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 Eyvind Johnson [Suède]

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bix229
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MessageSujet: Eyvind Johnson [Suède]   Lun 1 Avr 2013 - 21:19

Eyvind JOHNSON, 1900 - 1976



Ecrivain suédois, il commença à travailler à 14 ans. Des petits boulots plutot rudes qui lui firent connaitre tot, la condition misérable du prolétariat et le chomage. Il devint syndicaliste. De 1921 à 1923, il  séjourne à Berlin puis à Paris et vivote avec des maigres revenus de journaliste. Il reviendra encore en France, de 1926 à 1930,  et ensuite, peu à peu, il commence à écrire et à connaitre le succès dans son propre pays.

Dans les années 40, il prend position contre toutes les dictatures qui vont détruire la démocratie en Europe. En 1974, il recevra le Prix Nobel de littérature en même temps que son compatriote Harry Martinson.

Son oeuvre se veut dénonciatrice des injustices sociales de son temps et tournée vers la recheche novatrice sur le plan de la structure et du langage. Et il reconnaîtra avoir été influencé par Joyce et Proust.

BIBLIOGRAPHIE FRANCAISE

-- Heureux Ulysse..., 1950

- De roses et de feu, 1956

- Le roman d' Olof, 1987

- Ecartez le soleil, 1992

- Le Temps de Sa Grace, 2000

- Le nouveau spartiate, 2000

- Dolorosa, 2000

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bix229
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MessageSujet: Re: Eyvind Johnson [Suède]   Lun 1 Avr 2013 - 22:24

HEUREUX ULYSSE... Gallimard/Du monde entier



On connait tous l' histoire. Celle que Homère a racontée. Ou inventée. Dans celle que revisite Eyvind Johnson, Ulysse rentre chez lui. La guerre de Troie a bien eu lieu. Mais Ulysse ne peut rentrer chez lui, à Ithaque, où l' attendent les siens : Pénélope, sa femme et Télémaque, son fils.

Près de vingt ans se sont écoulés et Ulysse erre au gré des flots, mais surtout des dieux. Il échappe à mille dangers, dont les pires ne sont pas forcément les cyclopes ou les anthropophages, mais des femmes sirènes, ou Circé, qui désenvoute ses compagnons, Nausicaa aussi belle que jeune et enfin, Calypso, mi femme mi déesse et qui le retiendra plus de sept ans sur une ile.

Ulysse est tombé dans ses bras et il n' a pas trouvé la force ou la volonté de la quitter. D' ailleurs, la Calypso de Johnson est toucbante. Elle est condamnée par les dieux à vieillir très lentement. Et vieillir avec Ulysse ne lui déplairait pas. Mais elle est lucide et généreuse. Elle consent à ce qu' il parte, puisque les dieux font pression sur lui.

Et puis cet Ulysse a des états d' ame. Il pense quand meme à Pénélope qui tisse en l' attendant et contient les assauts des prétendants au trone d' Ithaque. Au bout d' une si longue attente, elle commence à se lasser. Et Télémaque, son fils, pense que son père est mort.

Ulysse -celui-là- est balloté par les dieux, les femmes, et les évènements le dépassent. Il a beau etre astucieux, inventif et courageux, il vieillit et il est devenu passif, spectateur d' une vie qu' il a cessé de choisir. Le héros est bien las, il a des regrets, des remords et il aspire au repos, au pays, à sa famille. Mais il sait qu' il en demande trop et qu' il sera encore une fois forcé de se battre.

Lorsque l' Histoire revendique ses soldats pour en faire des mythes, on se rend compte que les vivants ne sont que des chanceux qui ont échappé à leur mort ou des laches. Qu' ils n' ont pas vraiment l' étoffe des héros ou des mythes. Qu' ils ont été le jouet des politiciens et de l' Histoire qui les a choisis seulement pour les besoin de la cause et la raison d 'état.

De la guerre, ils n' ont gardé que l' horreur, l' épouvante, l' absurdité. La nausée. Ils voudraient seulement retrouver le pays, les parents, les amis, les enfants. Travailler, oublier un passé tyrannique. Mais la légende est aussi aveugle que la justice aux yeux bandés. Et les peuples ont besoin de morts exemplaires et de monuments commoratifs.

En tout cas, c' est ce que pense Ulysse, héros et justicier malgré lui. Il a honte de sa jeunesse présomptueuse, belliqueuse.Des ruses et des crimes dont il a été responsable. D' avoir trompé les hommes et renié ses idéaux.

Tel est l' Ulysse d' Eyvind Johnson, un pauvre type, au bout du rouleau. Dans l' incapacité de redresser ce qu' il a tordu, prisonnier des autres et de lui-meme. Tellement loin de l' Ulysse d' Homère, qui sait ?

Je ne dirai pas la fin d' Ulysse. De cet Ulysse-là. Mais elle n' est pas si étonnante...

