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 Collection Ekphrasis

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kenavo
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MessageSujet: Collection Ekphrasis   Sam 28 Sep 2013 - 18:03

 

La collection Ekphrasis de la maison d’édition Invenit

site

Citation :
Un musée, un écrivain, une oeuvre
Regards littéraires sur des trésors de peinture
À l’origine de l’ekphrasis, la description du bouclier d’Achille dans l’Iliade, mise en abîme du processus créatif dans une œuvre littéraire. Les éditions invenit revisitent ce genre à part entière en conviant un auteur à écrire sur une peinture, trésor emblématique ou insoupçonné d’un musée. Cette rencontre, qui n’est souvent pour l’écrivain qu’un prolongement naturel d’un intérêt déjà manifesté entre l’écriture et la peinture, invite le lecteur-spectateur à suspendre le temps et à instaurer un rapport intime avec l’œuvre.
L’écrivain interprète l’exercice en toute liberté et la collection vaut surtout pour la diversité de ces ressentis, au plus près de cette « sorcellerie évocatoire » dont parle Baudelaire. Ainsi le poète Pierre Dhainaut nous accompagne dans la découverte des couleurs et des rythmes d’un tableau de Manessier ; un paysage de Dubuffet fait rejaillir des « enchevêtrements » de souvenirs d’enfant chez Gérard Farasse, tandis que le bleu de Paul Klee nourrit une fiction onirique chez Maurice Pons (parution mars 2011). Grâce à une reproduction de l’œuvre sur le rabat, le lecteur se réinvente spectateur et se laisse guider dans les univers apparentés du peintre et de l’écrivain.
Les premières séries de la collection avaient l’ambition de faire découvrir le riche patrimoine des musées du Nord-Pas-de-Calais. Elle s'étend désormais à toutes les collections nationales et internationales, suivant de près les grandes rétrospectives.

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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Sam 28 Sep 2013 - 18:03

Lors de la première lecture d’un de ces livres de la collection par Marko, on a parlé de faire plusieurs lectures de cette collection…
Pour l’instant il y a deux autres livres que je voudrais découvrir de cette collection, je pense un fil peut tout à fait donner un nouveau attrait pour cette collection.

Je mets un copie collé du message de Marko qu’il a déposé sur le fil de Hubert Haddad.

Deux lectures à suivre…



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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Sam 28 Sep 2013 - 18:04

Marko a écrit:
La bohémienne endormie


Lavica était née d'un rêve. Elle en gardait les attributs et les emblèmes par manière d'inspiration: tout était songe autour de Lavica, les foules des rues, les altercations des cochers, le lent passage des nuages sur les toits plombés. La réalité, cette obstination ahurie des choses, s'enracinait presque exclusivement dans les arbres pour elle, tous les arbres, les plus vieux surtout, à commencer par le robinier penché comme un escalier derrière l'église Saint-Julien-le-Pauvre, le saule pleureur à la pointe de l'île de la Cité, le marronier d'Inde du quartier Croulebarde, tout près des Gobelins, ou encore ceux des bois des barrières, à Boulogne comme à Vincennes, ceux du Jardin des Plantes, avec un privilège pour le grand cèdre du labyrinthe.

Cette nouvelle d'une cinquantaine de pages fait partie de la collection Ekphrasis qui propose des textes d'écrivains commentant des tableaux célèbres. Haddad nous plonge dans le Paris de 1897, époque de la création de la peinture du Douanier Rousseau mais aussi du terrible incendie du Bazar de la Charité provoqué par la lampe de projection des frères Lumière. C'est également le Paris du photographe Eugène Atget qui captait l'air de son temps en montrant tous les aspects de la vie quotidienne et notamment le monde des "zoniers" et des roulottes de saltimbanques ou de certaines bohémiennes diseuses de bonne aventure...



Citation :
Le 4 mai 1897, un incendie se déclenche au Bazar de la Charité, rue Jean-Goujon à Paris. Cette vente de charité se tient dans un vaste hangar en bois de 80 mètres de long sur 13 mètres de large où est reconstituée une rue du Moyen-Âge. Plus de mille deux cents personnes, issues de l’aristocratie, sont invitées. Le clou du spectacle est le cinématographe des frères Lumière. C’est malheureusement ce qui fut à l’origine de l’incendie.

