Parfum de livres… parfum d’ailleurs
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 Imre Kertész [Hongrie]

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églantine
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 29 Mai 2016 - 19:30

Exini a écrit:
entre les deux, Kertesz m'avait semblé bien fade.

C'est bien le dernier adjectif que j'emploierais pour parler de Kertesz .  Razz
Relis le Exini et on en discute !  cheers

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Exini
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 29 Mai 2016 - 20:08

A lire ton commentaire du bouquin, j'ai du mal moi-même à me croire. sourire
Et pourtant... Fade n'est peut-être pas le mot, mais difficile de trouver les termes adéquats pour une si ancienne lecture.

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"Depuis des siècles on exhorte à "la grand fraternité humaine" -le dimanche - et au "patriotisme" les jours de la semaine. Mais le patriotisme implique le contraire même de la fraternité humaine." Mark TWAIN, "La place de l'homme dans le monde animal"


Dernière édition par Exini le Dim 29 Mai 2016 - 21:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 29 Mai 2016 - 20:18

Exini a écrit:
j'ai du mal moi-même à me croire. sourire
mdr2
Raison de plus pour vérifier ! Wink

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyLun 30 Mai 2016 - 4:47

Je comprends, Exini, que les impressions comptent. Levi c'est quand même pas rien. Il faut dire que la lecture est assez courte comparativement à Être sans destin. Je persiste et signe avec Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas... Pour ma part, Être sans destin manque toujours à ma culture - pour le livre en tout cas...

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De Gaulle, citant Nietzsche

Dixit celui qui écrivait plus vite que son ombre.
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyVen 3 Juin 2016 - 13:50

Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 97823310



Citation :
Il faudrait presque que je raconte ma vie entière. Or c’est impossible, car je manque non seulement de temps mais aussi des connaissances nécessaires à une telle entreprise : en effet, qui donc pourrait se targuer, avec les quelques connaissances trompeuses qu’il croit posséder concernant son existence, de connaître vraiment sa vie, ce processus dont le déroulement et l’issue (de secours ou fatale) sont totalement inconnus (...)si bien que le mieux serait que je commence l’histoire du drapeau anglais par Richard Wagner»

Voilà , c'est du Imre Kertesz "tout craché" .
Donc l'histoire du drapeau anglais ? Eh bien c'est Kertesz qui raconte qu'il a raconté à un groupe d'amis ce moment fugitif , une anecdote parmi tant d'autres pour pointer de la plume,  la machine infernale du régime totalitaire .
Mais comme de bien entendu avec Kertesz , la narration ,non pas se perd , mais se retrouve et prend tout son sens dans une tentative de décrire la globalité de ce moment , à travers ce qu'il est , son histoire , ses douleurs et sa quête .
Quête de pouvoir témoigner de l'informulable . Et l'inverse aussi car n'est-il pas vrai que ce serait se renier : oui , Quête de silence aussi , parce que mettre des mots serait pure trahison par rapport à"l'anéantissement total", celui là seul qui lui permet d'exister .




Kertesz déroute par son système de pensée si personnel et extrêmement élaboré pour traduire en un langage unique et d'une saveur incomparable ses questionnements concernant le devoir ou pas d'écriture , le sens du témoignage face à l'histoire , face à l'existence . Et d'en conclure que
Citation :
"Vivre, ai-je pensé, est une faveur qu’on fait à Dieu».

La deuxième nouvelle "Le chercheur de traces" nous plonge dans un univers quasi apocalyptique : Nous suivons cet "envoyé " , "cet émissaire " dans un climat inquiétant , où la menace se cache derrière une apparence morte . Que cherche t-il donc ce personnage qui semble être le seul vivant planté dans un décor de faux-semblants , vide , factice ?
Des traces ....Mais ce jeu de pistes est loin d'être simple car il faudra déchirer le voile proprement tendu par les nouveaux "morts-vivants" . C'est si facile d'oublier , de nettoyer et de continuer à jouer la comédie humaine .
Une fois le but atteint ,
Citation :
"l'envoyé fut pris d'une volonté d'agir inconhérente :indiscutablement , cette route , ce paysage , cette charogne impuissante lui appartenaient ; les choses n'attendaient que sa venue ; esclave de la volonté , il pouvait les créer ou les annihiler ; les précipiter dans la misère informe de l'inexistance ou leur donner une existence à partie de la sienne pour ,les ayant sauvés de leur matérialité anonyme , les appeler à la vie : cela dpendait uniquement de sa volonté ou de ses facultés ."
Là encore on retrouve les obsessions de Kertesz dans son devoir ou pas de mémoire .
Une nouvelle que je considère comme un pur bijou d'écriture grâce à une  puissance onirique frisant le fantastique pour réveiller l'ironie de l'histoire porté par une écriture extraordinaire .