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MessageSujet: Re: Eyvind Johnson [Suède]   Lun 7 Juil 2014 - 21:36


Illustration de couverture : gravure sur bois de Pierre Laroche.

- Le Nouveau Spartiate et autres nouvelles (1933), traduites du suédois par Philippe Bouquet & Virginie Büschel. Agone. 94 pages.
"Comme les nouvelles contenues dans le volume Dolorosa, celles-ci sont extraites du recueil Nattend är här (1932). Nous avons choisi de regrouper dans un volume différent celles portant sur un thème ayant trait à l'Antiquité. [...] Ses plus grands romans opèrent des rapprochements entre diverses périodes, pour faire ressortir les similitudes et mieux élucider le comportement humain. On trouvera donc ici les première gammes de procédés qu'il déploiera plus tard avec génie. Comme dans les grandes oeuvres de sa maturité, il n'hésite pas à brouiller les pistes, confondre le temps, lire le passé à la lumière du présent et inversement." (Philippe Bouquet, postface, page 93).
Nous sommes "postvenus" : les sept nouvelles du recueil sont des oeuvres de jeunesse.

Dans la première nouvelle, Tobias ou le nouveau Sparte, le narrateur apprend qu'un ami à lui, qu'il a perdu de vu, le "sage professeur Tobias est de retour de l'étranger pour fêter Noël à Stockholm et tenir, au Club des Nobles, une conférence sur l'Homme nouveau." (pages 5-6).
"Il détestait les humains - et je suppose aujourd'hui que c'était par pur désir de vivre et que sa haine n'était pas de la haine mais uniquement une façon d'exprimer la vie, un peu comme on peut avoir envie de pousser un cri affreusement strident quand on déborde de joie et de bonne humeur." (pages 8-9).
"Il faut être spartiates, vois-tu. J'ai mis longtemps avant de le découvrir. Qu'il faut rester jeunes - et se tenir les coudes !" (page 19).
Son modèle, c'est Sparte. Ce professeur est un peu ridicule, un peu touchant...

Dans Jours Heureux, deux hommes et deux femmes, tous jeunes, coulent des vacances heureuses à nager, se reposer... C'est l'été, il fait beau, il y a le cri des mouettes, le soleil... Ils discutent de tout et de rien. Cependant, dès les premières lignes, on sait qu'il s'est passé quelque chose, que leurs noms à tous ont figuré dans les journaux... Ici aussi, on parle de l'homme moderne : il agit au lieu de ne rien faire, immobilisé par des scrupules. Mais est-il vraiment prêt à affronter les conséquences de ses actes ?

Dans Sommeil, un homme se remémore, dans un demi-sommeil, une action vraiment pas glorieuse de son enfance.

Avec Pan contre Sparte, nous abordons enfin directement l'Antiquité grecque : nous sommes près de Sparte, et nous voyons Lyseos, un jeune homme qui répugne à suivre les "règles vraiment stupides dues à de vieux bonshommes à barbe blanche et le coeur gros d'un puissant désir vieux de plusieurs années de tout laisser tomber et de saisir l'occasion pour se rendre à Corinthe ou peut-être à Athènes". (page 49). Il va faire une rencontre étrange.

Baino est un jeune Crétois qui se fait défavorablement remarquer par les Muses. Elles vont lui causer des problèmes. Il y a un passage amusant : pour lui jouer un mauvais tour, Zeus a pris l'apparence de deux chasseurs. A propos de ces derniers, Eyvind Johnson écrit malicieusement : "Sans doute ne savaient-ils pas qu'ils n'étaient rien d'autre, pour l'instant, que l'apparence que Zeus avait choisi de revêtir, mais [...]" (page 67). Les aventures de Baino sont agréables à suivre.

Kimon, lui, est un vieil homme qui, assis, regarde une tortue. Sa tortue est forcément immobile, Zénon l'ayant prouvé. Rien ne bouge. La nouvelle est vaguement liée à la précédente. Un peu long.

L'homme d'Etolie : c'est l'histoire d'un homme, Dekatos de Leucas.
"Ce n'était pas un esclave mais, pour vivre, il devait travailler dans les élevages de cochons, dans les bois ou sur les chantiers de construction. Il avait débuté tout petit, parce qu'il ne pouvait pas faire autrement : et, comme il n'avait aucune valeur, on le maltraitait. On lui demandait parfois pourquoi il ne s'était pas fait soldat et alors il répondait calmement, dans le rude dialecte de son île dont il ne se débarrassa jamais, qu'il ne supportait pas l'odeur du sang. C'est bien pourquoi on le chargeait de tenir le couteau, à l'automne, lors du grand abattage des cochons et on s'amusait beaucoup quand il s'éclipsait pour vomir." (page 83). Pas mauvais, et il y a une pirouette à la fin.


Un recueil pas désagréable du tout, plutôt bien écrit, de façon simple et directe, mais sans nouvelles marquantes. Des oeuvres de jeunesse, comme il était dit dans la postface.
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