Les gens essaient de s’enfuir, se battent pour accéder aux sorties et piétinent les femmes gênées par leurs longues robes. Cette panique est illustrée par la gravure du Petit Journal paru le 16 mai 1897. En un quart d’heure à peine, tout est consumé, il ne reste qu’un amas de poutres de bois calcinée. Le bilan est lourd : plus de cent morts, surtout des femmes. Le retentissement dans la presse est considérable surtout à cause de la notoriété des victimes : la sœur de l’impératrice d’Autriche en fait partie. Le 8 mai a lieu un service funèbre à Notre-Dame auquel assiste le président Félix Faure.
Sur ce matériau très riche qui aurait pu alimenter tout un roman, Haddad a inventé une sorte de conte où réalité historique et rêverie symbolique alimentée par la peinture de Rousseau s'entremêlent de façon magique jusqu'à un final très intense qui nous fait une dernière fois basculer de façon formidable dans l'univers de cette peinture énigmatique. Atget oberve Rousseau en train de peindre un lion en cage qu'il "libère" par son imaginaire et que la bohémienne croise après avoir fait une prédiction menaçante à la duchesse d'Alençon venue de Bavière. A moins que toute cette animation parisienne ne soit le rêve de cette bohémienne endormie sous le regard d'un lion aux yeux d'or en plein désert sous une lune de cristal ...

L'écriture d'Hubert Haddad est ciselée, précise et en même temps ensorcelante dès qu'il décolle un peu du réel. Tout prend beaucoup de relief et de mystère avec un très fort pouvoir d'évocation. Il en profite pour peindre en quelques phrases le parcours de vie d' Henri Rousseau et évoque également un de ses autres tableaux emblématiques: La Guerre.



En peignant La Guerre - corbeaux noirs sur les charognes avec, au beau milieu, déesse des corbeaux dans un ciel rouge, plus grimaçante qu'une dévoreuse d'oiseaux vivants, la féroce naine échevelée en robe de crépuscule sur sa déchirante cavale, brandissant haut l'épée du cri de la mort -, c'était sa vision qu'il avait voulu restituer, celle des esprits tourmentés de la nuit s'engouffrant en lui par les conduits éthérés de l'âme. Le médium est le jouet des mortes qui rêvent.

L'univers de cet écrivain hors norme est d'une telle richesse que j'ai envie de me plonger plus avant dans ses oeuvres. Notamment ses nouvelles et ses poèmes. Sa bibliographie est à la fois prolifique et très variée dans ses thématiques. Il y a du Le CLézio et du Gracq chez lui. Et plus encore...



Quand elle se mettait à chanter Brûle mon étoile, en s'accompagnant de son luth à manche court appelé oud dans les montagnes arides de l'Atlas, il lui semblait toujours qu'une même silhouette se détachait à demi de l'ombre, un colosse roux aux yeux d'étincelles qui s'approchait des auréoles de lumière diffusées par les becs de gaz. Il y était question d'un rendez-vous sans lendemain sous l'incendie d'une nuit étoilée de la Saint-Jean, un rendez-vous qui une dernière fois illumine l'âme des amants avant l'adieu du tombeau. A la suite, improvisant, elle interpellait le guetteur éternel d'une voix rauque - et c'était un chant inconnu des hommes qui résonnait alors dans la ville, une mélopée incompréhensible où le sens des mots se perdait en appels et gémissements.

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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Dim 29 Sep 2013 - 10:59


Franz Bartelt, Hopper, L'Horizon intra-muros
Citation :
" Edward Hopper (1882-1967) Nighthawks, 1942 " : une carte postale, sa légende, et le commencement, voilà bien des années, d'une correspondance intime et inépuisable entre l'écrivain Franz Bartelt et cette toile panoramique du peintre des grandes solitudes. En observant ses personnages qui, dans la nuit, attirent la lumière mais créent vide et silence autour d'eux, Bartelt dénoue l'" impression de déjà-vu que lui inspire le tableau, à laquelle répondent des morceaux de " poésie spontanée ", rêveries poétiques accumulées au fil du temps. A travers le tableau de Hopper, Bartelt nous parle avec sincérité de notre étrangeté les uns avec les autres, avec nous-mêmes, de l'inéluctabilité de la nuit : " Tout compte fait, ce n'est même peut-être pas tant la solitude que les solitudes, à chacun la sienne, de plus en plus impartageable à mesure que le temps passe, que la nuit gonfle et prend dans les quartiers la place de la vie. "

Fascinée par cette image plus que par beaucoup d’autres, je suis aussi intéressée de faire connaissance des impressions d’autres personnes concernant cette toile.

