont bons).

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeLun 1 Oct 2012 - 18:52

L'or le style est plus contenu et c'est moins fou, mais pas si léger. Et oui, le narrateur participe lui aussi aux attentats et autres.

Et Bédoulène j'ai cherché mais pas retrouvé, je me souviens que nous en avions parlé rapidement et que tu avais posté un avis sur le fil Vuillard mais pour Cendrars pour le moment je sèche.

A propos du parallèle qu'il est possible de faire entre les deux auteurs, on pourrait poser comme différence majeure (une différence qui doit se retrouver plus largement) le fait que Cendrars s'attaque à une vision d'actualité de son monde alors que Vuillard (pour ceux que j'ai lu) passe par la porte du passé. ça n'oublie pas le présent, loin s'en faut, mais le positionne autrement.

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeMar 2 Oct 2012 - 14:18

j'ai un doute à présent Animal, mais ma signature est bien une phrase de dl'Ebauge.

ma mediatheque a les oeuvres complètes et le tome 00 comporte Moravagine

à plus tard


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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeMar 8 Jan 2013 - 22:34

Rhum

Rhum : L'Aventure de Jean Galmot est un ouvrage de Blaise Cendrars (1887-1961) paru chez Grasset en 1930. Il recueille en volume « L'Affaire Galmot », un reportage publié en feuilleton entre le 8 octobre et le 17 décembre 1930 dans l'hebdomadaire Vu dirigé par Lucien Vogel.

Rhum est une vie romancée de Jean Galmot (1879-1928) (...)


c'est le début de l'article de wikipedia sur le sujet, ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rhum_:_L'Aventure_de_Jean_Galmot

Information de la publication en feuilleton qui n'apparait pas dans Le livre de poche ni quoi que ce soit d'autre que le texte d'ailleurs. On est donc un peu surpris de certaines répétitions et de la présentation presque nouvelle à chaque fois du personnage avant de ne plus comprendre à quel point les apparitions choisies par facettes de presque un autre homme participent au coup de force de Cendrars.

La forme s'enroule et se développe sur deux centres, le premier Jean Galmot et quand on en sait rien on a l'impression d'assister à un miracle (ou plusieurs), pour les curieux : wikipage, l'autre un minutieux récit des péripéties, empêchements de la mère nation, jusqu'à la mort par empoisonnement de Jean Galmot et la disparition de son cœur.

C'est d'ailleurs par là que ça commence. Une opposition farouche d'un idéalisme de don Quichotte ayant perdu la partie face à une mécanique approche de l'économie politique (ou l'inverse) moderne... par le truchement de la forme. C'est que mis à part de très chaleureuses pointes de proximité la partie se fait dans la forme fausse de l'information, partielle, partiale, commandée qui se fait battre à plate couture par la scansion enfiévrée et puissante de Cendrars qui pourtant suit de près cette forme au propre comme au figuré.

C'est un rapport de force qu'on retrouve dans les niveaux d'énumération et de répétition entre le factuel économique ou judiciaire, procédurier, traitre dans l'énoncé qui est fini, ponctuel et l'homme, le souffle, l'obstination, même la fatigue et les ombres qui renaissent et perdurent. Enivrant !

Le tableau, portrait, serait idyllique (et une somme considérable d'injustices répétées) qu'il en resterait néanmoins beaucoup. On redécouvre le spectre de nos modes actuelles alors qu'on est aveuglé par un mirage romanesque et exotique qui est d'abord un humanisme (il est beaucoup question d'une émancipation de la Guyane et donc des habitants, divers, de ce genre de contrée... dans les années 20, là aussi on réfléchit à ce qu'on découvre). Une liberté fougueuse, une fraternité sauvage.

On est hébété, on a le souffle coupé par la puissance précise de l'écriture. Très brute elle laisse néanmoins, elle aussi, pressentir des ressources lointaines, riches et peut-être inépuisables (on sent la culture chérie et assimilée chez ce bonhomme, c'est presque effrayant).


Citation :
Mais Jean Galmot ne croit pas à la mort...

