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 Iain Levison

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MessageSujet: Iain Levison   Mar 9 Oct 2007 - 18:46

IAIN LEVISON



BIOGRAPHIE :

Auteur américain né à Aberdeen en Ecosse en 1963. Il arrive aux USA en 1971 et poursuit sa scolarité à Philadelphie. Il connaît ainsi les deux facettes les plus extrêmes de nos sociétés occidentales : les taudis écossais où il vécut avec sa mère célibataire et les plus riches quartiers américains, pays le plus opulent du monde ! Après son bac, il retourne en Angleterre pour intégrer l’armée où il apprend l’allemand et l’espagnol. De retour à Glasgow, dix mois de chômage le décident à retourner en Amérique... et devient travailleur itinérant.

Pendant dix ans, il exerce différents petits boulots à travers tout le pays, de conducteur de camions à peintre en bâtiments, de déménageur à pêcheur en Alaska ! Tous ces jobs serviront de cadre à son premier livre : Working Stiff’s Manifesto (à paraître en 2007). Suivront son premier roman Un petit boulot et Une canaille et demie. Il vit aujourd'hui à Raleigh en Caroline du Nord où il gagne sa vie comme menuisier.

BIBLIOGRAPHIE :

Un petit boulot, Liana Levi, 2003
Une canaille et demie, Liana Levi, 2006
Tribulations d'un précaire, Liana Levi, 2007
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Mar 9 Oct 2007 - 18:49

UN PETIT BOULOT




Présentation :

Jake Skowran est au chômage depuis la fermeture de l'usine. Il a des dettes de jeu auprès de Ken Gardocki, le bookmaker local, ses amis et lui sont fauchés, il a perdu sa petite amie et fait les riches heures d'un prêteur sur gages. En bref, Jake ferait n'importe quoi pour retravailler.

Gardocki l'a bien compris, qui lui propose un "petit boulot" rondement rémunéré, une chance professionnelle à saisir : tuer sa femme. Jake ne pense alors ni à son âme, ni à la morale, ni aux réticences de sa mère si elle était encore en vie, mais à l'argent. Il accepte. Par une étrange ironie du sort, son ami Tommy, directeur du magasin de la station service, lui propose de remplacer un employé qui s'est fait abattre la nuit précédente.

Jake a désormais un travail rentable et une couverture. Déterminé à définitivement sortir de la routine et de la misère, il se prend lui-même au piège d'un redoutable engrenage qui n'est pas sans danger. Si le métier de tueur à gages a ses inconvénients, il présente aussi de nombreux avantages, l'opportunité d'un bonheur possible dont Jake apprend peu à peu à tirer les ficelles…

Critiques :

Comment un mec paumé se retrouve tueur à gages pour reprendre confiance en lui et retrouver une place dans une société qui nous définit souvent en fonction de notre profession ou de notre absence de profession.
Nous sommes en plein roman noir où le cynique vif et mordant, l'humour décapant et la critique au vitriol des dérives de la société américaine se font la part belle. C'est avec ce premier roman que j'ai découvert l'auteur. Je le surveille depuis attentivement Wink
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Mar 9 Oct 2007 - 18:56

UNE CANAILLE ET DEMIE




Présentation :

À Tiburn, petite ville du New Hampshire, le jeune professeur d’histoire Elias White enseigne à l’université locale et dit ce qu’il pense, pas ce qu’on lui dit de penser. Il a ses idées sur le nazisme, la haine, le pouvoir et la nature humaine et n’a peur ni des sujets sensibles, ni des articles provocateurs.

Dixon, lui, a appris à réfléchir en prison pendant neuf ans. S’il a une mauvaise image de lui-même, celle qu’il a de l’humanité en général est encore pire. Quelques mois après sa libération, il participe à un braquage dont il est seul à réchapper et prend la fuite. Sa cavale le mène à Tiburn, il trouve refuge dans la maison d’Elias.

