Parfum de livres… parfum d’ailleurs
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 Ogawa Yôko

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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyDim 15 Juin 2014 - 10:44

pia a écrit:
ça m'a l'air émouvant l'histoire de ces deux frêres. Et la relation avec les oiseaux, jusqu'à renoncer au langage des humains pour un des frêre...C'est un livre que tu as envie de lire?
Le thème m'a l'air dans la lignée de ses préoccupations (communication, perte...). Je le lirai, oui ! (Comme tout ce qu'elle écrit, en fait)
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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyJeu 3 Juil 2014 - 23:13

Cristallisation secrète

Un roman hypnotique et délicat par son étrange douceur, qui ne masque cependant pas une détresse déchirante s'effaçant peu à peu dans la brume du souvenir. Yôko Ogawa décrit les phénomènes de disparition avec beaucoup d'incertitude et de fragilité : la connaissance des mots, de traces du passé est toujours présente mais les ressentis se sont échappés jusqu'à une forme d'épanouissement. L'être humain est ainsi privé d'une partie de lui-même et devient incomplet.

Les dialogues pourtant nombreux ne parviennent jamais à résoudre une crise de conscience et les mystères de l'intrigue gardent une opacité parfois frustrante. Ogawa rend tout de même crédible, par l'habileté narrative et la richesse symbolique des descriptions, cette île coupée du monde où une police implacable et presque invisible tisse les contours d'un totalitarisme déréalisé.
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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyVen 4 Juil 2014 - 19:33

Elle est vraiment multiple cette Yôko Ogawa!

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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptySam 23 Aoû 2014 - 15:06

L´annulaire

Elle a travaillé dans une usine de fabrication de soda ou elle était assez heureuse.

Ce n´était pas un travail très enthousiasmant, mais j’aimais bien bavarder avec mes collègues de ns petits amis et la mer étale vue des fenêtres de l’usine avait le don de m’apaiser. Mes journées baignaient dans un doux parfum de limonade.

Un jour plus chargé de travail qu’un autre, elle se coince le doigt dans une des machines et perd un bout de son annulaire. Elle trouve un autre emploi chez un taxidermiste, M. Deshimaru qui conserve des « spécimens » de toutes sortes. Elle finit par ne plus pouvoir ou vouloir partir.

Petit bouquin dont j’aurais pu dire qu’il m’avait laissée indifférente tant le style est épuré et tant les faits racontés le sont d’une façon anodine et détachée. Mais en y réfléchissant plus, ce qui veut dire qu’il a continué à faire son petit chemin sans que je le veuille, Yôko Ogawa nous donne des pistes qui montrent les failles et les désordres sous-jacents de ces deux personnages. La perte de son annulaire est une perte plus dramatique pour elle qu’elle ne veut le penser. Son travail de conservateur de spécimens rallié au souvenir et à la perte irrémédiable de ses clients, aurait pu avoir une fonction purement thérapeutique s’il n’allait pas au-delà de certaines limites pour son propre plaisir. Sous le masque l’horreur se révèle pour peu qu’on veuille l’approfondir.

-Il n’y a pas beaucoup de gens qui trouvent le laboratoire, mais, en fait, tout le monde a besoin de spécimens.
-Moi aussi ? Et même toi ?
-Oui, a-t-il acquiescé.
J’avais sous les yeux la légère tache de sa blouse blanche sur sa poitrine. Elle dégageait une vague odeur de produit chimique. Ma voix a été entièrement absorbée par le tissu.
-Essaie de réfléchir à ce que tu aimerais avoir comme spécimen. Il y a certainement quelque chose.
Il m’a serrée plus fort dans ses bras. Mon bassin, mes omoplates et mes mollets étaient plaqués contre les carreaux rugueux.
J’ai essayé de réfléchir comme il me le demandait. En fermant les yeux, j’ai vu se détacher le spécimen de champignons, le premier qu’il m’avait montré. Avec un annulaire se reflétant sur la paroi transparente du tube.
-Essayons de voir les choses autrement. Quel est ton souvenir le plus douloureux jusqu’à présent ?
J’ai ouvert les yeux.
-Douloureux…justement si je réfléchis bien, il me semble que je n’ai pas de souvenir de cette sorte. Je peux trouver tout un tas de petites misères, mais je crois que je n’ai encore jamais rencontré de vrai malheur.



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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptySam 23 Aoû 2014 - 18:07

jamais tenté cette auteure !

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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyDim 24 Aoû 2014 - 16:10

eXPie a écrit:
Ogawa a eu plusieurs périodes.

