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 Jean-Simon Desrochers

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Jean-Simon Desrochers   Dim 24 Fév 2013 - 11:05

Annoncé en grande pompe, le nom de Jean-Simon Desrochers fut avancé à plusieurs reprises depuis quelques jours. Je profite de la présente occasion pour vous présenter son profil.



Âgé de trente-huit ans, Jean-Simon fut tout d'abord un poète. Publiant L'obéissance impure et Parle seul, il fut finaliste au prix Émile-Nelligan pour le premier et finit par gagner le prix en 2004 pour le deuxième.

Il étudie actuellement au doctorat en création littéraire à l'UQÀM, ce qui représente une rareté, étant donné qu'il est souvent question du volet recherche au niveau doctoral. Il donne quelques cours comme chargé de cours, dont l'atelier de prose que je suis cette session-ci.

Jean-Simon fut révélé comme romancier de grande ambition littéraire au moment de publier La canicule des pauvres en 2009. S'inspirant de La vie, mode d'emploi, Jean-Simon a publié ce livre de presque 700 pages à coups de fragments successifs.

Son roman suivant, Le sablier des solitudes, rencontra également un grand succès. Jean-Simon Desrochers fait face à de grandes attentes au sein du milieu littéraire québécois. Chaque roman définit le sens de l'ascension qu'il emprunte. Il est tout de même bien de voir que son troisième roman qui sortira prochainement, Demain sera sans rêves sera relativement court avec 140 pages.

Je reprends un extrait du commentaire de Danielle Laurin à propos de La canicule des pauvres :

Citation :
Pensez à un mélange de Michel Houllebecq et de Brett Easton Ellis, du marquis de Sade et de Dostoïevski et vous y êtes presque. Ajoutez un zeste de Nelly Arcan. Et un humour noir, acide, à la Tonino Benacquista.

Pensez aussi à Robert Lepage, pour la structure hachurée, la succession des tableaux. Imaginez que Michel Tremblay a mis son nez dans les dialogues, les monologues intérieurs. Et que l'ombre de Denis Vanier plane au-dessus de tout ça. À moins que ce soit celle de Josée Yvon.

Son site Internet est à l'adresse suivante : http://www.jsdr.info

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De Gaulle, citant Nietzsche

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Dim 24 Fév 2013 - 12:51

Jean-Simon Desrochers a eu le front de se positionner en contradiction de la posture assumée par - l'aujourd'hui défunt - Gil Courtemanche. Ce dernier invitait les jeunes écrivains à boycotter les candidatures aux concours organisés par l'empire Québécor. Pour ma part, j'avais tendance à soutenir la part de Gil Courtemanche. Toutefois, en lisant de plus près les arguments présentés par Jean-Simon, je dois dire que sa position, en même temps qu'elle est pragmatique, est engagée. Il faut lui rendre ça, surtout que j'ai tendance à être engagé politiquement et syndicalement.

http://www.ledevoir.com/culture/livres/311696/libre-opinion-les-dommages-collateraux-de-la-vertu

Citation :
Au-delà de ces problématiques propres au milieu littéraire, il y a la méthode employée par M. Courtemanche qui donne à ce coup médiatique une apparence étrange. Si Gil Courtemanche avait réellement voulu atteindre Quebecor Média, n'aurait-il pas fait mieux d'attendre que les finalistes soient révélés afin d'élaborer une action concertée avec certains d'entre eux? Cette question, je la pose en toute candeur, car étant en accord avec les principes énoncés pour justifier le retrait de sa candidature, je dois avouer que la validité de ses motivations et les conséquences de sa vision binaire me laissent aujourd'hui perplexe.

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Ven 15 Mar 2013 - 9:06



Je viens de finir la lecture de Parle seul, de Jean-Simon Desrochers. On ne pourra pas dire qu'il a volé le prix Émile-Nelligan de 2004. Je vous disait plus tôt dans un autre fil que je n'étais pas surpris de son incursion dans l'univers romanesque après ses débuts dans la contrée poétique québécoise.

