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 Vercors (Jean Bruller)

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeJeu 17 Oct 2013 - 21:29

la question un peu détournée était de savoir si tu inclurais cette posture d'héroïsme (ou de grandeur dans des dimensions moins héroïques, dans la destinée ?) dans ce qui te tiens à distance de Malraux (par exemple, avec pourquoi pas le côté fané) ?

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeJeu 17 Oct 2013 - 21:40

Je ne crois pas que ce qui me tient à distance de Malraux ce soit les personnages, l'héroisme, des hommes avec tout ce que cela a de glorieux et ridicule, quoi... Ce genre de chose ne me gêne pas . Je me fiche qu'un type soit un macho s'il me raconte une belle histoire (et oui...). Mon problème avec Malraux, c'est... que je n'y comprend rien...Embarassed Il me manque la superbe limpidité de Vercors.


Je sais pas si c'est très clair, et je sais pas si j'ai bien compris la question.
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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeJeu 17 Oct 2013 - 21:41

ah si. c'est bien clair. Cool 

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeDim 20 Oct 2013 - 21:28

Colères

Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Images16

Il semble qu'il s'agisse, d'après le titre, d'hommes et femmes en colère, et qui cherchent chacun leur solution.
En colère contre un monde d’injustice, Pélion donne toutes ses forces à la fraternité chaleureuse des combats syndicaux. En colère contre un monde d'ignorance, Egmond fait le choix d’un salut individuel et s’enferre dans de curieuses transes-extases censées le mener à une connaissance intime de lui-même et de l’homme. Entre les deux, Pascale, écartelée entre l’amour des deux hommes, dont les emportements existentiels s'emballent dans une naïveté confondante. Et Mirambeau, savant reconnu et ancien résistant, qui réalise une espèce de référence commune, uniflant les deux combats.

Cela donne un roman assez disparate, très inégal, à la symbolique à la limite du pontifiant, facilement phraseur au milieu de belles envolées. Honnêtement je me suis promenée entre ennui et hilarité face aux explorations transcendantales d’Egmond, et leurs tentatives d’explications médicales qui frisent le grotesque.

Par contre quel talent, quelle vigueur à nous faire partager la lutte fraternelle des ouvriers de Cheaulieu. Quel roman nous aurions eu si Vercors avait limité son ambition à cette seule histoire !

Le style de Vercors reste toujours aussi prenant et noble ,et certains passages constituent de vrais morceaux d’anthologie (l’incendie du manoir peuplé d’animaux empaillés,  la réconciliation des ouvriers en grève et des « jaunes » sous le feu des CRS)

En somme un roman qui est loin de m’avoir convaincue, mais qui ne m’empêche pas de conserver une grande admiration pour l’écriture de Vercors, pour son empathie vis à vis d’hommes qui font des choix qu’ils assument avec courage, et je reste déterminée à poursuivre ma découverte de cet auteur.

Plutôt lequel, animal?


On devrait vivre dans une colère constante, bouillir sans cesse de révolte, de fureur. Au lieu de ça, on pense sa petite histoire, un point c'est tout, on s'accommode. V’s comprenez ? Ne pas être inquiété, ni épaté, être seulement troublé. Les choses comme ça, donc elles sont très bien, et laissez-moi tranquille.

L’impuissance est décourageante, mais se décourager, c'est se faire complices, en fin de compte.
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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeDim 20 Oct 2013 - 21:35

Si l'envie te prend de rire en lisant Vercors (c'est bon signe), pourquoi pas Les animaux dénaturés. En plus c'est facile à trouver.

(ça fait plaisir de lire un commentaire sur un bouquin qu'on ne risque pas de croiser tous les jours !)