Elle a commencé par des textes courts, publiés : à partir de 1990 : La Piscine, La Grossesse, Les Abeilles, Le Réfectoire un soir et Une Piscine sous la Pluie (le moins bon de la liste), l'Annulaire (1994).
Après quoi elle est passée à un format plus long : ça a été Hôtel Iris (pour l'anecdote, influencé par sa visite à Saint-Malo, dans le cadre d'un festival littéraire).
Elle a continué avec ses thèmes fétichistes bizarres, mais sur plus de pages, Hôtel Iris dépassant les 200 pages.
Du coup, je trouve que la force du non explicité s'est un peu perdue avec les précisions, les détails. L'imagination, ça reste plus fort que l'expliqué (quand c'est bien fait).
Ensuite, on a eu Parfum de Glace (1998), roman où elle a essayé de changer, de ne plus exploiter éternellement la veine "fétichiste et plus si affinités". Ca a donné un roman moins bon, plus dans la veine de Yoshimoto Banana (= philosophie à deux balles). Mais ça restait quand même un peu du Ogawa, donc lisible.
Là, je crois qu'Actes Sud a eu un problème : le rythme de publication de Ogawa en France, c'est un par an. Mais Ogawa s'est mise à écrire des romans plus longs, donc plus longs à écrire.

Alors, hop ! Actes Sud est revenu en arrière, et on a eu les "fonds de tiroirs" (il suffit de voir la date d'écriture et la date de publication en France).

On a donc eu Une Parfaite chambre de malade (1989 : soit 9 ans plus tôt que Parfum de Glace !).

Les années qui ont suivi ont vu la publication des nouveaux romans de Ogawa et des fonds de tiroir, de sorte de garantir l'annualité de la parution.

Parmi les fonds de tiroir, donc : Tristes Revanches, La Petite Pièce Hexagonale (1991), Amours en marge (1991).
Ce sont des textes plus courts, des nouvelles ou des groupes de nouvelles. Pas mal, mais un cran en-dessous de ce à quoi on avait été habitué.

Entre ces parutions, on a continué avec les nouveaux romans : Le Musée du Silence, qui pousse à l'extrême une des grandes obsessions Ogawaienne : le classement. Il comporte des personnages intéressants (les Pèlerins du Silence, par exemple).
Après avoir atteint le maximum dans le fétichisme "et plus" avec Hôtel Iris, elle a atteint le maximum dans son obsession du classement (un de ses thèmes majeurs, qui irrigue la quasi-totalité de ce qu'elle a écrit).

Il lui fallait donc faire autre chose. Vint La Formule préférée du Professeur (2003). Le style a vraiment changé, c'est plus "mainstream", si je puis dire.

Ensuite, on a encore eu les fonds de tiroir : Les Paupières (2001, publié en 2007), La Bénédiction inattendue (2000, publié en 2007), et hop ! La Marche de Mina (prix Tanizaki 2006 - c'est une récompense considérable). Normalement, La Marche de Mina doit donc être bien supérieur aux fonds de tiroir susnommés...

J'ai lu La formule préférée du Professeur et L'annulaire qui est beaucoup plus "sombre". En remontant le fil j'ai trouvé ce commentaire d'Expie. Il parait donc qu'elle a des thèmes récurents, obsessionnels comme le rangement et le fétichisme. c'est bon à savoir pour t'aider à choisir un bouquin d'elle qui te plaira.

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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyDim 24 Aoû 2014 - 18:56

Il faut ajouter que, après (en 2009), on a eu en français la traduction de Cristallisation Secrète, qui datait de 1994 et qui est d'un style différent : roman de plus de 300 pages situé dans un état totalitaire, avec une atmosphère oppressante, des disparitions... On a pu se rendre compte, ainsi, que ce qu'elle écrivait à l'époque n'était pas aussi homogène qu'on pouvait le croire.
On ne connaît bien sûr d'un auteur étranger que ce qu'on peut en lire...

Dans quelques jours, le 3 septembre, paraît le nouveau Ogawa, Petits Oiseaux :
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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyLun 25 Aoû 2014 - 19:49

Et tu as l'air de l'attendre avec impatience!

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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyLun 25 Aoû 2014 - 21:40

pia a écrit:
Et tu as l'air de l'attendre avec impatience!
Comme à chaque fois, oui !
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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyJeu 11 Sep 2014 - 14:24

La formule préférée du professeur (2003)


Ogawa Yôko - Page 24 Yoko_o10

Contre toute attente, La formule préférée du professeur ne raconte ni l’histoire d’un vieil homme se raccrochant à la réalité par le biais des mathématiques, ni l’histoire de deux inconnus se rapprochant dans le commun émerveillement des nombres. Même si ces deux approches se ressentent parfois, elles ne constituent pas le discours implicite fort qui sous-tend le récit de Yoko Ogawa : la promotion sociale par l’accès au savoir.


