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 José-Maria de Heredia

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SCOman
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MessageSujet: José-Maria de Heredia   Jeu 23 Aoû 2012 - 10:46



Franchement c'est un véritable scandale que José-Maria de Heredia ne possède pas encore de topic consacré sur ce forum ! Je m'en vais remédier à cet état de fait tout de suite.

Né à Santiago de Santiago de Cuba, de père cubain et de mère française, José Maria de Heredia étudia à La Havane puis à Paris. Dès 1861, il s'installa définitivement en France et commença à composer des poèmes très influencés par la toute récente école parnassienne qui prônait le réalisme exact et la perfection absolue de la forme. Il publia ses premières œuvres dans diverses revues, puis Leconte de Lisle lui permit de collaborer au Parnasse contemporain (1866). Il fut reconnu très vite comme poète de talent, malgré la rareté de ses publications. En 1893, il regroupa dans les Trophées quelque cent dix-huit sonnets. Les quatre premières parties de ce recueil traitent de l'histoire mondiale depuis les temps helléniques jusqu'à la Renaissance, et la dernière, de la nature et des rêves. Fidèle à la doctrine parnassienne, Heredia avait ciselé à la perfection la forme de ces sonnets, et la thématique «!obligée!» - histoire, légendes et nature - est propice à des descriptions qui sont autant d'exercices de style. Dans tous ses poèmes, Heredia présente en outre les événements dramatiques avec exactitude, évitant tout commentaire personnel et toute implication philosophique. Maître incontesté du sonnet français, il fut élu à l'Académie française en 1894, mais ne produisit plus d'œuvre importante.

Source : http://damienbe.chez.com/bioher.htm


Pour revenir plus précisément sur cette oeuvre magnifique que sont Les Trophées :

La poésie française compte selon moi quatre chefs-d’œuvre ultimes : Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, La Légende des siècles de Victor Hugo, les Poèmes barbares de Leconte de Lisle, et Les Trophées de José-Maria de Heredia. Les trois derniers cités se distinguent par une poésie au souffle épique que je trouve pour ma part éblouissant. Il n’est donc pas étonnant qu’Anny Detalle, dans sa préface des Trophées, parle ainsi de Heredia : « les années 1850 à 1870 nous laissent l’image d’un artiste hésitant entre Leconte de Lisle, son maître reconnu, Hugo, dont la phrase épique sous-tend Les Conquérants de l’Or, et Baudelaire, dont l’influence inavouée pèse plus lourdement qu’il ne voudrait l’admettre ». Membre emblématique du Parnasse, Heredia est un génie de la poésie qui rappelle Baudelaire, Hugo et Leconte de Lisle, et qui parfois même les dépasse par la beauté de son verbe.

Il m’est personnellement difficile de dresser une critique objective des Trophées, tant l’émotion affleure au détour des rythmiques de la rime. Ce recueil de poème est constitué d’une centaine de sonnets, ainsi de quelques formes poétiques plus libres et plus longues, telles Romancero et Les Conquérants de l’Or. Si La Légende des siècles de Victor Hugo entend traduire une histoire universelle du monde, la portée historique des Trophées est plus modeste, se découpant en sept parties intrinsèquement différentes : La Grèce et la Sicile, Rome et les Barbares, Le Moyen Âge et la Renaissance, L’Orient et les Tropiques, La Nature et le Rêve, Romancero, et Les Conquérants de l’Or. Le style de Heredia est fluide, très travaillé – il n’hésitait pas à reprendre et réécrire un poème plusieurs dizaines de fois – et se caractérise par un intérêt marqué pour les descriptions de paysages et les chutes spectaculaires. Pour exemple, citons celle de Soir de bataille (p. 102) :

« C’est alors qu’apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l’airain rutilant,

Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s’effare,
Sur le ciel enflammé, l’Imperator sanglant. »


Que c’est beau !