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeJeu 24 Oct 2013 - 18:52

Les mots

Ce court et très beau texte de Vercors a été écrit au lendemain du massacre d’Oradour-sur-Glane (1944).
Il a été retrouvé près de cinquante ans après sa publication. Il fut re-publié en 98 chez Actes Sud puis aux Editions Alternatives en 2004 :
79 pages, un texte, un poème, précédés d’une préface de Rita Barisse-Vercors et des illustrations de Els Baekelandt

Vercors (Jean Bruller) - Page 3 P8210

1944.
Ancien soldat qui a accompli son devoir, Luc est un poète. Il a choisi le Limousin plutôt que la capitale pour poursuivre son œuvre loin de la guerre.
Il cherche les mots de la beauté, de la pureté, de la sincérité et ne veut les voir surgir que de « quelque chose en lui, quelque chose de lui »…son « illumination intérieure ».
Il a donc choisi l’isolement et vit même dans une maison à l’écart du village le plus proche, Oradour, où il aime se rendre cependant et retrouver des amis au bar.
« Cela ne veut pas dire qu’il n’y eut pas souvent une offensive d’idées tracassantes.»
Mais bon, en ce jour du 10 juin 1944, Luc a la « tête légère et vive » lorsqu’il va au village. La journée y est belle, « bercée par le jeu des enfants, le ronronnement des hommes qui s’attardaient, le vol des abeilles dans les capucines ».
Il remonte chez lui et fait la sieste puis contemple ensuite comme souvent le paysage dont les couleurs « s’unissaient adorablement. »

Mais soudain tout bascule, un bruit de plus en plus ample vient troubler la quiétude du jour et du lieu : « cent machines lointaines d’une colonne en marche » viennent encercler le village.

Au même instant, une « voiture splendide » s’arrête près de chez lui. Un officier allemand en descend et s’extasie sur le paysage. « Jeune, grand, souriant, très peu raide », il est artiste-peintre et s’installe pour en faire un tableau.
Caché, Luc suit l’avancée du travail et ne perd rien, en même temps, de ce qu’il voit et entend en bas, au village.
L’agitation, les « cris grêles » des villageois, les coups de feu, les rafales, les incendies aux « quatre coins du bourg », l’horreur perpétrée par des « petites silhouettes en vert-de-gris ».

« L’officier n’avait même pas bougé. Il tournait le dos à l’événement et préparait sa palette, avec une sorte de vivacité contenue (…) Le visage du peintre était crispé un peu, agité de tics infimes, où transparaissait l’effort contenu d’une grande tension intérieure ».

Lorsque le Sergent Rudolf vient retrouver l’officier allemand peintre, il dit à son supérieur qui lui avait donné les ordres: « C’en est fini de ce village, hommes et choses ».
Et l’officier de s’exclamer en regardant son tableau qui le « remue jusqu’à la moelle des os », qu’il a « enrichi l’humanité d’une beauté nouvelle. Le reste est silence. »

Oh... l’homme ne semble même pas un monstre… il dit faire son « devoir que nous n’aimons pas ».

Luc s’interroge.
N’y a-t-il pas des similitudes entre lui et l’officier, puisqu’ils se trouvent tous deux dans un parti pris d’échapper par l’Art à l’horreur ?
« Dans le travail du peintre, il devinait une parenté secrète avec le sien. »
Certes Luc n’a jamais joué de rôle terrible comme l’officier allemand mais l’événement va remettre en question sa position choisie d’artiste.

Rita Barisse-Vercors rappelle ceci dans la préface : Jean Tardieu a émis un cri dans L’honneur des Poètes :
« Puisque les morts ne peuvent plus se taire,
Est-ce aux vivants à garder leur silence ?
»
Elle fait le parallèle avec l’engagement de Vercors tandis que beaucoup de poètes se sont tus, ou réfugiés en Amérique Latine, et ont fustigé à distance ceux, comme Eluard, qui n’avaient pas su « se tenir au-dessus de la mêlée ».