Le recueil commence par les vers suivants :

Citation :
D'abord, c'est une histoire
pour filtrer le siècle déjà lu,
une histoire,
presque maison
où le coeur ne commence pas.

Je parlerai depuis la fenêtre
offrant à vos yeux
mes mots silhouettes
puisque la voix existe
loin des corps
que nous sommes
(que vous êtes).


Parle seul, p. 9.

Là-dessus, je n'avais plus aucun doute. Jean-Simon Desrochers était destiné à devenir un romancier. Les vers laissaient deviner une phrase prosaïque entrecoupée. Ça n'enlève rien à son talent poétique ceci dit.

Un autre extrait entrouvre les perspectives :

Citation :
Au loin,
ma pensée attend l'invite de nouvelles fenêtres.

- Je me situe.

L'horizon se courbe
sous un ciel trop court.
Et devant nous le lac,
comme derrière moi la vie,
propage ses ondes
dans ce pays trouvé si près de l'eau,
notre terre plus petite que dehors.

- Je contemple la lenteur
du paysage en moi qui se sépare.


Ibid., p. 18.

Au loin, la parole poétique se révèle :

Citation :
Nos doigts transforment chaque bruit
en délicate détresse.

La parole s'agite
dans mes sommeils lucides
où mentir dénonce rêver.

Le pays dehors
reclasse ses coeurs à bombes,
garçons comptés comme autant de stèles.

- Nous le savions depuis le début.
Se perdre commence entre nos mains.


Ibid., p. 36.

De retentir ce pays :

Citation :
Le garçon du verbe fuir
expérimente la soif
couché dos contre roches -
il cherche à comprendre,
il cherche à croire.
(Inutile de fuir la peur
dans cette vie légère de nos idées.)

- Mon pays attend que le soleil casse.

Ce pays toujours comme attendre
définit notre besoin de périr.


Ibid., p. 46.

Le poème suivant :

Citation :
Pose un regard, presque calcul
sur notre reflet trop grand :
combien de cordes pour tenir
le pays de l'autre au pays dedans?

Médite.

Nos voix vibrent comme ces tristesses en guerre.

Médite.

Ciel d'eau claire et d'air froid,
le rêve imite ce que tu crois.

Parle :

- Je ne m'explique pas les gorges,
les langues avalées sans raison ni lenteur.


Ibid., p. 47.

Je vous offre ce dernier poème en guise de découverte de l'univers de Jean-Simon Desrochers :

Citation :
Regarde le ciel qui taille nos rêves.
Regarde jusqu'à ne rien savoir.

La pensée servira la peur
dans notre corps en guerre lasse
contre disparaître.

- Je plante au sol cette bouteille
où s'est enfermée la mer
pour repenser la vie,
sans nous, cette fois.


Ibid., p. 56.

Pour conclure ce tour d'ensemble, le recueil poétique de 69 pages est soigneusement travaillé. Nous devinons les ramifications de l'oeuvre encore et toujours à accomplir. Je poursuivrai bientôt avec L'obéissance impure, le premier recueil poétique de Jean-Simon. Pour le moment, je ne saurais faire autrement que de recommander chaudement la lecture de Parle seul. En attendant les péripéties éventuelles de Jean-Simon Desrochers, je vous offre en complément cet article qui reprend les toutes dernières nouvelles concernant son oeuvre : http://www.lapresse.ca/arts/livres/entrevues/201303/01/01-4626909-jean-simon-desrochers-lavenir-en-accelere.php.

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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Sam 16 Mar 2013 - 11:29

J'ai lu une première fois L'obéissance impure. Je reviendrai sur plusieurs passages qui donnent du relief au livre. Le recueil est subdivisé en deux parties, «La grâce des incurables» et «Piéger».

Le premier poème du recueil s'écrit comme suit :

Citation :
Contemple cette tranquille leçon du noir,
ce premier dérangement de la matière.

Sur la scène, viens trouver l'entaille,
le blanc, brutal écart.