Heredia aime également confronter l’homme, qu’il soit illustre ou non, à la portée héroïque de son destin :

« Rougissant le ciel noir de flamboîments lugubres,
À l’horizon, brûlaient les villages Insubres ;
On entendait au loin barrir un éléphant

Et là-bas, sous le pont, adossé contre une arche,
Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche. »
(La Trebbia, p. 98)

Ou bien encore, pour reprendre l’exorde d’un des poèmes les plus connus de l’auteur (Les Conquérants, p. 135) :

« Comme un vol de gerfauts hors du chantier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango Mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental. »


Le talent parle de lui-même. Cet ouvrage se lit avec délectation.
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Arabella
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MessageSujet: Re: José-Maria de Heredia   Jeu 23 Aoû 2012 - 15:17

SCOman a écrit:


Franchement c'est un véritable scandale que José-Maria de Heredia ne possède pas encore de topic consacré sur ce forum ! Je m'en vais remédier à cet état de fait tout de suite.


Que veux-tu SCOman, on laisse quelques grands auteurs pour que les nouveaux inscrits puissent avoir le plaisir de leur ouvrir des fils. rire

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: José-Maria de Heredia   Jeu 23 Aoû 2012 - 15:41

me revient de l'enfance quelques vers

"La lune sur le Nil, splendide et ronde, luit.
Et voici que s’émeut la nécropole antique
Où chaque roi, gardant la pose hiératique,
Gît sous la bandelette et le funèbre enduit.

Tel qu’aux jours de Rhamsès, innombrable et sans bruit,
Tout un peuple formant le cortège mystique,
Multitude qu’absorbe un calme granitique,
S’ordonne et se déploie et marche dans la nuit.

Se détachant des murs brodés d’hiéroglyphes,
Ils suivent la Bari que portent les pontifes
D’Ammon-Ra, le grand Dieu conducteur du soleil ;

Et les sphinx, les béliers ceints du disque vermeil,
Éblouis, d’un seul coup se dressant sur leurs griffes,
S’éveillent en sursaut de l’éternel sommeil.
"

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Thierry Cabot
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MessageSujet: José Maria de Heredia   Ven 11 Oct 2013 - 22:09

J'ai le plaisir de porter à votre connaissance un article consacré à José Maria de Heredia.

Plus d'un siècle après sa mort, José Maria de Heredia fait l'objet de maintes controverses.
Parmi les lecteurs contemporains, les uns ne manquent pas de louer la qualité de ses sonnets, les autres au contraire le jugent superficiel et n'ont pas de mots assez durs pour stigmatiser son art de parnassien attardé.
S'ils présentent un intérêt historique non négligeable - chacun de ses poèmes n'offre-t-il pas en effet le tableau saisissant de l'humanité en marche? - "Les Trophées" aujourd'hui n'en conservent pas moins, au-delà des critiques glanées ici et là, une réelle valeur poétique.
Beaucoup d'entre nous ont vibré à la lecture des "Conquérants", ces conquistadors dont José Maria de Heredia descendait en droite ligne et dont non sans talent il avait su décrire l'épopée.
Certes trop de ses vers claquent, tonnent, vrombissent dans un style un peu grandiloquent mais quand à la faveur d'une scène réussie le poète soudain rencontre le visionnaire, on se laisse facilement emporter par ce torrent d'images colorées pleines de force et de relief.
Le tour de main du sonnetiste n'a jamais été remis en question. Orfèvre consciencieux, Heredia cisèle admirablement ses alexandrins. On a d'autant plus de raisons de s'en réjouir que les morceaux de bravoure sont loin d'être absents de son oeuvre :
" Et sur elle courbé, l'ardent Impérator
Vit dans ses larges yeux étoilés de points d'or
Toute une mer immense où fuyaient des galères."
"Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail."
"Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche."

