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 Alberto Ongaro [Italie]

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bix229
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MessageSujet: Alberto Ongaro [Italie]   Mar 18 Déc 2007 - 21:50


Alberto Ongaro est né en 1925 à Venise où il vit.

Grand reporter et écrivain, il est l'auteur d'une biographie de Hugo Pratt, l'auteur de Corto Maltese, dont il fut l'ami et le scénariste.
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bix229
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MessageSujet: Alberto Ongaro   Mar 18 Déc 2007 - 22:37

La taverne du doge Loredan. - Alberto Ongaro. - Anacharsis, 2OO7

Je viens de lire une histoire follement drole, romanesque et aventureuse. Un roman habile, subtil et ludique. Il s'agit de La taverne du doge Loredan d'Alberto Ongaro.

C'est l'histoire d'un nommé Schultz, typographe et vivant à Venise.
Un jour il met la main sur un manuscrit posé sur une armoire. Poussé par la curiosité, il le lit, et il l'aime tellement, que bientot, il s'identifie à l'histoire...

L'histoire ? C'est un roman d'amour et d'aventure qui se passe au 19e siècle. Un roman ou plutot un pastiche, une parodie ironique, à l'image de Cervantes se moquant du roman de chevalerie.
Une histoire avec de droles de personnages. Des corbeaux qui parlent, des métaphores agressives. De vraies sales bètes !
...Il s'identifie au point d'en récrire bientot des passages lacunaires ou inexistants...

"Tout ce que l'on écrit, écrit Ongaro, existe quelque part... Ou simultanément avec l'écriture ou avant ou après... C'est pourquoi parfois on trouve des livres auxquels on s'identifie aussi profondément. L'écriture est un fait magique ou devrait l'etre..."

Schulz s'identifie au point de changer d'époque, de s'identifier à tel personnage...
Au point meme de se souvenir d'évenements qu'il n'a jamais vécus. Au point de les inventer...
Plus il avance dans sa lecture, plus il se pose des questions...Les personnages se croisent et se confondent. Les périodes se télescopent.
Qui est qui et que choisit on ?

Et s'il était lui meme inventé, pourquoi lui meme n'inventerait il pas à son tour ? Car enfin, un roman n'existant pas sans lecteur, pourquoi le lecteur n'inventerait il pas à son tour le roman qu'il lit ?
Et à la fin des fins, pourquoi le lecteur ne pourrait il pas aussi etre le personnage principal du livre qu'il invente ?
Peut etre un livre n'est il jamais écrit définitivement, s'il est inventé, recréé par son lecteur...

Un conseil ? Si un livre vous ennuie, oubliez le. Ou alors, réinventez le !!!pleurs

"Peut etre ceci : l'homme ne peut vivre que tant qu'il a un role. Après quoi, il ne vit plus, il ne fait qu'exister".


Dernière édition par bix229 le Sam 28 Fév 2009 - 17:53, édité 1 fois
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bix229
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MessageSujet: Alberto Ongaro   Mar 3 Mar 2009 - 19:06

Vient de paraitre : La Partita d' Alberto Ongaro, chez Anacharsis.

"Un jeune aristocrate vénitien mise sa propre personne pour tenter de récupérer sa fortune.
Il perd son pari, commnec alors une fuite éperdue dans l' Italie du 18e
siècle." innocent
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Alberto Ongaro [Italie]   Jeu 5 Mar 2009 - 20:16

Je ne connais pas cet auteur mais ça me semble très séduisant.
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bix229
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MessageSujet: Re: Alberto Ongaro [Italie]   Jeu 5 Mar 2009 - 20:26

Mais c' est séduisant ! D'ailleurs j' ai été séduit...
Il y a en plus dans ce livre, La taverne du doge Loredan, un jeu constant avec le
lecteur, l'invitant constamment à participer à une lecture active et
ludique...
J'aime bien cette idée.
En plus, j' ai l'impression que Ongaro avait des afinités avec le dessinateur
de Corto Maltese qui était très ludique aussi.
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Alberto Ongaro [Italie]   Sam 28 Nov 2009 - 11:44

"La Taverne du doge Loredan"

Schultz, ancien officier de marine devenu éditeur, occupe un antique palais vénitien hérité d’ancêtres autrichiens venus s’installer dans la Sérénissime en 1816 à l’époque de la domination des Habsbourg et de la création par l’empire autrichien du royaume de Lombardie-Vénétie.