Dixon, l'ex-taulard et Elias, le professeur, se font face. Un pistolet automatique les sépare. Leur vision de la vie et des hommes aussi. Et leurs ambitions... Le premier rêve d'une ferme tranquille dans l'Alberta. Le second d'ascension valorisante dans l'establishment universitaire. Quand Dixon, salement blessé et chargé de quelques milliers de dollars difficiles à écouler, surprend Elias dans le plus simple appareil avec la fille de ses voisins, visiblement mineure, il lui est facile de le convaincre de le cacher dans son sous-sol, et de ne rien dire à la police...

Et quand Denise, agent du FBI, vient enquêter, Elias la trouve à son goût. Dixon pourra-il faire confiance à ce séducteur du dimanche qui ne cache pas sa sympathie pour le IIIe Reich ?

Dans une Amérique en déroute où le cynisme et le pouvoir de l’argent font bon ménage, tout semble parfois terriblement accessible…


Les premières lignes :


Hitler avait raison. Elias White griffonna les trois mots sur un bloc en attendant l'arrivée des étudiants pour son cours de neuf heures et demie. Non, trop provocateur. Hitler avait-il raison ? Non. Cette forme d'interrogation dénotait un manque d'assurance, chose qu'il essayait de toujours éviter, autant dans son attitude que dans ses écrits. Et si Hitler avait eu raison ? Pas mal, mais ça pouvait être amélioré. Il fallait y réfléchir.

Elias essayait de décider d'un titre pour son dernier article, une analyse de soixante-quinze mille signes sur le comportement des Juifs dans l'Allemagne d'avant-guerre dont il était sûr à cent pour cent qu'elle serait retenue par l'Historical Review de Harvard. Il l'avait déjà expédiée et avait décidé de lui trouver un titre plus tard.

Tout est dans le titre. Elias le voulait suffisamment choquant pour que les professeurs de Harvard le remarquent et en discutent. Il voulait qu'ils soient impressionnés par le courage avec lequel il avançait des arguments qui défiaient le politiquement correct avec autant de virulence. Il imaginait la tête des professeurs, d'abord horrifiés, puis, à mesure qu'ils avanceraient dans la lecture, rassurés par son intelligence, son raisonnement et ses graphiques multicolores.


Critiques parues dans la presse :


Citation :
Le mythe d'une Amérique juste où la vie sourit au meilleur, au plus intelligent est foulé aux pieds. Le FBI, police adulée, n'en sort pas grandi, et encore moins la justice ou l'université, le système éducatif américain. Levison s'en prend en fait à tous les « produits de propagande » que l'Amérique exporte avec abondance pour tenter de redorer un blason bien terni à l'étranger. On supposera que Levison écrit ses textes avec en tête l'image que l'Amérique donne d'elle-même aux yeux d'observateurs extérieurs. Ecrire sur les Etats-Unis, à partir des Etats-Unis en sachant que le monde a les yeux braqués sur vous, comme pour se justifier d'être Américain, prouver que l'on peut-être Américain sans être dupe et aveugle sur son pays, ses compatriotes et les règles qui régissent leurs vies, malgré les appels à la bien pratique "Union sacrée" dont le pouvoir se sert sans vergogne.

On admirera l'efficacité de l'écriture de Levison qui dès ce deuxième roman peut être considéré comme un maître du roman noir contemporain. Ce roman ravira les amateurs du genre et les autres. L'intrigue et les personnages ne sont pas simples prétextes à décrire une Amérique immorale où seuls les arrivistes et les médiocres réussissent. Levison sait rendre vivants ses « héros » et il suffit de lire toute la partie consacrée à la cavale de Dixon pour être persuadé que Levison prend beaucoup de plaisir à nous entraîner dans l'action qu'il mène avec fougue. Il demeure quelques petites ficelles romanesques un peu faciles, mais que l'on excuse et oublie vite. Levison sait prendre son lecteur à contrepied et se jouer des règles du thriller dans des scènes de faux rebondissement que l'on ne peut pas s'empêcher de lire comme autant de pieds-de-nez aux scénarios hollywoodiens édifiants où tout est vraiment bien, qui finit vraiment bien.
Philippe Menestret pour le site www.boojum-mag.net



