N'arrivant pas bien à me concentrer ces temps-ci, ni à fixer mon attention, je me rabats sur de la poésie. Mais loin d'être un choix par défaut, cela m'emplit d'aise de trouver même dans des moments de vide quelque chose capable de me toucher.
C'est donc là que Carême fait son entrée. Je ne connais que sa poésie, mais loin du très connu
Le chat et le soleil, c'est de tout autre poème dont je vous aimerais parlé.
J'ai de lui en recueil intitulé
Défier le destin, je vous en mets les plus beaux extraits en toutes subjectivité.
Le coeur purIl se contentait d'être
Heureux sans le paraître.
Et, se moquant des grands,
Il vivait comme un gueux,
Fuyait les gens sérieux
Et la gloire et l'argent.
On l'aurait volontiers
Arrêté, enfermé.
Mais quel homme au coeur pur
Ne traverse les murs?
Ce rien du cielIl y avait, sur le table un gros pain;
A côté du pain, un couteau
Et, près du couteau, une pomme.
Et, devant le pain, le couteau, la pomme,
Il y avait un homme
Tout cela, dites-vous, n'a rien
Que de banal et même d'enfantin.
Mais cet homme était peintre.
Il peignit donc une table, un gros pain,
A côté du pain, un couteau, une pomme.
Et il y mit ce rien de ciel
Qui fait que tout est essentiel.
Que cherchait-il...Que cherchait-il ainsi
Sans que jamais, au grand jamais,
Il puisse définir
Ce rien qui lui manquait?
Espérait-il vraiment,
Un jour, le rencontrer
Qu'il errait, si désemparé,
Dans ce faubourg bruyant
Où il marchait des heures
Avec, lui roulant dans le coeur,
Ce seul grain acéré
Qu'il se devinait condamné,
Bon gré mal gré, à supporter?
Le monde est beau
A Fatima LahbabiLe monde est beau, répétait-il
En souriant,
Même si la plupart le pillent
Effrontément.
N'allez surtout jamais leur dire
Que j'ai douté
Ajoutait-il, car rien n'est pire
En vérité.
Dites que je suis mort debout
Même si mon vieux coeur, à bout,
Devait se plaindre.
Répétez-leur: Le monde est beau
Même si l'on tue les oiseaux
Parmi les fleurs.
Le suicideOn le vit monter sur le toit
Et se laisser choir dans le vide.
Il est là, couché dans la rue,
Indifférent à la cohue
Des gens effarés qui affluent.
Et chacun de se demander -
-Sa décision mûrement prise-
Pourquoi il a laissé,
Dans sa minable chambre grise,
Une lampe allumée.
et un dernier
Au cadran de l'éternité
A géo LibbrechtQuelle heure pourrait-il bien être
Au cadran de l'éternité?
Demandait, mourant, un poète.
Et, se tournant vers le fenêtre
Où se levait le jour d'été,
Il reprit d'une voix inquiète:
Quelle heure pourrait-il bien être
Au cadran de l'éternité?
Mais seul, dans son vieux coeur en fièvre
L'écho de sa voix inquiète
Qui ne pensait qu'à le calmer
Ne parvient qu'à lui répéter:
Oui, quelle heure à l'éternité?
Alors vous en pensez quoi?
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"Vous pouvez tout faire, penser ou croire, posséder toute la science du monde, si vous n'aimez pas, vous n'êtes rien. "
M.S.