Il partage la jouissance de cette lugubre demeure avec Paso Doble, un étrange personnage, sorte de double de lui-même, un alter ego malicieux et imprévisible qui s’amuse à dissimuler quantité d’objets indispensables, obligeant ainsi Schultz à remuer ciel et terre pour retrouver son portefeuille, ses clefs ou encore les épreuves d’un ouvrage en cours de fabrication.

Un troisième personnage -beaucoup moins remuant celui-là - habite dans la chambre d’amis. C’est une effigie de cire, assise dans un fauteuil, d’une superbe femme vêtue d’un long manteau en poil de chameau.

Qui est-elle ? C’est-ce que Paso double aimerait bien savoir, mais le mystère entourant cette énigmatique statue de cire ne fait que déclencher sa colère et sa jalousie.

C’est donc en cherchant les épreuves de son Histoire des lupanars vénitiens, dérobées par Paso Doble, que Schultz va trouver en haut d’une armoire un vieux livre sans titre et dont la page qui devrait indiquer le nom de l’auteur a été arrachée.

Intrigué par cet ouvrage inconnu, Schultz va en entreprendre la lecture. Il s’agit du récit, conté à la première personne, d’un jeune gentilhomme libertin anglais vivant au tout début du XIXe siècle.
Jacob Flint - c’est le nom du personnage central de ce récit - âgé d‘une vingtaine d‘années, est le fils illégitime d’un notable des environs de Londres et d’une noble dame italienne qui l’a conçu avec un bohémien de passage. Le jeune homme, insouciant et de belle prestance, multiplie les conquêtes amoureuses. Il s’éprend un jour de la femme d’un douanier des environs, mais celui-ci, disposant d’un efficace réseau d’informateurs, ne tarde pas à découvrir l’identité de l’amant de sa femme. L’histoire s’achèvera par un duel au cours duquel le douanier périra d’un coup d’épée.

Les duels étant interdits et sévèrement réprimés par la justice, Jacob Flint n’a plus qu’une seule option : fuir.

Avec la complicité d’un ancien palefrenier de son père, il va être conduit secrètement à Londres et hébergé chez le capitaine Viruela, un marin s’adonnant à la contrebande entre l’Angleterre et la France. Malgré les velléités de Jacob Flint de s’adonner lui aussi au trafic illicite d’alcool entre les ports français, anglais et hollandais, le capitaine Viruela va lui proposer une toute autre activité.
Ayant appris que le jeune gentilhomme, du fait de son éducation, est doué - en plus de l’art de l’escrime- pour la musique, la peinture et la poésie, il va le diriger vers la Taverne du doge Loredan où l’on recherche une personne apte à jouer du clavecin. Là, il va faire connaissance avec Nina, la patronne de la taverne, une italienne d’une beauté si époustouflante que le jeune homme va immédiatement éprouver pour elle une passion inextinguible.

La belle va bien sûr céder aux avances de Jacob mais ne va pas cacher à celui-ci que leur relation sera à coup sûr punie de mort. Nina est en effet la maîtresse attitrée de Fielding, le chef de la pègre londonienne, un redoutable et cruel personnage dont la particularité est d’exhaler autour de lui une insupportable odeur de putréfaction. Celui-ci ayant rapidement découvert les amours interdites de Nina et Jacob, une poursuite va s’ensuivre à travers la France et l’Italie, où les deux hommes, désormais prêts à s’entretuer, vont tenter de retrouver les traces de la belle qui s’est enfuie vers le décor de son enfance : la cité des doges.

Au fil de sa lecture, Schultz va déceler dans cette histoire des détails troublants qui ne sont pas sans rapport avec sa propre existence, malgré les deux siècles qui séparent le contexte du récit de Jacob Flint de celui de ce début de troisième millénaire.