Citation :
Au pays de la liberté, du «God bless the United States of America», il ne fait pas toujours bon écrire des effronteries. Ceci n'est pas un paradoxe, c'est simplement américain. Iain Levison, pour son deuxième roman, n'a pas trouvé un éditeur en son pays. Une canaille et demie a donc trouvé refuge en France, chez Liana Levi. Tant mieux pour nous, dommage pour les autres. Iain Levison, l'écrivain, n'a pourtant rien d'un révolutionnaire ni d'un terroriste. Il écrit juste de bons petits polars débridés, un tantinet insolents - et c'est peut-être là qu'il blesse certaines humeurs.

Son premier roman, Un petit boulot, paru il y a trois ans, est une merveille d’humour noir, une farce anticapitaliste qui flirte avec l’immoralisme le plus déjanté. Soit une petite ville de nulle part aux Etats-Unis. On délocalise au Mexique l’unique entreprise. Chômage pour tous et misère en prime. Jake, le narrateur, se trouve un petit boulot, tueur à gages. Ça, ou autre chose. Il reprend confiance en lui, s’applique, bichonne son outil de travail – un flingue –, et quand il estime avoir assez gagné d’argent, il se reprend sa vie d’antan, gentillette…

Une canaille et demie épluche les comportements de trois individus types de nos sociétés très modernes : un bandit, un universitaire, un agent du FBI. Evidemment, Iain Levison, c’est plus fort que lui, renverse la vapeur, la bienséance. Le braqueur de banque se révèle grand cœur, grand seigneur, il se voit fermier en Alberta, quoi de plus peinard ? Le prof est un aigri, un petit, il a des ambitions incompatibles avec son intelligence, de plus il charrie quelques idées négationnistes. L’agent du FBI est une femme, elle croyait en la justice de son pays, mais depuis quelque temps, elle a perdu ses illusions.

Iain Levison, toujours aussi en forme dans l’irrévérence, malmène ces trois-là, leur fait cracher leur vérité. Ils vont se faire peur, se causer, s’étriper, presque s’aimer, et tout nous dire sur leur belle société foutraque, qui parfois ressemble à la nôtre. La morale de cette histoire tient en deux phrases : « Décidément, nous vivons dans un grand pays. Tout est bien qui finit bien. »
La revue de presse Martine Laval - Télérama du 23 septembre 2006


La lecture de ce roman est en cours, je ne manquerais pas de vous en faire un commentaire après la lecture Wink
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Jeu 3 Jan 2008 - 12:00

Une canaille et demie

Dans une petite ville du New Hampshire, Dixon, ex-taulard braqueur de banque en fuite et salement amoché trouve refuge chez Elias, un prof de fac.
Il n'est pas bien difficile de convaincre Elias de le garder cacher dans son sous-sol en le menaçant de dévoiler à la police la scène qu'il a surprise en cherchant un refuge : le prof de fac pris dans son plus simple appareil avec la jeune fille mineure de ses voisins.

Au-delà, des apparences, le plus abject des deux n'est pas celui qu'on croit : Dixon rêve de tranquillité dans une ferme d'élevage tandis qu'Elias écrit une thèse intitulée "Hitler avait-il raison?" afin d'obtenir un poste à Harvard.

Citation :
« Tout est dans le titre. Elias le voulait suffisamment choquant pour que les professeurs de Harvard le remarquent et en discutent. Il voulait qu'ils soient impressionnés par le courage avec lequel il avançait des arguments qui défiaient le politiquement correct avec autant de virulence. Il imaginait la tête des professeurs, d'abord horrifiés, puis, à mesure qu'ils avanceraient dans la lecture, rassurés par son intelligence, son raisonnement et ses graphiques multicolores. »

Deux agents du FBI – un stagiaire et Denise, une femme qui a perdu depuis longtemps ses illusions dans la justice de son pays et ses possibilités d'avancement dans son travail - vont mener l'enquête.