… à savoir que le tableau parle de la voix de celui qui le regarde et n’a rien de mieux à dire que ce que pense, imagine ou suppute ce dernier.

Et la lecture de Franz Bartelt m’a fait beaucoup de plaisir.
Je partage même un peu « l’avant-histoire » de la peinture, comment elle est arrivée dans notre vie. Il peut se rappeler qu’il l’a vu pour la première fois sur une carte postale qu’on lui avait offerte, pour moi, je dois dire, c’est plus flou, mais je sais qu’à partir du premier moment que je l’ai vu, elle faisait en quelque sorte ‘partie de ma mémoire’ et à partir de là, tout comme chez Bartelt, en la revoyant, c’était une « impression de déjà-vu »
Et tout comme lui :

Il me semble qu’à ce moment-là, le nom d’Hopper ne m’ait rien dit de spécial. Il s’inscrivait au nombre de mes lacune, sans que j’en ressens le moindre début de honte. Tout bien considéré, il est très utile de s’accommoder de ses insuffisances, puisque tout ce que nous savons et qui nous aide à vivre, nous l’avons un jour ignoré, sans que cela nous ait empêché de vivre. Dans ce contexte d’indulgence et de plaidoirie pro domo, avoir vécu si longtemps sans jamais rencontrer le nom d’Edward Hopper m’avait rien qui pût, à l’époque, navrer un indigène vivant au milieu des arbres et des ruisseaux et que la neige de ce jour-là distrayait de la pluie des autres jours.

Voilà qu’après être conscient de cette image, on se fait des idées, on veut savoir plus, on s’invente des histoires, on entre dans ce tableau… et parfois on arrive à peine encore d’en sortir.  
Depuis au moins 30 ans cette peinture fait partie de ma vie et jamais je ne m’en lasse, jamais la fascination a baissé et je pourrais presque dire que ces personnages sont des connaissances, mais voilà qu’ils ne se prêtent pas au jeu, ils restent enfermé dans leur solitude et ne cherchent pas qu’on les approche.


À l’intérieur de cette espèce d’aquarium qui ressemble à une salle d’attente, les noctambules de Hopper sont ni plus ni moins en vitrine et, comme les mannequins des magasins de vêtements, ils sont coagulés dans une pose qu’on a décidée pour eux. Ils n’ont jamais dormi, ils ne dormiront jamais. Ils n’ont d’autres fonctions que celle d’être là, infime représentation humaine au milieu d’une nuit qui a effacé, au moins en apparence, toute forme de vie dans cette partie du monde rendue au béton, au bois, au verre, à la pierre, au métal et, dans ces conditions, aux pures prérogatives de l’architecture.
Par moments, ils font songer à ces personnages de Paul Delvaux (eux aussi grands usagers des cartes postales, moyen de transport commode),  plus patients que le marbre et qui, debout et immobiles dans un paysage d’une indifférence hautaine, attendent que rien ne se passe ou que quelque chose n’arrive pas. Chez Hopper, l’immobilité est empreinte de rudesse, si on peut dire, alors que chez Delvaux elle remplit des courbes,  des cambrures, des galbes, même quand elle rétrocède à des squelettes les souplesses du vivant. Chez Delvaux, l’immobilité est celle d’un sommeil qui dort les yeux grands ouverts. Chez Hopper, elle constate une situation de torpeur, d’un genre dont on n’émerge pas.



Les rapports qu’on entretient avec un tableau ou, même avec une image triviale, mais qui nous fascine, dépassent ce que les mots ont le pouvoir d’en dire. Le texte n’explique pas plus l’image que l’image n’explique le texte. Ils épousent vaille que vaille, l’un forçant toujours un peu la main à l’autre.


Les villes ne meurent pas quand elles d’endorment. Les fleuves s’y multiplient portés par des voix, sous les marées d’étoiles, sous les lunes au masque bleu.
Le sommeil est muet. Sous le néon, les mots attendent l’aube à travers les poèmes.