Avec « La Taverne du Doge Loredan » , Alberto Ongaro nous livre un roman placé sous le signe de l’Ange du Bizarre, un roman à tiroirs qui évoque l’ œuvre de Borgès, mais aussi les grands classiques de la littérature d’aventure tels que « L’ île au trésor » de Stevenson, « L’auberge de la Jamaïque » de Daphné du Maurier ou encore la filmographie de Luis Bunuel. Nous plongeant dans une Venise crépusculaire, Alberto Ongaro signe un roman surréaliste qui happe le lecteur et l’entraîne dans un univers romanesque qui flirte avec les codes du roman gothique du XIXe siècle. Un livre atypique, baroque, sensuel et fantastique qui, malgré son aspect de prime abord déroutant, se laisse apprivoiser et propulse peu à peu le lecteur dans un récit haletant et jubilatoire.
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MessageSujet: Re: Alberto Ongaro [Italie]   Mer 9 Juin 2010 - 16:06

Si vous n' avez pas lu La Taverne du doge Loredan, ce n' est pas de ma faute !

Le revoilà Ongaro avec un nouveau livre qui me fait déjà saliver : RUMBA, chez Anacharsis.
Quelques extraits de l' article de Martine Laval dans Télérama :

Rio, années 50. Un certain John B. Huston, auteur de polar, se fait détective... Ongaro réinvente
le roman noir.
On savait l' écrivain facétieux, pret à bondir d' une histoire à l' autre, du rocambolesque le plus charnel le plus débridé, melant à sa guise tous les genres littéraires...
On le découvre aujourd' hui amoureux d' un personnage de roman, devenu héros de film : Sam Spade...

Ongaro délaisse donc sa Venise natale pour s' encanailler dans les Rio des années 50...
Avec Rumba, il s' est amusé à écrire un polar mélancolique, levant son chapeau au séduisant

Humphrey Bogart...
Lecteur insatiable de Rilke,Corad, Stevenson, Dumas,Melville, Borges, Ongaro a l' habitude de

faire des déclarations d' amour à la littérature...
Le héros de Rumba n' a jamais eu de père. Il s' en est inventé un John B. Huston...
Ongaro signe un roman en forme de clin d' oeil amical aux écrivains qui l' ont fait rever, les

Chandler, Hammett. Il pousse la générosité à faire revivre un Bogart plus attirant que jamais.

Les héros ne meurent jamais. Voilà qui plaire à Bellonzo tout comme à moi, j' en suis sur !
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MessageSujet: Re: Alberto Ongaro [Italie]   Sam 9 Juin 2012 - 11:52

L’Enigme Ségonzac
L’Enigme Ségonzac est le 5è livre (sans compter Une vie d'aventure) d 'Alberto Ongaro traduit en français et publié en 2011, comme les précédents, par Anacharsis .

Début du Prologue
Citation :
« Un certain mercredi à onze heures M. Derain me remit les
clefs de la mansarde et peu après midi j’avais déjà trouvé le
tableau et je l’avais suspendu à un mur de la chambre qui
pendant quelques mois allait être mon studio. Paris, 320, rue des Mauvais-Conseils.

Deux siècles et demi auparavant sous le siècle de Louis XV, la mansarde faisait partie des
combles d’un bel immeuble qu’un groupe
d’artistes, qui n’avaient pas été élus ou
en avaient été exclus, avaient loués pour en faire des logements et des
ateliers ; là ils pourraient peindre ce qu’ils voulaient et oublier
les sujets historiques religieux ou
seulement apologétiques que leur suggérait voire leur imposait l’institut
royal…on ne s’étonnera pas si dans la mansarde que je louai puisse être resté
un tableau inachevé.
Je le trouvai dans un cagibi en compagnie d’un balai, d’une vieille tête-de-loup
et d’autres ustensiles ménagers hors d’usage. Il était enveloppé dans un sac de
chanvre, lui-même recouvert d’une toile cirée sur laquelle avait été cousue une
étiquette avec l’inscription : Jules Tavernier, portrait du docteur
Philippe Ségonzac, fils du grand Michel maître d’armes et éleveur de taureaux. 1758.

J’aurais pu le laisser là où je l’avais trouvé »…
«Tel qu’il était, inachevé et abandonné, sans
cadre et soutenu par le seul châssis, il me paraissait beaucoup plus riche et envoûtant que si je l’avais trouvé
suspendu et encadré. Tout ce qui manquait n’était qu’une tyrannique
invitation à imaginer ce qui probablement manquait».