Luc, devant l’horreur, va changer sa posture d’artiste et les mots qui lui viennent sont ceux de la révolte, du désespoir, du témoignage et du combat :

« Il répétait au rythme de sa course, comme il eût accumulé des pierres pour une digue : « Taillant- dans la chair- des anges…taillant dans la chair- des anges…taillant… ».


Extrait de son poème:

Sourires des fruits des mousses
du tendre bruit de la soie
Sourires blonds invisibles
de tant d'indicibles dons
Sourires de nos pardons
jardins des âmes sensibles
Tremblants sourires d'alarme
dans les larmes de l'amour
Sourires profonds sans armes
sourires du fond des jours
Sourire au bord des années
douceurs pures et ornées
prenant la forme du coeur
Sourires des routes folles
enlaçant le sol vainqueur
de tant de sourdes corolles
Sourires enfin sourires
doucement purs sans limites
que tant de lèvres imitent
on vous a tués

Tordus Effacés Rompus
Il a suffi d'un sourire
sur un visage de chair
un sourire un seul sourire
un gai sourire de chair
de ceux que le coeur attend
de ceux que le coeur entend
un sourire qui prétend
que tous les hommes sont frères

Il adressait ce sourire
à des enfants à leurs mères
et c'était leur bourreau.


Un très bel ouvrage vraiment (épuisé mais on le trouve en occasion) : l’écriture élégante de Vercors, une histoire où se mêle la beauté et l’horreur absolues, et la préoccupation qui fut celle de Vercors de l’engagement des artistes.
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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeMar 12 Nov 2013 - 21:22

Les animaux dénaturés

La surprise première quand on a commencé Vercors comme (presque) tout le monde par Le silence de la mer, c'est le ton léger et l'humour. Il a une façon de vous raconter ça, Vercors, de transformer en jolie galéjade ce questionnement fondamental sur le sens de l'homme et le sens de la vie .Il n'y a que deux explications possibles à la réussite complète de ce bouquin, soit c'est un miracle, sur cet homme a un talent fondamental.

Les animaux dénaturés se situe entre la controverse de Valadolid (1550 – les Indiens ont-ils une âme ?) et les interrogations de nos comités d'éthique actuels sur le sens de la vie, et le droit que nous avons de la manipuler. C'est dire si le sujet est sérieux . Avec toujours cet espoir que tout soit simple : définir, mettre en mots, fixer des limites, trois solutions impossibles face à des questions éternelles.

La  force du livre de Vercors, c'est que ce questionnement, tant zoologique qu’anthropologique, philosophique, religieux, éthique, politique, est traité avec une brillante intelligence qui n'exclut pas l'humour.
Intelligence d'abord parce que tout ce qui est dit est d’une clarté lumineuse, présente les partis (et partis pris) opposés, chacun avec une propension à se croire détenteur de l’unique vérité, menant son propos jusqu'au bout, voire jusqu'à l'extrême, pour finir par mettre à jour ses contradictions. C'est assez jubilatoire, et intellectuellement très nourrissant, ce débat de grands esprits ancrés chacun dans ses positions.
Quant à l'humour, c'est difficile à croire, mais sur ce sujet, Vercors arrive à nous faire rire ou sourire à chaque page,: il y a une grande délicatesse à la fois attentive et amusée chez cet auteur.

Au milieu des tergiversations des savants, il construit peu à peu son héros.  Doug est un gentil naïf,  amoureux plutôt bêta, Candide égaré dans une expédition scientifique qui le dépasse. Il devient au fil des pages un honnête homme, qui, loin des vaines querelles des scientifiques, est  prêt à risquer son amour, son honneur et sa vie pour une cause qui a quelque chose à voir avec la dignité. La grand message de son action,  c’est que loin des classifications et des grandes idées, ce qui fait l'homme, c'est le refus et le combat.

Au final, on ne sait si c'est l'importance du propos ou l'exquise légèreté du récit qui l'emporte dans ce sentiment de se régaler  tout au fil de la lecture.
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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeMar 12 Nov 2013 - 21:34

je suis content.