- Sur la scène, perce le rideau, les malaises.

Devine ce qui s'ébruite en tes mains,
ce que l'on tue en riant.


Jean-Simon Desrochers, L'obéissance impure, 2001, Les Herbes rouges, p. 13.

Citation :
Désensable mes yeux troués,
je froisse les rythmes interminables.

La lumière écaille mes paroles,
ces voix parallèles, improbables.

Quel théâtre sera assez vaste pour m'éteindre?


Ibid., p. 43.

Citation :
La scène rompt la scène.
La parole est une misère que je souille,
l'instrument désaccordé gavé de sonnailles.
Ce qui tombe et avance.

Ainsi se tait le sol.

On m'apprendra à marcher.


Ibid., p. 45.

Ce dernier poète bouclait la première partie du recueil. Par la suite, dans «Piéger», je retiens les passages suivants :

Citation :
Je n'ai pas souvenir des catastrophes.
Je rapièce un fruit,
juge une à une ses inélégances.

Invente un rire, presque poignard
confondu avec la dérive des soleils.


Ibid., p. 67.

Citation :
Condamne les portes entrouvertes.
Prépare ces blessures à détailler.

Les étoiles éclatent le feu des étoiles.
L'univers est un personnage en murmures,
un testament livré à la méfiance.


Ibid., p. 68

Quant à lui, l'avant-dernier poème m'inspire plus que le dernier. Je le note ici :

Citation :
Mon espèce s'émeut à l'indifférence des astres,
émerge parmi les insectes et le deuil,
se livre aux temps qui accouple le grain.

Recule vers tes paupières,
tout se lie où la terre fait halte.

Termine tes paroles
dans le nom que j'escorte,
vêtu de mourir.


Ibid., p. 79.

Jean-Simon Desrochers travaille le motif de son nom d'écrivain. J'ai pu le voir dans plusieurs de ses poèmes. J'ai plus aimé Parle seul que L'Obéissance impure. J'ai tout de même trouvé spécial la façon que Jean-Simon expliquait certaines situations. Les métaphores qu'il employait se prêtaient bien à l'imagination où une personne sourde pourrait se trouver en scène.

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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Sam 16 Mar 2013 - 19:35

Danielle Laurin nous a livré aujourd'hui (Le Devoir, édition du 16 et 17 mars 2013) son appréciation de la dernière oeuvre de Jean-Simon Desrochers, Demain sera sans rêves. Je me réfère souvent à son jugement quand vient le moment d'apprécier une oeuvre. Elle dit notamment ceci :

Citation :
«On ne sait pas bien où on est. Quel genre de livre avons-nous entre les mains? Où l'auteur nous emmène-t-il? Que tient-il tant à nous dire? Le sait-il? Nous mène-t-il en bateau? Il ne nous fait pas de cadeau.»

«Un roman extrême, en fait. Dans lequel l'auteur pousse à l'extrême la machine. Ça carbure. Ça déménage, sans ménagement, sans égard pour le passager éberlué, pris de court, secoué, qui tente de reprendre son souffle, ses esprits.»

«Ce qui est sûr, incontestable, c'est la force du langage. Le langage poétique transcende tout dans Demain sera sans rêves. C'est le liant, le vibrant, le coeur de l'affaire. C'est le grand talent de Jean-Simon Desrochers, qui de ce point de vue s'est surpassé.»


Danielle Laurin, «Roman limite, roman extrême», Le Devoir, 16-17 mars 2013, p. F3.

Si vous voulez mon avis, c'est dans le droit fil des perpétuateurs de l'oeuvre d'Hubert Aquin. Je n'ai pas encore lu le livre, mais ça me donne encore plus le goût de le lire.

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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Jeu 11 Avr 2013 - 8:43

Je viens de lire les premières pages de Demain sera sans rêves. Jusqu'à date, je suis comblé par la qualité de la langue de Jean-Simon et ce qu'il nous raconte en fragments. Comme j'ai lu sa poésie avant d'arriver à Demain sera sans rêves, il m'était moins difficile de trouver la pierre de touche qui allait me permettre d'apprécier ce livre. C'est de la prose indubitablement. Jean-Simon a un talent pour réussir une pluralité de courtes proses.