Chapitre 1
Citation :
« Un vendredi treize, jour où habituellement, même dans la seconde moitié du XVIIIè siècle, on ne partait pas en voyage, on
ne se mariait pas, on ne commençait pas un nouveau travail et où on ne faisait
rien de ce que la superstition déconseille, un homme à cheval sortait au galop
de Paris et prenant la route qui conduisait à la vallée de la Marne... »
.
Voilà le décor campé et la suite du livre va nous conduire, haletants, à suivre Philippe Ségonzac, car c'est bien lui qui quitte Paris ce matin là au galop, sur la route de Châtillon et en d’autres lieux encore vous vous en doutez.
Pas de détour par Venise cependant dans ce roman qui ne s’éloigne pas (ou presque…) de quelques lieues de Paris, mais bien sûr des trahisons et de
l’héroïsme, de l’amour et du libertinage car Philippe n’est pas le seul personnage du tableau, un certain Casanova..
Si on est complètement pris par l’histoire où coups de théâtre et rebondissements se succèdent sans jamais nous lasser, c’est que Ongaro est un maître de la narration, son style d’une grande élégance mais qui est avant tout un jeu, est aussi très expressif, il rend le lecteur présent dans chaque scène et, suivant la situation on est dans un roman, au théâtre (fabuleuse scène au marché des voleurs) ou au cinéma.
Merci à Jacqueline Malherbe-Galy et Jean-Luc Nardone pour cette si belle traduction, les éditions Anacharsis semblent avoir fait le très bon choix de confier l’ensemble des romans d’Ongaro à ces deux traducteurs .


Si vous ne connaissez pas encore Ongaro et que vous avez lu Dumas ou Eugène Sue jusqu’à des heures bien avancées, vous
passerez sans aucun doute de très bons moments avec L’Enigme Ségonzac.
Si vous êtes un fidèle d’Ongaro, vous avez sans doute déjà lu ce livre comme moi sans le lâcher.
Le thème du « double », son approche des personnages féminins sont toujours là, pour ma part je regrette un petit peu la forme du récit, somme toute assez linéaire, où je
n’ai pas retrouvé le grand Ongaro que je connais.
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MessageSujet: Re: Alberto Ongaro [Italie]   Lun 24 Sep 2012 - 17:08

La taverne du doge Loredan

Nous sommes à Venise. Le personnage principal, Schultz, un ancien marin, s’est reconverti en éditeur typographe. Il héberge chez lui un étrange personnage, Paso Doble, dont le passe temps favori consiste à cacher les objets dont Schultz a besoin. En récupérant un manuscrit dissimulé, Schultz trouve un étrange livre, dont l’origine est inconnue. Il n’arrive plus à s’arracher à sa lecture. Il y trouve d’étranges similitudes avec sa propre vie, et a la sensation d’y retrouver une mystérieuse femme qu’il a aimé, et qui a disparue sans laisser de traces…

C’est brillant, intelligent, drôle par moments. Savamment construit. Maîtrisé. Merveilleusement bien écrit. Mais je n’ai pas embarqué complètement. Peut être trop construit et un brin trop artificiel. Cette histoire du lecteur qui devient le créateur du livre, ce n’est tout de même pas la première fois que je la lis, donc il faut quelque chose d’autre. J’ai trouvé les personnages relativement peu fouillés, assez impersonnels en fin de compte. Sauf peut être au début du récit de Jacob Flint, là le jeune homme avait une histoire et une personnalité, mais qui se dissout un peu au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire. Et c’est surtout Nina (ou Mona) qui n’a pas vraiment d’existence, en dehors le fait d’être le moteur de l’action. Il y a plein de bonnes idées, mais je trouve qu’elles ne sont pas exploitées jusqu’au bout, comme par exemple les corbeaux, qui sont à mon avis sous utilisés dans le récit. C’est presque plus visuel que littéraire, même si, encore une fois c’est très écrit.

Mais c’est intéressant et inventif, on ne s’ennuie pas, et il y a de belles pages. Je reviendrai sans doute à Alberto Ongaro.

_________________
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MessageSujet: Re: Alberto Ongaro [Italie]   Lun 4 Jan 2016 - 19:16

silou a écrit:
L’Enigme Ségonzac
L’Enigme Ségonzac est le 5è livre (sans compter Une vie d'aventure) d 'Alberto Ongaro traduit en français et publié en 2011, comme les précédents, par Anacharsis .