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Marko
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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Dim 29 Sep 2013 - 21:10

Très heureux que tu réveilles ce projet de lecture commune autour de cette collection Ekphrasis. J'espère qu'on les lira tous...

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Lun 30 Sep 2013 - 1:30

Merci pour cette référence de Franz Bartelt sur l'univers des peintures d'Edward Hopper, kenavo. J'ai l'impression que plus d'un-e par ici va mordre à l'hameçon...

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kenavo
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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Lun 30 Sep 2013 - 7:17

Marko a écrit:
Très heureux que tu réveilles ce projet de lecture commune autour de cette collection Ekphrasis. J'espère qu'on les lira tous...
depuis toujours j'adore quand quelqu'un arrive de mettre en mot ses pensées, émotions, lectures pour la peinture, cette collection a tout pour me plaire... je ne vais pas y aller pour tous, mais il en reste quelques-uns que j'aimerais bien découvrir Wink


jack-hubert bukowski a écrit:
Merci pour cette référence de Franz Bartelt sur l'univers des peintures d'Edward Hopper, kenavo. J'ai l'impression que plus d'un-e par ici va mordre à l'hameçon...
non, Bartelt ne parle pas de l'univers des peintures d'Edward Hopper, mais précisément que d'une de ses toiles, si c'est l'ensemble qui t'intéresse, j'ai fait quelques commentaires sur le fil de Hopper concernant le livre d'Alain Cueff, Edward Hopper, entractes qui se consacre du tout
la collection Ekphrasis se concentre sur une image - un auteur!
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kenavo
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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Mer 23 Oct 2013 - 14:12


Colette Nys-Mazur, Vallotton, le soleil ni la mort
Citation :
Le Ballon (1899) est une peinture majeure dans l'oeuvre de Félix Vallotton (1865-1925), membre, à l'orée du XXe siècle, du groupe des Nabis avec Bonnard ou Vuillard. Plus ambiguë qu'elle n'y paraît, l'oeuvre explore magnifiquement l'opposition lumière et ombre. En la contemplant, Colette Nys-Mazure se remémore le drame de son enfance: la brutale disparition de ses parents alors qu'elle n'est âgée que de 7 ans. Avec le style dont elle a le secret, oscillant entre confession et forme poétique, l'auteure entremêle la trame de son histoire personnelle et le fil des sentiments engendrés par l'image. "Progressivement, la sensation allègre inspirée par l'oeuvre s'estompe pour faire place au malaise".

Toute approche vers une œuvre picturale est personnelle et parfois même très privée. La lecture de Colette Nys-Mazure est tout à fait cela. Du fait qu’elle est devenue orpheline à l’âge de 7 ans, comment ne pas avoir une vue tout à fait personnelle et privée sur cette petite fille sur cette toile.
Mais en se délivrant en racontant son passé, elle crée en même temps un texte tout à fait extraordinaire qui rallie ses propres expériences et l’idée de cette toile de Vallotton.


Ombres et lumières, mort et vie. À ce double titre, le tableau qui me fascine fait écho à mon expérience très précoce de la mort et de la vie, de la mort dans la vie qu’évoquait Samuel Taylor Coleridge dans Rime of the Ancient mariner – La Complainte du vieux marin. En particulier des bouleversements qu’entraîne la disparition des figures tutélaires. Sans négliger pour autant l’espace solaire à déployer. Le mal, et le malheur qui en découle, et un principe actif de notre existence. Triompherait-t-il du bien, de la fête d’être au monde ?



C’est l’enfance en toi
Qui s’attarde et qui saigne
Te blesse et te berce
Te taraude et t’embaume

Plus d’une fois elle met en poèmes ses idées sur cette image et en alternant mémoires personnelle et vue « scientifique » , elle arrive à nous livrer un très beau livre.