Citation :
«Denise avait donné plusieurs surnoms à son stagiaire, mais le seul qui ne contenait pas le mot "foutu" était Wonder Boy, raison pour laquelle elle l'utilisait au bureau. Dit sur le ton de qu'il fallait, il pouvait être interprété comme un compliment et non comme la dérision humiliante que Denise y mettait, et c'était de cette façon qu'elle pouvait insulter ses collègues en face et échangeant des sourires.

Wonder Boy, l'agent Kohl pour les autres, était un jeune homme agréable et intelligent qui allait gravir très vite des échelons de la réussite au FBI parce qu'il était doté de charme, de patience, d'un excellent C.V. et d'un pénis. Denise, à qui ne manquait qu'un seul de ces attributs pour avoir une belle carrière, savait qu'avant d'être à la retraite dans huit ans elle travaillerait pour lui. Elle se montrait donc aimable avec lui de temps en temps, les jours où elle se voyait encore agent du FBI huit ans plus tard, mais ces jours-là se faisait de plus en plus rares à mesure que les mois passaient. »

Lorsque Denise débarque chez Elias, ce dernier ne peut s'empêcher de la trouver à son goût et n'hésite pas à lui faire des avances. Dixon pourra-t-il faire confiance à ce séducteur du dimanche qui ne cache pas sa sympathie pour le IIIe Reich ?

Iain Levison excelle à nouveau pour décrire les désillusions des uns et les petites mesquineries des autres dans une Amérique bien pensante.
Toujours aussi caustique, j'ai toutefois préféré son précédent roman "Un petit boulot" à "Une canaille et demie". L'acidité dans son premier roman était jubilatoire, celle de son deuxième roman nettement plus désabusée.

Citation :
« Pourquoi je braque des banques ? C'est pas la bonne question, ça. La question est : Pourquoi est-ce que tout le monde ne le fait pas ? Pourquoi est-ce que les cons comme vous laissent tous les braquages de banque à des gens comme moi ? Pourquoi vous n'aidez jamais, vous les autres ? »
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Sophie
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Ven 4 Jan 2008 - 3:17

J'ai lu Un petit boulot: lecture agréable mais rien de transcendant. C'est un roman qui fait partie des "vite lus, vite oubliés".
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Ven 4 Jan 2008 - 9:30

Ce n'est pas l'oeuvre du siècle, c'est certain mais je ne pense pas que ce soit vraiment le propos de ce genre de livre.

J'ai beaucoup aimé, et contrairement à toi, il n'est pas du genre vite lu et vite oublié car je m'en souviens encore très bien Very Happy
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Sophie
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Sam 5 Jan 2008 - 5:00

Bon je recommence, l'ordi ayant décidé de planter...

Je disais donc que j'avais passé un moment agréable, assez agréable pour relire cet auteur; mais je n'en ai jamais eu l'occasion.

Une canaille et demie me tente assez.
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kathel
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Ven 17 Avr 2009 - 13:27

Tribulations d'un précaire
Quatrième de couverture : Au cours des dix dernières années, j'ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J'en ai laissé tomber trente, on m'a viré de neuf, quant aux trois autres, ç'a été un peu confus. C'est parfois difficile de dire exactement ce qui s'est passé, vous savez seulement qu'il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain.
Sans m'en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : " Je suis ouvrier agricole. " Moi, je n'en sais rien. L'autre différence, c'est que Tom Joad n'avait pas fichu quarante mille dollars en l'air pour obtenir une licence de lettres.


208 pages
Titre original : A working stiff’s manifesto

Mon avis : J’ai passé un agréable moment à lire ce témoignage bien raconté sur les difficultés à trouver un job aux Etats-Unis malgré un diplôme universitaire. Avec beaucoup d’humour et d’autodérision, l’auteur nous montre à quoi ressemble le monde du travail dans son pays, celui, très vaste, des boulots précaires en particulier. Il nous éclaire aussi sur ce qui est en passe de devenir la norme dans les pays dits industrialisés : travailler plus pour réussir à peine à en vivre ! ce qu’on peut reprocher à Iain Levinson, c’est de mettre un peu tous les boulots sur le même plan, en n’en trouvant aucun qui soit un peu plus intéressant ou valorisant que les autres, il donne l’impression d’avoir fait un tri pour ne laisser dans son livre que les plus anecdotiques d’entre eux.
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bix229
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Ven 17 Avr 2009 - 18:07

J' ai beaucoup apprécié Une canaille et demie.