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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Mer 29 Mai 2013 - 9:55

Après des mois que je vous parle de Jean-Simon Desrochers, je suis parvenu à l'un des sommets de sa courte carrière d'écrivain, Le sablier des solitudes. Retenez ce titre, il fera partie des classiques des oeuvres québécoises à lire. Après avoir lu Demain sera sans rêves, je n'ai pas regretté ce début plus ardu dans l'oeuvre en prose de Jean-Simon. Rétrospectivement, j'arrive à mieux comprendre les clés de l'oeuvre après avoir lu Le sablier des solitudes et Demain sera sans rêves.

Il est question d'un carambolage dans Le sablier des solitudes. Jean-Simon reprend avec méticulosité chaque histoire qu'il a tissée autour des personnages qu'il esquisse. Parfois assez salace, le roman de Jean-Simon regorge de scènes érotiques. Au fil des courts chapitres, nous parcourons peu à peu le fil invisible qu'il tisse quand il nous a repris dans Demain sera sans rêves.

Essentiellement, j'apprécie la truculence du langage de Jean-Simon Desrochers. À ce sujet, c'est le dernier écrivain le plus talentueux en lice depuis Guillaume Vigneault. J'ai lu bon nombre de romanciers québécois de sexe masculin, je vous dirais que la plume de Desrochers les dépasse d'une bonne tête. Sachez que ce n'est pas nécessairement le meilleur écrivain et le plus flamboyant, mais c'est un tâcheron. Dans Demain sera sans rêves, je vous dirais que Jean-Simon réussit dans son art de la brièveté. Sa plume est poétique, mais il réussit remarquablement bien en prose.

Dans cette succession en cascades du roman le carambolage est réduit à sa plume simple expression, l'échelle humaine. Nous voyons les personnages et non pas les voitures en tant que tel. En arrière-plan, nous sentons le travail d'un lecteur assez érudit qui sème les clin-d'oeil littéraires dans un univers québécois. Ça va aller, lecteurs du monde entier. S'il y a un écrivain québécois dont nous pouvons nous enorgueillir de compter en cette époque, c'est bien Jean-Simon Desrochers.

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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Ven 18 Avr 2014 - 19:08

Avis sur Le Sablier des solitudes :

Le Sablier des solitudes est un roman polyphonique où se mêlent les voix de 13 personnages qui ne sont liés entre eux que par « le spectaculaire carambolage » dans lequel ils vont être pris un soir de janvier, durant une tempête de neige.

Ces différentes voix, ces différents personnages incarnent les individus lambdas qui composent une société : « militaire, étudiant, masseuse, peintre ministre, fillette, ingénieur, camionneur » pour reprendre la résumé de la quatrième de couverture. Tous les milieux sociaux sont représentés, différents corps de métiers (cadre, fonctionnaire, employés…) car si l’auteur choisit de nous offrir autant de personnage, c’est bien dans le but de brosser un certain portrait de la société qui lui est contemporaine.

Ainsi, on va suivre treize individualités dans la banalité de leur quotidien avant, pendant et après l’accident. L’événement extraordinaire qui se produira dans l’ordinaire de ses vies va à tout jamais les changer, en bien comme en mal, l’important réside essentiellement dans la modification de leurs pensées, de leur perception de leur quotidien et de leur attitude face à celui-ci.