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeMar 12 Nov 2013 - 21:51

ben on est deux.
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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeMar 22 Mar 2016 - 15:04

Je reviens sur la petite parenthèse ouverte par animal sur le fil de la LC Semprun, me rappelant que j'avais pensé à lire Vercors... et que je ne l'ai toujours pas fait.

Il s'avère que dans la biographie lue dernièrement sur Arthur Koestler, Michel Laval écrivait ce qui suit (p.451) :

Citation :
Les communistes ne pardonnaient pas non plus à Arthur Koestler sa critique du livre de Vercors Le Silence de la mer, qui était devenu un véritable livre culte, l'incarnation même de la Résistance française. L'analyse d'Arthur Koestler prêtait, il est vrai, à la controverse. L'idée qu'il développait était que le récit de Vercors n'était pas seulement invraisemblable sur le plan psychologique, mais, de surcroît, anachronique, voire franchement condamnable d'un point de vue politique. Le refus obstiné du vieil homme et de sa nièce de parler à l'officier allemand, Werner von Ebrennac, qui réquisitionnait leur demeure, le silence systématique qu'ils opposaient à toutes tentatives d'engager le moindre dialogue avec un homme qui témoignait à leur égard d'une réelle bienveillance et disait partager leurs valeurs, réduisait la guerre contre le nazisme à un classique affrontement franco-allemand, à une simple "allégorie patriotique". "Ce qu'il y a de plus exaspérant dans ce petit livre, écrivait Arthur Koestler, c'est le mélange d'arrogance et de complexe d'infériorité. S'il a jamais existé un ami de la France noble, bien intentionné, généreux, c'est ce héros rêveur qui pousse l'amour jusqu'au suicide. Alors pourquoi le punir par ce silence arrogant et stupide ? Uniquement parce que cet antinazi est né de parents allemands ? Nous avons là, en 1942, la répétition étrangement exacte de la mentalité qui en 1939 envoyait dans les camps de concentration les Allemands antinazis. Monsieur Vercors n'a pas plus appris que les politiciens français qui se chamaillent en exil."

Bien sûr, Laval insiste sur le caractère erroné de l'analyse dans la mesure où von Ebrennac appartient à une armée d'occupation et doit donc se plier aux règles du IIIème Reich. C'est ce que dira Semprun quand il raconte avoir tué un soldat allemand jeune et sans doute fort innocent mais qui appartenait à l'armée ennemie, l'armée des barbares et des envahisseurs...

Tout cela, décidément, donne envie de se frotter à ce Monsieur Vercors !

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeMar 22 Mar 2016 - 18:25

donc on note ! ma médiathèque possède : Les mots (Oradour-sur-Glane), le grenier d'Armor (policier), Le piège à loup, le silence de la mer, la marche à l'étoile, Sylva

un conseil ?

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeMar 22 Mar 2016 - 22:00

je ne les connais pas tous. Sylva est un bon souvenir et peut donner une image différente ou plus complète de l'auteur où il manie l'humour, des atmosphères mais pas seulement.

pour la parenthèse sur le Silence de la mer, ce qui me viendrait comme raison possible à cette lecture du livre est qu'il ne s'agissait peut-être pas d'un livre militant au sens d'un simple exemple à suivre, le constat de rupture et d'impossibilité y ayant plus de place ?

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeMer 23 Mar 2016 - 9:14

Je lirai donc Le Silence de la mer (pour commencer).

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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeLun 5 Sep 2016 - 22:28

Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Vercor10
Le Grenier d'Armor (1991). Editions Michalon. 207 pages. Publié en 1997.