L’émotion est attisée par la perspective d’un bond socio-culturel, mais parvient encore à s’éveiller devant le rapprochement innocent d’un vieillard amnésique et d’un petit garçon solitaire. Les mathématiques constituent d’abord l’objet d’une vénération esthétique mais finissent cependant par livrer leur récompense en un statut social qui semble figurer la voie d’accomplissement absolue. On oscille souvent entre une froideur émotionnelle non dénuée d’amoralisme -et pourtant innocente-, et la fascination pour les petites choses. Sans être spécialiste de la littérature japonaise, je retrouve dans cette Formule du professeur un ton qui ne déroge pas à l’écriture doucement cruelle des auteurs de cette région. Divertissant sans être mémorable.


Quelques petites croustilleries mathématiques :

Citation :
« Regardez cette merveilleuse suite de nombres. La somme des diviseurs de 220 est égale à 284. La somme des diviseurs de 284 est égale à 220. Ce sont des nombres amis. C’est une combinaison très rare. Fermat ou Descartes n’ont réussi à en trouver qu’une paire chacun. Ces nombres sont liés par la grâce d’un arrangement divin. »


Citation :
« En-dehors des nombres parfaits, la somme des sous-multiples est soit supérieure soit inférieure au nombre lui-même. Si elle est supérieure, on parle de nombre abondant, de nombre déficient si elle est inférieure. Vous ne trouvez pas que ce sont des appellations réellement lumineuses ? »


Mystérieux théorème de Fermat...

Citation :
« « Pour tout entier naturel n supérieur à 3 il n’existe pas d’entiers X, Y, Z tels que :
Xn + Yn = Zn »
Eh, c’est tout ? ai-je failli m’exclamer. J’avais l’impression de pouvoir trouver une infinité de nombres entiers naturels qui satisferaient à l’équation. Alors que si n était égal à 2 on obtenait le magnifique théorème de Pythagore, suffisait-il qu’il soit plus grand seulement de 1 pour que cela en détruise l’ordre ? »


Ogawa Yôko - Page 24 A21910

On a parfois l'impression que les mathématiques sont une forme de langage permettant d'accéder à ce qui est voilé, dans une certaine forme de sagesse où illumination et révélation se répondent...

Citation :
« Dès que je voyais des nombres premiers, je pensais au professeur. Les chiffres se dissimulaient n'importe où dans la vie quotidienne. Sur un ticket de supermarché, une plaque de porte, un horaire d'autobus, une date limite de consommation d'un paquet de jambon, une note de Root à un contrôle... Tout en restant fidèles à leur rôle officiel, ils protégeaient bravement leur signification d'origine dissimulée derrière. »

Citation :
« Une démonstration véritablement juste forme un équilibre harmonieux entre la souplesse et une solidité à toute épreuve. Il existe tout un tas de démonstrations qui, même si elles ne sont pas fausses, sont ennuyeuses, grossières et irritantes. Vous comprenez ? De la même façon que personne n'est capable d'expliquer pourquoi les étoiles sont belles, c'est difficile d'exprimer la beauté des mathématiques. »

Citation :
"Une autre merveille de l'enseignement du professeur était l’utilisation généreuse qu'il faisait de l'expression ne pas savoir. Ne pas savoir n'était pas honteux, car cela permettait d'aller dans une autre direction à la recherche de la vérité."


Et pourtant, l'harmonie n'est pas établie sur la totalité de l'ouvrage. La dispersion reprend le dessus, on oublie pourquoi on a pu être charmés à certains moments de la lecture...


*peinture de Hilna af Klint

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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyJeu 11 Sep 2014 - 16:12

colimasson a écrit:
le discours implicite fort qui sous-tend le récit de Yoko Ogawa : la promotion sociale par l’accès au savoir.



Tiens tu vois les choses comme ça? Moi pas du tout. Je me souviens que tu n'avais pas tellement aimé ce livre.