Enfin le recueil se termine par une nouvelle plus sobre , moins travaillée, "Le prcès-verbal" mais qui apporte l'ultime écho pour laisser une empreinte plus tangible : il s'agit d'un homme qui sera arrêté dans un train par les autorités du pays pour un prétexte absurde , à l'image de la vie sous les régimes totalitaires . Bien sûr autobiographique cette histoire sans appel : vivre est interdit en certain temps et certain lieu .
Je ne saurais trop recommander la lecture de cet écrivain exceptionnel aux lecteurs qui rechercheraient "un autre regard" sur l'histoire . Et découvrir un vrai talent d'écriture .

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 5 Juin 2016 - 19:00

Le Refus
Quel livre étrange ! il commence comme un « Nouveau roman » des années 50 par sa recherche d’objectivité : description minutieuse des lieux, répétitions, etc. Il continue par des réflexions sur la nature du témoignage, du roman, de l’écriture en général (il est fortement recommandé de lire auparavant « Etre sans destin »). I Kertézs s’/nous interroge sur ce qu’on retient d’un évènement qui a changé la vie d’un adolescent ; en l’occurrence, des images, des idées qui ne correspondent pas à la doxa admise : le souvenir d’un lever de soleil vu du train, les sales gueules des prisonniers, les crématoires perçus comme une plaisanterie. Comment s’étonner alors que les « autorités » refusent la publication de ce « roman » ? Cet échec incite l’auteur à revenir sur son écrit, ce qui nous vaut un superbe passage sur la relation entre l’écrivain et son texte. Comment ce situe celui-ci ? comment peut-il se relire objectivement ? Kertesz livre là une vraie maïeutique de la création littéraire.
La seconde partie narre les aventures d’un certain Köves, sorte de double de l’auteur. L’écriture se fait alors plus fluide, le climat onirique -le souvenir récurrent de situations et de paroles déjà dites- avec des accents kafkaïens. C’est une partie du livre que j’ai trouvé envoûtante. Le récit se prête à quantité de métaphores ; Köves revenant de l’étranger pourrait être Kertész rentrant des camps de concentration dans un Budapest détruit par la guerre et pris dans la tenaille stalinienne. Le héros erre dans ce monde policé jusqu’à l’absurde où les individus peuvent disparaître physiquement et de la mémoire des protagonistes, comme beaucoup dans les geôles stalinienne, comme les juifs dans les fours crématoires, où le travail n’a d’autre utilité que « d’éveiller l’amour propre et la considération générale » des travailleurs envers eux. Köves est un peu perdu dans cet univers – il prend les policiers pour des douaniers – et étrangement absent. A un moment, il échange avec un certain Berg, encore un double de lui-même, côté non plus victime mais bourreau. C’est, à mon avis, un autre moment clef du livre, qui avait déjà été abordé dans la première partie lorsque l’auteur s’interrogeait sur Ilse Koch – une gardienne de Büchenwald - qui, disait-il, faisait son boulot et accomplissait son destin. Là se trouve l’une des interrogations majeures, il me semble, d’Imre Kertész : quelle différence y-a-t-il entre un bourreau et sa victime ? Comment le destin de chacun peut-il échapper aux circonstances extérieures ? Comment une victime peut-elle être amenée à frapper un prisonnier refusant de s’alimenter ? Sur ces questions plane l’ombre de la « grâce » rédemptrice (ou non !). Il y a là un côté qui me rappelle Dostoïevski.
En conclusion, j’avais peut-être trop pris « Etre sans destin » (ces deux termes résument toute la pensée de Kertész) comme témoignage historique. « Le Refus » m’a montré combien Imre Kertész est un immense écrivain, non seulement par la qualité de ses réflexions, mais aussi par la construction du récit et un style très original. Pour sûr, un Nobel qui n’est pas usurpé.
Un grand merci à Eglantine qui m’a incité à me plonger dans ce « roman ».  bravo
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 5 Juin 2016 - 20:27