Iain Levison nous parle de cette autre Amérique, celle des pauvres, des
instables, des précaires.
Et il le fait avec habileté et drolerie.
Je le recommande...

Apparemment ça ne plait pas aux Etats Unis où il n' est pas encore édité !
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Sam 18 Avr 2009 - 11:55

bix229 a écrit:
Apparemment ça ne plait pas aux Etats Unis où il n' est pas encore édité !
J'ai entendu ça, je suis stupéfaite ! Vive la pensée unique Rolling Eyes
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Babelle
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Lun 28 Sep 2009 - 17:50

Un Petit boulot ou Depuis les licenciements ( Since the Layoffs )
Suivre le quotidien de Jake Skowran après son licenciement n'a rien de transcendant, si ce n'est qu'il est recommandable de se laisser happer par le second degré qu'offre la peinture de sa ville natale (qu'il refuse de quitter : il a ses habitudes).
Comme lui, cadres et ouvriers ont été licenciés de l'entreprise cœur-de-ville, une ville qui va prendre les allures d'un désert qu'on ne traverse même plus. Cause : délocalisation au Mexique.
Les personnages ont quand même un petit air de chez les frères Coen. Ils ont l'air naïfs et vides mais ont suffisamment de ressource pour semer le doute. Jake, honnête citoyen qui n'a même jamais eu l'idée d'écraser un cafard sous ses bottes, éclaire le scénario d'une renaissance intéressante.
Il a perdu son travail, sa télé, son abonnement au câble, son aspirateur, sa petite amie, sa dignité, alors oui, entre deux coups de téléphone de l'huissier, il prendra ce premier petit boulot de tueur et glissera dans une ombre pas plus obscure que celle des patrons qui l'ont mis sur le pavé alors que l'entreprise fonctionnait bien.
La pluie n'en finit pas de pleurer ses gouttelettes qu'il lui reste depuis le fond des boîtes aux lettres sur un sol aride dans les ruelles où les maisons se font face.
Question rentabilité tirer n'est pas plus sale que de coter en bourse.
Pas burlesque. Pas jubilatoire. C'est autre chose.
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odrey
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Mar 13 Juil 2010 - 12:06

TRIBULATION D'UN PRECAIRE

Dans Tribulations d’un précaire, Iain Levison raconte sa vie de… travailleur précaire, bien sûr! Avouez que le titre est bien trouvé. On est tout de suite dans le vif du sujet. En matière de boulot à la con, on peut dire que l’auteur force le respect. Le pompon revenant à son expérience dans les pêcheries de l’Alaska. Dans le fond, ce que raconte Levison est plutôt désespérant. Il dresse un portrait sans concession du monde du travail américain. Il y a une idée qui circule pas mal dans nos contrées et qui veut que dans les pays anglo-saxons les diplômes sont moins importants que les compétences. C’est vrai si vous êtes prêt à faire les petits boulots pénibles et mal rémunérés qui vous permettent à peine de payer le loyer de votre studio en colocation. Sinon, c’est de la foutaise. C’est du moins le point de vue de l’auteur qui a une licence de lettre qui ne lui sert à rien.