Relisez dans Quelle étrange histoire ou dans Un mort vivait parmi nous les pages dans lesquelles Jean Galmot parle de la forêt guyanaise, de sa forêt.
Songez à ces tribus d'Indiens auprès desquels son imagination s'attarde toujours avec délices.
Ils ont caché leur indépendance au plus profond de la forêt. Ils ont défriché une clairière, construit la hutte familiale, allumé leur foyer. C'est une île habitée, une petite île perdue dans l'uniformité verte, verte, verte de l'immense forêt équatoriale...
Les Caraïbes, dans leur refuge mystérieux, mènent une existence simple et pure. Ils ont gardé des mœurs primitives et beaucoup de loyauté. tous leurs sentiments sont régis par celui d'une justice supérieure. Ils ne craignent pas la mort, car ils sont complètement émancipés de toute idée d'une divinité...
Voilà ce dont rêve et rêvera toujours Galmot.
Les sauvages ont leur musique. Ils s'en servent pour exprimer, selon des lois étranges et sur un mode qui dépasse toute imagination, les secrets de leur vie primitive. Ils ont une hygiène à eux. Ils ont un sens mystérieux de l'orientation. Aucun voyageur n'ignore que l'Indien peut transmettre sa pensée à distance, et qu'il communique de tous les points de la jungle avec les êtres qui lui sont chers..
Il arrivait à Galmot, dans une conversation, de parler des danses des oiseaux auxquelles il avait assisté...
Ces confidences de poète (les hommes d'action ne sont-ils pas tous des poètes ?) nous font comprendre par quelle pente de son imagination il glissait imperceptiblement pour établir une correspondance secrète entre toutes les choses chères à son cœur, entre la vieille ville perdue dans les bois de la Dordogne, qui sentent la truffe et la châtaigne, et le village indien enfoui dans la forêt vierge, dans l'ombre humide qui sent la vase et le musc.

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeMer 9 Jan 2013 - 22:14

je profite d'avoir constaté l'oubli hier pour suggérer une petite lecture, qui m'a beaucoup plu, sur l'auteur : Vies parallèles de Blaise Cendrars et de Charles-Albert Cingria

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeMer 9 Jan 2013 - 23:02

animal a écrit:
L'or le style est plus contenu et c'est moins fou, mais pas si léger.

Je confirme.. L'écriture est très contenue, comme si la quête de l'or exigeait la réduction
au maximum des phrases, pour gagner en fluidité et en intensité.
Je trouve ce roman, le seul que j'ai lu de cet auteur, très fort.

Je ne me suis pas ennuyé une seconde, accrochant immédiatement à l'intrigue et au personne
dont la fin tragique m'a bouleversé.. Ce n'était pas un salaud ! Very Happy
C'est une intrigue simple, mais efficace, dont on peut tirer beaucoup de choses, à la fois sur
l'histoire, les hommes et la morale !
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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeMer 9 Jan 2013 - 23:06

je ne peux que t'encourager à poursuivre avec l'auteur... qui a l'air d'aimer le romanesque sur terrain biographique !

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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeSam 16 Mar 2013 - 10:50

A paraître en mai 2013 : Blaise Cendrars, Œuvres autobiographiques complètes (2 volumes) dans La Pléiade.

Tome 1 :
Sous le signe de François Villon - Lettre dédicatoire à mon premier éditeur - Prochronie 1901 : Vol à voile - Prochronie 1911 : Le «Sans-Nom» - Prochronie 1921 : Une nuit dans la forêt . Autour de «Sous le signe de François Villon» : Lettre dédicatoire à mon premier éditeur (passage supprimé) - Jéroboam et La Sirène - Présentation de «Bourlingueur des mers du Sud». L'Homme foudroyé . Autour de «L'Homme foudroyé» : Plans de «La Carissima» - Lettres à Raymone - «La Carissima» (fragments) - Plan autographe de «Sara, Rhapsodie gitane». La Main coupée . Autour de «La Main coupée» : Notre grande offensive - Un caporal de la Légion - J'ai tué - La Main coupée (1918) - Vient de paraître - Matricule 1529 - La Femme et le Soldat.

Tome 2 :
Bourlinguer - Le Lotissement du ciel . Autour du «Lotissement du ciel» : Esquisses de «La Tour Eiffel sidérale» - Prière d'insérer. J'ai vu mourir Fernand Léger . Écrits de jeunesse : Moganni Nameh - Mon voyage en Amérique - Hic, Haec, Hoc - Séjour à New York - New York in Flashlight. Mémoires d'un cinématographe - Le Retour. Entretiens et propos rapportés : Articles d'André Bourin, Claudine Chonez, Jeanine Delpech, Pierre de Latil et Sven Stelling-Michaud - Entretiens avec Emmanuel Berl, Maurice Clavel, André Gillois, le docteur Martin, Louis Mollion, Jean-Pierre Morphé et André Poirier.