J’ai beaucoup apprécié la lecture de cette œuvre. Le style de l’auteur est sans fioritures, il est direct, va au but sans s’éparpiller. Le fait qu’il y autant de personnages pour finalement si peu de pages (à peine 359 pages - oui, on voit poindre la déception de la lectrice habituée aux pavés là. *sifflote*) n’est pas si gênant que cela puisque le but de l’auteur n’est pas tant de dépeindre la personnalité des personnages et/ou de faire en sorte qu’on les suive tout au long d’un parcours qui constituerait l’intrigue même de l’œuvre, mais d’une part, de montre le fil ténu de la vie dont prend conscience tout un chacun lorsqu’il est confronté à une situation dangereuse. Et, d’autre part, de nous décrire un quotidien qui n’est autre que nôtre quotidien, dans lequel les questions de l’argent, du sexe, de l’amour, de l’ennui, la famille reviennent constamment, peu importe le milieu auquel nous appartenons, peu importe notre origine et notre parcours.

En fait, on peut se reconnaître un peu dans chaque personnage ou, à défaut de s’y reconnaître, on perçoit des similitudes avec certaines personnes de notre entourage. J’aime bien ce type d’œuvres qui s’intéressent au quotidien, qui savent le remettre en question d’une manière originale et approfondie et ainsi nous amener à prendre du recul sur notre propre vie (la routine, une revalorisation des petites choses, une meilleure appréciation de ce que l’on a, de ce que l’on est).
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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Ven 18 Avr 2014 - 23:01

tes dernières phrases me rappellent, qui pourrait t'intéresser les True tales of american life/Je croyais que mon père était Dieu. Un recueil de nouvelles écrites par des auditeurs et regroupées et préfacées par Paul Auster (voir le fil clic mais je ne sais pas trop où). La préface est pas mal (comme quoi je ne fais pas que me moquer, héhé) et l'impression d'ensemble est émouvante et colle bien à cette idée de mélange de quotidien et de diversité qui rend à la fois familier et étranger, mais touche une certaine intimité.

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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Sam 19 Avr 2014 - 4:47

Méphistophélès a écrit:
J’ai beaucoup apprécié la lecture de cette œuvre. Le style de l’auteur est sans fioritures, il est direct, va au but sans s’éparpiller. Le fait qu’il y autant de personnages pour finalement si peu de pages (à peine 359 pages - oui, on voit poindre la déception de la lectrice habituée aux pavés là. *sifflote*) n’est pas si gênant que cela puisque le but de l’auteur n’est pas tant de dépeindre la personnalité des personnages et/ou de faire en sorte qu’on les suive tout au long d’un parcours qui constituerait l’intrigue même de l’œuvre, mais d’une part, de montre le fil ténu de la vie dont prend conscience tout un chacun lorsqu’il est confronté à une situation dangereuse. Et, d’autre part, de nous décrire un quotidien qui n’est autre que nôtre quotidien, dans lequel les questions de l’argent, du sexe, de l’amour, de l’ennui, la famille reviennent constamment, peu importe le milieu auquel nous appartenons, peu importe notre origine et notre parcours.

Comme je l'ai dit dans notre dernière correspondance, La canicule des pauvres semble être un projet de lecture pour toi. Une critique littéraire du Devoir - je pense - le disait d'ailleurs, Le sablier des solitudes, c'est bien, mais Canicule des pauvres c'est encore mieux, du moins dans le style et la griffe JSDR. Il y a d'ailleurs une version poche qui a été publiée chez Les herbes rouges, maison d'édition québécoise.

Animal veut suggérer des pistes de lectures. Pour ma part, je ne sais pas pourquoi, mais le tout dernier de Bruce Bégout - L'accumulation primitive de la noirceur - me faisait vaguement penser au style JSDR. À vérifier comme impression.

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MessageSujet: Re: Jean-Simon Desrochers   Sam 19 Avr 2014 - 8:10

Méphistophélès a écrit:
J’aime bien ce type d’œuvres qui s’intéressent au quotidien, qui savent le remettre en question d’une manière originale et approfondie et ainsi nous amener à prendre du recul sur notre propre vie (la routine, une revalorisation des petites choses, une meilleure appréciation de ce que l’on a, de ce que l’on est).

Ca me ferait bien envie tout ça.
Mais bon , introuvable  à un prix décent, ce bouquin... Crying or Very sad .
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