Ce qui sauve le lecteur de la sinistrose, c’est l’humour (un brin cynique) que Iain Levison manie avec un certain talent. On rit un peu, on sourit beaucoup et on s’y reconnait pas mal. (enfin, seulement si vous avez été ou êtes un de ces travailleurs précaires). Cet effet bonne mine m’a permis de me montrer indulgente envers les faiblesses du livre (le style n’est pas flamboyant, loin de là). Il faut prendre Tribulations d’un précaire pour ce qu’il est, une lecture sympa et sans prise de tête.
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darkanny
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Ven 8 Oct 2010 - 21:54



Pas beaucoup ce chose à rajouter à ce que disent Kathel et Odrey un peu plus haut
J'avais déja lu "un petit boulot" et j'ai eu le même plaisir avec celui-là , plaisir un peu amer certes , car s'agissant de travail précaire on est servi (pas besoin de faire une expérience comme une journaliste que vous connaissez ) , là il s'agit de ciné vérité , Iain Levison , américain, muni de sa licence de lettres qui ne lui sert à rien (c'est un euphémisme ) se trouve balloté entre des postes de déménageur , de serveur temporaire dans une soirée bobo , de pêcheur ou dépiotteur de crabe en Alaska (la ruée vers l'or et ses travailleurs assoifés d'argent à côté , c'est Disneyland), bref un tas de boulots merdiques , dans un univers proche de l'enfer même si ça paraît bizarre de qualifier l'Alaska comme tel.

C'est pas du tout misérabiliste , mais plaquant tout de même car sans espoir aucun de voir les choses s'améliorer , l'humour aidant et une bonne dose de cynisme font passer la pilule.

Un court extrait sur un nouvel emploi qui lui est proposé dans un restaurant


Le restaurant est un de ceux qui surgissent partout et se caractérisent par les merdouilles accrochées aux murs.Au début des années quatre vingt , quelqu'un a décidé quelque part que les clients se sentaient plus à l'aise s'ils mangeaient avec une pagaie de canoë revernie accrochée au mur derrière eux.Les lampes de cuivre déglinguées et les outils de forgeron ont bientôt suivi et maintenant tous les restaurants de chaînes aux Etats-Unis exhibent des trésors de fond de débarras fixés aux murs et j'ajoute , très bien fixés , afin que les ivrognes ne puissent pas les détacher

Voilà un peu le style , un grand sens de l'observation du monde contemporain , de l'hypocrisie qu'on vous sert dans chaque annonce de job : possiblité de carrière , formation assurée , ambiance de travail stimulante (qui se révèle être une bande de gratte papier à un poil de la démission ou du suicide)

ça sonne juste , l'épisode du déménagement est risible mais édifiant : les déménageurs se pointent chez une bourgeoise qui n'a rien emballé du tout , le frigo est plein , les télés sont branchées , les livres sont sur les étagères bref la bourgeoise s'en tape , elle paiera , mais les déménageurs en sont pour 20h de taf.

Tout est comme ça , le mépris est de règle , peu importe ce qu'endurent ces travailleurs , le contrat de travail est tellement bien fichu avec ses caractères microscopiques que fatalement quelque chose n'a pas été correctement lu par l'employé qui au final se fait baiser , sur l'assurance maladie , les pauses ou le paiement du billet d'avion retour de l'Alaska.....

C'est comme un petit traité ce livre
D'ailleurs on pourrait conclure : tu as vu comme ils me traitent ?
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Mer 23 Mar 2011 - 14:46

paru début mars


Arrêtez-moi là !

Citation :
Présentation de l'éditeur
Charger un passager à l'aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi ? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c'est le début des emmerdes... Tout d'abord la cliente n'a pas assez d'argent sur elle et, pour être réglé, il vous faut entrer dans sa maison pourvue d'amples fenêtres (ne touchez jamais aux fenêtres des gens !). Plus tard, deux jeunes femmes passablement éméchées font du stop. Seulement, une fois dépannées, l'une d'elles déverse sur la banquette son trop-plein d'alcool. La corvée de nettoyage s'avère nécessaire (ne nettoyez jamais votre taxi à la vapeur après avoir touché les fenêtres d'une inconnue !). Après tous ces faux pas, comment s'étonner que deux policiers se pointent en vous demandant des comptes ? Un dernier conseil : ne sous-estimez jamais la capacité de la police à se fourvoyer ! Dans ce roman magistral, Levison dissèque de manière impitoyable les dérives de la société américaine et de son système judiciaire.

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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MessageSujet: Re: Iain Levison   Mer 23 Mar 2011 - 17:26

Yep !
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Iain Levison
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