...et en plus, cette année, ce sera l'Album Blaise Cendrars...
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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 Icon_minitimeMer 7 Aoû 2013 - 21:02

Blaise Cendrars [Suisse] - Page 2 9a115810

Dan Yack

Je vais tenter un commentaire sur Dan Yack, ça serait un parmi d'autres possibles sur cette lecture qui fut un peu hachée, rustique, disparate, sidérante parfois.

L'édition Folio présente pas mal le texte, donne des pistes de repères biographiques avec des qui se cache derrière tel nom ou tel date, de quel autre livre (de quelqu'un d'autre) peut provenir tel passage...

Toujours est-il que le livre est constitué de deux parties (publiées en 1929 et réunies en 1946 :
- Le Plan de l'Aiguille
- Les Confessions de Dan Yack

Le plan de l'aiguille :

Une échappée du millionnaire entreprenant Dan Yack. A St Petersbourg, bourré, abandonné par sa compagne, il ramasse avec un temps de retard trois artistes pour un drôle de périple. Une île déserte, une folie, une réclusion créative qui tourne mal. Puis une grande entreprise industrielle dans la pêche à la baleine. Folie furieuse écrasante. Toujours des gramophones.

Les confessions de Dan Yack :

Au plan de l'aiguille (à la montagne), Dan Yack lit le cahier de Mireille et envoie les rouleaux à une secrétaire à Paris. Ses pensées se mélangent à lecture, souvenirs de cinéma, souvenirs d'amour, souvenirs de guerre, solitude dans la montagne. Histoires...

La lecture ?

Entre les deux il y a la première guerre mondiale presque absente ou absente en tant qu'elle même. Pourtant la rupture de ton est incroyable entre les deux parties, et il s'agit du même personnage. Double improbable, grandiloquent, effrayant qui devient plus intime.

Dans la brutalité (une partie aurait du s'appeler journal ou confessions d'une brute je crois) des courants vitaux, de certains caprices, dans cet imaginaire furieux mais précis beaucoup de choses se collisionnent. Une grande histoire dans ses identités et interrogations artistiques, esthétiques, ses réflexes et la plus petite histoire, intime, de la famille, des blessures et des cassures familiales sentimentales dans un rapport à l'autre ample, maladroit, essentiel mais destructeur.

La première partie qui n'aurait presque rien à voir avec son titre (si ce n'est que le souvenir, peut-être fictif, en rapport avec la fiction, fiction personnelle et représentation, imaginable comme conçue ou reconçue depuis le lieu de la seconde) ressemble à un caprice, une jouissance amère doublée d'une entreprise humaine, industrielle mais vivante par son principe au delà de toutes limites imposées à la création. Créatrice, violente, ivre jusqu'au carnages, jusqu'aux carnages (le pluriel à un sens).

La deuxième partie c'est une mélancolie de grosse bête malade, l'entreprise n'a plus vraiment de sens, c'est la perte à la place, un rêve qui s'éteint, un repli sur soi, mais un repli qui fait apparaitre les autres, des liens beaucoup plus palpables amicaux ou amoureux qui n'occultent pas complètement l'autre. mais jusqu'où ? et là ça devient terrible. Poignant. Et en même temps toujours le ressassement, le jeu de l'esprit, l'imaginaire, des champs de possibles.

En plus des autres énigmes sur la part autobiographique, les errements, les mouvements, les pulsions de lien à établir, à rétablir, des limites intimes il y a l'énigme de cette imaginaire sauvage, tourmenté et lumineux, un insurmontable mal nécessaire et porte de survie.

Lecture baroque, capharnaüm, chargées d'images qui foncent comme des astéroïdes dans une bouillie électrique franchement sombre. Sombre et transfigurée par des moments limpides d'une poésie immédiate comme sans limites.

Tentaculaire, puits sans fond, déroutant, spectaculaire, dérangeant, violent. Tout de même très beau et fascinant. Le jeu précis de la justesse et des faux semblants. Énigmatique.

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