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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyJeu 11 Sep 2014 - 17:03

Pareil que toi, je n'avais pas lu du tout ce roman sous cet angle de promotion sociale. J'avais vu les thèmes habituels de l'auteur : le problème du langage, de la transmission, et la disparition, la mémoire.
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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyMer 17 Sep 2014 - 22:28

eXPie a écrit:
Pareil que toi, je n'avais pas lu du tout ce roman sous cet angle de promotion sociale. J'avais vu les thèmes habituels de l'auteur : le problème du langage, de la transmission, et la disparition, la mémoire.
Voilà qui m'intéresse ! dentsblanches
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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyJeu 18 Sep 2014 - 11:48

Oui, il y a aussi toute cette dimension intéressante de la transmission et du langage.
J'ai peut-être exagéré les traits, mais j'ai été très déçue de voir les mathématiques utilisés davantage comme moyen que comme fin. J'aurais voulu autre chose, c'est tout Wink

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MessageSujet: Re: Ogawa Yôko   Ogawa Yôko - Page 24 EmptyLun 22 Sep 2014 - 20:55

Ogawa Yôko - Page 24 Ogawa-13   Ogawa Yôko - Page 24 Ogawa-14    Ogawa Yôko - Page 24 Ogawa-16
Couverture française : Jérôme Bosch, le Jardin des délices terrestres (détail), 1503-1504, musée du Prado, Madrid. A droite, le détail remis dans son contexte. Pour la totalité de l'oeuvre, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jardin_des_délices_(peinture)

Petits Oiseaux (kotori, ことり, 2012). Roman traduit en 2014 par Rose-Marie Makino-Fayolle (qui est de retour, après plusieurs années de silence ?). Actes Sud. 269 pages.

Citation :
"Lorsque mourut le monsieur aux petits oiseaux, sa dépouille et ses affaires furent contrairement à l'usage promptement débarrassées. Il vivait seul et son corps avait été découvert plusieurs jours après le décès. [...]
La décomposition avait déjà commencé, mais apparemment le monsieur ne s'était pas débattu, il paraissait plutôt reposer tranquillement, l'air profondément soulagé. [...] Seule, la cage en bambou entre ses bras surprit les gens rassemblés. Dans la cage un oiseau se tenait sagement au milieu du perchoir. [...]
Bientôt, après un petit ‘tchi tchi’, l'oiseau se mit soudain à gazouiller. Tous ceux qui étaient présents se tournèrent vers la cage. Ils ne la quittaient pas des yeux, incrédules, se demandant si ce chant qui s'élevait, aussi pur que celui d'un ruisseau qui aurait traversé le jardin de part en part, émanait vraiment d'une créature aussi petite.
L'oiseau continua longtemps à chanter. Comme s'il croyait pouvoir ainsi ressusciter le défunt." (page 9-11).

Le livre va retracer l'histoire de cet homme, en commençant par son enfance. Il a été marqué par son frère aîné, passionné d'oiseaux.
Citation :
"Puisque son grand frère avait commencé à parler dans une langue inventée par lui peu après ses onze ans, à l'âge où le garçon avait pris conscience du monde qui l'entourait, ce langage qui avait atteint la perfection était solidement établi. Autrement dit, il n'avait jamais entendu son aîné prononcer des mots du quotidien que tout le monde comprenait et utilisait, ses parents, les dames du voisinage et même les speakers à la radio.
Comparé aux autres enfants, son frère aîné était un peu plus lent et mettait plus de temps à apprendre correctement les mots et écrire les caractères, et lorsque par on ne sait quel hasard, après plusieurs mois de silence obstiné, il avait soudainement commencé à parler, leur mère en avait été émerveillée." (page 23).
Celui qui deviendra le monsieur aux petits oiseaux est mystérieusement le seul de la famille à comprendre la langue de son frère, qui semble atteint de quelque chose ressemblant à de l'autisme, ou quelque chose de cet ordre : il vit dans son univers, peut rester des heures sans bouger tout contre un grillage, son attention entièrement focalisée sur les oiseaux d'une volière.
Son langage, le pawpaw, se rapproche de celui des oiseaux et, comme eux, il a des habitudes qu'il lui faut respecter : il a peur de la nouveauté.

Le futur monsieur aux petits oiseaux, grâce à son frère, s'est très intéressé lui aussi aux oiseaux. Il lit tout ce qui les concerne et parvient même, à la bibliothèque, par quelques signes mystérieux, à deviner dans quels livres se trouvent des oiseaux. Dans un ouvrage consacré à une société spécialisée dans les cages pour oiseaux et autres ustensiles, il trouve une citation :
Citation :
"La cage n'enferme pas l'oiseau. Elle lui offre la part de liberté qui lui convient." (page 131).
De même, son frère et lui vivront ensemble, à l'écart du monde, au calme, en profitant de la liberté qui leur conviendra : un monde d'habitudes, comme un oiseau qui fait et refait inlassablement le même chemin dans sa cage. Les voyages seront virtuels.
Le roman est très ogawaien : tranquillité des lieux, propres mais anciens ; vies à l'écart du monde, comme en apesanteur ; nostalgie ; fascination pour un domaine particulier - oiseau ou encore grillon ; problème du langage...

C'est un très joli livre, toujours dans la veine "douce" de l'auteur.
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