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 Maurice Carême

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Lara
Sage de la littérature


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MessageSujet: Maurice Carême   Jeu 27 Aoû 2009 - 22:33



Biographie de Maurice Carême

Elevé dans une famille modeste, Maurice Carême coule des premiers jours heureux dans sa campagne du Brabant. La simplicité de la vie qu'il mène inspire ses poèmes, qu'il commence à écrire dès 1914. Il devient instituteur de métier en 1918, tout en continuant à écrire comptines et poésies. Son langage limpide et musical lui vaut la fidélité des lecteurs, jeunes et moins jeunes, et les évocations de sa terre natale - que l'on retrouve dans Petite Flore (1937), La lanterne magique (1947), Semeur de rêves (1953), La grange bleue (1961) - sont toutes plus savoureuses les unes que les autres. Son chef-d' oeuvre est sans doute Mère (1935), qui inspire le musicien Darius Milhaud. Il s'essaie également au roman avec Le martyre d'un supporter (1928), Un trou dans la tête (1964), Medua (1976). Récompensée par de nombreux prix littéraires, illustrée par de grands artistes, mise en musique par Milhaud, Poulenc ou Carl Orff, l'oeuvre de Maurice Carême présente une harmonie parfaite entre la simplicité d'une forme poétique libérée des conventions et l'expression d'une joie de vivre qui n'exclut pas une certaine gravité.

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Lara
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MessageSujet: Re: Maurice Carême   Jeu 27 Aoû 2009 - 23:10

N'arrivant pas bien à me concentrer ces temps-ci, ni à fixer mon attention, je me rabats sur de la poésie. Mais loin d'être un choix par défaut, cela m'emplit d'aise de trouver même dans des moments de vide quelque chose capable de me toucher.

C'est donc là que Carême fait son entrée. Je ne connais que sa poésie, mais loin du très connu Le chat et le soleil, c'est de tout autre poème dont je vous aimerais parlé.
J'ai de lui en recueil intitulé Défier le destin, je vous en mets les plus beaux extraits en toutes subjectivité.

Le coeur pur

Il se contentait d'être
Heureux sans le paraître.
Et, se moquant des grands,
Il vivait comme un gueux,
Fuyait les gens sérieux
Et la gloire et l'argent.
On l'aurait volontiers
Arrêté, enfermé.

Mais quel homme au coeur pur
Ne traverse les murs?



Ce rien du ciel

Il y avait, sur le table un gros pain;
A côté du pain, un couteau
Et, près du couteau, une pomme.
Et, devant le pain, le couteau, la pomme,
Il y avait un homme
Tout cela, dites-vous, n'a rien
Que de banal et même d'enfantin.
Mais cet homme était peintre.
Il peignit donc une table, un gros pain,
A côté du pain, un couteau, une pomme.
Et il y mit ce rien de ciel
Qui fait que tout est essentiel.



Que cherchait-il...

Que cherchait-il ainsi
Sans que jamais, au grand jamais,
Il puisse définir
Ce rien qui lui manquait?

Espérait-il vraiment,
Un jour, le rencontrer
Qu'il errait, si désemparé,
Dans ce faubourg bruyant

Où il marchait des heures
Avec, lui roulant dans le coeur,
Ce seul grain acéré
Qu'il se devinait condamné,

Bon gré mal gré, à supporter?



Le monde est beau
A Fatima Lahbabi


Le monde est beau, répétait-il
En souriant,
Même si la plupart le pillent
Effrontément.

N'allez surtout jamais leur dire
Que j'ai douté
Ajoutait-il, car rien n'est pire
En vérité.

Dites que je suis mort debout
Même si mon vieux coeur, à bout,
Devait se plaindre.

Répétez-leur: Le monde est beau
Même si l'on tue les oiseaux
Parmi les fleurs.



Le suicide

On le vit monter sur le toit
Et se laisser choir dans le vide.

Il est là, couché dans la rue,
Indifférent à la cohue
Des gens effarés qui affluent.

Et chacun de se demander -
-Sa décision mûrement prise-
Pourquoi il a laissé,
Dans sa minable chambre grise,

Une lampe allumée.




et un dernier




Au cadran de l'éternité
A géo Libbrecht


Quelle heure pourrait-il bien être
Au cadran de l'éternité?
Demandait, mourant, un poète.
Et, se tournant vers le fenêtre

Où se levait le jour d'été,
Il reprit d'une voix inquiète:
Quelle heure pourrait-il bien être
Au cadran de l'éternité?

Mais seul, dans son vieux coeur en fièvre
L'écho de sa voix inquiète
Qui ne pensait qu'à le calmer
Ne parvient qu'à lui répéter:
Oui, quelle heure à l'éternité?

Alors vous en pensez quoi?

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