Comme un habile organisateur de spectacles, Heredia peaufine ses effets et rayonnant d'une fougue presque juvénile, nous charme avec brio. Il est inutile cependant de chercher en lui la moindre intériorité, le moindre intimisme. Celui-ci avant tout s'attache au pittoresque, au mouvement, à l'enflure quelquefois. Les événements historiques dans lesquels il trempe sa belle plume, lui donnent l'occasion de montrer ses muscles de sculpteur aguerri. Examinés de plus près, les fameux sonnets de Heredia ne dissimulent pas toujours sous leur habit éclatant des procédés rhétoriques quelque peu stéréotypés. Car bien qu'il sache plier ce genre poétique à toutes ses exigences, l'auteur des "Trophées" de temps à autre semble écrire de manière assez mécanique.
Qu'importe ! Laissons le dernier mot à Paul Guth :
"A côté d'une poésie métaphysique, d'une poésie occulte, d'une poésie psychanalytique, d'une poésie des profondeurs et des correspondances, pourquoi nous interdire une poésie des surfaces, des images, des gestes, des poses ?"

"article Babelio Thierry CABOT)
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MessageSujet: Re: José-Maria de Heredia   Ven 11 Oct 2013 - 22:26

Thierry CABOT a écrit:
J'ai le plaisir de porter à votre connaissance un article consacré à José Maria de Heredia.
rire 
On s'en doute un peu, vu que c'est son fil !

Thierry CABOT a écrit:
"Les Trophées" aujourd'hui n'en conservent pas moins, au-delà des critiques glanées ici et là, une réelle valeur poétique.
Je ne comprends pas ce que tu veux dire, là... Est-ce que les critiques nuisent à la valeur poétique ? ou bien tu balayes les critiques lues précédemment pour établir ton jugement ?


Thierry CABOT a écrit:
Laissons le dernier mot à Paul Guth
Ah non ah non, pas le dernier mot... Tu sais (ou pas ?), ici c'est un forum, on n'est pas là pour asséner des Vérités Définitives...
En plus, il n'est même pas inscrit sur le forum, Paul Guth.

Note : mon post ne provient pas de Babelio.
Je précise, au cas où ça aurait de l'importance.
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Thierry Cabot
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MessageSujet: Re: José-Maria de Heredia   Ven 11 Oct 2013 - 23:00

Pourquoi tant d'agressivité ?
Rien ne justifie de tels commentaires !
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MessageSujet: Re: José-Maria de Heredia   Ven 11 Oct 2013 - 23:17

Dit autrement, c'est que poster ce qu'on a écrit autre part sans lien apparent avec les fils est un peu maladroit et que parfois cela peut faire penser à de la mise en valeur (ou pub) personnelle. La dynamique du forum est orientée globalement sur un échange ou discussion (même décalé dans le temps).

De là cette insistance (peut-être un peu abrupte) qui cherche aussi à contourner les sentences définitives. cat 


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MessageSujet: Re: José-Maria de Heredia   Ven 11 Oct 2013 - 23:21

Suis-je agressif ?

Ça m'a amusé que tu dises que tu allais parler de Heredia... sur le fil de Hérédia. Désolé d'avoir trouvé ça amusant. J'aurais dû rester sérieux.
Et, excuse-moi, mais "j'ai le plaisir de porter à votre connaissance", je pense qu'il n'y a pas moi que ça a amusé.


J'ai dit que je ne comprenais pas ce que signifie :
Citation :
"Les Trophées" aujourd'hui n'en conservent pas moins, au-delà des critiques glanées ici et là, une réelle valeur poétique."
Après réflexion, je ne comprends toujours pas. Est-ce être agressif que de chercher à comprendre ce que tu écris ?

Et je m'amuse que tu précises toujours que tes posts viennent de Babelio... Est-ce la marque d'une agression ?

Quant à laisser le dernier mot à Paul Guth, penses-tu vraiment que j'étais sérieux ? Laisser le dernier mot, ça signifie clore une discussion, ou bien je me trompe ? Donc, sur un forum, ça fait un petit peu incongru, tu ne crois pas ?

Tu penses que rien ne justifie ces commentaires ?
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Thierry Cabot
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MessageSujet: Re: José-Maria de Heredia   Ven 11 Oct 2013 - 23:26

Oui je pense que rien ne justifie ces commentaires !
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