Début du Prologue
Citation :
« Un certain mercredi à onze heures M. Derain me remit les
clefs de la mansarde et peu après midi j’avais déjà trouvé le
tableau et je l’avais suspendu à un mur de la chambre qui
pendant quelques mois allait être mon studio. Paris, 320, rue des Mauvais-Conseils.

Deux siècles et demi auparavant sous le siècle de Louis XV, la mansarde faisait partie des
combles d’un bel immeuble qu’un groupe
d’artistes, qui n’avaient pas été élus ou
en avaient été exclus, avaient loués pour en faire des logements et des
ateliers ; là ils pourraient peindre ce qu’ils voulaient et oublier
les  sujets historiques religieux ou
seulement apologétiques que leur suggérait voire leur imposait l’institut
royal…on ne s’étonnera pas si dans la mansarde que je louai puisse être resté
un tableau inachevé.
Je le trouvai dans un cagibi en compagnie d’un balai, d’une vieille tête-de-loup
et d’autres ustensiles ménagers hors d’usage. Il était enveloppé dans un sac de
chanvre, lui-même recouvert d’une toile cirée sur laquelle avait été cousue une
étiquette avec l’inscription : Jules Tavernier, portrait du docteur
Philippe Ségonzac, fils du grand Michel maître d’armes et éleveur de taureaux. 1758.

J’aurais pu le laisser là où je l’avais trouvé »…
«Tel qu’il était, inachevé et abandonné, sans
cadre et soutenu par le seul châssis, il me paraissait beaucoup plus  riche et envoûtant que si je l’avais trouvé
suspendu et encadré. Tout ce qui manquait n’était qu’une tyrannique
invitation à imaginer ce qui probablement manquait».

Chapitre 1

Citation :
« Un vendredi treize, jour où habituellement, même dans la seconde moitié du XVIIIè siècle, on ne partait  pas en voyage, on
ne se mariait pas, on ne commençait pas un nouveau travail et où on ne faisait
rien de ce que la superstition déconseille, un homme à cheval sortait au galop
de Paris et prenant la route qui conduisait à la vallée de la Marne... »
.

Voilà le décor campé et la suite du livre va nous conduire, haletants, à suivre Philippe Ségonzac, car c'est bien lui qui quitte Paris ce matin là au galop, sur la route de Châtillon et en d’autres lieux encore vous vous en doutez.
Pas de détour par Venise cependant dans ce roman qui ne s’éloigne pas (ou presque…) de  quelques lieues de Paris, mais bien sûr  des trahisons et de
l’héroïsme, de l’amour et du libertinage car Philippe n’est pas le seul personnage du tableau, un certain Casanova..
Si on est complètement pris par l’histoire où coups de théâtre et rebondissements se succèdent sans jamais nous lasser, c’est que Ongaro  est un maître de la narration, son style d’une grande élégance mais qui est avant tout un jeu, est aussi très expressif, il rend le lecteur présent dans chaque scène et, suivant la situation on est dans un roman, au théâtre  (fabuleuse scène au marché des voleurs) ou au cinéma.
Merci à Jacqueline Malherbe-Galy et Jean-Luc Nardone pour cette si belle traduction, les éditions Anacharsis semblent avoir fait le très bon choix de confier l’ensemble  des romans d’Ongaro à ces deux traducteurs .


Si vous ne connaissez pas encore Ongaro et que vous avez lu Dumas ou Eugène Sue jusqu’à des heures bien avancées, vous
passerez sans aucun doute de très bons moments avec L’Enigme Ségonzac.
Si vous êtes un fidèle d’Ongaro, vous avez sans doute déjà lu ce livre comme moi sans le lâcher.
Le thème du « double », son approche des personnages féminins sont toujours là,  pour ma part je regrette un petit peu la forme du récit, somme toute assez linéaire, où je
n’ai pas retrouvé le grand Ongaro que je connais.


J'ai passé un bon moment avec roman. Récit d'aventures échevelé, où il se passe toujours quelque chose, entre duels, coups de feu, enlèvements... Tant pis si ce n'est pas vraisemblable qu'il arrive tant de choses en si peu de temps. Et que la solution de l'énigme soit un peu tirée par les cheveux. Parce que l'auteur s'amuse avec les règles du genre, et qu'il se pose des questions sur ce qu'est l'invention romanesque et fait participer le lecteur à son élaboration.
Très plaisant, vraiment.

_________________
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Alberto Ongaro [Italie]
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