Dans son avant-propos, Rita Vercors dit que son mari "s'est mis à écrire un roman policier dans les derniers mois de sa vie.
Pour se divertir ? Pour flâner encore dans cette Bretagne qu'il aimait tant ? [...]
En tout cas, je puis attester qu'il prit grand plaisir à écrire son premier « polar ». [...]
Quand il l'eut terminé, il laissa le roman dormir, comme d'habitude, pour le relire plus tard, à tête reposée. Le temps, hélas ! ne lui en fut pas laissé, et j'ai trouvé ce manuscrit dans un tiroir.
Fallait-il le publier ? Décision difficile... Si je m'y suis résolue, c'est qu'il m'a semblé qu'en plus d'une langue toujours belle, le lecteur y trouvera assez de qualité et d'intérêt pour prendre goût à cette dernière oeuvre de Vercors.
" (Rita Vercors, avant-propos, pages 7-8 )

Antoine, un jeune homme trentenaire qui travaille dans les finances de l'Administration judiciaire, loge pendant quelque temps dans une petite maison bretonne appartenant à son ancien professeur d'histoire.
La maison est très agréable, la Bretagne lui plaît beaucoup...
Citation :
"Sans cette pneumonie qu'il avait traînée tout l'hiver, probablement n'eût-il jamais connu, avant d'être à son tour à la retraite, la Cornouaille au mois de mai. Au vrai, quand le médecin lui avait conseillé, pour finir de se rétablir, un repos de six semaines au moins, hors de Paris, Antoine n'avait pas tout de suite pensé à la maison de Ménez-Coat. Il en était à retenir une chambre d'hôtel quand son ex-professeur, étant venu quérir de ses nouvelles, avait haussé les épaules à cette idée, affectant plaisamment de s'offenser." (pages 12-13).
Citation :
"Habitué au Midi depuis l'enfance, il connaissait très peu la Bretagne. Ses parents l'y avaient amené une seule fois, à Trégastel, pour les vacances. Il se rappelait les roches et la mer, et des villas sans nombre, c'était tout. Aussi de traverser sous la brume une lande déserte, secrète et pourtant lyrique, puis de découvrir, au bout du chemin tortueux entre ses murettes moussues, la longue maison basse, aux murs blanchis à la chaux sous les ardoises gris-noir, tandis qu'à ses pieds une pelouse bordée d'agapanthes descendait vers les roches altières au pied desquelles flottaient, amarrées, quelques barques rêveuses, ce doux accueil d'une Bretagne dont la poésie automnale s'accordaient à sa mélancolie fut pour lui une révélation, ou plutôt un coup de coeur - pour autant qu'il en était capable encore." (pages 14-15).

Mais voilà, nous sommes dans un roman policier, et voici que notre héros découvre un cadavre dans la maison ! Quand la victime a-t-elle été tuée ? Qui est-ce ? Qeu fait-elle là ? Et qui peut bien être l'assassin ? Ce ne peut tout de même pas être le le bon maître de notre héros ?
Plutôt que de prévenir la police, Antoine va mener l'enquête, qui va se révéler plus compliquée que prévu, à cause notamment du grand nombre de disparus (en mer, bien sûr, mais aussi à cause des règlements de compte de l'après-guerre).

Il y a tous les ingrédients pour faire un roman plaisant : fils embrouillés de l'intrigue, personnages hauts en couleur, jeune et jolie veuve...
Evidemment, ce n'est pas Le Silence de la Mer ou Les Animaux dénaturés, mais le livre se lit avec plaisir, comme l'auteur en a pris à l'écrire.
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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitimeDim 27 Nov 2016 - 13:53

J'écoutais un podcast cette semaine, où Rocard évoque Vercors. ( Une phrase sur lui, pas plus hein. Mais à fort bon escient .)
Emission une vie une oeuvre- Michel Rocard ou l'éthique de responsabilité (1930-2016)
De quoi me rappeler qu'il m'attend sagement.( Le silence de la mer).
Mais je vais siester. Ce soir peut-être
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MessageSujet: Re: Vercors (Jean Bruller)   Vercors (Jean Bruller) - Page 3 Icon_minitime

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