Je n'ai pas encore fini "Etre sans destin" (j'y reviendrai à mon retour) mais déjà je sais que ce sera une lecture marquante. Je lirai dans quelque temps le Tome 2 le refus ! et ensuite l'Enfant...

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 5 Juin 2016 - 21:43

ArenSor a écrit:
Le Refus
En conclusion, j’avais peut-être trop pris « Etre sans destin » (ces deux termes résument toute la pensée de Kertész) comme témoignage historique. « Le Refus » m’a montré combien Imre Kertész est un immense écrivain, non seulement par la qualité de ses réflexions, mais aussi par la construction du récit et un style très original. Pour sûr, un Nobel qui n’est pas usurpé.
Tu me fais un IMMENSE plaisir ! joie
Oui il a un talent d'écrivain extraordinaire et une vraie réflexion philosophique .
Merci Arensor pour ton commentaire !
C'est vrai qu'Etre sans destin n'est pas du tout représentatif de son l'ensemble de son oeuvre , je le redis !
Et pourtant c'est bien par celui-ci qu'il faut commencer  .

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 12 Juin 2016 - 13:19

Le refus

Que dire, après ce qui a déjà été dit? Qu'oser dire d'un Monsieur reconnu par le prix Nobel? Que se permettre face à l'écriture répondant à l'expérience de la  shoah?
Bon, je me jette.
il y a un réel talent d'écriture(on s'en douterait), notamment dans la transcription de l'enfermement , de l'obsession, de la pensée qui n'avance plus, de la recherche impossible de sens.
C'est très cérébral, très intellectuel, dans une réflexion sur le bien  et le mal (victime/bourreau, la shoah, l'état totalitaire) et l'écriture (impossible, salvatrice, génératrice de rejet/refus, témoignage/introspection/plaidoyer), qui n'ouvre aucune respiration. Une quête perpétuellement inaboutie car aucune réponse n'est simple, ou même possible, voire acceptable.
Ca  me  laisse totalement mal à l'aise dans une ambiance distante voire rejetante à la Kafka croisé de 1984, avec des tiroirs qui s'ouvrent les uns dans les autres, se répondant dans un mystère étrange et symbolique.
C'est, donc, sans doute totalement indispensable, mais à réserver à un certain public (dont je ne suis pas, apparemment et je le regrette) et  celui-là saura s'éclater.
Je n'en  remercierai pas moins églantine pour cette expérience curieuse et perturbante.


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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 12 Juin 2016 - 14:08

Et moi je te remercie BEAUCOUP d'avoir quand même laissé un  (très juste ) commentaire malgré ton malaise .  bisous
(Tout ce que tu en dis est si vrai que pas mal de lecteurs s'y retrouveront probablement . )
Quant à moi ,  j'aime cet écrivain justement  pour toutes les raisons qui t'empêchent d'adhérer à son monde .
Et j'espère que son oeuvre sera étudiée un jour sur les bancs de l'école , en philo .

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 12 Juin 2016 - 17:08

Kertesz a écrit:
De toute manière, nous ne pouvons pas percer le secret onirique de notre propre vie; alors il vaut mieux modestement se taire et se retirer en silence. Pourtant, quelque chose nous pousse sous les projecteurs de l'attention générale et, pareils à des cabotins avides, nous nous efforçons de plaire et de glaner un peu de compréhension. Mais qu'est-ce que cela change à ce qui est arrivé et à ce qui doit se produire ?
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptySam 18 Juin 2016 - 9:02

Etre sans destin

J' ai trouvé ce récit atypique par rapport à mes lectures sur les camps. J' ai été troublée par les sentiments de cet adolescent vis à vis des Allemands ce que  que certainement peu de déportés ressentiraient. La méconnaissance dans laquelle sont les Juifs lors de leur "voyage" est par moment insoutenable, on s'insurge contre cette acceptation (le narrateur emploie souvent le terme de "race" quand il parle des Juifs et de lui-même, comme s'il reconnaissait être "à part").