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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Mer 23 Oct 2013 - 17:16

@ Kenavo


Citation :
C’est l’enfance en toi
Qui s’attarde et qui saigne
Te blesse et te berce
Te taraude et t’embaume


Magnifique travail sur les sonorités ! cependant, au-delà de l'histoire personnelle de Colette Nys-Mazurne, ne sommes-nous pas tous concernés par le thème universel de l'enfance perdue, Kenavo ?
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Marko
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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Jeu 24 Oct 2013 - 0:22

Extra Kenavo. Je vais le commander celui la

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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Jeu 24 Oct 2013 - 6:50

Constance a écrit:
au-delà de l'histoire personnelle de Colette Nys-Mazurne, ne sommes-nous pas tous concernés par le thème universel de l'enfance perdue, Kenavo ?  
oui, tout à fait d'accord, je pense que l'attrait de cette image de Vallotton consiste dans cette universalité du thème
mais je voulais surtout aviser tout futur lecteur que ce livre n'est pas seulement une approche de la peinture de Vallotton, mais en grande partie un retour au passé pour Colette Nys-Mazurne
et je dois dire qu'elle a réussi en tout cas à me faire voir un point important sur cette toile: jusqu'à présent je n'avais pas trop réalisé que les ombres des branches qui se retrouvent au sol derrière la fille peuvent être vues comme menacent... des 'bras' qui sont en train de l'attraper... pour l'instant elle y échappe et peut rester dans son monde enfantin... mais on sait tous qu'elle va devoir le quitter un de ces jours...

Marko a écrit:
Je vais le commander celui la
je suis certaine que tu vas pouvoir nous faire un commentaire qui est digne de ce nom Very Happy
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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Jeu 24 Oct 2013 - 12:16

Qu'est-ce qu'elle est belle cette collection!
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kenavo
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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Mar 19 Nov 2013 - 11:27


Jean-Marie Blas de Roblès, Les Greniers de Babel
Citation :
Qui mieux que Jean-Marie Blas de Roblès, écrivain archéologue, Prix Médicis avec La où les tigres sont chez eux, pouvait creuser en profondeur l’image métaphorique de la Tour de Babel, dont Pieter Bruegel a peint l’une des représentations les plus connues, conservée aujourd’hui au musée de Rotterdam ? L’écrivain entre littéralement dans la toile et à la manière d’un Usbek et d’un Robinson, livre le journal de voyage d’un archéologue d’un temps incertain qui, mû par la curiosité, pénètre dans la Tour et gravit ses étages. Dans les profondeurs des entrailles de la Tour, il tente de comprendre les mystères du langage humain, sans savoir qu’il se confronte au dédale de sa propre finitude. Dans une nouvelle qui emprunte sa force à celle d’un parcours initiatique et sa poésie à l’univers borgésien, Blas de Roblès décrit une métaphore de l’habitation du monde.

Œuvre tellement connu, tellement souvent reproduit… on pouvait se demander ce que Jean-Marie Blas de Roblès allait trouver pour en dire de cette image.
Et quelle bonne surprise fut cette lecture ! N’ayant pas jeté un œil sur la 4e de couverture, je ne savais pas ce qui m’attendait… et je dois dire qu’il m’a fallu quelques phrases pour comprendre sa démarche, qui est tout à fait sublime ! Il ne se contente pas de décrire la toile, mais il y entre carrément dedans et emporte le lecteur avec lui.

Au début il décrit la tour de l’extérieur, l’effet qu’elle fait sur tout spectateur, il la décrit dans les moindre détails, on s’y croit à côté de lui et on n’arrête pas de reprendre l’image (imprimé sur une double page dans le livre) pour vérifier tous ces petits bouts. Puis on s’approche et on commence à oublier qu’il s’agit d’une peinture, mais on vit à côté de ce voyageur qui est en train d’entrer dans la tour…

On quitte le connu et partage la vision de l’écrivain qui s’imagine cet intérieur de la tour. On participe à ces découvertes, on partage ces éblouissements et tout comme lui on n’a plus envie de sortir de ce monde à part…

Notre narrateur a failli ne pas arriver au but, mais il surmonte plus d’un problème et on partage l’ascension jusqu’au dernier étage et c’est extraordinaire !
Plus jamais je ne vais regarder cette image de la même façon, à tout jamais je vais penser à cette aventure qui m’a fait vivre Jean-Marie Blas de Roblès en me prenant avec lui dans cette tour !


on peut lire un extrait dans le Dossier de presse

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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Mar 19 Nov 2013 - 14:09

C'est très tentant tout cela! Idée de cadeaux...
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kenavo
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MessageSujet: Re: Collection Ekphrasis   Jeu 21 Nov 2013 - 9:42

nezumi a écrit:
Idée de cadeaux...
oui 

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