Après le temps de l'observation,  la connaissance des fours, de  leur utilisation, il se trouve obligé d' être un "bon détenu", de faire un travail honnête, son éducation s' exprime même dans ces conditions extrêmes. Alors même qu'il est ciblé par le chef des travaux, il lui reconnait une attitude régulière. La seule justification au comportement de l'adolescent c'est l'obstination qui tient tous ces hommes en vie.

Et cette obstination s'applique à la nécessité de "manger", n' importe quoi mais manger, cela devient une fixation puisqu'il supportera plusieurs jours la présence d'un mort dans son lit afin de substituer sa ration.

C' est  le train qui l'a amené dans ces camps et c'est pourtant par ce moyen de transport que le narrateur imagine son destin, un train qui l'emmène vers l'avenir, il y fait souvent allusion, mais quand la douleur domine tout, épuisé il descend sur le quai, il est prêt à abandonner. Mais c'est cette douleur qui le protègera du pire puisqu'elle le conduira à "l'hôpital" du camp de Buckenwald où il sera soigné de ses blessures. Sa faim inextinguible est devenue un problème psychique.

Au retour chez lui, il sait qu'il est impossible de recommencer une "nouvelle vie" comme l' y incite les quelques personnes qui le reconnaissent, mais qu' il doit continuer quoi qu'il arrive,  avec son passif,  cette vie, sa vie et le crédit qu'elle peut offrir ; continuer à s'obstiner.

Je pense que jamais, dans mes lectures, la déchéance de ces hommes, à travers celle du narrateur n'a été décrite avec tant d'acuité.

Evidemment les mots me manquent pour décrire tous les sentiments qui affluent au cours de la lecture mais c'est rendre hommage à cet écrivain que de ne pas oublier ses mots à lui.

je continuerais donc avec le refus (2ème titre de la trilogie, puis Kaddish pour un enfant qui ne naîtra pas)

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Dernière édition par Bédoulène le Dim 19 Juin 2016 - 8:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptySam 18 Juin 2016 - 21:48

Bédoulène a écrit:
Etre sans destin





je continuerais donc avec le refus (2ème titre de la trilogie, puis Kaddish pour un enfant qui ne naîtra pas)
Voilà une excellente idée Bédou ! cheers

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyDim 19 Juin 2016 - 8:44

Le narrateur s' oblige à agir honnêtement avec les Allemands car c'est son éducation qui l' y engage (par exemple il n'ouvre pas son vêtement car le vent pourrait le rabattre et masquer l'étoile jaune, quand le chef des travaux le brime il trouve que c'est juste, son étonnement aux propos de l'une des soeurs voisines qui s'insurge contre leur stigmatisation etc....)

oui Eglantine je continuerai (j'ai rectifié une phrase, trop attendu pour faire le com)

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Imre Kertész [Hongrie] - Page 3 EmptyMer 22 Juin 2016 - 19:29

Mais que c'est-il passé dans la vie de Kertész entre Etre sans destin et Le Refus ? Comment ce jeune homme honnête revenu des camps grâce à sa colère et pas mal de chance, est-il devenu ce 'vieux' reclus en manque d'inspiration ? Nous avions laissé Köves s'interrogeant sur la difficulté qu'il allait rencontrer à vouloir parler des camps de concentration comme personne et on retrouve un bonhomme quasiment muet, coincé dans un appartement de 28 m² et une voisine bruyante… Et que dire de cet atterrissage sans explication dans une colonie pénitentiaire à laquelle Köves ne comprend rien mais dont il accepte toutes les décisions ?


Au bout de 200 pages, je suis allée lire les commentaires d'églantine et d'Arensor, qui ont su découvrir derrière le magma glacé de la prose de Kertesz une luminosité qui pour l'instant m'échappe… Je continue.

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